Le Windsurf en Finistère : Naviguer le Vent de Nord-Ouest et Découvrir les Joyaux Bretons

La Bretagne, et plus particulièrement le Finistère, est une destination de choix pour les passionnés de sports de glisse, offrant un cadre exceptionnel et des conditions variées pour le windsurf. Que l'on recherche des sessions de freeride pures, des défis en waveriding, ou que l'on se prépare à affronter des compétitions de renommée mondiale, la région propose une multitude de spots adaptés à tous les niveaux. La compréhension des vents locaux, et notamment du vent de nord-ouest, est essentielle pour optimiser chaque session et profiter pleinement de cette côte sauvage et majestueuse.

Les Particularités du Vent en Finistère : Focus sur le Nord-Ouest et les Thermiques

Le Finistère est réputé pour ses statistiques de vent généreuses, avec plus de 200 jours navigables par an. Ce vent stable et régulier est principalement le fruit des nombreuses dépressions traversant la mer Celtique, offrant une qualité de navigation incomparable, loin des bourrasques parfois capricieuses d'un vent off comme la Tramontane. Cependant, la région présente également des spécificités en matière de vents thermiques, qui peuvent transformer une prévision modeste en une session mémorable.

Une possibilité d'avoir un thermique Nord-Ouest est souvent présente si le temps est beau, notamment dans la baie de Douarnenez. Un témoignage rapporte qu'il y a deux ans, des windsurfeurs ont vu le flux de vent tourner au Nord-Ouest en soirée, permettant de naviguer en 7.7 toute l'après-midi, alors qu'une brume de mer avait initialement limité les options plus tôt dans la journée. Cette situation illustre le caractère local de ces phénomènes, mais qui peuvent clairement arriver et offrir des surprises agréables. Une autre expérience décrit comment un vent tournant Nord-Ouest a finalement offert des conditions pour faire planer avec une 8.6 et une planche de 140 litres pendant deux petites heures dans la baie de Douarnenez. Les prévisions annonçaient initialement 4-7 nœuds, mais le vent a atteint 10-13 nœuds à partir de 16h, montrant la capacité du thermique à se lever et à se renforcer.

Par ailleurs, lorsque le flux est Nord-Est, cela s'accompagne généralement d'un grand ciel bleu. Ce type de vent est un peu comparable à l'alizé ; il se lève doucement vers midi et devient navigable à partir de 14h. Il a tendance à se renforcer sensiblement vers 16h-17h, atteignant un bon 20 nœuds bien établis. Ces conditions sont souvent associées à un plan d'eau tout plat, en particulier à marée basse, où les couleurs lagons offrent un spectacle magnifique. Un tel vent Nord-Est est même rentré sur Douarnenez, ce qui peut être assez étonnant. Bien que timide et irrégulier vers 14h, il s'est bien mis en place vers 16h, pouvant inciter à un gréement trop toilé en foil si l'on anticipe mal son renforcement, atteignant probablement 15-17 nœuds. Il est à noter que, dans ces conditions, une grosse dévente peut se faire sentir au bord, au départ de la plage, car le vent est bien side on.

Malgré ces vents stables et réguliers, les vents thermiques sont très discrets en Finistère Nord. Au printemps, avec leur orientation Nord-Est, ils peuvent offrir aux kitesurfers quelques journées de navigation mémorables. Toutefois, ils se font rares l'été. En période cyclonique, en juillet et août, l'anémomètre plafonne régulièrement entre 8 et 15 nœuds, soulignant l'importance des dépressions pour des conditions de vent plus soutenues.

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Spots de Windsurf du Finistère Sud : Autour de Loctudy et Quimper

Le Finistère Sud regorge de spots remarquables, adaptés à différents niveaux et conditions de vent, y compris le vent de nord-ouest qui nous intéresse.

La Pointe de la Torche : Un Spot LégendaireLa Pointe de la Torche est un nom qui résonne particulièrement dans le monde du windsurf, en ayant fait un spot légendaire. Dès 1986, ce site emblématique a accueilli une épreuve de la Coupe du monde de windsurf. Près de 30 ans plus tard, en 2014, la Torche fut de nouveau le théâtre d'une épreuve du circuit mondial qui marqua également les esprits. Un contest PWA a même été renouvelé en 2016. Plus récemment, la Torche a vu débouler en octobre 2018 les Wave Games, un événement multi-disciplines incluant windsurf, kitesurf, paddle et surf. Ce spot du Pays Bigouden, situé à une trentaine de kilomètres de Quimper et doté d'une plage d'1,5 km, est inratable pour tout windsurfeur posant sa valise en Bretagne, offrant des conditions propices au waveriding et aux navigations dynamiques, notamment avec des vents d'ouest à nord-ouest.

Le Steir au Guilvinec : Le Paradis du FreerideSitué au Guilvinec, également dans le Finistère Sud, le Steir est un spot entièrement dédié aux amateurs de freeride. Très venté, il se ride idéalement par vent d'ouest, sud-ouest ou nord-ouest. Il génère des vagues dites « faciles », à condition, bien sûr, de ne pas faire n'importe quoi et de respecter les règles de sécurité. C'est un excellent choix pour ceux qui débutent ou qui cherchent à perfectionner des manœuvres comme le planning, le virement de bord, l'empannage et le beachstart, grâce à ses conditions sécurisantes.

Bénodet et Le Letty : Des Alternatives ProtégéesPour ceux qui connaissent bien le sud de Quimper, Bénodet est une destination fréquente. Bien que la nav en elle-même à Bénodet ne soit pas considérée comme un super spot, les environs offrent de bonnes alternatives. Si les conditions deviennent trop "baston" (fortes), il est possible de se replier au Letty à Bénodet. Ce spot nécessite que la marée soit pleine pour être praticable, offrant un abri et des conditions plus clémentes lorsque le vent est trop fort ailleurs. C'est une option à considérer pour les jours de vent puissant, même si le vent de nord-ouest y est peut-être moins optimal que sur des spots plus exposés.

Les Perles du Finistère Nord : Une Côte Sauvage pour Tous les Niveaux

Le Finistère Nord, bien qu'éloigné de Loctudy, représente une part significative des informations fournies et offre un contraste intéressant avec le sud, tout en présentant des spots exceptionnels pour le windsurf et le kitesurf. Cette région est une destination idéale pour se faire plaisir sur sa planche à voile, offrant une diversité de paysages et de conditions.

Un Territoire de Caractère : Entre Mythes et RéalitéLorsque l'on évoque le Finistère Nord, on pense souvent à un rivage au bout du monde, bordé de récifs, à des tempêtes et au froid, à une mer déchaînée et à des naufrages. Ces images ne sont pas entièrement fausses, car la mer y garde tout son caractère sauvage. Cependant, au-delà des idées reçues, la réalité peut être toute autre. On murmure même que ce serait l'une des meilleures régions en France pour faire du kite, et par extension, le windsurf.

Le Finistère offre une longueur de rivage impressionnante, avec 1250 km sur les 5500 km de littoral français. La variété du rivage est extrême : certaines plages de sables blancs sont longues de plusieurs kilomètres, tandis que d'autres, minuscules, sont blotties au fond d'une crique. Les récifs, qui ont fait la réputation de ce pays de naufrageurs, sont omniprésents. Cette nature exige un minimum de sens marin pour y naviguer, mais c'est aussi grâce à elle que l'on y trouve quelques-uns des plus beaux spots français.

La Température de l'Eau et l'Équipement NécessaireLa température de l'eau du Finistère Nord n'est pas une légende. Au plus chaud de l'été, elle dépasse difficilement les 17-18°C. Une combinaison intégrale 5-4mm est recommandée la plus grande partie de l'année. À l'inverse, l'hiver, dans cette contrée sous l'influence océanique, la température de la mer passe rarement sous la barre des 10°C, tout comme la température ambiante reste relativement douce.

Marées, Courants et Algues : Les Défis Spécifiques du Finistère NordDans cette Bretagne Nord de tous les extrêmes, les marées sont parmi les plus importantes de la planète. Les marnages du Finistère Nord peuvent dépasser 8 mètres. Pour les non-initiés, comprendre la notion de marnage n'est pas très compliqué : si l'on se positionne les pieds dans l'eau au plus bas d'une marée à gros coefficient, puis que l'on attend 6 heures, on se retrouvera immergé dans 8 mètres d'eau.

Ces mouvements colossaux de masses d'eau ont pour conséquence directe des courants marins. Plus raisonnables à proximité du rivage, ils peuvent cependant atteindre plusieurs kilomètres/heure. Ces courants sont à prendre en considération lors de chaque session. S'ils jouent contre le rider, ils rendront la vie du kitesurfer ou windsurfer plus compliquée, par exemple pour récupérer la planche après une chute, remonter au vent ou revenir au point de départ. Pour les riders qui aiment naviguer loin, en particulier les foilers, en cas de problème, si le retour à terre doit se faire à la nage, même en étant bon nageur, la vitesse sera au mieux de 2 ou 3 km/h, sans compter le matériel à remorquer.

Le Finistère Nord est également la capitale du « goémon », le nom local des algues. Elles sont omniprésentes et, sous leur aspect paisible, réservent quelques embûches aux riders non habitués. Un cas classique : lors d'une dévente ou suite à une erreur de pilotage, l'aile tombe à l'eau. Le temps de la redécoller, elle dérive, et l'une des lignes se coince sous des algues, dont une extrémité est accrochée au fond et l'autre flotte à la surface. L'aile reprend de la puissance et tire alors le rider sous l'eau. Moins dangereux, mais très agaçant, les lignes peuvent s'enfouir sous les algues. Cela arrive généralement à la limite entre l'eau et le sable, là où la marée montante a accumulé des quantités importantes de goémon. Trop chargée au niveau des lignes, l'aile ne redécollera pas, ce qui peut être une bonne chose, mais il faut se dépêcher de se sortir de ce guêpier, car plus on attend, plus les lignes se chargeront, pouvant rapidement accumuler plusieurs centaines de kilos de goémon. Il faut alors s'armer de patience pour défaire l'enchevêtrement. Un dernier point concerne la glissade-chute : si l'on décolle l'aile et que l'on marche vers l'eau pour débuter une session, il faut se méfier des tapis d'algues particulièrement glissantes. L'enchaînement peut être rapide : l'aile tire un peu fort et le rider part en glissade-chute.

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Rencontrer la Faune et les LocauxEn navigation, il est possible de croiser un phoque ou un dauphin. Mais ce sont surtout les Finistériens que l'on rencontrera. Le premier contact peut être un peu froid, mais il ne faut pas hésiter à une approche spontanée. Un rider local, d'abord un peu timide, est en général accueillant et chaleureux. Lors de la tournée des bars, il est conseillé d'éviter l'uniforme chaussures bateau, bermuda, marinière, ciré. Un bon vieil ensemble jean / sweet délavé ou une combinaison 5-4 mouillée sera plus adapté. Pour faciliter l'intégration, en guise de « bonjour », il faut oublier le Kenavo des publicités locales au profit d'un : « Comment ksé ? ça gass avec toi ou quoi ? ». Et être sympa avec un Finistérien n'est pas très compliqué, il suffit de lui offrir une bière ou deux.

Spots Emblématiques du Finistère Nord

La Plage des Blancs-Sablons (Le Conquet)Située en face de l'île de Ouessant, au cœur de la Mer Celtique, la Plage des Blancs-Sablons est avant tout un spot de vagues pour riders confirmés. Les orientations de vent les plus favorables vont de l'ouest au nord-nord-ouest, mais le spot est praticable de sud-ouest à nord. La mer ne se retire jamais très loin, mais il faut faire attention aux marées hautes dont le coefficient est supérieur à 80, car la plage, cernée de falaises, est très réduite, voire inexistante. De plus, à marée haute, les vagues ferment de plus en plus et le vent devient rafaleux. Ce n'est pas un spot de débutant, car avec une houle formée, les vagues sont parfois imposantes. Du 1er juillet au 31 août, une zone de baignade est mise en place dans la partie ouest. Malgré la présence de surfers, bodyboarders et windsurfers, ce n'est pas le spot le plus fréquenté par les kitesurfers. Plusieurs parkings sont disponibles à environ 400m des plages.

Saint-Pabu et Lampaul-PloudalmézeauLes communes de Lampaul-Ploudalmézeau et Saint-Pabu offrent 2,8 km de grandes plages quasiment continues. Le sable fin et blanc ravira les enfants pendant la session. Il est possible de naviguer sur toute cette zone. Le spot reste navigable quelle que soit la hauteur d'eau. À marée basse, la mer peut se retirer à plus de 500m, offrant généralement un plan d'eau avec de jolies zones de flat, tandis qu'il sera plus clapoteux à marée haute. Par période de houle, de belles vagues se forment à la montante. En période estivale, en particulier par Nord-Est, la zone attire du monde (kitesurfs, wingfoils, planches), mais elle est suffisamment grande. Les locaux savent choisir les horaires pour avoir le spot pour eux seuls. Quelques récifs jalonnent les plages, visibles et peu problématiques. Il n'y a pas de danger particulier en dehors de ces récifs et des courants qui peuvent être présents si l'on s'éloigne significativement du bord. En été, un espace à l'extrême ouest est réservé aux écoles. Plusieurs parkings sont à proximité directe des plages.

Sainte-Marguerite (Landéda)Les spots de Sainte-Marguerite sur la commune de Landéda sont sans aucun doute les plus réputés de la région. À marée haute, un lagon se forme. En choisissant le bon moment, on peut naviguer dans un vent régulier sur un flat glacis en ayant pied à peu près partout. Les nuances de l'eau, allant du blanc du sable au bleu profond du large en passant par le vert Caraïbes, sont d'une beauté étonnante. Le lagon, modestement appelé « la bassine » par les Finistériens, est navigable à partir de 5,50m d'eau, c'est-à-dire 2 heures avant et après la marée haute. Les coefficients idéaux sont entre 40 et 80 ; au-delà, les zones pour avoir pied sont réduites et le clapot reprend ses droits. En dehors du créneau marée haute, le spot reste parfaitement navigable, même si à pleine marée basse, il ne faut pas craindre de marcher jusqu'à 800m pour atteindre l'eau. Les orientations idéales sont Ouest et Nord-Nord-Ouest, mais le spot est navigable de Sud à Nord-Nord Est. Comme sur tous les spots du Finistère Nord, les zones de sable ne sont jamais très loin des récifs qui demandent un bon sens marin. Quelques parcs à huîtres apparaissent à marée basse, qu'il suffit d'éviter. Par gros coefficient de marée (supérieur à 95), quand le lagon se vide, il peut générer un courant fort rendant le retour au bord difficile si le vent est faible. Du 1er juillet au 30 août, dans la partie sud, une zone de baignade interdit toute forme de navigation. Plusieurs parkings sont à moins de 200m des plages.

Keremma, Kerurus et la Baie du KernicDe Kerurus à la baie du Kernic, en passant par les plages de Keremma, 5 km de bord de mer accueillent les kitesurfers sur des spots aussi beaux que variés. Les spots de la zone fonctionnent principalement par vent d'Ouest à Est, les orientations Nord-Ouest à Nord-Est étant les plus favorables. La notion de marnage prend tout son sens à l'ouest de la zone : sur les spots de Kerurus et de la Chapelle, la mer se retire à des distances marathonesques, à réserver pour les navigations de mi-marée à marée haute, tout comme la baie du Kernic, qui se vide avec le reflux. Comme dans le reste du Finistère Nord, chaque spot a ses petits parterres de cailloux et récifs. Par gros coefficient, les courants peuvent être forts à proximité des baies de Goulven (Kerurus) et du Kernic, lorsqu'elles se remplissent ou se vident. L'ensemble du site est une réserve ornithologique. Plusieurs zones de quiétude des oiseaux ont été délimitées par le comité de pilotage de Natura 2000, notamment au fond de la baie de Goulven et de la baie de Kernic. La navigation y est très déconseillée, même si elle n'est pas interdite par arrêté, et elle est très mal vue aussi bien par les riverains que par les oiseaux.

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