C’est, à coup sûr, l’un des navires de guerre les plus grands et les plus puissants du baroque. Sans aucun doute, c’est aussi le plus décoré des bateaux de l’époque, il était sublime. Nous parlons du navire de guerre français qui faisait partie de la marine du roi Louis XIV au 17ème siècle. Nous avons l’intention de cet article pour en savoir plus sur l’histoire du Soleil Royal, le navire de ligne gaulois de 104 canons disposés en batterie sur trois niveaux, vaisseau de l’Amiral Tourville.
Genèse et construction d’un géant des mers
L’histoire du Soleil Royal commence avec sa construction à Brest (France) entre 1668 et 1670. Qui était chargé de sa réalisation ? L’ingénieur Laurent Hubac, qui met deux ans à terminer. Construit à Brest par le Maître Charpentier Laurent Hubac et lancé en 1669, le Soleil Royal est d'abord appelé le Grand Henry, puis le Royal Soleil et finalement le Soleil Royal. Nommé dans un premier temps Grand Henry en hommage à Henri IV, puis Royal Soleil alors qu’il n’est encore qu’en chantier, il est finalement baptisé Soleil Royal lors de son lancement en 1669.
Ce vaisseau de premier rang est doté, comme le Royal Louis construit à Toulon (Var), d'un gaillard d'avant. Seuls ces deux vaisseaux disposent à l'époque d'une telle caractéristique. Le règlement du 4 juillet 1670 précise : « Les seuls vaisseaux le Royal-Louis et le Soleil Royal, auront un château sur l’avant de leur troisième pont ; et à l’égard de tous les autres vaisseaux Sa Majesté défend d’y en faire aucun ». Cette magnificence sur un vaisseau de guerre peut surprendre ; cependant rien au hasard. Il s'agit d'un bâtiment superbe, paré de listons d'or, caractéristique propre à ces vaisseaux, tous les canons à bord sont en bronze, et non en fonte.
Le responsable de sa décoration est Antoine Coysevox, un sculpteur qui réalise tous les décors du navire, y compris ceux des fenêtres des canons, de leur poupe et un sur le mât d’artimon. Cette décoration est spectaculaire, une référence à Louis XIV, le « Roi-Soleil ».
Évolution technique et armement
Il est important de noter qu'il y eut en tout trois Soleil Royal, quatre si l’on compte celui construit par Blaise Pangalo. Le Soleil Royal de 1669, pas ou peu utilisé durant la guerre de Hollande (1672-1678) et la décennie 1680, est refondu et presque entièrement reconstruit au-dessus de la ligne de flottaison en 1689. Son armement se compose alors de 110 canons en bronze : une première batterie de 30 canons de 36 livres ; une deuxième batterie de 30 canons de 18 livres ; une troisième batterie de 30 canons de 12 livres ; un gaillard d’avant avec 6 canons de 8 livres ; un gaillard d’arrière avec 10 canons de 8 livres ; et une dunette avec 4 canons de 4 livres.
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Par la suite, le Soleil Royal est mis en service avec 112 canons et 1 200 hommes à bord lors de la Guerre de la Ligue d’Augsbourg en 1688. Le roi décide d’abord d’envoyer tous ses navires prêts à naviguer et à combattre. Cependant, se voyant dans des conditions inférieures, il nous ordonne également d’envoyer les navires utiles, même s’ils sont amarrés à quai, comme c’est le cas de notre Soleil Royal. À ce moment-là, Tourville commande le navire français, un officier très respecté de la Marine.
L’apogée militaire : La Bataille de Béveziers
Le Soleil Royal reste dans l’attente d’un vent favorable pour se rendre sur l’île de Wight. Là, la flotte anglaise reste ancrée après avoir envoyé deux navires français en mission de reconnaissance. Le 10 juillet 1690, éclate la bataille de Béveziers avec comme facteur de surprise l’attaque des Français contre les Anglo-Saxons. Le rôle dans l’histoire du Soleil Royal est fondamental en tant que navire amiral de l’Escadre du Ponant menant la formation navale française au centre. Une fois sa guerre navale commencée, le Soleil Royal est devenu un emblème de guerre français.
La fin tragique : La Bataille de Cherbourg
Désormais doté de 104 canons, le navire français quitte le port de Brest le 12 mai 1692 à la tête d’une flotte de 44 navires supplémentaires. Il peut sembler qu’il y en ait beaucoup. Cependant, le 29 mai, les navires français se sont heurtés à l’incroyable force navale anglo-néerlandaise. Le feu croisé commence ! Le Soleil Royal et ses compagnons, largement en infériorité numérique, décident d’attaquer leurs ennemis. Après un combat ardu, il est contraint de fuir à cause des graves dommages subis. Son équipage est réduit de moitié et peut à peine naviguer. Pour cette raison, le Soleil Royal et les navires Triomphant et Admirable sont contraints de mouiller à Cherbourg pour être réparés.
L’histoire du Soleil Royal s’achève avec la Bataille de Cherbourg. Alors qu’il est amarré à la pointe du Hommet, le navire de guerre français est attaqué par 17 navires qu’il repousse avec ses tirs d’artillerie. Avec l’aide de la population de Cherbourg, un seul survivant peut être secouru parmi les quelque 883 - voire plus - membres d’équipage. La fin de l’histoire du Soleil Royal, ses vestiges subsistent à proximité de l’arsenal du port.
Diversité des navires portant le nom de Soleil Royal
Pour éviter toute confusion, il est nécessaire de distinguer les différents vaisseaux ayant porté ce nom illustre. Le Soleil Royal construit à Brest par Étienne Hubac (fils de Laurent Hubac) est lancé en novembre 1692. Nommé dans un premier temps le Foudroyant, il est rapidement renommé le Soleil Royal en mars 1693. Sous le commandement du marquis de Langeron, il participe à la bataille de Vélez-Málaga le 24 août 1704. Lors du siège de Toulon en 1707, il est submergé - sabordé - pour le protéger des bombardements anglais, puis renfloué après le siège. Son armement totalise 104 canons : 28 de 36 livres, 30 de 18, 28 de 12, 8 de 6 sur le gaillard d’avant et 10 de 6 sur le gaillard d’arrière.
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Il existe également un autre Soleil Royal (1693-1713) construit à Brest par Blaise Pangalo. Nommé tout d’abord le Soleil Royal, le trois-ponts est très rapidement renommé le Foudroyant en mars 1693, avant même sa mise en chantier effective. Il fut le vaisseau amiral du Comte de Toulouse durant la bataille de Vélez-Málaga le 24 août 1704, avec un armement similaire de 104 canons.
Enfin, un Soleil Royal est construit à Brest sur des plans de Jacques Luc Coulomb et lancé en 1749. Contrairement aux Soleil Royal construits au XVIIe siècle, il s’agit d’un vaisseau deux-ponts de 80 canons. Le navire est tout de même considéré comme un vaisseau de premier rang dans les listes de la Marine française. Son armement se compose d’une première batterie de 30 canons de 36 livres, d’une deuxième batterie de 32 canons de 24 livres et de 18 canons de 8 livres sur les gaillards, le tout servi par un équipage d’environ 1 000 hommes. Il est le premier vaisseau de ce type à porter du 24 livres à sa deuxième batterie.
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