La tentation est grande de profiter des plaisirs de l'eau, que ce soit en piscine ou en mer, particulièrement lors des beaux jours ou en vacances. Cependant, la présence d'une plaie, même minime, soulève des questions légitimes quant aux risques potentiels. Si nager donne un coup de fouet à votre corps et à votre esprit, il est primordial de comprendre les implications pour votre santé lorsque votre peau présente une blessure. Cet article vise à éclaircir les informations relatives aux plaies, à la cicatrisation, et aux dangers spécifiques de la baignade en différents milieux aquatiques, tout en proposant des stratégies de prévention et de gestion.
Comprendre la Plaie et les Risques d'Infection
Une égratignure est une blessure bénigne que l’on peut avoir tendance à négliger. En effet, les tissus cutanés sont le plus souvent capables de faire face à ce type de plaie superficielle en cicatrisant par eux-mêmes. Néanmoins, quelle que soit sa taille, lorsqu’une plaie est colonisée par des bactéries, celle-ci peut s’infecter. Une infection entraîne généralement la présence de symptômes caractéristiques qui doivent amener à consulter rapidement un médecin. La personne ayant une plaie infectée peut ainsi ressentir une douleur au niveau de cette plaie, accompagnée d’une sensation de chaleur localisée, d’une tuméfaction de la plaie, de présence d’une rougeur ou d’un écoulement purulent. Un abcès peut aussi se former. Si l’infection a déjà gagné du terrain, les symptômes peuvent évoluer avec de la fièvre, une atteinte de l’état général ainsi qu’une perturbation de la régulation glycémique chez un sujet diabétique par exemple. Les symptômes d’une infection se traduisent par de la fièvre, des rougeurs sur la plaie, des frissons, nausées et une sensation de malaise.
Prévenir un risque d’infection est possible en adoptant les bonnes pratiques. Il faut d’abord comprendre qu’une plaie, même superficielle, comporte toujours un risque d’infection et doit être nettoyée et désinfectée. La première étape est le nettoyage de la plaie à l’eau et au savon. C’est une étape essentielle à la fois pour favoriser la future cicatrisation, mais surtout pour éliminer en premier lieu les éventuels corps étrangers, les poussières, les salissures, le sang… présents au niveau de la blessure. Pour cela, nettoyez votre plaie doucement avec à l’eau tiède ou à température ambiante et au savon. Évitez de frotter la plaie et préférez effectuer des mouvements doux. Bien rincer après le savon.
La deuxième étape après le nettoyage de la plaie est sa désinfection. La blessure, une fois nettoyée et débarrassée des salissures et des corps étrangers, est désinfectée au moyen d’un antiseptique. Pour la désinfection des plaies superficielles, on peut utiliser des produits comme biseptineSpraid® médicament, un antiseptique formulé avec 3 agents antiseptiques, sous format spray 50mL (format nomade) ou sous format flacon de 125 ml. La troisième et dernière étape est la protection de la plaie au moyen d’un pansement adapté.
Il est préférable d'éviter l'eau avec une plaie, d'éviter les bains, et de maintenir la plaie au sec, dans certains cas en la protégeant par un pansement. Il est toujours recommandé de demander conseil à un infirmier, un médecin ou un dermatologue. Il faut également protéger la plaie des frottements, de la poussière et de la saleté, et ne pas l'exposer au soleil. Nettoyer avec un désinfectant sans alcool (type diaseptyl) ou, si elle est suintante (peau arrachée), utiliser l'éosine aqueuse (sans alcool) qui désinfecte et assèche. Surveiller la cicatrisation est une étape clé.
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Les Idées Reçues sur l'Eau Salée et la Cicatrisation
Il est courant, en vacances, de se blesser légèrement et d’avoir une petite blessure ouverte par la suite. Beaucoup pensent que, comme le sel stoppe la croissance des bactéries, il est bénéfique pour la blessure d’aller dans la mer. En effet, il est vrai que le sel inhibe la croissance des bactéries, l'idée n'est donc pas illogique. Cependant, cette théorie courante, selon laquelle l’eau salée favoriserait la cicatrisation des plaies, est fausse. Vous connaissez sûrement cette sensation de brûlure due à l’eau salée lorsque vous vous baignez dans la mer avec une plaie, et le bruit court que cela vaut le coup, car cela nous permettrait de cicatriser plus vite.
Sachez d'abord que la cicatrisation se décompose en plusieurs étapes. C'est surtout la première qui nous intéresse : la détersion, moment où la plaie se débarrasse des bactéries et autres débris susceptibles de provoquer une infection. Maintenant que nous avons ça en tête, intéressons-nous à l'eau salée. Néanmoins, il est fortement déconseillé d'aller à la mer avec une plaie ouverte. Après tout, la mer n'est pas stérile. Il faut distinguer l'eau de mer de l'eau pure dans laquelle on a rajouté du sel, car elles n'auront pas le même effet sur vos plaies. L'eau de mer ne contient pas seulement du sel : elle est remplie de bactéries et de virus.
Qu'en est-il de l'eau pure à laquelle on ajoute du sel et que l'on applique localement sur une plaie ? Oui, cela peut avoir un effet nettoyant… à condition que l'eau soit stérile : autrement dit, on fait d'abord bouillir l'eau avant d'y rajouter une cuillère de sel. Attention, une plaie nettoyée n'est pas synonyme de plaie désinfectée ! Le sel et le chlore ont tendance à provoquer des irritations, ce qui, quoi qu'il en soit, ralentit la cicatrisation. Pour passer de bonnes vacances et en cas de plaie, le mieux reste encore d'avoir recours au bon vieux désinfectant (qui, en plus, ne pique pas !).
Les Dangers Spécifiques de la Baignade en Milieu Aquatique
Un environnement propice à la vie et aux micro-organismes
L'eau de mer se compose à 96,5 % d'eau pure, et à 3,5 % de substances dissoutes. Les substances en question : principalement du chlore et du sodium, mais aussi une myriade d'autres éléments qui en font un environnement riche, propice à la vie. Les poissons, les crabes et les coquillages pour la partie bucolique… et les micro-organismes pour la partie moins attrayante. Pas de quoi s’inquiéter habituellement, mais si l’on combine l’eau chaude, permettant aux bactéries de se développer, avec un système immunitaire affaibli, la plaie peut s’infecter.
En France, certaines zones du littoral océanique sont touchées par la prolifération de bactéries, parfois sources de gros ennuis. La mer contient également un certain nombre de bactéries connues pour leurs infections, telles que Vibrio vulnificus, une bactérie apparentée à l'agent causal du choléra. Les entérocoques, tout d'abord, sont présents dans les déjections d'animaux et se retrouvent dans la mer lors du rejet des eaux usées ou du ruissellement de champs d'élevage. Cependant, malgré leur caractère pathogène, ils représentent le dernier de vos problèmes face à Vibrio vulnificus. Friande des eaux côtières chaudes, celle-ci se repaît, excusez du peu, des chairs humaines, dès lors qu'elle entre en contact avec… une plaie. Issue de la famille des vibrions, c'est une cousine de la bactérie responsable du choléra. Elle provoque infection puis nécrose de la plaie et, sans traitement, c'est la septicémie, puis la mort. La prudence est de mise, surtout dans les eaux tropicales, car plus l'eau est chaude, plus il y a de bactéries et plus le risque d'infection est élevé. Or, en raison du réchauffement climatique, de nombreuses bactéries sont déjà plus fréquentes, même dans les zones côtières européennes. Vous pensez toujours pouvoir barboter sereinement au bord de la plage ? Dans l'eau - salée ou non - la peau gonfle et votre plaie se transforme en porte ouverte vers un hôtel grand-luxe pour micro-organismes, et il n'y a, a priori, pas de raison de penser qu'ils refusent l'invitation.
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Risques liés à la qualité de l'eau et aux conditions environnementales
Bien que des millions de gens passent leur été en bord de mer, rares sont ceux qui finissent aux urgences à cause d'une infection. La fermeture temporaire, ces dernières semaines, de quelques plages bretonnes, méditerranéennes ou basques le rappelle : près des côtes, il arrive que la mer soit contaminée par des bactéries d'origine fécale (Escherichia coli, entérocoques, etc.), surtout après de fortes intempéries. Néanmoins, leurs concentrations restent inférieures aux seuils à risque sur 97,6 % des plages de l'Union européenne (96,9 % en France). Il y a donc peu de risque d'attraper une infection gastro-intestinale en nageant, à moins de braver un arrêté local d'interdiction de baignade. Une conjonctivite ou une otite est toujours possible, mais il n'y a généralement pas de quoi s'inquiéter. Méfiez-vous en revanche des petites blessures, après une glissade sur un rocher par exemple. Dès qu'on se coupe, il faut désinfecter. Un rinçage à l'eau de mer ne suffit pas.
La plage n'est pas exempte de microbes non plus. Les enfants qui creusent le sable peuvent développer un impétigo, une pathologie bactérienne bénigne mais douloureuse et contagieuse, qui se manifeste par l'apparition de vésicules ou de croûtes jaunâtres. Les enfants sont aussi plus à risque d'ingérer un parasite intestinal ; des vers véhiculés par les excréments d'animaux (de chiens notamment) peuvent en effet se trouver dans le sable, donc sous les ongles. Citons par exemple les ascaris, responsables d'infections viscérales ou oculaires, le plus souvent bénignes, parfois sévères. Certains vers peuvent par ailleurs pénétrer sous la peau et provoquer des manifestations cutanées (toxocarose), avec parfois des atteintes des nerfs ou des yeux. C'est pourquoi, de la même façon que, le reste de l'année, on se lave les mains en rentrant du parc, il faut le faire après la plage. Ces espèces ne sont pas si fréquentes dans nos contrées, et les boutons qu'elles créent disparaissent généralement toutes seules. Mais, du fait des démangeaisons, les lésions peuvent se surinfecter. Il n'est pas rare qu'un touriste développe une tungose (ou sarcopsyllose) en marchant pied-nus sur le sable ou en s'y allongeant directement. Cette maladie est causée par la femelle d'une puce de sable tropicale, qui creuse une cavité sous la peau, s'y installe et pond des œufs. La lésion enkystée, qui mesure plusieurs millimètres de diamètre, tend alors à s'infecter. Il faut cureter l'abcès pour éviter que cela ne s'aggrave. Limiter au maximum le contact direct de la peau avec le sable et se laver les mains régulièrement est donc une mesure de précaution efficace.
Le contexte des régions tropicales et d'outre-mer
Dans les départements et collectivités d'outre-mer, les mêmes règles de surveillance de la qualité des eaux de baignade s'appliquent qu'en métropole. Hormis en Guyane et à Mayotte, où les normes peinent à être atteintes, il n'y a donc pas plus de risque de piquer une tête à La Réunion ou en Martinique qu'en Corse ou en Occitanie : 94 % des sites de baignade y sont classés d'excellente qualité. Pour autant, des risques spécifiques existent. Le principal risque pouvant conduire aux urgences est lié aux surinfections après une blessure ou après une piqûre de poisson pierre par exemple, comme le confirme le Dr. Rodolphe Manaquin, chef de pôle infectiologie-immunologie du CHU de La Réunion. Il se souvient aussi d'un patient qui, bien qu'ayant cicatrisé après s'être blessé, avait encore mal au pied plusieurs semaines après.
Le Pr. André Cabié, chef du service des maladies infectieuses et tropicales au CHU de la Martinique, alerte quant à lui sur un risque qui, bien qu'il ne soit pas directement lié à la baignade, concerne la plage et ses restaurants : les intoxications alimentaires. Certaines d'entre elles n'ont rien à voir avec l'hygiène des établissements, mais avec des épidémies parmi les poissons ou crustacés. Dans les tropiques, de plus en plus de poissons carnivores sont touchés par une toxine, la ciguatoxine, responsable de la ciguatera, sans que cela se voie, alerte-t-il. Contrairement aux bactéries, cette toxine transmise par une algue ne disparaît pas à la cuisson ou la congélation. On peut donc l'attraper dans tous les restaurants qui servent les espèces concernées malgré les alertes sanitaires, y compris en ville. Cela se manifeste par de fortes démangeaisons, des signes digestifs, cardiologiques, voire par des atteintes nerveuses, hallucinations et/ou des paralysies musculaires. Certains patients doivent être hospitalisés en urgence. D'autres non, mais ils peuvent souffrir de fatigues chroniques plusieurs mois après leur retour.
Des pathologies typiquement tropicales, comme l'anguillulose, causées par les larves d'un ver qui pénètrent via la peau de la plante des pieds pour finir dans les intestins, peuvent être diagnostiquées dans les Antilles ou à La Réunion. De même, il faut se méfier du « spot de surf secret » qui ne serait pas fréquenté par des habitants. En Polynésie française, par exemple, pays d'outre-mer qui n'est pas soumis aux mêmes règles de contrôle de la qualité des eaux, « tous les habitants savent qu'il faut éviter de se baigner sur la plage à l'embouchure de la Papenoo, quand il a plu à l'intérieur des terres, indique le Dr. Erwan Oehler, infectiologue au CH de Papeete. À cause de la présence en amont d'habitats insalubres, de cochons domestiques ou sauvages et de cultures agricoles attirant les rats, quand la pluie ruisselle sur ces terres, elle peut véhiculer la leptospirose jusqu'à la mer. Nous y pensons chaque fois que nous voyons arriver des surfeurs avec des symptômes grippaux et gastro-intestinaux. Non traités, ils peuvent développer des infections graves avec atteintes rénales ou hépatiques, voire nécessiter des soins en réanimation. » Ce dernier risque concerne particulièrement ceux qui déclarent la maladie dans les jours suivant leur retour de vacances, car les médecins de métropole sont moins sensibilisés à la question. Autre maladie bien connue des surfeurs à Tahiti : la dermatite des baigneurs en mer.
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Les vertus spécifiques de l'eau de mer : des cas très particuliers
Pour autant, l’eau de mer a aussi ses avantages et présente des effets cutanés positifs dans certains cas très spécifiques. C'est une eau pleine d'oligo-éléments et de minéraux (magnésium, calcium, potassium…), ce qui en fait un anti-inflammatoire efficace pour les personnes atteintes de certaines maladies de la peau comme le psoriasis ou l’eczéma. C'est prouvé : des bains dans la mer morte, associés à une exposition mesurée au soleil, améliorent les symptômes sur une durée d'au moins trois mois. Mais, même si vous êtes dans ce cas, il faut agir prudemment. Les bains de mer ayant tendance à assécher la peau, la crème solaire, le rinçage à l'eau claire et la crème hydratante sont indispensables. Et si vous êtes en période de crise, il est conseillé de renoncer à vos ablutions salines car les poussées provoquent des plaies !
La Baignade en Piscine avec une Plaie
Si vous avez une plaie ouverte, il n’est pas conseillé d’aller nager, même en piscine. Des bactéries peuvent facilement pénétrer dans la plaie et se retrouver ainsi dans la circulation sanguine. De plus, le chlore, en quantité trop importante, peut également pénétrer dans la plaie, ce qui est nocif et empêche sa guérison. Cependant, si la plaie est refermée et bien soignée à l’aide de Flamigel®, se baigner dans une piscine est moins dangereux. Utilisez Flamigel® 1 à 2 fois par jour, et votre plaie guérira jusqu’à 40 % plus vite.
Il est fréquent d'entendre qu'il ne faut pas aller à la piscine avec une blessure. Mais des situations peuvent rendre cela difficile, comme un cours de natation obligatoire. Dans de tels cas, il est d'autant plus important de prendre toutes les précautions nécessaires et de chercher des solutions adaptées.