Le catamaran Fountaine Pajot Orana 44, lancé en 2008, représente une étape significative dans l'évolution des multicoques de croisière hauturière. Dessiné par le célèbre cabinet d’architectes Joubert-Nivelt, l’Orana 44 est un bateau à taille humaine confortable et facile à manœuvrer conçu pour des navigations lointaines. Cette conception est le fruit d'une recherche d'équilibre entre habitabilité, performance et simplicité d'utilisation. Le chantier Fountaine-Pajot, reconnu pour son expertise, applique sur ce modèle une maîtrise parfaite de la technique de l’infusion. Ce procédé permet l'utilisation d'un composite de haute technologie, lequel confère un gain de poids notable tout en assurant une meilleure solidité de l’ensemble de la structure de la coque. Cette approche technique présente également l'avantage de préserver l’environnement, s'inscrivant dans une démarche de fabrication plus responsable.
L'Orana 44 s'inscrit dans la continuité des efforts de Fountaine Pajot pour actualiser sa gamme de catamarans voile, incluant des modèles comme le Mahé 36, le Salina 48 et le Galathea 65. Le chantier a, dans cet esprit, une volonté constante de perfectionner l'ergonomie générale de ses unités, tant en ce qui concerne les aménagements intérieurs que le plan de pont. Ce souci du détail vise à optimiser l'expérience à bord pour les navigateurs, qu'il s'agisse de manœuvres ou de vie quotidienne.
Performances et Manœuvrabilité en Mer
Avec ses 110 m2 de surface de voile au près, ce catamaran de 13 mètres offre de belles performances à la voile. La surface de voile généreuse est un atout pour la propulsion, permettant au bateau de bien se comporter dans diverses conditions de vent. Le poste de barre est conçu pour faciliter le contrôle du bateau. Grâce à toutes les manœuvres qui reviennent directement au poste de barre, il est simple de naviguer en équipage réduit et en toute sécurité. Cette centralisation des commandes est un avantage considérable, notamment pour les équipages familiaux ou ceux qui préfèrent naviguer avec un minimum de personnel. La simplicité de la gestion des voiles et des lignes contribue à une expérience de navigation plus sereine et moins exigeante physiquement.
Toutefois, il est reconnu globalement qu'il marche bien, sauf dans le petit temps. Ce n'est pas le seul catamaran à présenter cette caractéristique, et pour y pallier, il est souvent recommandé de lui ajouter un gennaker. De même, pour les allures de vent arrière, un accastillage de spi est un ajout judicieux, permettant d'optimiser les performances et d'élargir la plage d'utilisation du bateau. Le poste de barre, bien que fonctionnel, est parfois jugé comme n'étant pas des plus cohérents, et il manque un winch. Malgré cela, avec quelques coinceurs supplémentaires, il est tout à fait possible de s'en sortir et de gérer les manœuvres efficacement.
Ergonomie et Aménagements Extérieurs : Une Conception Réfléchie
L’accent mis sur l’ergonomie générale de cette unité est un véritable plus. Le plan de pont a été dessiné pour faciliter les déplacements à bord, contribuant ainsi à une meilleure fluidité de la vie en mer et à la simplicité des manœuvres. La sécurité à bord est également une priorité, et un plan de pont bien conçu y participe grandement. Ce qui frappe aussi, c’est le prolongement de la fameuse casquette au-dessus de l’ensemble de l’espace du cockpit. Cette caractéristique n'est pas seulement esthétique ; elle permet d’accéder facilement aux manœuvres de la grand-voile, tout en offrant une protection solaire et contre les intempéries pour l'équipage dans le cockpit.
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L’accès à l’intérieur se fait par le cockpit sans aucun obstacle entre les deux. Cette configuration, où le cockpit et le carré sont de plain-pied, crée un espace de vie continu et ouvert, favorisant la convivialité et la circulation aisée entre les zones extérieures et intérieures du bateau. Cette conception est très appréciée pour les moments de détente et les repas, permettant une interaction constante entre ceux qui sont à l'intérieur et ceux qui profitent de l'extérieur.
Intérieur et Aménagements : Espace et Optimisation
Pour l'intérieur, l'Orana 44 est généralement perçu comme étant joli et spacieux. L'agencement offre un environnement agréable pour la vie à bord, un facteur essentiel pour les navigations prolongées. Il est vrai que du bricolage est nécessaire pour optimiser l'espace et créer des rangements supplémentaires. Cette observation suggère que, bien que spacieux, le bateau puisse bénéficier d'adaptations personnalisées pour maximiser son potentiel de rangement et s'adapter aux besoins spécifiques de chaque propriétaire ou équipage. Certains propriétaires, par exemple, vivent à deux dessus et peuvent inviter un ou deux couples à bord sans soucis. La 4ème cabine est parfois sacrifiée au profit d'un méga rangement de type version propriétaire, illustrant la flexibilité de l'aménagement pour répondre à des usages spécifiques, comme une vie à bord à long terme.
Motorisation : Choix et Expériences
En ce qui concerne la motorisation, les moteurs de 40 cv doivent être meilleurs. Des retours d'expérience ont mentionné des incidents, comme un joint de culasse cassé sur un des moteurs D1-30, survenant en restant entre 1500 et 2000 trs. Ces observations suggèrent l'importance d'une surveillance attentive et potentiellement d'une optimisation du choix des moteurs ou de leur régime d'utilisation pour garantir la fiabilité nécessaire en navigation lointaine. Le choix de la puissance des moteurs est crucial pour la sécurité et le confort, notamment lors des manœuvres de port ou pour affronter des conditions météorologiques défavorables.
Points à Considérer : Problèmes Structurels et d'Osmose
Un aspect récurrent dans les discussions autour de l'Orana 44 est sa réputation d'être parfois mal conçu du point de vue structurel. Il est question d'un manque de rigidité qui peut entraîner des fissures ou des décollements. Un utilisateur exprime cependant un certain étonnement face à cette affirmation, soulignant la présence de deux unités à Léros sans problèmes de structure apparents. Cette diversité d'expériences met en lumière la complexité de l'évaluation des bateaux d'occasion, où l'historique et l'entretien jouent un rôle primordial.
Le "défaut" de l'Orana est souvent évoqué comme étant sa "souplesse" de structure, qui peut provoquer des fissures à l'intérieur. Toutefois, une fois que ces fissures apparaissent, il est dit que le problème ne va pas plus loin. Il est important de noter que les supports de rail d'écoute sont spécifiquement mentionnés comme des zones nécessitant un renforcement, souvent par une "rondelle" en aluminium ou par stratification. Un point crucial est que tous les Orana ont dû être rappelés en garantie pour une liste de points à renforcer. Il est absolument essentiel de vérifier que ces rappels ont été effectués, sinon il est fortement recommandé de faire réaliser ces travaux par le service après-vente (SAV) de Fountaine-Pajot avant toute acquisition. L'absence de ces renforcements peut compromettre la longévité et la sécurité structurelle du bateau.
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Outre les problèmes structurels, la question de l'osmose a également été soulevée. Il est indiqué que les œuvres vives des bateaux concernés devaient passer au SAV pour un rabotage et un traitement époxy. Un témoignage relate une situation où les choses se sont gâtées au moment de la mise au sec en présence de l'expert, le bateau étant osmosé. Fountaine-Pajot a alors accepté de reprendre le bateau pour un traitement adéquat au chantier. Ces exemples soulignent l'importance de l'historique d'entretien et des interventions réalisées sous garantie. Si ces deux points - renforcements structurels et traitement de l'osmose - sont effectués, le bateau est alors considéré comme "nickel". Dans le cas contraire, ces travaux sont à réaliser impérativement, idéalement sous la garantie de 5 ans du chantier, et toujours avant l'achat.
La discussion autour de ces points critiques a engendré des réactions variées. Certains, comme dou01, ont conseillé l'abandon de l'idée d'achat ("Moi je dirais oui, oublies"), une réponse jugée par PhilGé comme étant la plus sage. L'ampleur de ces problèmes potentiels a même fait dire à un utilisateur : "wouaaaah!!! ca fait froid dans le dos..". Cette divergence d'opinions et la gravité des problèmes potentiels rappellent la nécessité d'une inspection pré-achat extrêmement rigoureuse et d'une vérification approfondie de l'historique du bateau.
Contexte Historique et Évolution de la Gamme Fountaine Pajot
Pour comprendre pleinement l'Orana 44, il est utile de le situer dans l'histoire des catamarans Fountaine Pajot. En 1992, le chantier de La Rochelle sortait le Venezia 42, un modèle dont 126 exemplaires seront vendus. Ce succès est dû à sa facilité de prise en main et d'entretien, des qualités particulièrement appréciées par les loueurs de catamarans. Le Venezia a rapidement conquis nombre de navigateurs hauturiers, et il est encore possible d'en trouver aux quatre coins du monde aujourd'hui.
Pour remplacer ce best-seller, le chantier proposera en 2000 le Belize 43. Ce nouveau modèle se démarque de son prédécesseur par un design plus moderne et une volonté d’offrir des performances en nette amélioration. L'Orana 44, lancé après le Belize 43, s'inscrit dans cette lignée d'évolution, cherchant à combiner les forces des modèles précédents avec des innovations en matière de design, d'ergonomie et de techniques de construction comme l'infusion. Cependant, le Lavezzi 40 est de la même génération que l'Orana, ce qui implique potentiellement les mêmes soucis d'osmose et d'autres problèmes structurels. Ce parallèle souligne une période où le chantier a pu faire face à des défis techniques similaires sur différentes gammes.
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