Le Défi Wind à Gruissan : Stratégies Éoliennes, Équipement et l'Esprit d'une Légende Bretonne

Le Défi Wind, événement international incontournable de la glisse, se déroule chaque année à Gruissan, une petite commune de l’Aude dans le sud de la France. Reconnue comme l’un des plus beaux spots au monde pour la pratique des sports nautiques tels que le windsurf et le kitesurf, cette plage offre des conditions idéales grâce à sa tramontane souvent très généreuse. Ce rassemblement unique attire des milliers de participants, professionnels comme amateurs, venus de tous les coins de la planète pour affronter les éléments et partager une passion commune. L'événement, qui célèbre son histoire depuis une première esquisse en 1986 et sa dénomination officielle en 2000, est aujourd'hui bien plus qu'une simple course ; c'est un véritable festival sportif et culturel, surnommé le "Woodstock de la glisse". Avec des limites de vent spécifiques et des parcours exigeants, les choix d'équipement deviennent cruciaux pour les défeurs, qui doivent adapter leur matériel aux particularités de ce spot légendaire.

Stratégies d'Équipement Face aux Vents du Défi Wind : Fin ou Foil ?

Avec des limites de vents annoncées pour le Défi Wind, notamment un lancement à partir de 20 nœuds établis, les participants doivent minutieusement réfléchir à la composition de leur quiver. Cette règle, visant certainement à limiter le nombre de foils par rapport aux ailerons et justifiée pour la sécurité des riders avec 1000 personnes dans l'eau, influence directement les décisions matérielles.

Pour certains, un vent minimum de 20 nœuds à Gruissan signifie un engagement clair vers le slalom traditionnel. Un participant exprime sa préférence pour un parcours en bord de plage avec un minimum de 20 nœuds, optant directement pour du slalom avec des voiles de 7,5m (voire 7m) à 5,0m. Son quiver de flotteurs FMX inclut des 88, 98, 104, et 118, laissant présager "bien s’amuser" dans ces conditions. Il précise que si le Défi était un "defi superstars avec parcours au large et vent faible," il changerait d'avis, mais là "c’est Défi !"

D'autres concurrents détaillent plus précisément leur équipement de foil. Un planchiste mentionne un "Compact 72" avec un jeu de voiles comprenant 7,0, 6,0, 5,1, et 4,3. Pour les ailes de foil, il dispose de 730, 550, 430, et envisage peut-être une 350, bien qu'il ne la possède pas encore. Le stabilisateur est un 200, le fuselage un 100, et le mat un 100. Avec cet équipement, il se sent à l'aise "normalement bien de 10 à 30 nds." Par conséquent, si le vent est "20+," il prévoit d'utiliser directement la 5,1 en taille maximale, et la 4,3 dès 25 nœuds, pour son gabarit de 72 kg. Pour le slalom, il évoque une "Jp slalom 176 loke race 21 105" avec un fuselage approximativement de 110 (medium fuselage).

Cependant, la question de l'aileron face au foil, surtout dans des conditions de vent moyen établi à 20 nœuds, divise les opinions. Certains s'interrogent sur la pertinence d'une telle limite. Il est noté que "clairement en mettant la limite à 20 nds on oriente pas du tout vers le foil." Un participant trouve "assez incompréhensible" cette décision, car à "15 nds moyen, tout le monde peut s’amuser y compris les ailerons."

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Des références tirées des "winds-up Gruissan" et des 10 manches du Défi 2021 (pré et superstars) apportent des précisions sur les choix en fonction du vent. Pour un vent "10-20 fort supportable mais lent," une 7.0 avec aile L est utilisée, mais l'idéal serait une aile XSx6.2. Entre "16-22 trop juste 106x7.0 et trop surtoilé et lent 7.0 aile L," l'idéal est une aile XSx5.5. Dans des conditions de "19-26 avec des trous 15-17 confort," le choix est une 106x7.0, avec l'aile XSx5.5 comme alternative. Pour "23-25 surtoilé 122x7.8," l'idéal est une 106x7.0. Jusqu'à une rafale de "32 fort 106x7.0," la 106x6.2 est une alternative. En cas de "27-34 beaucoup surtoilé 106x7.0," l'idéal est une 85x6.2. Face à "31-36 surtoilé 85x5.5," l'idéal est une 85x4.9. Enfin, pour "27-38 pointe 44. Beaucoup surtoilé 85x6.2," l'idéal reste une 85x4.9 ou une voile de vague. Ces données montrent la complexité des ajustements selon l'intensité et la constance du vent.

Un autre rider confirme que si le vent est "20+," il opterait directement pour une 5,1 en maxi et une 4,3 dès 25 nœuds. Pour le foil, il estime qu'en termes d'ailes, seule la 550 en plus grande serait nécessaire, voire même la 430. Il est souligné que "si 20 moyen," comme le mentionnait Lucas dans le post Phantom, "5.1 et 550 c’est nickel pour un gabarit moyen," bien que pour un rider plus lourd, "ça serait plutôt 6m." Cela serait complété par "une 80 de large environ, fuselage de 100 et stab de 250 pour plus de stabilité."

La perspective de se "mettre à l’eau dans 20 knts sur une manche du défi si il y a des foils dans les partants" est jugée effrayante par certains. Un participant déclare : "déjà en aileron c'est flippant tout ce monde et ce clapot de dingue, alors avec des coupe-choux en prime, je passe !!" Les planches qu'il pourrait utiliser sont une "Exo cross 84," une "Tabou fifty team 115," une "Patrik foil ride 147" ("Starmod" shape Alexis Maréchal), ou une "Taaroa noé free race 97."

Il est mentionné qu'avec une voile de 4,2, "on doit pouvoir tenir les 35 Nds," mais la vitesse pourrait ne pas être la même que pour les ailerons. Il s'agit donc "clairement d'une mesure en faveur des ailerons." Cependant, l'expérience du Défi SuperStar a montré que la limite de 15 nœuds était souvent à l’avantage des foils, notamment avec une tramontane pas toujours bien établie. Le fait d'avoir "14-18 nds et de ne pas courir alors que c'est clairement des conditions idéales pour M. 15nds à Gruissan, spot où tu as besoin de caper tout le temps, avec 1000 guguss à l'eau" est perçu comme des conditions "non idéales pour de l'aileron, mais plutôt pour du foil justement." L'enseignement du SuperStar plaide en faveur du foil dans ces situations.

La Tramontane de Gruissan et ses Défis

Gruissan, et plus largement le Languedoc, est réputée pour ses vents, et la tramontane en est la figure de proue. C'est un vent froid et violent de l'ouest de la France, soufflant du nord sur la côte méditerranéenne ou du nord-ouest en bas Languedoc, avec des rafales pouvant dépasser 100 km/h. Selon les relevés de Météo France, Gruissan figure sur le podium des spots les plus ventés de France. Ce vent dominant Nord souffle souvent très fort, de façon perpendiculaire à une longue plage de sable sans obstacles, permettant de naviguer sur plus de 10 km sur un seul bord.

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Concernant les conditions habituelles de Gruissan, un participant ne les connaît pas "très au fait," mais observe qu'au vu des nombreuses éditions du Défi, "quand ça souffle c’est le plus souvent soit du vent on shore 15-18 nœuds, soit de la tram’ et là on est tout de suite sur du 25-35 voire beaucoup plus parfois." La notion de "20 nœuds tranquille" type alizé ou bon thermique breton "n'existe pas trop par là-bas." Cependant, il est précisé qu'une tramontane à "15 nœuds établi ça existe" (vent moyen, avec des rafales à 20), même si ce n'est pas courant, et qu'il serait "dommage de s’en priver." Cela arrive souvent "en fin de période (queue de tram)." À 15 nœuds, "ça moutonne !!"

Pour les pratiquants, naviguer à Gruissan signifie faire face à des conditions parfois extrêmes. La limite haute de vent, sur le principe, n'est pas spécifiée dans les règles de course, "quite à vous allonger les bras !" Mais la priorité de l'équipe du Défi reste la sécurité des coureurs. Pour les Bretons, la situation est parfois différente : "Ici en BZH, nous n'avons pas l'habitude de vents très forts et nous manquons de pratique dans ce compartiment de jeu." Cette remarque met en lumière les différences régionales dans l'expérience des vents forts et l'adaptation des riders à ces conditions parfois intimidantes.

Le Défi Wind : Une Institution Mondiale de la Glisse

Le Défi Wind est le plus gros événement de windsurf au monde, et aujourd'hui, le plus grand rassemblement de riders de toutes les disciplines de glisse. Créé en 2001 par Philippe Bru, cet événement n'a cessé de se diversifier et de battre des records d'affluence. De la centaine de windsurfers des origines, le plateau accueille désormais 2 300 riders regroupés dans les trois grosses disciplines de la glisse : le kite (depuis 2011), le wingfoil (depuis 2022), et le windsurf, qui clôture généralement la manifestation.

L'idée de départ de l'événement était de "proposer un rassemblement ouvert à tout le monde autour de la passion de la mer et de la glisse," selon Philippe Bru. La philosophie était de "tirer le sport vers le haut." Avec l'évolution des pratiques, les différentes disciplines ont été mélangées, avec notamment le "boom du wingfoil" ces dernières années. Le Défi Wind est devenu un véritable "festival sportif qui réunit tout l'écosystème mondial de la glisse." Au-delà des courses, il inclut une partie salon avec plus de soixante exposants de matériel, des animations et des concerts tous les soirs, contribuant à son surnom de "Woodstock de la glisse."

Le Défi Wind rassemble des amateurs et des professionnels, de 13 à 80 ans, issus d'une cinquantaine de nations. En 2022, après les annulations liées au Covid en 2020 et 2021, l'événement est "reparti de plus belle," accueillant près de 1300 participants en windsurf et près de mille autres riders entre kite et wing. La "caravane du Défi" compte 5000 personnes (organisation, riders, exposants, accompagnateurs), et la fréquentation publique est estimée à quelque 30 000 personnes sur les dix jours. Les gens dorment sous la tente, à l'hôtel, ou dans des beach houses, créant un "esprit à la fois sportif et festif."

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Le Défi Wind n'est pas seulement un événement sportif, c'est aussi un moment de partage et de convivialité. Un participant décrit l'expérience comme "une franche rigolade," l'occasion de "retrouver et créer de nouveaux potes." Il apprécie particulièrement "l’accessibilité (de la plupart) des pros," estimant que "c’est tout ce qui fait le charme de ce sport et c’est ce qui fait le succès de cet événement."

Le Format de Course Unique de Gruissan

Le Défi Wind est un challenge inédit, une performance sportive intense car organisée sur l’une des plus longues distances en compétition : 40 km par manche. Le parcours est un "aller-retour entre Gruissan et Port-la-Nouvelle." Le départ se fait au niveau de la digue de la plage des Chalets à Gruissan, avec un premier bord de 10 km qui mène à la bouée de jibe 1, située au niveau de Port-la-Nouvelle. Le retour s'effectue par le même chemin pour jiber la bouée 2, placée légèrement devant la digue. Si les défeurs disputent toutes les manches, ils peuvent parcourir 320 km pendant les compétitions, une "folie !"

Les départs sont spectaculaires, effectués "au lièvre derrière le pneumatique lancé à 50 nœuds (92 km/h) qui ouvre la ligne." Chaque jour, des centaines de riders et de voiles multicolores s'élancent en meute devant la plage des Chalets pour des courses qui rappellent les marathons ou les trails, mais en version maritime. En fonction des conditions météo, deux à trois départs peuvent être donnés chaque jour.

Les plus rapides bouclent le parcours marathon en "45 minutes environ," tandis que les derniers peuvent prendre "2h30-3h." Les meilleurs peuvent parcourir jusqu'à 120 km par jour. Antoine Albeau témoigne que "pour les 40 km, ça va vite, on navigue entre 60 et 80 km/h, ça bombarde." Malgré les différences de vitesse, "tout le monde a la banane" à l'arrivée. Jean-Claude Méric, vice-président de la Fédération française de voile, observe que "dans la flotte, il y a des groupes qui se tirent la bourre entre eux. C'est ça qui est bien, chacun se fixe son propre défi."

La configuration géographique du spot de Gruissan est parfaitement adaptée à la compétition. La plage est perpendiculaire à la tramontane, ce qui permet de naviguer dans la bande des 300 m, à proximité du public, "travers au vent, à fond la caisse sur des grandes lignes droites." Le camp de base est à établir plage des Chalets à Gruissan.

Personnalités Marquantes et Records au Défi Wind

Le Défi Wind est un événement qui attire les plus grandes légendes de la glisse, mais aussi des figures inspirantes. Parmi les champions présents, on retrouve la légende Antoine Albeau, Nicolas Goyard, Hélène Noesmoen, Marion et Pierre Mortefon, Lauriane Nolot, Axel Mazella, et Mathis Ghio.

Antoine Albeau, le windsurfeur aux 27 titres mondiaux, est un fidèle du Défi Wind, y ayant participé une dizaine de fois et l'ayant remporté à trois reprises en 2005, 2006 et 2007, plus une victoire au Défi Wind SuperStars réunissant des pros en 2021. Il décrit l'événement comme "le rassemblement windsurf à ne pas manquer," "le plus gros événement au monde." Pour lui, "le départ en ligne avec 1400 planches, c'est inimaginable." Il souligne le prestige de le gagner et l'importance de cet événement pour de nombreux pratiquants : "Pour les gars qui ne font qu'un événement dans l'année, c'est celui-là. Ils se retrouvent entre potes, ils passent quatre jours incroyables à naviguer, à échanger, à faire la fête." Albeau avoue y aller "plus pour le sport, même si [il fait] la fête quand il n'y a pas de vent."

Une autre figure marquante est Chris Ballois, un kitesurfeur handisport breton de 51 ans, atteint d’agénésie (absence totale ou partielle d’un organe), qui est privé de son avant-bras gauche depuis sa naissance. Cela ne l’a pas empêché de pratiquer le windsurf puis le kitesurf à très haut niveau. En 2018, il a battu un record chez les valides sur le mile nautique en kitesurf, enregistrant une vitesse moyenne de 35,78 nœuds (66,26 km/h). Ce fut la seule fois qu’un athlète handisport a battu un record du monde valide, tous sports confondus, le précédent record étant de 35,65 nœuds (détenu par l'Anglais Rob Munro). Pour le Défi Wind, Chris Ballois a décidé de "passer sur le foil cette année," un "gros challenge." Il explique que le foil est "plus efficient qu’une planche traditionnelle et dans le vent léger, ça permet d’aller plus vite et de multiplier la vitesse du vent par trois." Il ajoute que "plus on va vers le vent fort et plus ça devient complexe de naviguer au-dessus de l’eau."

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