Sécurité et risques liés aux activités de plongée sous-marine dans le secteur de Hyères

La pratique de la plongée sous-marine, bien qu'offrant des opportunités d'exploration uniques, comporte des risques inhérents, particulièrement dans des zones géographiques exigeantes comme les eaux entourant Hyères et les îles d'Or. La recrudescence constatée par la préfecture maritime de la Méditerranée et le CROSS Med souligne l'importance d'une vigilance constante. Les interventions régulières des services de secours, incluant le SAMU de coordination médicale maritime (SCMM), l'hélicoptère médicalisé Spinal 83 et le Dauphin « Guepard Victor » de la Marine nationale, témoignent de la complexité des accidents en milieu marin.

Analyse des incidents et protocoles de secours en mer

Les accidents de plongée dans la région de Hyères révèlent une typologie variée, allant de l'arrêt cardio-respiratoire lors de la remontée à des disparitions en mer. Le 13 septembre, vers 9h30, le CROSS Med a été alerté d’un accident de plongée sur un homme de 65 ans. La victime, remontée en surface par trois plongeurs de sa palanquée, était en arrêt cardio-respiratoire. En parallèle, le CROSS Med, en lien avec le SAMU de coordination médicale maritime (SCMM), a demandé au support de faire route vers Port-Cros pour une prise en charge de la victime par l’hélicoptère médicalisé du SAMU, Spinal 83. Immédiatement, le CROSS Med a engagé l’hélicoptère Dauphin « Guepard Victor » de la Marine nationale afin de procéder à cette évacuation.

La rapidité de l'alerte est un facteur déterminant pour la survie des plongeurs. Un peu avant 14h30, le CROSS Med est alerté d’une suspicion d’accident de plongée sur une femme de 61 ans. Rapidement, la victime est prise en charge à terre au port de la Tour Fondue par une équipe SMUR du SAMU 83 et un VSAV des sapeurs-pompiers du Var. L'organisation des secours repose sur une coordination interservices efficace, mobilisant des moyens nautiques et aériens capables d'intervenir dans des conditions souvent difficiles, marquées par le mauvais temps ou des courants changeants.

Les défis spécifiques des plongées sur épave

Le secteur autour de l'île de Porquerolles, et plus particulièrement l'épave du Donator, constitue un site de plongée emblématique mais redouté. Le Donator, un cargo norvégien de 78 mètres, rebaptisé Prosper Schiaffino, a sombré le 10 novembre 1945 après avoir heurté une mine résiduelle de la Seconde Guerre mondiale au sud de Porquerolles. Reposant droit sur sa quille par 48 à 51 mètres de fond, le navire est devenu en huit décennies un récif artificiel d’une biodiversité exceptionnelle, peuplé de mérous, congres et gorgones.

Toutefois, ce joyau sous-marin n’a rien d’une plongée de tout repos. La profondeur, le froid et surtout les courants, parfois violents, en font un terrain réservé aux plongeurs aguerris. Ces conditions ont déjà piégé de nombreux plongeurs, contraints de faire leurs paliers en dérive, loin de leur bateau de surface. L'exploration de telles épaves demande une préparation physique et technique rigoureuse, ainsi qu'une connaissance parfaite des procédures de décompression.

Lire aussi: Accidents Aériens et Sports à Risque

Historique des interventions et drames survenus au large de Porquerolles

L'histoire récente du site est marquée par plusieurs tragédies. Un homme de 67 ans est mort après un accident de plongée à Hyères un dimanche de septembre, ont indiqué les pompiers du Var. Les faits se sont déroulés vers 9h30 à Port-Cros. La victime a été remontée en urgence par les plongeurs avec lesquels il se trouvait puis ramenée au port avant d'être prise en charge par les pompiers. Un médecin l'a ensuite déclaré mort. Les trois autres personnes qui l'accompagnaient ont dû être prises en charge, car elles ont remonté la victime sans procédure de paliers, illustrant les risques collatéraux liés à une assistance d'urgence.

En mai 2026, un dispositif de secours massif a été déployé pour retrouver un homme de 55 ans disparu lors d'une exploration de l'épave du Donator. Le plongeur avait été perdu de vue par son binôme, une situation classée immédiatement comme prioritaire compte tenu de la profondeur du site et du temps écoulé sans signe de vie. Ce 19 mai, un corps sans vie a été découvert. Une enquête judiciaire a été ouverte. L'armada mobilisée pour localiser le disparu incluait deux hélicoptères, le canot tous temps de la SNSM de Hyères, une vedette de la Gendarmerie maritime, des embarcations semi-rigides et des plongeurs du Sdis 83. Le support de plongée Odyssée, équipé d’un robot sous-marin téléopéré, avait également participé aux opérations.

Facteurs aggravants et sécurité en zone de courants

La dangerosité du site du Donator est régulièrement soulignée par les autorités. À 48 mètres de fond, l’autonomie en air d’un plongeur équipé d’un bloc classique n’excède généralement pas une vingtaine de minutes, ce qui rend chaque heure écoulée déterminante pour l’issue des recherches en cas d'accident. Les conditions météorologiques, telles que des creux de 2 mètres, viennent souvent complexifier les opérations.

Dans un incident survenu précédemment, un plongeur de 55 ans est décédé après un arrêt cardio-respiratoire survenu à 40 mètres de profondeur. Ces drames, qui se sont succédé sur le Donator ces dernières années, rappellent que même les plongeurs expérimentés ne sont pas à l'abri. En septembre 2023, le Cross Med avait dû coordonner une double opération de secours après deux accidents simultanés dans le même secteur, dont l'un mortel. Le 14 septembre, une femme de 60 ans avait disparu dans cette zone de forts courants, soulignant que les risques ne se limitent pas uniquement à la profondeur, mais sont également liés à la configuration hydrodynamique du site.

Lire aussi: Statistiques clés sur les accidents de kitesurf

Lire aussi: Canadair et le plongeur : Analyse

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *