Le Santa Maria Manuela est une goélette à quatre-mâts emblématique de la flotte morutière portugaise, une pièce vivante du patrimoine maritime qui traverse les époques avec une grâce intemporelle. Construit en 1937 par la Companhia União Fabril (CUF) à Lisbonne, le Santa Maria Manuela est une goélette à quatre-mâts emblématique de la flotte morutière portugaise. Initialement conçu comme un navire de pêche à la morue, il a navigué pendant plus de deux décennies sur les bancs de Terre-Neuve au Canada, représentant l'expertise maritime portugaise. Le saviez-vous ? Santa Maria Manuela a été lancé le 10 mai 1937, à Lisbonne, au Portugal. Avec ses onze voiles blanches, il fait partie avec son sister ship le Créoula des rescapés de la grande pêche portugaise.
L'Épopée de la Grande Pêche
Entre 1937 et 1993, le navire a transporté des milliers de marins vers Terre-Neuve et le Groenland à la poursuite de la morue, le poisson le plus recherché par le peuple portugais. La vie à bord était rude. En effet le Santa Maria Manuela est l’un des derniers voiliers à avoir participé aux campagnes de Terre-Neuve et à la grande pêche jusqu’en 1963. Pendant sa carrière de pêche, le navire a été exploité par différentes sociétés de pêche, notamment celle de Viana do Castelo jusqu'en 1963, puis par la société Ribau d'Aveiro.
L'histoire du navire est intimement liée aux tumultes du XXe siècle. En 1940, un nouveau danger est apparu : les sous-marins de la Seconde Guerre mondiale. Pour survivre, le navire a connu des adaptations notables : aucun changement depuis 1937 si ce n’est sa couleur. Il a été peint en blanc pendant la Seconde Guerre mondiale pour le différencier des cibles allemandes. Ce choix visuel a permis de marquer sa neutralité et de protéger ses équipages lors de ces traversées périlleuses dans des eaux glacées.
Une Renaissance contre l'Oubli
En 1993, alors considéré comme obsolète, le navire semblait promis à la destruction. Cependant, son histoire n'était pas terminée. En 1994, un groupe d'institutions publiques a racheté sa coque et créé la Fondation Santa Maria Manuela dans l'objectif initial de préserver le métier traditionnel de pêche à la morue. Après la revente de la coque à la société Pascoal & Filhos en 2007, le navire a entrepris un processus de restauration complexe.
La restauration s'est déroulée en deux phases : d'abord au chantier naval Navalria de Gafanha da Nazaré pour la coque, puis au chantier naval Factoria Naval Marin en Galice pour les équipements. En mai 2010, le Santa Maria Manuela est revenu au port d'Aveiro, transformé et prêt pour une nouvelle vie. Entre 2007 et 2010, le navire a été reconstruit par le groupe de pêche Pascual avant d'être repris par Recheio Cash & Carry qui lui ont fait une importante rénovation de confort en 2022. Ce renouveau a permis de transformer une coque historique en un navire capable de naviguer avec son temps, tout en conservant son âme d'origine.
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Caractéristiques Techniques et Design Historique
Le Santa Maria Manuela déploie une silhouette majestueuse sur les mers et les océans. Avec une longueur de coque de 55,7 mètres et un tirant d'eau de 4,7 mètres, ce quatre-mâts goélette impressionne par ses mensurations. Il est équipé d'une voilure imposante de 1 130 m². Cette surface impressionnante permet au navire de naviguer avec une élégance rare, bien que le vent doive être au rendez-vous. Comme observé lors d'une escale à Lorient, au petit matin, le voilier portugais Santa Maria Manuela a jeté l’ancre dans le port de pêche de Lorient (Morbihan). Il est 7 h au large de l’île de Groix et le vent ne souffle pas. À peine quatre nœuds, c’est trop peu pour hisser les 1 130 m² de voilures, réparties sur quatre mâts.
Le navire ne cherche pas à s'encombrer d'une technologie démesurée, préférant conserver son authenticité. Le bateau ne dispose pas de grosse technologie moderne, bien qu'un système de navigation portable permette au bateau de naviguer avec son temps. Sur le pont, une table électronique d’appoint monopolise l’attention d’un marin, illustrant ce mélange entre tradition et besoins contemporains.
Missions Actuelles : Entre Tourisme et Science
Aujourd'hui, le navire est principalement utilisé pour le tourisme culturel et participe à de nombreux événements maritimes internationaux. Il propose des voyages à la voile interactifs et respectueux de l'environnement, offrant le confort qu'il est possible d'attendre. Au-delà des voyages marins dont les voyageurs peuvent profiter, ce navire historique propose des programmes de Team Building originaux aux entreprises et transporte également des expéditions scientifiques et environnementales.
Le 4-mâts goélette a plusieurs vocations : il est ainsi utilisé pour des missions d'observation des oiseaux et des baleines, mais aussi des missions d'astronomie. En 2023, le navire naviguera sur la côte atlantique française, passera deux mois à naviguer dans l'archipel des Açores et effectuera des traversées océaniques entre Lisbonne et les îles des Açores et de Madère.
L'Expérience Humaine à Bord
La vie à bord du navire est rythmée par les manœuvres et les repas. C’est Arthur le commandant du bateau qui gère un équipage de 18 marins, dont Francisco, son second. Toutes les tâches à bord sont réalisées par les marins mais les passagers sont invités à participer, créant une immersion totale dans la vie de marin. Au départ de Lisbonne, ils sont 28 à tenter l’aventure. Beaucoup de nationalités sont représentées, espagnole, portugaise, française, écossaise, américaine, allemande. Le voyage s’annonce riche en rencontres et c’est sous la grisaille que le Santa Maria Manuela quitte le port de Lisbonne.
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Les passagers y trouvent une source d'inspiration unique. Catherine est française, originaire de Normandie, elle habite maintenant Saint-Malo mais connaît parfaitement le monde de la pêche à la morue. Elle est venue avec son petit accordéon dans ses bagages et ses chansons de marins vont accompagner le groupe tout au long du voyage. Un des moments forts de ce voyage restera incontestablement la sortie en zodiac autour du bateau sous voiles. À l’arrivée à Madère, les sourires en disent long sur les visages et les rires montrent la complicité qui est née entre les marins d’un voyage.
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