L'art du dériveur léger et habitable : guide complet pour choisir son voilier d'occasion ou neuf

Naviguer en solitaire ou en équipage réduit sur un dériveur léger procure des sensations uniques de glisse, de liberté et de connexion directe avec les éléments. Que l'on soit issu d'une famille de marins ayant grandi entre les catamarans de sport et les habitables, ou que l'on débute la voile sur le tard, l'acquisition d'un petit voilier représente une étape marquante. Le choix d'un dériveur dépend intimement de son programme de navigation, de son budget, de son gabarit et de son niveau technique. De la recherche d'une occasion à petit budget pour naviguer dans les vagues de Palavas-les-Flots aux dernières innovations des foilers et petits catboats neufs en contreplaqué-époxy, ce guide explore les différentes facettes de ces bateaux qui font naviguer des générations de passionnés.

L'univers du dériveur en solitaire : simplicité, autonomie et sensations

Les dériveurs en solitaire sont des petits voiliers qui ont l’avantage de pouvoir naviguer en toute autonomie et généralement très facilement. Vous aimez les sorties en mer en solitaire, mais vous aimez aussi naviguer en toute autonomie, sur des petits dériveurs faciles à préparer et à manœuvrer, sans contrainte de transport ni de logistique ? Les dériveurs solo sont la solution idéale pour allier plaisir, performance et simplicité.

Le choix du support repose sur une adéquation fine entre le gabarit du barreur et la surface de voilure. Pour un gabarit moyen, typiquement autour de 1m66 et 60 kg, recherchant un loisir sportif sans l'exigence de la régate pure, le bateau idéal doit offrir des sensations fortes et une bonne vitesse sans pour autant tomber dans le comble de l'instabilité ou une complexité technique excessive. Le marché propose une grande variété de modèles adaptés à chaque profil de navigateur.

Le Laser et ses déclinaisons : l'indétrônable référence monotype

Au départ, c’est-à-dire en 1969, il n’était question que de concevoir un dériveur capable de voyager sur le toit d’une voiture. Personne n’imaginait que le Laser, officiellement présenté en janvier 1971, serait diffusé à 15 000 unités dès les deux premières années. Ni qu’il deviendrait série olympique masculine en 1996, puis féminine en 2008 dans la version Radial (un peu moins toilée). Le Laser demeure indétrônable du fait de sa diffusion, de son implantation dans les clubs et de sa stricte monotypie.

Pour en revenir au sujet de la polyvalence, le laser radial est particulièrement conseillé pour les gabarits moyens de 60 kg. Le laser radial et le laser standard, c'est le même bateau à la base, mais avec un système de remplacement du mât et des voiles. On remplace une partie du mât facilement selon que l'on souhaite naviguer avec une voile Radial ou une voile standard. La voile Radial est plus petite, prévue pour les petits gabarits (ado ou féminine). La voile standard est plus grande, prévue pour adulte homme grand poids lourds (70/80kg et plus).

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Naviguer à deux sur un laser ça se fait (si c'est des poids légers), bien que ce soit pas prévu pour ça. Faut mettre le greement standard dans ce cas là… mais l'équipier s'ennuie un peu vu qu'il n'a pas de foc à gérer. Le passage sous la bôme à deux peut aussi être assez acrobatique vu l'espace réduit proposé par le laser. Néanmoins, l'avantage que je vois avec le laser c'est qu'avec une bonne occasion, tu sais que tu ne perdras pas grand chose. Au pire, si tu veux passer à plus fun, plus sport quand tu auras un meilleur budget (genre rs), la revente est extrêmement aisée.

L'alternative Topper et le modernisme du RS Aero

Ian Proctor, le créateur du Topper, est l’un des monstres sacrés du « dinghy sailing » britannique. Il était aussi fabricant de mâts, et c’est au cours d’un voyage d’affaires aux Etats-Unis qu’il a conçu un enthousiasme débordant pour les carènes de scow. Sa première tentative, le Minisail, était très amusante, mais elle fut balayée par l’arrivée du Laser. La deuxième fut la bonne : ce fut le Topper, également transportable sur le toit d’une voiture. Ce bateau robuste en plastique reste une alternative économique et très accessible pour les débutants ou le loisir sans prise de tête.

Pour ceux qui disposent d'un budget plus conséquent et recherchent la modernité, le marché du neuf et de l'occasion récente propose des innovations considérables. En 2015, RS met sur le marché une petite bombe, le RS Aero, qui a manqué de peu la sélection en tant que support officiel pour les JO 2024. Ce bateau affiche un poids plume record et des accélérations impressionnantes, gagnant rapidement un nœud en accélération. Son poids est aussi un point fort pour la mise à l’eau. Très rapidement, on acquiert les bons repères de réglages et de positionnement. Au près ou aux allures portantes, vent léger, médium ou fort, l’Aero a la capacité d’aller vite et séduit par son ergonomie moderne.

Dériveurs doubles navigués en solo ou en équipage : le dilemme technique et budgétaire

Le choix d'un dériveur classique dépend souvent de la possibilité de naviguer accompagné ou seul. Certains bateaux conçus pour deux équipiers s'adaptent bien à une utilisation en solitaire, tandis que d'autres exigent une excellente coordination technique.

Le 420 et le 470 : les classiques polyvalents

Le 420 est une excellente option de transition. À l’origine un dériveur double, le 420 peut se naviguer en solo avec quelques adaptations (gréement en catboat). C'est le choix de nombreux pratiquants qui comptent en faire pas mal tout seul, tout en gardant la possibilité d'embarquer un équipier à l'occasion.

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Si l'on cherche un bateau plus grand mais toujours gérable, le 470 s'impose. Certains utilisateurs soulignent sa polyvalence : "l'accastillage est pas hyper compliqué (sauf à vouloir en faire une bombe de course), par petit vent tu avances bien et par gros vent tu te régales au planning. Un bateau cool et sportif en même temps". Il est possible de gréer un 470 seul, de le mettre à l'eau et de ressortir seul, et de naviguer seul jusqu'à force 3/4. C'est également un excellent support en double par petit vent pour initier une madame à la voile.

Plus technique et puissant mais moins stable que le 470, vous trouverez le 505 (souvent appelé "cinquo"), ou encore le Fireball. Le Fireball est un dériveur très apprécié, souvent construit en bois mais pas plus lourd qu'un 420. Il marche généralement mieux que le 420 mais se révèle plus technique avec plus de cordage, offrant en contrepartie une plage de progression plus large. Sa carène est hyper tolérante, très sympa dans la brise, et le bateau plane bien, surtout lancé sur une vague. On peut le tenir seul au trapèze avec un manche à balai télescopique en guise de stick jusqu'à un petit 5 Beaufort, même avec un gabarit léger.

Les bateaux hors programme : le cas du 49er

Il convient d'éviter les erreurs d'aiguillage vers des bateaux trop extrêmes. Le 49er tu oublies… c'est pour les équipages olympiques à condition d'être surdoué. Ce skiff extrême demande une coordination parfaite, une condition physique irréprochable et un niveau technique hors de portée pour un programme de loisir classique. Pour les budgets très serrés, il vaut mieux se tourner vers des bateaux plus simples et éprouvés comme les Zef, Vaurien, ou Mouse.

L'achat d'un dériveur d'occasion à petit budget : points de vigilance

Trouver un dériveur en bon état aux alentours de 600 à 800 euros relève parfois du défi, mais de réelles opportunités existent en cherchant bien. À ce tarif, il faut souvent s'attendre à un bateau fatigué ou à bricoler. Cependant, de bonnes occasions se présentent auprès de particuliers qui ne s'en servent plus depuis longtemps et veulent juste s'en débarrasser sans faire du business, ou auprès des clubs de voile qui renouvellent leur flotte.

Lors de l'inspection d'un dériveur d'occasion, plusieurs points critiques doivent être vérifiés méticuleusement pour éviter les mauvaises surprises :

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  • Sur la coque : Vérifier l'étanchéité du pied de mât. Une méthode simple consiste à verser de l'eau dans la cheminée et voir si elle reste remplie. Si l'eau s'infiltre dans le caisson double coque, le bateau prendra l'eau en navigation.
  • Les liaisons : Inspecter la jointure coque-pont sur tout le pourtour du bateau.
  • L'usure des pièces d'usure : Examiner le puits de dérive et la fixation des fémelots de safran, qui subissent de fortes contraintes mécaniques.
  • La rigidité générale : Tester la rigidité du pont en appuyant dessus à différents endroits. Un pont "mou" traduit souvent une délamination du composite.
  • L'année de construction : Pour le Laser par exemple, attention aux coques construites au début des années 80 (numéros de série 80000 à 120000) qui ont parfois très mal vieilli du fait d'une qualité de construction erratique à cette époque.

Concernant les appendices, il ne faut pas s'alarmer de la présence de pièces en bois. Pour ce qui est des dérives et safrans en bois, faut pas exagérer… certes c'est mieux avec des matériaux plus récents, mais en bois ça marche bien aussi, pourvu qu'ils soient bien entretenus et vernis à l'époxy.

Le renouveau du marché du neuf : du catboat en bois au foiler high-tech

Le marché du dériveur léger et du petit voilier neuf s'est considérablement diversifié ces dernières années. Les chantiers proposent des concepts allant de la construction écoresponsable aux machines volantes sur foils.

L'apprentissage et le loisir accessible

La célébrissime caisse à savon de Clark Mills, l'Optimist, reste le dériveur d’initiation par excellence, et ce depuis 1947. Différents modèles sont construits, pour la régate en stratifié de verre chez Devoti et surtout chez le Danois Winner, référence en la matière, ou en polyéthylène rotomoulé pour l’école de voile chez 2Win, Erplast et d’autres. Ces Optimist d’école bénéficient pleinement des progrès réalisés par les nouveaux polyéthylènes désormais moulés en trois couches pour former une sorte de sandwich.

Pour les adolescents et jeunes adultes, l'O’Pen Skiff (anciennement Open Bic, né de la fusion entre Bic Sport et Tahé Outdoors) propose une petite coque planante ouverte, autovideuse, propulsée par un gréement au profil bloqué par quatre lattes. C'est un bateau ludique et réactif, conçu comme l'école de la glisse par excellence.

Dans une démarche plus traditionnelle et respectueuse de l’environnement, de superbes réalisations en contreplaqué-époxy voient le jour. La Pram, avec son étrave inversée et ses bordés en contreplaqué d’okoumé, s'illustre par son design contemporain. Conçu par le cabinet BOW (Be On Water), ce petit cat-boat comporte des clés d’assemblages des panneaux qui facilitent la construction amateur. Le chantier Nicolas Arnoult construit également le Canot’, le grand frère de la Pram, pour ceux qui recherchent un bateau fini de haute facture.

La révolution des foils : voler sur l'eau

Pour les amateurs de sensations extrêmes et de vitesse pure, les nouveaux foilers solitaires se livrent une concurrence féroce :

  • Le Waszp : Porté par une classe très active et internationale, ce foiler australien est le support de référence pour voler à haute vitesse. Cependant, comme les autres foilers à plan porteur central, il constitue une sacrée école d’humilité et demande un temps d'apprentissage conséquent.
  • Le Skeeta et le Nikki : Destinés respectivement aux adultes et aux enfants/adolescents, ces scows australiens se démarquent par un système de montage de foil d’une pertinente ingéniosité, réalisable sur mise à l'eau à terre. Ils offrent l'avantage de voler mais aussi de glisser efficacement en mode archimédien. Le réglage de la hauteur de vol se fait simplement via un palpeur relié au pont.
  • Le One Fly : Équipé de deux foils en carbone (ou en aluminium pour une version plus accessible), il propose trois tailles de grand-voile en option et peut s'utiliser en mode archimédien.
  • L'UFO-Foiler : Développé par le chantier américain Fulcrum Speedworks, ce petit catamaran à foils se veut ludique et accessible pour commencer à voler rapidement.

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