Le windsurf, discipline exigeante mêlant surf et voile, est un sport qui dépend des conditions climatiques et il ne faut pas oublier que la nature est plus puissante qu’on ne le croit. Apprendre à naviguer dans 20 nœuds et plus représente un cap significatif pour le pratiquant. Si le matériel moderne a rendu la discipline plus abordable, la transition vers le vent soutenu demande une compréhension fine de l'interaction entre le flotteur, le gréement et le plan d'eau.
L'adéquation du matériel au programme de navigation
La réussite dans le vent soutenu commence par un diagnostic lucide de son équipement. Souvent, la frustration vient de la planche, non pas qu'elle ne soit pas performante, bien au contraire, c'est un super produit, mais orienté petit temps au vue de ton gabarit. Une planche large à l'arrière confère d'excellente aptitude au près et dans le vent irrégulier, mais elle devient solide à tenir dès que ça forcit.
Il faut du gabarit pour suivre les planches très puissantes. Si vous utilisez un flotteur avec une largeur importante à 30 cm de l'arrière, vous bénéficierez d'une grande stabilité, mais vous ressentirez une résistance accrue dès que le clapot se forme. Pour progresser, il est préférable de choisir des modèles qui permettent de placer les straps dans de nombreuses positions différentes, de manière à les arranger plus au centre et en avant au début, le plus en arrière et sur le côté, après, comme vous progressez. Les planches de freeride récentes sont devenues plus larges (80-85 cm en moyenne), ce qui signifie qu'elles peuvent glisser plus facilement et sont plus stables, mais si elles ne sont pas trop courtes, sur le clapot, elles ont tendance à rebondir de façon agaçante.
La gestion du gréement et les réglages fins
Concernant les voiles, il est inutile de multiplier les surfaces proches. Si vous avez déjà une voile de 7.5 m², l'intérêt d'une 7.8 m² est limité. La voile la plus grande et la plus puissante vous aidera à obtenir et gérer les premiers glissements, avec un vent d'environ 15-18 nœuds. Pour les conditions de 20 à 25 nœuds, il convient de réduire la surface.
L'importance de la voile réglée aux « petits oignons » est capitale. Des bouts de harnais réglables sont un atout majeur ; les positionner à 30-32 cm permet de mieux encaisser les rafales. Le réglage du wishbone doit également être adapté à votre morphologie : il doit être à hauteur d'épaule. Un wishbone trop haut signifie que vous ne serez pas capable d'opposer une résistance efficace lorsque les rafales arrivent. En montant en puissance, privilégiez des mâts avec des pourcentages de carbone de 60-80 %. Pour les petites voiles, s'orienter sur un mât RDM (mât de diamètre réduit) offre une robustesse et un comportement dynamique supérieurs qui resteront avec vous plusieurs années.
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La dynamique de vitesse et la lecture du plan d'eau
Le défi majeur dans 20 nœuds est la gestion du clapot. Si vous avez l'impression que la planche tape beaucoup et colle à l'eau, c'est souvent un signe de mauvais appuis ou d'un matériel inadapté aux conditions du plan d'eau. La qualité du plan d'eau est essentielle pour la vitesse. Lorsqu'on est un planchiste lambda, c'est encore plus marqué parce qu’on a du mal à speeder dès que le clapot se forme.
Pour dépasser la barre des 30 nœuds, le matériel importe moins que la trajectoire. Il ne faut pas essayer d'atteindre cette vitesse au "travers" dans des conditions de 18-25 nœuds, mais uniquement lors de grosses abattées après avoir pris une très bonne vitesse au travers et en prenant le clapot dans le sens du poil. Si vous abattez, même fortement, en étant à 15/18 nœuds au travers, il est difficile d'atteindre des vitesses élevées sur un plan d'eau où les rafales et les zones sans clapot peuvent être courtes.
La technique consiste à abattre au grand largue à 110-120° par rapport à la direction du vent. Au plus le vent est fort, au plus la houle se creuse, au plus cela devient casse-gueule de foncer pied au plancher en descente de houle. Il est impératif de pousser sur la jambe avant pour éviter que le flotteur ne rebondisse sur le clapot. Une erreur fréquente est d'abattre trop tôt. Il faut d'abord stabiliser sa vitesse au travers, puis, en cherchant une zone plus plate, entamer l'abattée pour exploiter la puissance.
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