Gilet de Sauvetage : Un Indispensable pour la Sécurité Aquatique

Le gilet de sauvetage représente bien plus qu'un simple accessoire de flottabilité ; il est un équipement de sécurité nautique fondamental, capable de faire la différence entre un incident et un drame. Qu'il s'agisse de pêche en float tube, de kayak, de voile ou de toute autre activité sur l'eau, choisir le bon gilet et comprendre son fonctionnement est primordial. Face à la diversité des modèles, des technologies et des réglementations, il est essentiel de s'informer pour garantir une sécurité optimale.

Spécificités de la Sécurité en Float Tube : Le Cas des Waders et des Vêtements

Lors de la pratique de la pêche en float tube, des préoccupations spécifiques émergent, notamment concernant les waders multicouche qui peuvent se remplir une fois dans l'eau. Il est important de noter qu'un wader rempli d'eau ne va pas entraîner le pêcheur au fond de l'eau. Au pire, cela le gêne dans ses mouvements, ni plus, ni moins. Cependant, cette gêne peut devenir critique dans une situation d'urgence. Certains types de waders, comme ceux en néoprène, peuvent même aider à la flottabilité, offrant un avantage certain.

À l'occasion, un conseil qui peut paraître inhabituel mais qui s'avère précieux est de prendre tout ce qu'il faut pour se changer et de remplir volontairement ses waders pour voir ce que cela fait. Si vous avez une piscine, c'est mieux, comme ça en cas d'accident, vous resterez maître de vous. Cette expérimentation aide à éviter la surprise et l'affolement que cela procure en situation réelle. Pour ma part, avec des waders multicouche, il ne s'agirait pas du même effet qu'une vidéo, même s'ils ne devraient pas faire couler. Une préoccupation était d'avoir trop chaud à la belle saison avec le néoprène, ce qui peut orienter le choix du type de wader.

Par contre, s'il y a bien un vêtement que l'on déconseille pour aller sur l'eau, c'est tout ce qui est en polaire. Une fois dans l'eau, le polaire pèse un âne mort et rend la nage quasi impossible. Cette information est cruciale, d'autant plus que de nombreuses personnes en portent souvent au bord de l'eau. Ainsi, le choix des vêtements sous le gilet de sauvetage est aussi un facteur de sécurité non négligeable.

Types de Gilets de Sauvetage et Niveaux de Flottabilité : Une Question de Newtons

La flottabilité d'un gilet est exprimée en Newtons (N), une mesure qui renseigne sur la capacité à faire flotter un corps. Plus le chiffre est élevé, plus le gilet vous aidera à flotter et, surtout, à maintenir votre tête hors de l'eau. On trouve principalement des gilets de 50N, 100N, 150N et 275N.

Lire aussi: Normes des gilets de wakeboard

Les gilets de 50 Newtons ne proposent qu’une aide à la flottabilité. Ils peuvent être utilisés lorsque l’on reste à moins de 2 milles nautiques d’un abri. Pour se faire une idée, 50 Newton, c'est la flottabilité d'une bouteille d'eau de 5 litres, vide bien entendu. Compter sur cela pour se tenir en surface et se permettre de se déplacer avec de gros vêtements de pêche mouillés et qui empêchent de faire des mouvements demande beaucoup de courage. Ces gilets d'aide à la flottaison, comme leur nom l'indique, ce sont des aides, et surtout pas des gilets de sauvetage. À mon sens, les gilets d’aide à la flottaison, c'est à utiliser uniquement quand l’eau est chaude, que vous êtes en tee-shirt/baskets et pas trop fatigué par votre journée de pêche où un repas un peu copieux.

Dès que l’on s’éloigne vers la haute mer, il est impératif de choisir un gilet de 100N, 150N ou 275N. Le gilet 100 Newton est la norme minimale des gilets à avoir sur un bateau dans le cadre de l'armement obligatoire pour chaque occupant, surtout en eaux douces. Cependant, il est important de considérer que la flottaison est moindre en eau douce qu'en mer. La logique voudrait qu'on ait un gilet de plus grande flottaison théorique en eau douce qu'en mer. Partir du principe que "qui peut le plus peut le moins" est une approche sage en matière de sécurité.

Les gilets de 150N sont fortement recommandés pour la pêche en float tube, comme en kayak et en bateau d'ailleurs, si l'on veut parler sécurité. Ce niveau de flottabilité est également destiné aux personnes susceptibles d'avoir à attendre l'arrivée des secours en eaux abritées. Ils sont également recommandés en cas de longue traversée, mais également en hiver, lorsque l’on est plus lourdement équipé (polaire, imperméable, chaussures, etc.). Le choix d'un 150N est souvent plébiscité. Par exemple, après avoir hésité, l'achat d'un 150N manuel a été fait, confirmant une idée initiale. Un autre participant a également reçu son gilet, un 150N à déclenchement manuel Plastimo de chez Pilot, qui lui a semblé confortable à l'essayage.

Plus on s’éloigne des côtes, plus il est nécessaire d’assurer une sécurité maximale pour les personnes à bord et donc d’opter pour les gilets de 150 ou 275 Newtons. Si le temps est mauvais et que vous êtes loin en mer, les secours mettront plus de temps à arriver. Un gilet de 275N est principalement destiné à une utilisation hauturière, y compris dans des conditions extrêmes. Il permet, en cas d’accident, d’assurer une plus longue flottabilité et de garder la tête hors de l’eau plus facilement dans les vagues. Le niveau de flottabilité est un minimum réglementaire, pas un objectif. Par mer formée, vêtements lourds ou navigation solitaire, il est conseillé de choisir systématiquement le cran au-dessus.

Pour la plaisance, Les Sauveteurs en Mer recommandent de porter un gilet de 100N ou 150N même si on navigue à moins de 2 milles nautiques d’un abri. En effet, une aide à la flottabilité de 50N ne permet pas, par exemple, un dégagement des voies aériennes si la personne est inconsciente.

Lire aussi: Tout savoir sur les gilets Aqualung

Mécanismes de Déclenchement : Manuel, Automatique ou Hydrostatique ?

Le choix du mécanisme de déclenchement est un critère essentiel, d'autant plus dans des activités comme le float tube. Deux grands types de gilets de sauvetage sont disponibles : en mousse ou gonflables.

Les gilets de sauvetage en mousse présentent l'avantage de proposer une flottabilité permanente, dès l’instant où l’on tombe dans l’eau. Ils sont ainsi bien adaptés à la voile légère, aux catamarans de sport, à la planche. Ces activités sont souvent pratiquées avec une combinaison Néoprène®, qui offre déjà un premier niveau de flottabilité. La mousse présente, en outre, une protection contre les chocs et protège du vent. Ils sont enfin faciles à entretenir et coûtent généralement moins cher qu’un gilet gonflable. Les gilets en mousse avec une flottabilité plus importante (100N-150N) proposent, en revanche, une moindre liberté de mouvement et peuvent être moins confortables lorsqu’il fait chaud. De plus, ils prennent plus de place sur un bateau. Il faut également noter que, contrairement aux gilets gonflables et aux gilets en mousse de flottabilité supérieure, les gilets 50N ne garantissent pas automatiquement le retournement de la personne tombée à l’eau sur le dos afin de libérer ses voies respiratoires. En cas de chute inconsciente, à la suite d’un malaise ou d’un accident, la personne peut donc rester sur le ventre et se noyer.

Les gilets de sauvetage gonflables sont disponibles en 100, 150 et 275 Newtons, et se gonflent soit manuellement, soit automatiquement. Ces gilets sont plus chers à l’achat, mais ont un encombrement réduit, se portent sur les vêtements et allient sécurité et confort, permettant une meilleure mobilité lors des déplacements ou des manœuvres.

Le gilet à déclenchement manuel sans hésitation est une option très souvent recommandée. Pour les premiers, il suffit de tirer sèchement sur une poignée pour libérer le gaz de la cartouche et les gonfler. Je n'utilise plus que ça, comme plusieurs témoignages l'indiquent. En float-tube comme en kayak, on pencherait plus pour un modèle gonflable (pour être plus à l'aise) avec un déclenchement manuel.

Les gilets automatiques se déclenchent seuls au contact de l’eau et se révèleront donc particulièrement utiles si la personne tombe à l’eau inconsciente. Il existe deux technologies différentes. Ils peuvent intégrer une pastille de cellulose ou de sel (qui va se désintégrer au contact de l’eau et déclencher l’ouverture de la cartouche) ou être équipés d’un détecteur de pression de l’eau (système Hammar) qui va déclencher le gonflement. Pour les gilets à pastilles solubles, les gilets qu'il faut éviter sont les automatiques à pastilles solubles. Ce qu'il ne faut surtout pas pour le float, c'est le gilet à déclenchement automatique par pastille de sel. Car en étant aussi près de l'eau, il est fort probable qu'à un moment il se déclenche seul. Tous ces gilets permettent également de retourner automatiquement la personne tombée à l’eau.

Lire aussi: Tout savoir sur les gilets de kitesurf

Le système hydrostatique (Hammar) est à considérer : il permet d’éviter les déclenchements intempestifs qui peuvent survenir sur les percuteurs non-hydrostatiques exposés régulièrement à l’humidité ambiante (pluie, paquets de mer, eau de lavage, etc.). Cependant, ce n'est pas du tout le même budget. Le système UML MK5 est un système de gonflage automatique à pastille hydrosoluble, reconnu pour sa fiabilité et sa grande rapidité de déclenchement. Dans des conditions normales d'utilisation, le gilet de sauvetage est entièrement gonflé en environ 3 secondes après l'immersion du mécanisme. La capsule automatique contient un ressort puissant, maintenu comprimé par un élément en papier hydrosoluble. Le système UML Pro Sensor Elite®, plus récent, constitue une évolution du MK5, intégrant des indicateurs visuels avancés permettant à l'utilisateur de vérifier que la cartouche de CO₂ est correctement installée et fonctionnelle.

Il existe des compromis, comme certains modèles de la marque SECUMAR qui proposent des gilets gonflables (tel le modèle Ultra AX, mais il y en a d'autres) qui possèdent un percuteur spécial. Ce percuteur peut être, grâce à un système propre à la marque, basculé en automatique ou en manuel. Ceci offre la flexibilité de choisir le mode de déclenchement selon les conditions ou l'activité, répondant à la fois au besoin de sécurité en cas de perte de connaissance et à la nécessité d'éviter un déclenchement intempestif lors de pêches en wading depuis un ponton, par exemple.

Législation et Recommandations de Sécurité : Ce qu'il Faut Savoir

La sécurité en mer et sur les plans d'eau intérieurs est encadrée par des réglementations précises, bien que les recommandations de bon sens aillent souvent au-delà des obligations légales.

Vous ne serez pas verbalisé si vous ne portez pas sur vous un gilet de sauvetage à bord de votre embarcation en mer. Il n’y a pas d’obligation légale de « porter » un gilet à bord d’un bateau. Voir la division 240 article 240-2.12 des conditions d’utilisation des véhicules nautiques à moteur. Cependant, l’emport de gilets de sauvetage est bien obligatoire sur toute embarcation. Il en faut au moins un par personne à son bord. La division 240 impose au plaisancier d’avoir à bord des EIF (équipement individuel de flottabilité) en quantité suffisante mais n’impose pas le port en permanence de ces derniers.

Malgré l'absence d'obligation de port permanent, les Sauveurs en Mer recommandent vivement son utilisation. La recommandation prioritaire des Sauveurs en Mer est de porter le gilet de sauvetage dès que vous posez le pied sur un bateau et où que vous soyez par rapport au rivage. Les accidents n’arrivent, en effet, pas qu’au large. On constate, chaque année, de nombreuses chutes depuis une annexe sur le bref trajet du rivage au mouillage. Même proche des côtes, vous pouvez tomber à l’eau inconscient, à la suite d’un malaise ou si vous vous faites accidentellement projeter par la bôme de votre voilier. Cette recommandation est d’autant plus importante si vous êtes au large. Quelles que soient les conditions climatiques et l’expérience de la mer que l’on peut avoir, le port du gilet de sauvetage est une recommandation prioritaire des Sauveurs en Mer.

Une étude menée avec le soutien de la MACIF dans le cadre du Forum Mer en Sécurité en 2014 a révélé les freins au port du gilet : l’inconfort (48%), l’habitude (42%), le fait de ne pas en voir l’utilité (37%), qu’ils rendent moins performant (22%), qu’ils sont lourds (17%), qu’ils ne sont pas esthétiques (11%), et qu’ils sont trop chers (9%). L’utilisation d’un gilet est freinée par le manque de confort, l’habitude et des idées fausses qui ont la vie dure et prouvent qu’il faut redoubler les efforts d’information auprès du grand public. Même s’il fait chaud, les Sauveteurs en Mer recommandent son utilisation en permanence pour naviguer ou pour exercer des activités nautiques, que vous sachiez nager ou non. Ces dernières années, les fabricants ont fait de réels efforts d’ergonomie, de compacité, de poids et de tenue près du corps (mais aussi de style) et il est ainsi tout à fait possible de trouver des gilets légers, faciles à enfiler et confortables à porter, même par beau temps.

Tous les gilets de sauvetage doivent être agréés CE (ou ISO). Cette information doit être apposée sur l'étiquette de conformité présente sur le gilet. La norme ISO actuelle des gilets de sauvetage gonflables a été élaborée en priorité pour la flottabilité. Selon cette norme, chaque gilet certifié ISO doit présenter une date de péremption. Pour les professionnels de la mer, le gilet de sauvetage est depuis 2007 un équipement de sécurité nautique obligatoire. Comme tout EPI (Équipement de Protection Individuelle), ses règles de mise à disposition et d’utilisation à bord sont encadrées par la réglementation. En tant qu’EPI destiné à la lutte contre le risque de noyade, les gilets de sauvetage (et tous les VFI, vêtements à flottabilité intégrée) sont soumis aux normes européennes ISO 12402-1 à 10 définissant les critères de confort et de flottabilité.

Accessoires et Équipements Complémentaires pour une Sécurité Maximale

Au-delà de la flottabilité intrinsèque du gilet, plusieurs éléments de sécurité additionnels augmentent considérablement l'efficacité de l'équipement et les chances de survie en cas d'homme à la mer.

La sangle sous-cutale est un élément essentiel qui améliore le maintien de l’équipement gonflé sur l’utilisateur. Elle est indispensable si le gilet n’est pas bien préformé, et l’est moins si le gilet est préformé et correctement réglé sur le marin. Cette sangle, qui passe entre les jambes et sous les fesses, est vitale pour empêcher le gilet de remonter sur la tête, notamment pour les enfants.

La boucle de harnais, souvent en tissu, permet de fixer une longe au gilet et ainsi de s’accrocher au navire. En navigation hauturière, au-delà de 6 milles d’un abri, tout voilier doit être équipé d’un harnais et d’une longe par personne embarquée. Pour les navires non voiliers, la présence d’au moins un harnais et d’une longe est obligatoire. La norme EN ISO 12401 définit les exigences des harnais de sécurité et lignes de vie. La longe permet de s’attacher au bateau, de préférence en 3 points pour pouvoir se déplacer en restant toujours attaché. Il est important de veiller à prendre un mousqueton ergonomique afin que l’utilisation de la longe ne soit pas un effort pour le marin.

La balise individuelle de détresse (PLB ou AIS) permet la localisation de l’homme à la mer. C'est un outil précieux pour accélérer les secours.

La lampe flash augmente la visibilité de l’homme à la mer, de jour comme de nuit. Qu'elle soit à déclenchement manuel ou automatique, elle est à préférer au bâton lumineux et en automatique pour éviter de se fatiguer et de se refroidir lorsque l’on tombe à l’eau : mieux vaut être vu, automatiquement et sans effort. De plus, il est recommandé d'équiper votre gilet de sauvetage d’un sifflet fixé de telle manière que son utilisation se fasse sans difficulté. Dans la réglementation de la division 240, il faut impérativement à bord un dispositif lumineux. Celui-ci peut être collectif, sous la forme d'une lampe torche étanche ayant au moins 6 heures d'autonomie, ou individuel. Le feu individuel doit lui aussi être étanche, avoir une autonomie de 6 heures, et doit être impérativement soit porté par chaque personne à bord, soit fixé sur l'équipement individuel de flottabilité, à savoir la brassière ou le gilet de sauvetage.

Enfin, la capuche anti-embruns se range dans une petite poche que l’on fixe sur une sangle du gilet et se déploie manuellement une fois le gilet gonflé dans l’eau. Le risque de noyade avec le gilet gonflé augmente avec le temps, l’hypothermie et la fatigue arrivant, la personne à secourir finit par boire la tasse. L'objectif de cette capuche anti-embruns est d’empêcher cela. Pour les professionnels de la mer et les conditions les plus exigeantes, les gilets SOLAS répondent à un cahier des charges renforcé. Ils doivent être dotés de deux chambres indépendantes, chacune équipée de son propre système de gonflage automatique.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *