La planche à voile, ou windsurf, est une discipline combinant surf et voile, née au milieu des années 1960 et popularisée en Europe dans les années 1970. Après un déclin dans les années 1990, elle a retrouvé de l'attrait grâce aux avancées technologiques et aux nouvelles méthodes d'apprentissage. Aujourd'hui, le windsurf est accessible à tous. Ceux qui n’ont jamais hissé une voile pourraient croire que la planche à voile n’est l’affaire que des experts du clapot, bronzés, gainés, propulsés à toute vitesse sur une mer légèrement moutonnée. Sous ses airs d’activité technique et exigeante, la planche à voile recèle une vérité moins spectaculaire mais autrement plus engageante. On peut tout à fait débuter la planche à voile sans sueurs froides ni culbutes interminables. C’est une affaire de méthode, de choix du bon équipement, du bon spot, du bon moment.
Prérequis, sécurité et conditions idéales
Avant de commencer, il est impératif de savoir nager. La quasi-totalité des écoles certifiées FFVoile exigent un test de natation de 100 m en eau libre avant inscription. Le windsurf est un sport aquatique où les chutes sont fréquentes. La sécurité doit toujours être au premier plan dans la pratique de la planche à voile. Le port d’un gilet de sauvetage est impératif, quel que soit votre niveau. Il garantit que vous resterez à la surface de l’eau en cas de chute et facilite votre repérage par les secours si nécessaire. Il faut toujours garder à l’esprit que la planche à voile est considérée comme un engin de plage et non pas comme un bateau de croisière. Ainsi il est formellement interdit de s'éloigner à plus d'un miles (1852m) du rivage.
Dans tous les cas, ne jamais sortir en mer avec un vent de terre. On évite le vent offshore, traître et silencieux, qui pousse au large sans retour possible. On privilégie un souffle qui accompagne vers la rive. La mer, quant à elle, doit rester un partenaire docile. Le spot est aussi déterminant que le matériel. Privilégiez une zone d'eau peu profonde, sans vagues ou avec très peu, et avec un vent faible (force 2 maximum, 10 à 15 nœuds) de direction "sideshore" (parallèle à la côte) ou "onshore" (venant de la mer vers la côte). Évitez les zones avec des rochers, courants forts, vents forts au large, vagues, bateaux à moteur et lignes électriques.
Le matériel : comprendre et choisir
Un gréement est l'ensemble des pièces (voile, mât, wishbone) qui propulsent la planche. La planche à voile est composée d’une planche, d’une voile et d’un bonhomme. Le matériel d’initiation a fait des bonds énormes : flotteurs ultra-larges, voiles légères, dérives rétractables. Pour débuter, privilégiez une planche large et stable (230-260 L), offrant une bonne flottabilité pour faciliter l'équilibre et la glisse.
Concernant la voile, commencez avec une surface modeste (3,5 à 5 m² selon gabarit) pour une prise en main sans résistance excessive. Trop grande, elle arrache. Trop petite, elle ne réagit pas. La juste mesure est la condition d’un apprentissage fluide. Parmi les modèles adaptés, on trouve les planches WindSUP (comme celles de RRD ou Exocet), qui permettent de pratiquer le windsurf et le Stand Up Paddle (SUP), idéales pour une utilisation familiale. Les gammes "Explore" de JP ou "Viper" de Fanatic offrent également stabilité et évolutivité.
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Lexique et bases de la navigation
Le vocabulaire utilisé en planche à voile est redoutable. Prenez la terminologie du monde de la voile, rajoutez-y les termes propres aux surfeurs, mélangez le tout avec une bonne grosse dose de termes anglo-américains au besoin franchouillardisés et ça vous donne le vocabulaire du véliplanchiste. Il est crucial de maîtriser les bases suivantes :
- Tire-veille : c'est le bout de corde qui permet de sortir la voile de l'eau.
- Wishbone : c'est par là qu'on tient la voile.
- Au près : on remonte vers le vent.
- Au largue : on descend au vent, on abat.
- Choquer : ouvrir la voile pour libérer de la puissance.
- Border : fermer la voile pour capter la puissance.
La proprioception et l'équilibre
La proprioception, ou conscience de son corps dans l'espace, est essentielle en planche à voile. Elle permet de maintenir l'équilibre et de coordonner les mouvements. Le problème du vent, c’est qu’il est invisible ! Tant qu’on a pas réussi à le sentir et à se repérer par rapport à lui dans l’espace, on ne peut pas espérer faire des progrès rapides. Le secret est de se positionner au centre de la planche, les pieds parallèles et légèrement écartés, genoux fléchis. Regarder ses pieds, c’est tomber ; regarder l’horizon, c’est tenir.
Apprentissage : de la théorie à la pratique
L’école spécialisée, avec des cours encadrés par des moniteurs diplômés (BPJEPS Voile), est la méthode la plus recommandée pour apprendre les bases : maniement du matériel, équilibre, compréhension du vent et glisse. Un stage en école certifiée FFVoile est très fortement recommandé pour démarrer.
Pour hisser la voile de l'eau, utilisez le tire-veille attaché au mât et tirez doucement pour élever la voile. Une fois la voile levée, en la tenant avec une main sur la poignée et l'autre sur le tire-veille, vous saisissez le wishbone à environ 15 cm du mât, à hauteur d'épaule. La planche à voile fonctionne avec le vent, regardez bien d'où il vient. La planche à voile navigue perpendiculairement au vent.
Pour virer de bord face au vent, faites tourner la planche avec les pieds : poussez avec le pied avant et tirez avec le pied arrière. Pour tourner en descendant le vent (empannage), il faut faire passer la voile derrière soi. La chute fait partie du jeu, elle n'est pas une sanction. Les pratiquants qui maîtrisent le mieux leur engin sont ceux qui passent le plus de temps dans l'eau.
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