Guide complet sur la réglementation et la sécurité en Stand Up Paddle

La pratique du Stand-Up-Paddle, qu’il s’agisse de paddle gonflable ou rigide, connaît une popularité croissante depuis quelques années. Le voici, le voilà ! Vous vous êtes enfin décidé à emboiter le pas et vous mettre au Stand Up Paddle et avez investi dans votre première planche qui vient d’arriver chez vous ! Mais attention ! Cette pratique peut s’avérer dangereuse pour vous, riders et pour les autres si certaines règles ne sont pas respectées. Avec cette évolution, vient donc la nécessité d’une réglementation claire et structurée, afin de garantir la sécurité de tous les utilisateurs. Ainsi, savoir où naviguer et respecter les règles établies est essentiel pour une expérience agréable et sans risque. La surface de l’eau est un univers de loisirs et de plaisir, d’autant plus si chaque usager est à sa place.

Définition juridique et classification de votre planche

La première étape dans la compréhension de la réglementation maritime est de repérer le statut juridique sous lequel se place le SUP. Pour connaître les règles qui vous seront imposées et l’espace dans lequel vous pouvez naviguer, identifiez la catégorie de votre paddle.

Si votre planche de SUP (gonflable ou rigide) est de taille inférieure à 3.5 mètres, alors elle est qualifiée d’engin de plage. Si votre planche est rigide et de taille mesure plus de 3,5 m ou gonflable avec 2 chambres séparées, celle-ci entre dans la catégorie Embarcation. Dans le cadre d’une planche rigide, qui est égale ou supérieure à 3.5m, elle est qualifiée d’embarcation, ce qui vous permet d’élargir votre champ de navigation jusqu’à 3 km des côtes. En revanche, dans le cas d‘une planche gonflable (en plus des 3.5m), celles-ci doivent disposer d’une ou plusieurs réserves de flottabilité leur permettant de flotter avec la charge maximale recommandée.

Zones de navigation et limites géographiques

Une fois votre classification identifiée, vous pouvez observer les règles de navigation spécifiques. Si vous possédez une planche de paddle de moins de 3,50 m, catégorisé comme un "engin de plage", vous pouvez vous mettre à l’eau aux abords d’une zone de baignade. Pour autant, évitez de ramer au milieu des baigneurs et préférez les endroits calmes avec peu de monde. À ce titre, vous devez rester à une distance maximale de 300 m de la côte.

Si vous avez un SUP rigide ou gonflable double chambre de plus de 3,5 m, vous avez alors la possibilité de vous éloigner jusqu’à 2 milles nautiques (environ 3 km) d’un abri. Un abri est un endroit de la côte où vous pouvez vous mettre en sécurité en abordant et où vous pouvez en repartir sans assistance. La plage est donc un abri, des falaises rocheuses n’en sont pas : faites donc attention, vous pouvez être à quelques mètres de la côtes et pourtant être à plus de 300m d’un abri ! Notez qu’aucun matériel d’armement et de sécurité n’est requis pour les engins de plage dans la limite des 300m.

Lire aussi: Débat sur le voile lors des sorties scolaires

Règles de navigation et priorités en mer et en rivière

Autre point important qu’il convient de souligner, la navigation sur votre engin de plage se devra d’être diurne. Le stand-up paddle est un sport diurne, il est interdit de pratiquer la nuit, sauf lors de sorties encadrées par un professionnel avec autorisation spéciale. Tout type de plan d’eau présente ses particularités et il convient de repérer les diverses zones du spot avant de se mettre à l’eau afin de s’assurer de respecter les règles de navigation et s’affranchir de potentiels problèmes.

Un point fondamental est que les zones de baignade vous sont interdites dans le cas où votre SUP serait autre qu’un Engin de Plage. Lors de la mise à l’eau à proximité d’un port, de quelque type qu’il soit, il vous est interdit de croiser la route des chenaux d’entrée et de sortie de celui-ci. Pour pouvoir les repérer, ceux-ci sont matérialisés par d’imposantes bouées rouges (cylindriques) et vertes (coniques) respectivement à votre droite et à votre gauche lorsque vous regardez la mer depuis la côte. Où que vous soyez sur le plan d’eau veillez à ne pas croiser la route des navires qui ont une capacité de manœuvre restreinte (remorqueurs, voiliers, navires handicapés par leur tirant d’eau, etc.).

Lors de la navigation, des règles de priorité sont à respecter : les navires ayant une capacité de manœuvre restreinte sont prioritaires. En mer, le SUP n’aura la priorité que sur les navires à moteur n’ayant pas de restriction de capacité de manœuvre (hors-bords, par exemple). En rivière, une petite subtilité s’applique par rapport à la taille du navire que vous croisez : votre SUP étant considéré comme une menue embarcation, vous n’aurez pas la priorité sur les navires à moteurs à partir de 15 m et les voiliers. Entre deux SUP, la priorité est au rider de droite. Si vous êtes face à face, vous devrez vous déplacer sur votre droite et donc passer à gauche de l’autre utilisateur.

Équipement obligatoire et sécurité du pratiquant

Si vous êtes autorisé·e à naviguer au-delà des 300 m et dans la limite des 2 miles, le gilet de sauvetage devient obligatoire. Vous devrez alors vous équiper du matériel d'armement : un gilet d’aide à la flottabilité de 50N minimum, un leash, un dispositif de remorquage (système d’attache et corde de sécurité flottante) et un moyen de repérage lumineux (flashlights étanches assujettis à un gilet de sauvetage). Un moyen de repérage lumineux individuel qui se doit d’être étanche avec une autonomie minimale de 6 heures.

Bien que noté dans la réglementation du SUP, les conseils suivants relèvent du bon sens : évitez de naviguer seul, prévenez un proche lors de votre sortie et portez avec vous un moyen de communication dans un sac étanche. Le leash est obligatoire quelque soit votre pratique en mer/océan ou milieu fermé, mais il est interdit en eau vive. La réglementation en paddle vise à garantir la sécurité de tous les pratiquants. Effectivement, ce dernier pourrait se bloquer dans différents obstacles en rivière et vous empêcher de remonter à la surface. En revanche, le gilet d’aide à la flottabilité est obligatoire. Si vous naviguez dans une eau dont la température est inférieure à 18°C vous devrez être équipé d’une combinaison néoprène ou combinaison sèche qui protège bien le torse et l’abdomen pour éviter les chocs thermiques.

Lire aussi: Le voile intégral et la loi française

Précautions spécifiques et météo

Sortir en mer ou en océan nécessite quelques précautions d’usage : vérifiez la météo et les conditions en mer pour ne pas vous faire surprendre une fois sur l’eau. Surtout, renseignez-vous sur l’orientation du vent afin de ne pas vous faire éloigner de la côte contre votre volonté. L’un des dangers majeurs lors de la pratique du SUP est la surestimation de ses capacités physiques et la sous-estimation des conditions de la mer.

La majorité des accidents pourraient être évités en portant un gilet de sauvetage, en utilisant un leash, en restant à distance raisonnable du rivage et en respectant la météo. Si vous vous retrouvez en difficulté au large mais avec votre SUP, il faut rester sur le paddle, surtout ne pas le laisser et essayer de rentrer à la nage. Si vous sentez votre planche dériver et aller au large, il faut rester sur le SUP, à genoux ou mieux allonger sur le ventre. Attention, les planches gonflables dérivent beaucoup plus vite que les autres en cas de grand vent.

Particularités locales et environnementales

Les interdictions sont principalement recensées dans les « Règlements généraux et particuliers de police », disponibles sur le site de Voies navigables de France (VNF) et parfois sur les sites des préfectures. En dehors des rares courses organisées sur la Seine, le paddle est formellement interdit dans Paris. Il est important d’identifier les zones protégées pour éviter d’avoir la visite de Natura 2000. Le Parc national, appuyé par son conseil scientifique, s’est positionné sur ces pratiques. Les embarcations qui ont déjà navigué sur d’autres eaux peuvent être vectrices de contamination par des pathogènes ou d’espèces exogènes. En outre, ces pratiques sont source de dérangement des espèces terrestres et aquatiques, d’atteinte à la tranquillité et au caractère sauvage des lieux.

Lire aussi: Turquie: Évolution de la législation sur le voile

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *