Les abeilles jouent un rôle essentiel dans notre écosystème, du fait de leur mission principale qu’est la pollinisation. Cette action permet aux plantes de se reproduire. Les abeilles font partie des insectes pollinisateurs les plus efficaces aux côtés des guêpes ou encore des papillons. Apparues il y a 65 millions d’années, les abeilles ont progressivement tenu un rôle indispensable dans l’équilibre des écosystèmes, notamment dans la reproduction végétale via la pollinisation des fleurs.
Le rôle fondamental des pollinisateurs dans l’écosystème
La pollinisation est le processus par lequel le pollen est transféré des anthères (partie mâle de la fleur) au stigmate (partie femelle). Ce processus permet la fertilisation des plantes, entraînant la production de fruits et de graines. En France, les abeilles contribuent directement à la pollinisation de nombreuses cultures agricoles, telles que les pommiers, les cerisiers, les fraisiers, et les courgettes. Leur rôle dans la pollinisation améliore non seulement la quantité, mais aussi la qualité des récoltes.
Les abeilles jouent un rôle central dans la nature : elles pollinisent les fleurs en récoltant du nectar et du pollen. En se posant sur les fleurs, elles transportent les grains de pollen d’une fleur à l’autre, permettant la fécondation. Ce processus est vital pour la reproduction de près de 90 % des plantes à fleurs sauvages. Cette pollinisation ne profite pas qu’aux plantes : elle est à la base de toute la chaîne alimentaire. Moins de pollinisateurs signifie moins de fruits, de graines, de plantes, et donc moins de nourriture pour de nombreuses espèces (insectes, oiseaux, mammifères… et humains).
La diversité des abeilles sauvages contribue à la résilience de nos écosystèmes. En cas de déclin d'une espèce, d'autres peuvent compenser cette perte, assurant ainsi la continuité de la pollinisation. Cette diversité est aussi cruciale pour l’agriculture. La France abrite une grande diversité d’abeilles, avec plus de 1 000 espèces recensées. Parmi celles-ci, on trouve l’abeille domestique (Apis mellifera) et de nombreuses abeilles sauvages, telles que les bourdons et les abeilles solitaires. Contrairement à l'abeille domestique, utilisée pour la production de miel, les abeilles sauvages, qui regroupent plus de 1000 espèces en France, sont des pollinisateurs incontournables pour une large variété de plantes.
Une menace biologique majeure : Le frelon asiatique
Une de ses plus grandes menaces est le frelon asiatique. Apparu pour la première fois en France en 2005, le frelon asiatique (aussi connu sous le nom de frelon velutina) est la plus grande menace d’origine animale pour les abeilles. Importés de Chine au début des années 2000, les frelons asiatiques se sont acclimatés à leur nouvel habitat étant donné la nourriture à profusion dont ils disposent (fruits, insectes) et la faible présence de prédateurs pouvant leur nuire (quelques oiseaux comme la Pie-grièche écorcheur, le Guêpier d’Europe ou la Bondrée Apivore).
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Le frelon velutina est une espèce très agressive et virulente qui n’hésite pas à attaquer les humains, comme les animaux. Pour s’en prendre aux abeilles, il reste en vol stationnaire devant une ruche, attendant qu’une abeille butineuse en sorte pour l’attaquer et, soit la dévorer, soit s’en servir pour nourrir ses larves. Il peut également entrer directement dans la ruche s’il a grand besoin de nourriture, alors le frelon cause des dégâts irréparables afin de repartir, repu. Malheureusement, les abeilles n’ont que peu de mécanismes de défense face à ces prédateurs redoutables, leurs piqûres ne font que ralentir les frelons sans pour autant les affecter. Elles possèdent néanmoins une solution qui requiert beaucoup d’énergie et d’individus pour stopper cet ennemi : les abeilles étouffent le frelon en formant une “boule d’abeille” autour de ce dernier, puis elles se mettent à vibrer grâce à leurs ailes et à leur abdomen afin d’augmenter la température à l’intérieur de cette boule. Le frelon ne peut supporter une telle température, il est littéralement cuit. Cependant, cette technique est efficace uniquement lorsque la ruche affronte quelques individus. Face à plusieurs dizaines de frelons, elle ne peut généralement rien faire et se retrouve presque toujours vaincue.
Le parasite Varroa destructor et les enjeux sanitaires
Proche du frelon, le varoa destructor est un parasite qui touche les abeilles en leur provoquant des maladies. En effet, cet acarien se présente sous la forme de pou, ce dernier se fixe sur la larve d’abeille ou bien sur l’abeille adulte pour se nourrir de son sang. Cette maladie entraîne la mort subite des abeilles en seulement quelques semaines. L’acarien reproduit la même enveloppe externe que l’abeille afin de se confondre avec elle pour les tromper. Le varoa destructor avant qu’il se greffe à une abeille. Aujourd’hui, on dénombre 29 agents pathogènes et prédateurs de l’abeille: prédateurs, parasites, champignons, bactéries et virus. Tous ces agents participent potentiellement aux affaiblissements et pertes de colonies d’abeilles. Certains de ces agents peuvent agir simultanément. L’Anses a lancé des travaux d’expertise depuis 2012 pour comprendre les multiples causes de l’effondrement des colonies. Ses travaux montrent une réalité complexe d’interactions entre pathogènes tels que l’acarien varroa et certains virus.
L’impact des activités humaines : Pesticides et dégradation des habitats
Autre menace liée cette fois-ci à l’Homme, il s’agit des pesticides et insecticides. En effet c’est en 1995 que l'on trouve l’apparition des insecticides en Europe. Depuis ce jour, plus de 300 000 ruches meurent chaque année, ce qui divise par deux la production de miel, et ce qui peut donc expliquer son coût qui augmente de plus en plus. La France est le premier pays producteur de miel de l’Union Européenne mais se place en troisième position pour ce qui est de l'utilisation des pesticides. Cela a un effet alarmant sur la mortalité des abeilles. Il n’est pas sans importance de rappeler que les abeilles sont très importantes dans notre écosystème et que 75% de la production de nourriture dépend entièrement des animaux pollinisateurs, et donc en grande partie les abeilles.
De plus, il faut savoir qu’il existe désormais un “cocktail chimique”, c’est à dire un mélange puissant de différents pesticides. Par exemple, une abeille peut être touchée par 7 pesticides différents dans un même pollen. De plus, il existe de très nombreux insecticides, et certains peuvent être beaucoup plus puissants que d’autres. C’est le cas des Néonicotinoïdes, une famille de pesticides 100 fois plus puissants et donc meurtriers que d’autres. Pourtant, ce sont eux que l'on retrouve le plus couramment. Selon Greenpeace, 80 000 abeilles peuvent êtres tuées d’un coup avec un seul grain de maïs enduit de ces pesticides.
La destruction de leurs habitats est une autre cause majeure : l’urbanisation, l’intensification de l’agriculture et la déforestation réduisent les zones où les abeilles peuvent nicher et se nourrir. Les prairies, les haies et les zones humides, essentiels pour la nidification et l’alimentation des abeilles, sont de plus en plus rares. La diminution de la biodiversité, liée notamment à la monoculture, a pour conséquence une réduction du nombre d’espèces de plantes disponibles ainsi qu’à un raccourcissement de la période pendant laquelle diverses plantes mellifères en fleurs sont disponibles.
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Les effets du dérèglement climatique sur la mémoire olfactive
Enfin, la dernière menace dont souffre les abeilles est le dérèglement climatique. Les abeilles, comme grand nombre de pollinisateurs, se repèrent par le biais de signaux visuels et olfactifs dans le but par exemple de mémoriser un parfum pour l’associer à une plante. La mémoire olfactive de l’abeille lui permet de savoir juste grâce au parfum si une fleur contient un nectar riche ou pauvre en sucre ou même si la fleur ne contient pas de nectar du tout.
Le changement climatique sur Terre provoque un changement d’odeurs florales sur certaines plantes à cause notamment de la sécheresse ou d’une forte hausse de température. Ce changement d’odeur florales (en général il s’agit d’une augmentation de molécules ce qui fait que l’odeur s’amplifie) est due à un stress ressenti chez les plantes à causes du changement climatique. Cela entraîne une perte de repère chez les abeilles qui n’arrivent plus à correctement assimiler une odeur à une plante. Ces changements climatiques affectent la production de ressources florales dans un premier temps et ainsi la récolte des abeilles dans un second temps. Concernant leur ruche, les abeilles sont à la merci de la météo. En effet en cas de fortes pluies, leurs ruches peuvent facilement être inondées et détruites à cause d'inondations. De plus, si un incendie se déclare à proximité de la ruche, les abeilles n’ont aucun moyen de se protéger face aux flammes, la ruche sera alors carbonisée si elle est touchée. Lors des périodes de très fortes canicules, il est possible que la cire fonde engluant ainsi la reine des abeilles et sa colonie.
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