Le Voilier Dériveur Lesté : Conception, Polyvalence et Applications, avec un Aperçu des Constructions en Acier de 11 Mètres

Le monde de la plaisance est riche en innovations et en typologies de voiliers, chacun répondant à des besoins et des programmes de navigation spécifiques. Parmi ceux-ci, le voilier dériveur lesté occupe une place de choix, offrant une polyvalence remarquable. Cette catégorie de bateaux, ainsi que ses variantes, est conçue pour concilier les avantages des quillards traditionnels en mer et la capacité d'accéder à des zones de navigation moins profondes, voire de s'échouer. L'intérêt pour ces architectures s'étend aux matériaux de construction variés, incluant les robustes constructions en acier, notamment pour des unités avoisinant les 11 mètres, prisées pour leur solidité et leur aptitude à des navigations plus exigeantes. Cet article explorera le concept des dériveurs lestés, les différentes approches de conception, et examinera en détail un exemple emblématique tel que l'Océanis 311, tout en évoquant la diversité des options disponibles, y compris les coques métalliques de tailles comparables.

Le Concept Fondamental du Dériveur Lesté et ses Avantages

Le dériveur est un type de bateau idéal pour accéder à des mouillages peu profonds. Dans leur essence, les voiliers dériveurs lestés sont des voiliers hybrides, une évolution d’une version quillard. Cette conception leur permet de bénéficier d'une capacité à remonter au vent efficace en position basse de la dérive, tout en offrant un tirant d'eau considérablement réduit une fois la dérive relevée. Cette caractéristique est particulièrement appréciée pour la navigation côtière, l'exploration de criques et l'accès à des zones de faible profondeur où les voiliers à quille fixe ne pourraient pas s'aventurer.

Pour approfondir, dans le concept de dériveur intégral, la quille est supprimée. Une dérive mobile prend place au centre du bateau, permettant des ajustements selon les conditions de navigation. Le lest est quant à lui réparti sur le fond de coque et le poids est augmenté pour garder une bonne stabilité. Cette formule offre des tirants d’eau très réduits, même dérive haute, un avantage majeur pour la polyvalence du voilier. De plus, à l’échouage, le bateau se pose sur son fond de coque renforcé à cet effet, une capacité qui ouvre la porte à des mouillages uniques et à la possibilité d'entretien de la coque à marée basse sans recours à des infrastructures coûteuses. Un excellent exemple de cette approche est le Feeling 32 DI des chantiers Kirié, dont le tirant d’eau varie de 0.85 à 1.85 mètres, illustrant parfaitement la flexibilité offerte par ce type de conception.

En mer, les performances ne sont pas en reste. En mettant la quille en position basse, cela confère au voilier une grande raideur à la toile. Ajouté à cela une stabilité de forme radicale, on obtient un parfait cocktail de performance, permettant une navigation confortable et efficace même dans des conditions plus exigeantes. Grâce à la fonction relevable de la quille, ces voiliers peuvent accéder à des mouillages peu profonds sans sacrifier leur efficacité en mer. Cependant, pour s’échouer, ils nécessitent l’ajout de béquilles pour garantir leur stabilité, un détail pratique à prendre en compte pour la planification des escales. En résumé, on choisira un baroudeur tout terrain comme le Feeling 32 DI ou un dériveur lesté comme le Sun Odyssey 389 DL pour des croisières dont les exigences seront les accès aux plus beaux mouillages même reculés, qui ne manquent pas en Bretagne et dans le Morbihan en particulier.

Diversité des Architectures : Dériveurs Lestés, Biquilles et Quilles Relevables

Au-delà du dériveur lesté "classique", l'architecture navale a exploré d'autres solutions pour offrir polyvalence et performances. Ces variantes répondent à des philosophies de conception légèrement différentes, chacune avec ses propres avantages.

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Par exemple, pour les biquilles version aileron, comme le Django 9.80, le programme sera plus placé sur la polyvalence. Les biquilles offrent une excellente stabilité à l'échouage sans nécessiter de béquilles, et une bonne tenue de cap. Elles sont souvent appréciées pour leur capacité à naviguer dans des eaux peu profondes et à s'échouer en toute sécurité sur deux ailerons, bien que leur performance au près puisse être légèrement inférieure à celle d'un quillard ou d'un dériveur lesté avec sa dérive entièrement abaissée.

Dans le cas des quilles relevables, comme sur le POGO 36, on est clairement dans la performance. Ces systèmes sont conçus pour maximiser la performance en mer avec une quille profonde et effilée, qui peut être relevée pour réduire le tirant d'eau à l'approche des côtes ou pour le transport. Cette approche vise à offrir le meilleur des deux mondes : une performance hydrodynamique optimale en navigation et une flexibilité d'accès aux mouillages.

D'autres modèles sont également au cœur des discussions parmi les marins. Par exemple, certains évoquent le Kelt / Feeling 39 comme un rêve, illustrant l'attrait pour des voiliers de croisière reconnus pour leur confort et leurs qualités marines. D'autres précisent que les Southerly ne sont pas des dériveurs au sens strict de la dérive mobile centrale, mais plutôt des quilles relevables ou des biquilles intégrées, ce qui souligne l'importance des distinctions terminologiques en architecture navale. Les RM de chez Fora Marine sont souvent cités pour leur conception en biquille, une caractéristique qui les rend populaires pour la navigation côtière et hauturière, avec une robustesse appréciée. La question "Et un Reinke ?" met en lumière l'existence de conceptions alternatives, souvent associées à des constructions plus robustes, potentiellement en acier, destinées à des navigations au long cours ou à l'exploration. Ces échanges montrent la richesse et la diversité des options disponibles sur le marché des voiliers, chacun avec ses particularités et ses fidèles.

Étude de Cas Détaillée : Le Bénéteau Océanis 311 Dériveur Lesté

L'Océanis 311 est un voilier de croisière de 9.5 mètres (31’2”), dessiné par Finot Conq Architectes, un bureau français de renom. Il a été produit par le chantier Bénéteau, également français, entre 1997 et 2003, avec un succès notable, totalisant 1042 exemplaires. La version Dériveur lesté utilise une dérive pivotante logée dans une courte quille offrant ainsi un petit tirant d'eau et toujours une capacité à remonter au vent, ce qui en fait un excellent exemple de cette catégorie de voiliers. L'Océanis 311 est aussi disponible sur Boat-Specs.com en version Quillard, permettant un comparatif intéressant des différentes configurations pour une même coque.

Caractéristiques Générales et Construction

Le modèle Océanis 311 en version Dériveur lesté est un monocoque de catégorie voilier de croisière. Le chantier naval est Bénéteau et l'architecte naval est Finot Conq Architectes. Le pays de conception et de production est la France. Sa construction repose sur l'utilisation de polyester et de fibres de verre (GRP). Plus précisément, la coque est monolithique en fibres de verre polyester, garantissant solidité et durabilité, tandis que le pont est en sandwich balsa fibres de verre polyester, une technique optimisant rigidité et isolation tout en réduisant le poids. Les appendices sont de type dériveur, avec une dérive pivotante dans le lest. Le voilier est équipé d'une barre à roue et d'un double safrans suspendus, offrant une bonne maniabilité. Il n'est pas insubmersible et n'est pas transportable. Sa catégorie de conception CE est B, ce qui indique sa capacité à affronter des vents inférieurs à force 8 et des vagues inférieures à 8 mètres, le rendant adapté à la navigation hauturière.

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Dimensions Principales

Les dimensions de l'Océanis 311 sont optimisées pour la croisière, offrant un bon équilibre entre volume intérieur et performances marines. La longueur hors-tout est de 9.85 mètres (32’ 4”), tandis que la longueur de coque est de 9.5 mètres (31’ 2”). Sa longueur à la flottaison atteint 8.8 mètres (28’ 11”). La largeur (bau) est de 3.23 mètres (10’ 7”). Un élément clé de sa conception dériveur lesté est son tirant d'eau : il est de 2 mètres (6’ 7”) avec appendices abaissés, mais se réduit à seulement 0.8 mètre (2’ 7”) lorsque les appendices sont relevés, offrant une flexibilité exceptionnelle pour l'accès aux zones peu profondes. Le déplacement lège, c'est-à-dire la masse à vide du bateau, est de 3950 kg (8708 livres). La masse du lest est de 1400 kg (3086 livres), constitué de fonte, ce qui contribue à la stabilité du voilier. La jauge est de 9.30 Tx.

Gréement et Voilure

Le plan de voilure de l'Océanis 311 est conçu pour la facilité d'utilisation et de bonnes performances sous voile. La surface de voile au près est de 50 m² (538 pied²), répartie entre une surface de grand-voile de 25.7 m² (277 pied²) et une surface de génois de 24.3 m² (262 pied²). Le type de gréement est un Sloop Marconi 19/20, une configuration courante et efficace pour les voiliers de croisière. Le mât est posé sur le pont et n'est pas rotatif. Il compte un étage de barres de flèche, celles-ci étant poussantes, ce qui permet de mieux contrôler la forme de la grand-voile et d'optimiser la rigidité du mât. Les matériaux du gréement, y compris le mât et la bôme, sont en aluminium, privilégiant la légèreté et la résistance à la corrosion. Le gréement dormant est de type monotoron 1x19 continu, assurant la robustesse de l'ensemble.

Performances

Plusieurs ratios permettent d'évaluer les performances et les caractéristiques de navigation de l'Océanis 311. Le rapport surface de voile au près sur déplacement est de 20.01 m²/T (215 pied²/T). Ce rapport est obtenu en divisant la surface de voile par le volume déplacé par le bateau à la puissance 2/3. Il peut être utilisé pour comparer le plan de voilure de différents voiliers, quelle que soit leur taille. Au près, moins de 18 indique un voilier orienté vers la croisière avec des performances limitées, en particulier dans le vent léger, tandis que plus de 25 indique un voilier rapide. Avec un rapport de 20.01 m²/T, l'Océanis 311 se positionne comme un voilier de croisière offrant des performances respectables sans être excessivement sportif.

Le rapport Déplacement Longueur (DLR pour Displacement Length ratio) est de 164. Le DLR est une valeur utilisée pour quantifier le poids relatif d'un voilier ou d'un bateau par rapport à son déplacement. Il est obtenu en divisant le déplacement en tonnes par le cube du centième de la longueur à la flottaison en pieds. Le DLR permet donc de comparer le poids de différents bateaux quelles que soient leur taille. Un DLR inférieur à 180 indique un voilier léger (typiquement un voilier de course fait pour le planning), tandis qu'un DLR supérieur à 300 indique un voilier lourd qui aura du mal à partir en survitesse. Le DLR de 164 pour l'Océanis 311 le classe donc parmi les voiliers relativement légers pour sa taille, suggérant une bonne réactivité et des performances satisfaisantes dans diverses conditions.

Le rapport de lest est de 35 %. Ce rapport est un indicateur de la stabilité ; il est obtenu en divisant le déplacement du bateau par la masse du lest. Il est important de noter que la stabilité dépend aussi des formes de coque et de la position du centre de gravité, de sorte que seuls les bateaux avec des configurations de lest et des formes de coque similaires peuvent être comparés. Plus le rapport de lest est important, plus la stabilité est grande. Un rapport de 35 % est typique pour un voilier de croisière, offrant un bon compromis entre stabilité et confort.

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La vitesse critique est de 7.20 nœuds. Cette valeur représente une limite théorique. Quand un bateau ou un voilier se déplace dans l'eau, il crée un système de vague qui s'oppose à son mouvement. Cet effet accroît dramatiquement la résistance quand le bateau atteint le "speed-length ratio" (qui est le rapport entre la vitesse en nœuds et la racine carrée de la longueur à la flottaison en pieds) d'environ 1,2 (correspondant à un nombre de Froude d'environ 0,35). Cet accroissement brutal de la résistance entre les "speed-length ratio" de 1,2 à 1,5 est infranchissable pour les voiliers lourds et devient une véritable barrière. Cela mène au concept de vitesse critique, qui est obtenue en multipliant la racine carrée de la longueur de flottaison en pieds par 1,34. Pour l'Océanis 311, une vitesse critique de 7.20 nœuds indique la vitesse maximale théorique à laquelle le bateau peut se déplacer efficacement avant que la résistance de vague ne devienne prédominante.

Moteur Auxiliaire

Pour les manœuvres au port, en l'absence de vent ou pour assurer la sécurité, l'Océanis 311 est équipé d'un moteur auxiliaire. Il dispose d'un moteur inbord, fonctionnant au diesel. La capacité du réservoir de carburant est de 70 litres (18.5 gallons), offrant une autonomie suffisante pour la plupart des programmes de croisière.

Aménagements Intérieurs et Extérieurs

Les aménagements de l'Océanis 311 sont pensés pour le confort en croisière. Le cockpit est arrière et fermé, offrant un espace sécurisé et convivial en mer comme au mouillage. Le voilier peut accueillir de 2 à 3 cabines, offrant un nombre de couchages variant de 6 à 8, ce qui est généreux pour un bateau de cette taille. Il dispose d'un cabinet de toilette.

La capacité en eau douce est de 200 litres (52.8 gallons), permettant une bonne autonomie pour l'équipage. La capacité de la glacière ou du réfrigérateur est de 60 litres (15.9 gallons), essentielle pour la conservation des provisions. Un chauffe-eau de 22 litres (5.8 gallons) assure le confort à bord.

Les hauteurs sous barrot sont un indicateur important du confort intérieur. La hauteur sous barrot maximale est de 1.88 mètres (6’ 2”). Dans la cuisine, elle est de 1.83 mètres (6’), et dans le cabinet de toilette, elle atteint 1.81 mètres (5’ 11”), permettant aux personnes de taille moyenne de se tenir debout confortablement.

Le carré de l'Océanis 311, lieu de vie principal, offre une hauteur sous barrot maximale de 1.85 mètres (6’ 1”). Les couchettes dans le carré ont une longueur de 1.93 mètres (6’ 4”).

La cabine avant bénéficie d'une hauteur sous barrot maximale de 1.76 mètres (5’ 10”). La longueur des couchettes est de 2 mètres (6’ 7”), et leur largeur de 1.4 mètre (4’ 7”), offrant un espace confortable.

Les cabines arrière, souvent plus généreuses en largeur, présentent une hauteur sous barrot maximale de 1.82 mètres (6’). La longueur des couchettes est également de 2 mètres (6’ 7”), avec une largeur de 1.95 mètres (6’ 5”), garantissant un repos agréable après une journée de navigation.

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