Flotteurs de Windsurf : Caractéristiques des Modèles Freestyle Wave, Foil et leurs Synergies

Le monde du windsurf ne cesse d'évoluer, proposant aux pratiquants une panoplie de flotteurs de plus en plus spécialisés ou, à l'inverse, polyvalents. Parmi les catégories les plus discutées et prisées, on trouve les flotteurs Freestyle Wave (FSW), qui incarnent la polyvalence par excellence, et l'émergence fulgurante du windfoil, qui redéfinit la navigation en light wind et au-delà. Comprendre les caractéristiques intrinsèques de ces différentes planches, leurs spécificités et leurs interactions potentielles est essentiel pour faire des choix éclairés et optimiser son expérience sur l'eau.

Les Flotteurs Freestyle Wave (FSW) : Le Couteau Suisse du Windsurf

Les flotteurs Freestyle Wave (FSW) sont depuis longtemps considérés comme les véritables classiques de leur catégorie. Ils sont réputés pour être super équilibrés et incroyablement amusants dans la plus large plage de vent et d'eau possible. Cette génération de "jouets tout-eau" ne fait pas exception, offrant une sensation de compacité et une réponse rapide dans les manœuvres. Les planches FSW ne se contentent pas de naviguer plus vite, elles sont également plus confortables que leurs prédécesseurs. Le concept Freestyle Wave représente l'option idéale pour 99% des véliplanchistes de plaisance qui pratiquent la voile côtière. Il offre de nombreuses possibilités de réglage, permettant de l'adapter parfaitement à n'importe quel jour et à toutes les conditions. C'est une planche polyvalente, idéale pour les vents forts, aussi bien pour la navigation en rafale que pour le bump & jump. Elle permet un freeride sans soucis par vent moyen à fort, des sauts et des bosses, du freestyle classique, du carving à grande vitesse, et même de la navigation dans les vagues. On peut affirmer que la recherche de polyvalence s’arrête ici.

La dénomination "freestyle-wave" ne signifie pas la même chose selon les marques et les modèles, ce qui peut prêter à confusion. Certaines sont des convertibles qui peuvent surfer et avoir de bonnes performances, tandis que d'autres sont des planches de vagues compactes avec un scoop plus tendu, favorisant le départ au planning et la glisse. Cependant, les planches FSW peuvent "tout faire", même si elles seront moins radicales en vague qu'une pure wave et que leurs rails, potentiellement plus accrocheurs, pourraient perturber la glisse en freestyle pur. Il est tout à fait possible d'apprendre sur ces planches, et leurs limites sont rarement atteintes par un pratiquant intermédiaire.

Pour un gabarit conséquent, comme un rider de 110 kg, une FSW de 105 litres peut devenir la "board à tout faire", capable de performer dans les vagues et sur plan d'eau agité. Ceux qui prétendent que ce type de planche "surfe mal" ne prennent souvent pas en compte la masse du rider ; un individu de 80 kg sur une FSW de 90 litres aura effectivement plus de difficultés à la faire tourner qu'un gabarit plus lourd. Une FSW de 105 litres, par exemple, peut être utilisée de 17 à 30 nœuds sans problème, et même davantage. Certains navigateurs ont tenu la leur dans des rafales de plus de 40 nœuds. Une FSW de 85 à 90 litres, quant à elle, deviendrait un complément idéal pour un vent bien établi, disons de 25 nœuds et plus. Toutefois, les planches FSW peuvent ne pas être le choix optimal pour le freestyle pur avec des figures aériennes ; leur orientation demeure résolument freestyle wave et bump & jump.

Les proportions de largeur, de longueur et de volume des FSW sont généralement bien éprouvées, constituant la clé de leur facilité d'accès et offrant un équilibre parfait entre toutes les disciplines. La courbe inférieure du flotteur contribue également à la magie de sa performance. Le contour fin au niveau du nose procure une sensation de légèreté, tandis que la configuration du boîtier d'aileron Thruster, combinée à l'option de strap intérieur, est le réglage parfait pour une maniabilité maximale. En partant d'entre les straps et vers l'arrière, le Vee devient moins prononcé, ce qui donne une ligne de rail très courbée et des rails plus fins, favorisant une accroche efficace dans les virages. Par exemple, la version 124 litres peut être légèrement plus longue, avec un tail un peu plus large pour répondre aux besoins des riders évoluant dans des vents plus légers. Une planche parfaitement équilibrée avec une large plage d'utilisation, elle est souvent considérée comme la planche la plus maniable et polyvalente de sa gamme de volume chez certains fabricants. Ces flotteurs sont équipés d'une configuration d'ailerons thruster : le boîtier d'ailerons principal est un Powerbox standard, associé à deux Slotbox latéraux avec des couvercles, au cas où les ailerons latéraux ne seraient pas utilisés. Les ailerons latéraux sont fréquemment en carbone, et l'aileron principal en G10, avec beaucoup de surface à l'extrémité, un contour incurvé et un angle de chasse arrière lisse, garantissant à la fois portance et contrôle.

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La planche Windsurf JP Australia Freestyle Wave, par exemple, est conçue pour les riders intermédiaires à confirmés qui recherchent une planche polyvalente capable de s’adapter à diverses conditions. Son shape équilibré facilite un départ au planning rapide et garantit une vitesse de navigation dynamique tout en assurant un contrôle stable, même sur une mer agitée. En bump & jump, elle se distingue par sa vivacité et sa réactivité, accélérant aisément et offrant une stabilité rassurante à haute vitesse. Elle absorbe efficacement le clapot, permettant d’attaquer les ramps naturelles et d’exécuter des sauts avec assurance. Sur les vagues, cette planche conserve une excellente maniabilité, avec des rails qui accrochent bien pour des bottom turns fluides. Son contrôle reste constant, même dans les conditions onshore ou irrégulières, facilitant l’enchaînement des manœuvres sans effort excessif. La construction de la Freestyle Wave vise un équilibre entre solidité, légèreté et performances, offrant un toucher d’eau sain et une durabilité adaptée à une pratique polyvalente. Cette planche tolérante et accessible propose assez de nervosité pour satisfaire les riders exigeants tout en restant facile à contrôler.

En comparaison, une planche de Freestyle pure est bien plus facile pour débuter dans cette discipline, mais elle surfe généralement mal. Ce sont des planches qui n'apprécient guère les high jumps et les atterrissages violents, surfant mal à cause de l'épaisseur sur l'arrière. La pure FS est plus difficile à faire tourner. En vague onshore, il faut quand même du volume pour passer les mousses, ce qui rend les planches plus petites moins adaptées. Des modèles comme la Fanatic Freewave 85L sont parfois envisagés pour les conditions de baston. Le choix d'une Tabou 3S en 85L est souvent perçu comme excellent ; elle donne l'impression d'être "aidé" par la board, de ne jamais lutter contre, et de ne rien imposer, ses limites étant celles du rider. Pour le baston pur, il est possible de descendre à 80L, voire 75L dans certaines régions comme l'Aude, que l'on pèse 75 ou 95 kg. Cependant, si l'on souhaite faire de la "vague", un peu plus de volume sera nécessaire, car la puissance du vent peut manquer. Une 3S 96L peut être visée pour des conditions de 16 à 35 nœuds, pour le freeride, le barbotage, la "vague" et le bump & jump, complétée par une 75L pour des vents extrêmes, comme 50 nœuds.

Le Windfoil : Une Révolution dans la Pratique

Après avoir été considéré par certains comme une mode, le windfoil est devenu, comme prévu, un mouvement de fond qui va profondément modifier et durablement la pratique du windsurf. Il n'y a pas de réponse toute faite quant à la compatibilité des flotteurs, car diverses options sont possibles.

Pour la très grande majorité des foils, il est nécessaire d'avoir un flotteur équipé d'un boîtier Deep Tuttle, avec une largeur maximale supérieure à 70 cm (75 cm étant idéal), le plus large possible sous le pied arrière, et pas trop lourd. Cependant, une nouvelle possibilité s'offre aux pratiquants avec l'arrivée de foils équipés d'un talon Powerbox, comme ceux proposés par NeilPryde et Alpine.

Les flotteurs convertibles, bien qu'intéressants commercialement dans un premier temps pour les industriels, tendent à disparaître. La raison en est assez simple : avec l'accessibilité du foil, 90% des pratiquants qui font l'effort d'apprendre le windfoil ne reviennent plus en arrière. Une fois que l'on a goûté à cette glisse magique, il est hors de question de repasser à une navigation en aileron dans la plage de 8 à 15 nœuds. De plus, les flotteurs convertibles mesurent généralement au moins 80 cm de large, ce qui rend leur utilisation difficile dans 20 nœuds de vent. Malgré cela, les flotteurs convertibles conservent tout leur intérêt dans les clubs, où la polyvalence et la facilité d'accès sont primordiales.

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Un flotteur "mixte", tel qu'une freestyle/wave, peut être envisagé pour le foil s'il présente suffisamment de caractères en commun avec les flotteurs développés spécifiquement pour les deux pratiques. Il faut donc bien définir les caractères de chaque discipline. Comme le foil est assez récent, un débat est constant sur ce sujet. La solidité est un caractère souhaitable pour tous les flotteurs. La tendance des fabricants de planches est d'ailleurs de proposer des flotteurs permettant de pratiquer aussi bien en aileron qu'en foil, et l'option foil devient presque la norme sur tous les types de flotteurs (Slalom, Freeride, Freestyle). Des flotteurs de vagues avec une option foil sont cependant encore rares.

Il existe des pièges à éviter avec les flotteurs non dédiés. Les purs flotteurs de slalom, par exemple, dont la position des straps rend la pratique du foil complexe, sont difficiles à équilibrer, et l'exploitation des straps arrière est loin d'être évidente. Les flotteurs très larges de type Formula nécessitent une forte poussée vélique, incitant à utiliser de grosses voiles pour vaincre leur énorme résistance à l'avancement. Cela limite considérablement l'apprentissage de la finesse de navigation, une des composantes essentielles du windfoil. Si l'objectif est de pratiquer régulièrement le foil avec confort et facilité, la voie royale consiste à acquérir un flotteur dédié. Désormais, le marché offre un choix vaste pour satisfaire tous les profils, même si le marché de l'occasion pour ces flotteurs dédiés est quasi inexistant, se limitant souvent à des modèles qui n'ont pas plu ou à des premières générations.

Le pilotage du foil passe par le flotteur, et la géométrie des appuis et des poussées est essentielle pour trouver un équilibre en navigation. De plus, voler implique de décoller, d'atterrir et de gérer régulièrement les "touchettes" pendant la phase de vol. Pour ces deux raisons principales, le shape des flotteurs dédiés au windfoil s'éloigne de plus en plus de celui des flotteurs traditionnels, car les contraintes sont différentes.

Caractéristiques des Flotteurs Spécifiques au Windfoil

Pour un flotteur typé foil, les critères importants peuvent inclure une longueur courte (par exemple, 1,9 m puis 1,7 m), car une fois en vol, un flotteur long est encombrant. Cela permet aussi d'avoir une planche qui rentre plus facilement dans un véhicule. La rocker line doit être marquée à la spatule et tendue à l'arrière, respectivement pour les touchettes et pour l'accélération rapide avant l'envol. La carène idéale peut présenter un double concave marqué à l'avant pour les touchettes et être plate (aucun V) à l'arrière pour l'accélération. Des bevels à l'avant peuvent aider pour les touchettes avec le flotteur incliné. Une largeur inférieure à 75 cm peut être suffisante, surtout si l'outline est optimisé pour concentrer la largeur là où elle est utile, car moins large, et particulièrement sur un flotteur court, cela accélère mieux. Enfin, le volume doit être suffisant pour lever la voile.

L'adéquation entre les différents éléments de l'équipement est plus importante que la performance individuelle de chaque composant. Trop souvent, les pratiquants qui peinent en windfoil ont un équipement mal conçu. La volonté de réutiliser à tout prix du matériel existant peut mener à un équipement inadapté. Des associations bancales, comme un foil freeride monté sous une Formula avec une voile sans cam, illustrent ce problème. Il est crucial d'associer des éléments de programme cohérent, par exemple en évitant un foil trop souple sur une board de freerace, ou un mât de foil trop long sur une planche étroite. Il convient également d'associer des modèles qui sont cohérents en termes d'équilibre longitudinal : les foils plutôt "pied arrière" devront être associés à des boards dont les footstraps ont une position assez reculée, et inversement. Ce domaine est complexe à appréhender, tant les idées reçues sont ancrées.

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Il est courant de penser que pour naviguer en light wind avec un foil, il suffit de prendre un flotteur le plus large possible et une petite voile. Or, c'est une idée fausse. Un flotteur large nécessite une poussée vélique importante pour accélérer. Les Formula étaient utilisées avec des voiles de 11,7 m², et un flotteur de 135 litres est souvent utilisé avec 8,5 m². Le choix de la taille de voile maximale pour le petit temps est très lié au choix du flotteur, ou inversement. Avec le même foil, le même modèle de voile et dans les mêmes conditions, si 7,5 m² sont nécessaires pour un flotteur de 80 cm de large, il faudra au minimum 8,6 m² pour un flotteur de 90 cm de large. Pour naviguer avec 5 m² max dans le light, il faudrait un flotteur de 70 cm de large, une voile ultra légère et une grande énergie. Ces valeurs sont indicatives pour un gabarit moyen avec une très bonne technique, souhaitant naviguer entre 8 et 10 nœuds.

Les flotteurs dédiés au windfoil se classent globalement en trois catégories, en fonction du type de navigation souhaité : les windfoil freeride, les windfoil freerace et les windfoil race.

Flotteurs Windfoil Freeride

L'objectif du flotteur windfoil freeride est de naviguer avec des petites voiles légères (généralement 2 m² de moins qu'en windsurf, essentiellement sans cam), avec une position assez droite (même sans harnais une fois la maîtrise acquise, et éventuellement strapless). L'accent est mis sur la glisse, la maniabilité et la finesse. Dans ce mode de navigation, la légèreté et une dépense physique réduite sont privilégiées. La navigation se fait principalement au travers. Les flotteurs ne sont pas très larges (autour de 75 cm) et sont souvent pincés à l'arrière pour faciliter l'accélération malgré une poussée vélique faible. Les carènes sont optimisées pour apporter un maximum de douceur. Ces flotteurs s'utilisent avec des foils à mât assez courts (entre 70 et 80 cm), qui peuvent se permettre de ne pas être trop rigides, car la navigation en position droite sollicite peu le mât.

Cette catégorie est la moins représentée parmi les flotteurs dédiés, la plupart des marques considérant que le pratiquant freeride peut utiliser un flotteur conçu pour une navigation en aileron. Des exceptions existent, comme la Wizzard, testée dans une version extrême de 103 litres pour une longueur de 1,52 m, ou la Femto. Pour un gabarit moyen, ces flotteurs sont d'accès exigeant et nécessitent du vent. Le pied de mât est quasiment sur le nez de la planche, et la longueur très courte ne favorise ni la glisse au décollage, ni la gestion des touchettes et des posés. Une fois en l'air, c'est un jouet ultra maniable. Les straps sont tellement centrés qu'il n'est pas question de se caler sur un bord ; on navigue très debout sur des bords courts pour enchaîner les manœuvres. La Tiny, conçue il y a quelques années, est un flotteur très pincé à l'arrière et très léger. Elle reste d'actualité pour une navigation 100% freeride et excelle en maniabilité (freestyle) et en décollage facile grâce à sa faible largeur arrière et son poids plume. Elle est très adaptée au foil Horue Vini, plutôt souple. En revanche, elle supporte difficilement les grandes voiles (7 m² grand max, 6,5 m² idéalement) et les foils puissants (à éviter absolument).

Des modèles plus récents, tels que les Starboard Foil 122, JP Hydrofoil 120, Fanatic StingRay et Exocet Freefoil, représentent une vision plus moderne et sportive du foil freeride. Pour des gabarits légers, ces quatre flotteurs peuvent être utilisés en mode freerace. Il est possible d'y associer des voiles plus grandes (7,5 m² maximum) et surtout des foils plus raides, plus longs et un peu plus puissants, sans exagération. Cela offre plus de choix dans les associations et un comportement plus sain dans les vents irréguliers et le clapot. La Foil 122, grâce à sa longueur, se distingue par le décollage le plus facile dans le light, offrant la meilleure glisse et accélération. La JP Hydrofoil 120, quant à elle, établit une nouvelle référence en termes de douceur des touchettes à la contre-gîte. La Foil 122, plus longue et avec des straps avancés, a tendance à calmer les foils nerveux et s'accorde bien avec les foils "pied avant" ou centrés, comme les Loke Lk1, Starboard GT, Alpine A1, AFS 85, et la plupart des foils aluminium (à l'exception des NeilPryde). La JP Hydrofoil 120, plus courte et sans inertie, libère au contraire les foils et s'associe aux foils centrés ou "pied arrière", tels que les Starboard GT, GT alu, NP Alu, Taroa Noe, et probablement Zeeko.

Flotteurs Windfoil Freerace

L'objectif du flotteur windfoil freerace est de naviguer avec des voiles moyennes (environ 1 m² de moins qu'en windsurf, généralement avec deux ou trois cams). La position est plus standard, avec une utilisation importante de la contre-gîte et un appui fort dans le harnais. La vitesse, les performances dans le vent très léger et la capacité à remonter au vent pour explorer le plan d'eau sont privilégiées. Compte tenu des forces en jeu, la navigation est plus physique qu'en mode freeride. Les flotteurs sont plus larges et nécessitent plus de puissance pour accélérer, ce qui implique une technique de pumping plus aboutie. Ces flotteurs possèdent un maître-beau très reculé, avec une forte largeur sur le dernier quart arrière afin d'offrir un bras de levier important pour contrôler le foil. Ils s'utilisent avec des foils à mât assez longs (autour de 95 cm) et présentant la plus grande rigidité possible.

Cette catégorie offre un choix vaste et attire de plus en plus de pratiquants. Parmi ces flotteurs, certains se démarquent par un shape plus traditionnel. La JP Hydrofoil 135 est l'une des plus anciennes conceptions, initialement conçue comme une planche convertible. Malgré son âge, elle est loin d'être dépassée. Avec un arrière plus pincé que d'autres modèles, c'est la plus "freeride" de la catégorie freerace, donc la plus accessible. Elle est conseillée aux débutants foil qui y trouveront un flotteur facile et peu physique. Cependant, elle est moins à l'aise lorsqu'on la charge avec de grandes voiles ou des foils puissants, car son bras de levier est plus court. Ses rails ont également une fâcheuse tendance à "scotcher" en cas de touchettes. Il est regrettable que JP n'ait pas profité des changements de décoration pour lui doter des rails similaires à ceux des nouvelles 120 et 150 litres. Comme toutes les JP, la 135 a des straps plutôt reculés. Il faut donc éviter les foils "pied avant" si l'on ne veut pas galérer dans le vent (Loke Envol, Starboard Race, AFS 95).

La Horue Slant présente également un shape un peu traditionnel avec un maître-beau avancé, mais c'est un flotteur 100% dédié au windfoil (gros V à l'avant, rails tombés). Bien que des versions définitives avec des straps plus centrés n'aient pas été largement disponibles pour essai, elle offre la qualité de fabrication Flika et une carène très douce signée Horue, permettant un décollage précoce. Le plan de pont est particulier, avec des plans inclinés pour positionner les pieds. L'Elix F1X M est plus délicate à prendre en main que la moyenne. Sa position de straps, ses cuts et son plan de pont imposent de véritables changements d'habitude qui demandent du temps. Après une période d'adaptation, elle révèle un très bon potentiel, à condition d'y adjoindre un foil bien conçu, avec un ensemble mât-fuselage très rigide. Comme l'Exocet RF81, le décollage nécessite de la puissance, soit par de grandes voiles, soit par une technique de pumping dynamique et vigoureuse. C'est un flotteur puissant, "magique" dans l'exercice du près (très serré) et des allures (très) abattues. En termes de contrôle dans le vent soutenu, elle est moins facile que des planches comme les RF81, Airtime ou Foil 144 (dont le plan de pont facilite les choses).

Avec les Starboard Foil 144, Horue Airtime, Tabou AirRide 81 et Exocet RF81, on entre dans la catégorie des flotteurs de conception plus récente et plus novatrice en termes de shape. Ce sont des flotteurs compacts (courts ou avec peu de volume à l'avant) et très larges sous le pied arrière. Les plans de pont de ces planches sont différents mais réellement adaptés au foil, offrant des options pour tous les goûts, allant de ponts 100% plats.

Flotteurs Windfoil Race PWA

Développés pour la compétition en PWA, ces flotteurs sont optimisés pour une pratique très spécifique du foil en mode course "Up&Down" (parcours banane, remontée au vent brutale puis quasi vent arrière) dans moins de 12 nœuds. Les flotteurs respectent la jauge PWA de 91 cm de large et sont conçus pour s'associer à des voiles dont la surface est comprise entre 9 et 10 m². Le développement de ces flotteurs poursuit un objectif unique : offrir le plus d'appui possible pour remonter au vent avec des foils ultra-puissants. Les aspects liés à l'accessibilité, au confort et à l'agrément sont délaissés. Les outlines ressemblent souvent à des rectangles, et les rails sont très épais. Pour faire décoller de tels flotteurs dans des vents légers, il faut au minimum 8,5 m² (pour les gabarits légers), mais plus souvent 9 ou 10 m². Compte tenu des bras de levier énormes offerts par ces flotteurs, ils ne peuvent être utilisés décemment qu'avec des foils très rigides, très solides et longs (mâts de plus de 1 m).

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