L'ADN d'une marque au nom de vent
En hommage à son père et à ses bateaux qui l’ont toujours ramené sain et sauf, le chantier prit le nom de Windy et tous les modèles produits porteront un nom de vent. Cette signature identitaire forte a traversé les décennies, transformant une appellation en une véritable promesse de fiabilité. Si le nom Windy est aujourd'hui mondialement connu pour ses day-cruisers et ses vedettes en hard-top, qu'elles soient ouvertes ou fermées, pouvant atteindre jusqu’à 18 mètres, il ne faut pas oublier les racines sportives de la marque. Fidèle à une philosophie marine, le constructeur a su se développer sans jamais céder à la tentation du fly-bridge, privilégiant une esthétique pure et fonctionnelle. Cette constance dans le design permet à ces unités d'accompagner une vie entière sans se déprécier outre mesure, car l'élégance classique réveille le sens marin de chaque propriétaire.
Si l’on regarde l'évolution récente, le chantier s’intéresse à l’open walkaround habitable depuis une petite dizaine d’années à travers la gamme ultra-élitiste baptisée SR, qui est, à l’origine, dédiée à un usage de tender de yacht. Par exemple, le SR 53 X, dessiné par Malcom Mckeon, incarne cette modernité. Il remplace à terme le SR 52 Blackbird, lancé en 2010. Ces navires de prestige ne sont pourtant que la partie émergée d'une culture nautique ancrée dans les années 70, époque durant laquelle le chantier a connu un succès international avec le Windy 22 et 24, des unités que tous les plaisanciers ont encore en tête.
Les caractéristiques techniques du dériveur Windy
Au-delà des motorisations haut de gamme, le nom Windy est indissociable d’un voilier de légende : le dériveur dessiné par l’architecte naval Léo Bruckner. Ce monocoque, dont la construction a débuté en 1969, représente une page importante de l’histoire nautique française. Il est le fruit du savoir-faire des Ateliers d’apprentissage en France.
Sur le plan de l'architecture navale, le Windy se présente avec un gréement bermudien en sloop fractionné qui lui confère une réactivité exemplaire. Ses dimensions classiques, avec une longueur de coque de 5,28 mètres et une largeur de 1,98 mètre, lui assurent une stabilité de forme remarquable pour un déplacement lège de seulement 145 kg. Le tirant d'eau, qui peut atteindre 1,25 mètre grâce à son appendice de type « dinghy », permet une excellente remontée au vent. Le plan de voilure est généreux : avec une grand-voile de 11,60 m² à 13,00 m², un foc de 4,60 m² et un génois de 7,50 m² à 6,00 m², le bateau déploie une surface au près d'environ 19 m². Au portant, l'utilisation du spinnaker, pouvant aller jusqu'à 20 m² voire 29 m² selon les configurations et gréements, transforme ce dériveur en une unité vive et plaisante.
La structure en sandwich du Windy contribue à sa légèreté tout en garantissant une rigidité nécessaire pour la pratique sportive. C'est un bateau réputé confortable, notamment grâce à son franc-bord plat, qui permet une navigation sereine même avec une légère brise. Sa maniabilité est souvent citée par les pratiquants comme l'un de ses atouts majeurs, le rendant aussi bien adapté à la plaisance familiale qu'à la compétition technique.
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L’entretien et la vie d’un Windy classique
Posséder un Windy aujourd'hui, c'est s'inscrire dans une forme de tradition nautique. De nombreux modèles, comme le Windy FRA 1519 ou le FRA 1510, témoignent de la longévité de ces bateaux. Un Windy bien entretenu est une unité prête à naviguer autant en plaisance que pour la régate. L'équipement typique inclut souvent un jeu de voiles complet (GV, génois, foc, spi), parfois complété par des systèmes modernes comme des enrouleurs pour les voiles d'avant et des avaleurs de spi.
L’accastillage joue un rôle crucial dans le maintien des performances de ces dériveurs. Pour les propriétaires cherchant à optimiser leur monture, l'utilisation de matériel technique, tel que celui fourni par Harken, est courante. La rénovation d'un Windy, comme le montre le travail effectué sur le modèle FRA 1510 par le chantier naval Léo Bruckner, prouve que la coque, grâce à une réfection du gel-coat, peut retrouver une jeunesse exceptionnelle, faisant abstraction de toute osmose si l'entretien est suivi.
Le stockage est un élément clé de la pérennité du Windy. Qu'il soit stocké dans un hangar ou, comme certains modèles, conservé en sous-sol, le bateau préserve sa structure. Les propriétaires avertis construisent souvent des supports adaptés, comme des larges planches en bois, pour réduire les efforts sur la coque lors de l'hivernage. La remorque, qu'elle soit de route ou de mise à l'eau, est un accessoire indispensable. De nombreux exemplaires encore en circulation bénéficient de remorques modernisées avec des roulements neufs et des pneus récents, garantissant ainsi une mobilité totale entre les plans d'eau.
Pratique et navigation sur les plans d'eau
La polyvalence du Windy lui permet de s'adapter à une grande diversité de milieux nautiques. Qu'il navigue sur les lacs intérieurs, tels que le lac de Paladru en Isère ou celui de Naussac, ou en eaux plus ouvertes, il demeure un choix prisé pour sa tenue à la mer. Sa maniabilité est appréciée lors des sorties club, où le bateau est souvent mis à l'épreuve dans les conditions de vent changeantes. Les frais d'emplacement à terre et les droits de navigation sur des sites aussi emblématiques que Paladru témoignent de la vie associative et sportive qui gravite autour de ce voilier.
Les pratiquants soulignent souvent la facilité de mise en œuvre du Windy. Le système de mise à l'eau, bien conçu, permet de passer rapidement du stockage sur remorque à la navigation. Les boîtes d'accastillage bien fournies, comprenant des tangons, des dérives de rechange, des safrans et des harnais de trapèze, font du Windy un véritable laboratoire de la navigation. Ce n'est pas seulement un bateau, c'est un compagnon de régate qui, malgré les années, continue de susciter l'intérêt des passionnés. Pour ceux qui s'intéressent à l'occasion, le marché montre des disparités liées à l'état de la peinture ou aux travaux nécessaires sur le puits de dérive, mais la structure de base du Windy reste une valeur sûre, souvent jugée excellente par ceux qui, comme Pierre Cuvelier, ont entretenu leur navire avec soin depuis la fin des années 90.
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La durabilité du Windy ne réside pas seulement dans ses matériaux, mais dans l'attachement que lui portent ses utilisateurs. Chaque numéro de voile, qu'il s'agisse du 1116, du 1503 ou du 1510, raconte une histoire. Ces dériveurs, par leur franc-bord plat et leur comportement sain, offrent une expérience directe, où la sensation du vent et de l'eau est omniprésente. En somme, choisir un Windy, c'est adopter une philosophie où la performance n'exclut pas le confort et où la simplicité de la navigation devient un art, permettant de tirer le meilleur parti de chaque risée pour glisser sur l'eau avec agilité.
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