La pratique des sports de traction sur l’eau a connu des évolutions majeures depuis ses origines, transformant une simple idée de glisse en une discipline technique et accessible. Pour bien appréhender l'univers du wakeskate et du wakeboard, il est nécessaire de distinguer les nuances entre ces pratiques, de comprendre l'évolution du matériel et de maîtriser les impératifs de sécurité.
Aux origines du sport : du Skurf au Wakeboard
Commençons par un peu d’histoire, ce sport est apparu dans les années 70 en Nouvelle-Zélande sous le nom de « Skurf » (nom initialement donné par les fondateurs de ce sport, Kevin Jarret et Allan Byrne). La planche utilisée était bien plus ressemblante à une planche de surf traditionnelle. Néanmoins, cette dernière était bien plus polyvalente car déjà à l’époque, le but était d’être tracté par un bateau. La nuance est là : au début, le but était de rejoindre les mers plus profondes afin de s’éloigner du bateau et de surfer normalement sur des vagues bien plus grosses que celles du rivage.
Ce n’est qu’après être parti aux USA que le terme « wakeboard » (traduisez : planche pour les sillages) est apparu pour la première fois. Influencé par les nombreux skieurs nautiques américains, la planche fût utilisée essentiellement à l’arrière d’un bateau à la façon d’un ski nautique traditionnel. Facile, nouveau et adaptable à toutes les conditions climatiques, ce sport s’est très vite répandu dans tout le pays avant d’arriver à Cagnes-sur-Mer en 1987, où Jean Philippe Garcia ou encore Maurice Lejeune furent les précurseurs français.
Le Wake en Câble : Une révolution pour la pratique
Maintenant que le cours d’histoire est terminé, il va bien falloir commencer à comprendre le fonctionnement de ces différentes disciplines. Quand nous parlons de « wake », soit l’on parle de câble, soit de bateau. Ce dernier, étant le plus connu dans le monde grâce notamment aux nombreuses célébrités qui s’adonnent à cette pratique (Barack Obama, Kim Kardashian, etc.), nécessite l’utilisation d’un bateau spécifique (ou non) pour être tiré et créer un sillage que le rideur pourra surfer, ce qui rendait la pratique de ce sport assez contraignante.
L’arrivée des wakeparcs dans les années 2000 a apporté un souffle nouveau à ce sport. Avant les wakeparks, vous n’aviez plus besoin d’un bateau (ou d’un ami qui en avait un), ce qui a permis à beaucoup de gens de se lancer. Il suffisait de se rendre au parc le plus proche, de s’attacher et de décoller. Bien sûr, dans un parc de câbles, vous n’avez pas les eaux agitées d’un sillage, ce qui signifie que les figures et les sauts sont limités aux moments où des obstacles (appelés « modules ») sont placés dans l’eau.
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Véritable révolution, les câbleparks ont permis de démocratiser ce sport. Plus besoin de bateau ; si vous avez la chance d’habiter près d’un parc de wake, vous n’avez aucune excuse pour ne pas vous y rendre. Véritable défouloir où règnent performance et convivialité, le rideur est tiré par un câble automatique et doit s’adonner à des tricks sur différents modules (rails, bouées, etc.).
Les différentes familles de planches
Ce que la variété des différents types de wakeboard nous montre, c’est la quantité d’ingéniosité et de liberté disponible dans le monde des sports extrêmes. Il existe quatre grandes familles de planches pour le wakeboard. Certaines ne sont conçues que pour la pratique d’une discipline bien précise.
- Twin-tip (Wakeboard câble ou bateau) : Modèle le plus vendu et le plus connu dans le monde, cette planche est identique aux planches utilisées en kitesurf. Conçues pour supporter des chocs importants avec une flexibilité de la planche bien supérieure aux autres types de planches, le tail et le nose (les deux extrémités) sont très flexibles alors que la base (le centre) est bien plus ferme. Vous êtes fixé sur la planche via un système de fixation et des chausses (ressemblantes à celles utilisées en snowboard).
- Wakesurf : Planche bateau uniquement, une board de wakesurf a la forme d’un surf mais en plus petit. Le principe est également de se faire tracter par un bateau, mais le but final est de lâcher la corde pour partir surfer les vagues créées par le bateau, comme un véritable surfeur.
- Wakeskate : Contrairement aux deux premières, le wakeskate est le frère jumeau du wakeboard. C’est comme le wakeboard, mais vous n’êtes en aucun cas lié à votre planche. En lieu et place des fixations, ce sera un griptape (coussin adhésif généralement en mousse EVA) qui recouvrira la surface du wakeskate. Le fait de ne pas être attaché à la planche ajoute une complexité au rideur.
- Polyvalentes : Planches de type twin-tip mêlant les caractéristiques d’une planche câble et d’une planche bateau afin d’offrir une polyvalence élevée. Ainsi, vous pourrez utiliser ce type de planche à la fois en câble et en bateau.
Extrêmement proche de la première, une planche bateau aura la même forme qu’une planche câble et des fixations identiques. Néanmoins, elle sera généralement moins flexible, car en naviguant derrière un bateau, vous aurez besoin d’une forte réactivité (en réception et en vague).
La sécurité avant tout
Grâce à nos 30 ans d’expérience dans le monde de la glisse, la majeure partie des membres de notre Team ont vu naître l’avènement du « wakeboarding ». Si nous avons décidé de commencer par la sécurité, ce n’est pas sans raison. Nous l’oublions peut-être, mais le wake reste un sport extrême où les accidents sont nombreux. C’est d’ailleurs le sport nautique le plus rapide qui soit, les chutes y sont donc toutes aussi spectaculaires.
- Condition physique : Le wakeboard est un sport très physique qui fait appel à l’ensemble de vos muscles. Il est donc nécessaire de prendre soin de votre corps avant et après chaque session (échauffement, étirement, séances de remise en forme, etc.).
- Le casque de wakeboard : Bien que ce ne soit pas toujours obligatoire, il est pour nous ESSENTIEL ! Que ce soit en bateau ou en câble, un casque est la protection la plus importante. Véritable best-seller de ces dernières années, les casques MK8 (et MK8X) sont aujourd’hui les fers de lance de la sécurité.
- Le gilet d’impact ou de flottaison : Quasiment aussi important que le casque, le gilet d’impact permet de protéger les organes vitaux de votre corps. Certains privilégient la protection, d’autres la flottaison. En park, il est de bon ton de privilégier une veste d’impact de haute qualité.
Conseils pour débuter : progresser étape par étape
Le plus dur est le premier départ, ce jour où vous êtes assis sur le rebord d’un ponton avec des mecs aux cheveux longs qui vous font des grands signes. Il vous faudra sûrement deux, trois, voire dix essais pour vous lever plus de 15 secondes sur votre planche.
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- Se positionner : Avant de commencer, décidez quel pied vous voulez mettre en avant. Choisissez le pied que vous mettez en avant à l’instinct (généralement si vous êtes droitier, vous mettrez le pied droit en avant).
- Se lever : Assurez-vous que le pied que vous mettez en avant est près de l’extrémité de la planche. La pointe de la planche doit être celle qui est la plus proche du bateau.
- Se placer sur la planche : La position debout d’un débutant vous permet de contrôler et de naviguer facilement sur la planche. Placez la fixation arrière de la planche vers l’extrémité, en l’alignant à zéro degré. De cette façon, le rideur peut mettre son poids sur l’aileron arrière.
- Se préparer à décoller : Positionnez votre corps de la même manière que si vous étiez assis sur une chaise.
Concernant le matériel, sans vous compliquer la vie, choisissez la chausse la plus adaptée à la planche que vous avez (généralement les marques font des « formules pack ») afin d’avoir le meilleur combo possible. Pour un débutant, il sera toujours préférable de débuter avec des chausses plus rigides (avec moins de flex) et de préférence fermées. Plus la chausse vous tiendra fermement, moins vous risquez des torsions au niveau des articulations.
Il n’y a pas de taille de planche à privilégier pour les débutants par rapport aux experts. La taille idéale dépend essentiellement de votre morphologie. Néanmoins, étant donné qu’une planche plus longue aura une glisse moins agressive et se réceptionnera plus facilement, nous conseillons aux débutants de privilégier la fourchette haute de leur morphologie (ex: un débutant homme de 70 kg doit privilégier une planche de 144 - 145).
Sélection de matériel selon la discipline
Les marques proposent souvent des offres « packés » afin de simplifier le choix des rideurs. Ces packs sont étudiés pour apporter la meilleure performance possible en combinant la meilleure fixation pour chacune des planches.
Pour le câble (Câblepark)
- Pour les hommes : Des planches douces, ludiques et construites avec des matériaux de haute qualité, comme celles proposées par Liquid Force avec leur rocker progressif à 3 niveaux, sont souvent recommandées. Elles sont simples à gérer sans être « molles ».
- Pour les femmes : Des planches souples et réactives sont idéales. La « Terrain » de Slingshot, mondialement connue, possède une glisse unique et un flex réputé comme étant le plus élevé de la gamme, correspondant aux niveaux débutants et intermédiaires.
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