L'aérodrome de la Montagne Noire, situé sur les hauteurs du bassin de Saint-Ferréol, a été un site de renommée mondiale pendant des décennies. Des milliers de stagiaires, dont de grands noms de l'aéronautique, y ont fait leurs premières armes. Ce patrimoine aéronautique inestimable continue de vivre aujourd'hui, à plus petite échelle, grâce à un aérodrome animé par des bénévoles passionnés.
Les Débuts du Vol à Voile à la Montagne Noire
L'histoire du vol à voile à la Montagne Noire commence au printemps 1932, lorsque Jean Thomas découvre le site. Après une multitude de décollages au sandow, il découvre les conditions aérologiques exceptionnelles qu'offre la région. Le premier vol a lieu le 6 juin 1932, réalisé par Jean Thomas sur un Sulky spécial, lancé au sandow tendu par des bœufs. Le vol plané dure 6 minutes et 15 secondes avant que l'aviateur n'atterrisse dans un jardin potager de Vaudreuille.
Le 16 octobre suivant, Jean Garrigue, vice-président du "Club des Ailes", vole 1 h 23, et trois jours plus tard, le vol de Jean Thomas dure 3 h 30. En 1937, la municipalité de Revel achète le terrain. L'entreprise Sentenac construit alors les bâtiments techniques et la tour métallique météo conçus par l'architecte Marcel Barette.
L'Ascension au Rang de Centre National
Le terrain est élevé au rang de Centre National de Vol à Voile le 16 avril 1941. Cette élévation marque une étape importante dans l'histoire de l'aérodrome, lui conférant une reconnaissance officielle et un rôle central dans le développement du vol à voile en France.
En 1938, Jean Thomas est officiellement nommé Directeur du Centre Régional Normal, faisant de la Montagne Noire l'un des trois centres régionaux à fonctionnement permanent.
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Les Avions Remorqueurs et les Techniques de Vol
Les premiers avions remorqueurs utilisés à la Montagne Noire sont le Fieseler "Storch", puis sa version "Morane-Saulnier M.S.502" à structure alaire métallique et moteur Salmson 230 CV en étoile.
Avec les progrès dans la connaissance du vol, on s'oriente désormais vers le vol sur la campagne, et les techniques de gain de temps que cela implique, partant du principe qu'une charge alaire importante permet d'aller rapidement d'une ascendance à une autre. Plus généralement, on ne va plus spiraler dans toutes les cheminées d'air chaud jalonnant un parcours et, une fois parvenu au sommet d'une bonne ascendance, on en négligera une ou plusieurs autres pour aller directement dans une énième et ainsi de suite jusqu'au point de destination. Mais pour ce faire, il faut aller vite en perdant le moins possible de hauteur dans les zones neutres ou descendantes : d'où l'utilité d'un planeur "fin" artificiellement alourdi d'un liquide dont le pilote peut délester les ballast à volonté…
La Seconde Guerre Mondiale et la Reprise des Activités
La Seconde Guerre mondiale entraîne la fermeture du centre, mais les activités reprennent à compter de juin 1940 sous la direction du Commissariat général à l'éducation physique et au sports. Le Centre régional de vol à voile de la Montagne Noire sert à la formation des instructeurs et on y annexe un atelier de réparations et d'approvisionnement spécialisé.
Le 31 août 1944, un arrêté autorise la réouverture du Centre Ecole de la Montagne Noire et des ateliers de Castelnaudary. Les premiers vols reprennent au mois de septembre, et on poursuit la formation des instructeurs.
L'Âge d'Or et les Records
La Montagne Noire fut, jusqu'à la fin des années 1970, l'un des sites les plus importants du vol à voile français, et sa renommée s'étendait bien au-delà des frontières. Au rythme effréné des stages, des milliers d'heures de vol sont accomplies sur le terrain, dans une ambiance de camaraderie et de bonne humeur. De nombreux records y ont été battus. Le 20 juin 1942, le pilote Eric Nessler, à bord d'un Spal S18, bat le record du monde de durée avec un vol de 38 heures 21 minutes.
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En 1952, M. Jean Gourbeyre, chef pilote à la Montagne Noire, est appelé à d'autres fonctions. Son "Cours de Pilotage Elémentaire", illustré par Brault, fait école. Le 13 juillet 1956, Ségui, tractant avec le Stampe "Victor Delta" le planeur Nord-2000 piloté par Denise Foissac, ramène au sol - pour la première fois à la Montagne - les deux appareils reliés par le câble (dont Denise effectue le largage à l'impact).
Le Déclin et la Fermeture du Centre National
En 1977, la direction générale de l'aviation civile remet en cause l'existence du Centre et envisage le regroupement des moyens sur la commune de Saint-Auban dans les Alpes-Maritimes. Le centre ferme définitivement ses portes en 1980.
La Renaissance de l'Aérodrome et le Musée de l'Aviation Légère
En 2002, la direction générale de l'aviation civile reprend la gestion de l'aérodrome en régie directe. L'année suivante, on y installe le musée de l'aviation légère.
Outre l'association locale, le terrain accueille également un musée, géré par l'association APPARAT, regroupant des planeurs et des avions (dont certains volent encore) qui ont marqué l'histoire de cet ancien Centre National de Vol à Voile. L'APPARAT (Association pour la Préservation du Patrimoine Aéronautique et la Restauration d'Avions Typiques) possède une collection unique de planeurs, avions et documents retraçant l'histoire de l'aérodrome.
L'Aérodrome Aujourd'hui: Un Site Protégé et un Écrin de Biodiversité
Véritable balcon sur la plaine lauragaise, le cadre exceptionnel de la Montagne Noire offre des possibilités exceptionnelles de vol 12 mois par an. L'aérodrome de la Montagne Noire regroupe un très grand nombre d'espèces animales et végétales, dont certaines sont protégées.
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Les infrastructures de l'aérodrome conservent les "vestiges" de ce passé. L'ancienne cantine, les anciens bureaux, la menuiserie, le chalet, les hangars… Conscients d'avoir entre leurs mains un patrimoine inestimable, les acteurs locaux s'efforcent de perpétuer le souvenir du passé de cet aérodrome mythique.
L'aérodrome est inscrit aux monuments historiques, notamment pour ses hangars semi-cylindriques "Mistral" et l'ancienne cantine du Centre National de Vol à Voile.