Antoine et le Banana Split : Une Vie d'Aventures Maritimes et de Découvertes

Antoine, personnalité emblématique dont la carrière a débuté en tant que chanteur populaire dans les années 60, a tracé un chemin singulier, se transformant au fil du temps en auteur, photographe, vidéaste, et surtout, en navigateur infatigable. Celui à qui sa mère avait conseillé d’aller se faire couper les cheveux à la grande époque, sillonne désormais les océans du monde pour filmer et photographier sa vie de nomade à bord de son voilier, le légendaire Banana Split. Il a déjà plus d’un tour du monde à son actif, marquant de son empreinte les mers du globe et les cœurs de ceux qui suivent ses aventures.

Antoine, le Navigateur Atypique : D'une Carrière Musicale aux Horizons Marins

Le parcours d'Antoine est un témoignage fascinant de la transition d'une vie sous les projecteurs à une existence bercée par les flots. En effet, Antoine a tout d'abord été chanteur dans les années 60, avant de devenir auteur de livres, photographe et enfin vidéaste, enrichissant ainsi sa palette artistique bien au-delà de la scène musicale. Le fil de sa vie prend un tournant décisif en octobre 1974, lorsqu'il découvre la navigation au large de Marseille, un événement qui allait sceller son destin avec la mer. Ce n'est pas une simple curiosité passagère, mais le début d'une véritable passion qui le mènera à accumuler quarante années de navigations autour du monde. Entre octobre 1974 et octobre 2014, ses bateaux l'ont porté quasiment sans discontinuer à travers les océans. Cette période faste l'a vu naviguer sur trois embarcations distinctes : deux monocoques, puis, depuis une trentaine d'années, sur son catamaran baptisé Banana Split, un nom devenu indissociable de l'explorateur des mers.

Contrairement à ce que l'on pourrait croire pour un homme ayant parcouru toutes les mers du globe ou presque, Antoine n'a pas d'eau salée dans le sang, comme il l'explique lui-même. Ses premiers contacts avec le milieu marin furent inattendus et teintés de hasard. Dès son enfance, les hasards ont amené Antoine vers les bateaux… miniatures ! Il se souvient avoir traversé quatre fois l'Atlantique en paquebot avant l'âge de 10 ans et avoir vécu sur des îles, mais la navigation et le bateau n'étaient alors pas inscrits dans la mythologie familiale. C'est en 1969, au cours d'une tournée dans le sud de la France, que le hasard amènera le chanteur au contact direct de l'eau de mer. "Avec mes musiciens, nous louons une maison à Saint-Raphaël pour l'été," raconte-t-il. "À côté de la maison se trouvait un hangar à demi abandonné. Nous sommes allés le visiter. À l'intérieur se trouvait un vieux dériveur en contreplaqué, le Quiva." L'expérience de la navigation fut alors modeste : "Nous sommes restés à peine une heure à bord de cette coque de noix qui prenait plus d'eau que nous ne pouvions écoper."

Son apprentissage de la voile s'est fait de manière autodidacte et parfois fortuite. Il commence par se documenter. Par hasard ou presque, il tombe sur "Apprendre la voile en dix leçons", un livre préfacé par Éric Tabarly. Le hasard guide également les pas de l'aventurier alors qu'il rentre chez un libraire et tombe nez à nez avec un livre qui parlait du tour du monde sur une goélette, l'Europe. Pendant ce temps, les compères louent des bateaux pour apprendre encore et encore la navigation, les joies et les déboires du bord. Une expérience en 1973, où Antoine part naviguer en Méditerranée avec son groupe d'amis, aurait pu le détourner définitivement de la voile : "Revenus de Grèce, même si la météo avait été magnifique, j'étais écœuré par la navigation. Au point de clamer…" Un sentiment qui, visiblement, n'a pas perduré, car sa passion pour la navigation l'a emporté bien au-delà de ces premières appréhensions.

Pour fêter ses 40 ans de navigation, Antoine vient de sortir un très beau livre, dans lequel il se remémore les 40 plus fascinantes escales qu'il a pu vivre à bord de ses trois bateaux successifs. Un livre agrémenté de magnifiques photos et d'anecdotes croustillantes, une œuvre à offrir ou à se faire offrir. Le chanteur Antoine est aussi un grand navigateur, et il continue de partager ses expériences et ses réflexions. Il est régulièrement présent lors d'événements nautiques. Nous l’avons notamment rencontré au salon nautique de Paris, où le chanteur Antoine était au Nautic de Paris jusqu’au 12 décembre. Son navire, qui est actuellement bloqué en Australie en raison de la pandémie, devrait à nouveau larguer les amarres dès qu’Antoine et sa compagne y seront autorisés, témoignant de sa soif inextinguible de découverte.

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À bord de ses bateaux, Antoine a mouillé dans les plus beaux endroits du monde, des lagons polynésiens aux fantastiques îles grecques, en passant par la Caraïbe et tous les lagons de rêve possibles et imaginables disséminés à travers les océans. Alors, quand nous lui avons posé la question de son mouillage préféré, il lui a fallu un peu de temps avant de pouvoir nous répondre. Et puis, devant notre insistance, il a bien voulu nous envoyer une photo où l’on y voit Banana Split devant "son" îlot. Mais de nom et encore moins de coordonnées GPS il ne fut question : le navigateur veut garder cette escale secrète et pour lui seul, un privilège qu'il entend préserver jalousement.

Le Catamaran Banana Split : Un Compagnon de Route Robuste et Innovant

Depuis plus de 40 ans, Antoine vogue sur les mers du monde, et au cœur de ses explorations, se trouve le Banana Split, un catamaran en aluminium sur plan Joubert. Ce navire est bien plus qu'un simple moyen de transport ; c'est un partenaire fidèle avec lequel le chanteur a déjà bouclé un tour du monde. À la barre de son Banana Split, arborant une peinture à l'eau couleur mimosa, depuis 1989, Antoine a largement validé le concept du voilier de voyage à deux coques, démontrant sa robustesse, souvent qualifiée de plus solide que le corail.

Antoine, le chanteur devenu navigateur, nous a familiarisés avec le catamaran en aluminium, un matériau reconnu pour sa durabilité et sa capacité à affronter les conditions marines les plus rudes. Le programme de notre baroudeur, 25 ans plus tard, reste ambitieux : aller loin et partout, des lagons polynésiens au Groenland, assurer un parfait confort à bord et être en mesure d’accueillir un équipier en fauteuil roulant. Ce cahier des charges exigeant se traduit par des innovations attrayantes, comme nous le verrons plus loin, marquant un engagement fort envers la praticité et l'accessibilité.

L’exemplaire présenté au salon des multicoques, à La Grande Motte, est le numéro 2 de la série du SC 48, un modèle qui s'inscrit dans cette philosophie de robustesse. Présenté brut de métal, il renoue avec la tradition des 4x4 des mers - on pense aux Ovni d’Alubat et bien sûr aux Allures - des navires conçus pour l'aventure et l'autonomie. Avec ses superstructures volumineuses et ses généreux vitrages, il joue sans complexe dans la cour des bateaux de travail, s'éloignant des standards de design épurés des grands chantiers pour privilégier la fonctionnalité et la solidité.

La principale objection soulevée concernant ce type de construction est souvent le poids : un multicoque, ça marche quand c’est léger… alors en métal, ça donne quoi ? Le Prometa de 12,50 m d’Antoine, en aluminium épais, accuse plus de 12 tonnes lège au peson. Cette masse peut rendre difficile de glisser entre deux trains de vagues, surtout lorsqu'il est chargé à bloc pour une transatlantique. Cependant, le SC 48, quant à lui, adopte une construction sur lisses et membrures classiques. Les bouchains sont toujours là, mais les tôles, bien plus fines, permettent de tenir un devis de poids raisonnable. Les 16 tonnes (lège) du SC 48 sont ainsi à rapporter aux 17 tonnes d’un Leopard 48 ou aux 15,5 tonnes d’un Lagoon 450, des chiffres qui le positionnent favorablement par rapport à des modèles composites de taille similaire.

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Sur l’eau, malgré la forte surcharge de notre modèle d’essai, en raison de sa pléthore d’options, le plan Delion nous a surpris par ses capacités. Si les performances sont modestes en dessous de 15 nœuds de vent avec un solent autovireur, notre SC 48 lâche les chevaux sous gennaker, capable d’accrocher les 7 nœuds au largue serré par 14 nœuds de vent. Lors du convoyage de Cherbourg vers la Méditerranée, le SC 48 est même parvenu à flirter avec les 20 nœuds à la faveur d’un surf généreux, offrant une véritable ivresse de la longue houle atlantique.

À la barre, l'expérience de navigation est caractérisée par peu de sensations directes, mais la vue sur le plan d’eau est excellente depuis le poste de pilotage surélevé, offrant une visibilité panoramique essentielle pour la sécurité et le plaisir. La plupart des manœuvres sont concentrées sur trois winches, tandis que les bosses d’enrouleurs et les écoutes de gennaker sont reprises sur une paire de winches, un sur chaque hiloire. Cela représente un total de cinq winches, là où la plupart des catamarans concurrents se débrouillent avec deux ou trois, soulignant une conception sans compromis sur la facilité d'utilisation et l'efficacité des manœuvres.

Sur ce catamaran de voyage, on n’a lésiné sur rien, surtout pas sur la robustesse. La structure du bateau est blindée, l’échantillonnage du mât est généreux, les cloisons étanches sont au rendez-vous, et toute l’isolation, de qualité automobile, garantit un excellent confort sous toutes les latitudes, des lagons chauds aux mers plus froides. Un seul regret pourrait être formulé : l’imposante poutre avant, un peu trop verticale, peut parfois taper dans la mauvaise mer, générant des chocs et des bruits désagréables.

L'Innovation au Service du Voyage et du Confort à Bord : L'Exemple du SC 48

Le point fort du SC 48, en plus d’être un increvable baroudeur conçu pour affronter les longs voyages, réside indéniablement dans la circulation à bord et son approche de l'accessibilité. Pour satisfaire aux évolutions d’une personne handicapée en fauteuil, l’architecte a intégré des solutions astucieuses et pratiques. On trouve ainsi deux portes de coupée à l’arrière, permettant un accès de plain-pied au cockpit depuis le quai, facilitant grandement l'embarquement et le débarquement. Les passavants sont bien plats et dégagés, offrant une circulation aisée et sécurisée. Surtout, un cockpit avant, inspiré des catamarans sud-africains Leopard, a été pensé. En conséquence, une porte, sacrement blindée pour garantir la sécurité et la solidité, est découpée à l’avant de la nacelle. Ces deux ouvertures, une sur chaque cockpit, révolutionnent la circulation à bord et offrent une ventilation naturelle inhabituelle, créant un flux d'air rafraîchissant. Même le cockpit arrière profite de cette aération étonnante : c’est tout de même rare que l’air frais vienne du carré, ce qui contribue à un confort accru dans les climats chauds.

La protection contre les éléments est également une considération importante, bien que le bimini soit en effet assez court, assurant une protection partielle. La table extérieure est bien adaptée à un équipage réduit avec une simple banquette en L, favorisant une ambiance conviviale pour les repas en plein air. Pour les invités supplémentaires, des tabourets sont de rigueur. Sur le pont, une foule de trouvailles facilitent la vie à bord au quotidien : des découpes ingénieuses dans le rouf pour y accéder, ainsi que des sièges de balcon avant sur charnières, conçus pour libérer le passage vers les étraves lorsque nécessaire.

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Cependant, malgré toutes ces innovations pratiques, certains aspects peuvent laisser perplexe quant à la qualité perçue du design extérieur et intérieur. On peut être déçu par l’association des deux revêtements antidérapants - le faux teck et le liège -, dont la combinaison visuelle ne fait pas toujours l'unanimité. De même, les quatre supports du bimini pourraient être considérés comme excessifs, deux auraient sans doute suffi pour assurer la stabilité nécessaire. L’aspect de la sellerie extérieure peut également nuire à l'esthétique générale. Il est important de noter que tous ces produits sont d’excellente facture et parfaitement adaptés à un usage intensif en milieu marin, mais leur aspect et/ou leur association nuisent à la qualité perçue, suggérant un manque de cohésion esthétique.

Ce même sentiment peut être ressenti à l’intérieur du bateau. La trame des aménagements est judicieuse, avec une grande cuisine en U offrant un espace fonctionnel et convivial, un coin navigation face à la marche optimisé pour la veille et la planification, et des cabines spacieuses promettant un bon confort pour l'équipage. En revanche, l'ergonomie pourrait être améliorée : on se cogne facilement la tête lors de la descente dans les coques, et les couchages sont parfois empiétés par certains éléments de structure. Ces détails, qui pourraient sans difficultés être légèrement modifiés, nuancent le confort général et l'expérience à bord. En bref, la patte d’un designer spécialiste des aménagements de voiliers serait la bienvenue pour optimiser encore notre SC 48, transformant un navire déjà très capable en un espace de vie et de navigation véritablement harmonieux et sans compromis.

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