Le Voile Islamique : Types et Histoire

Introduction

Le voile islamique, souvent appelé hijab, est un sujet de débat et de discussion à travers le monde. Cet article vise à explorer les différents types de voiles islamiques, leur histoire, et les significations culturelles et religieuses qui leur sont associées.

Divers Types de Voiles Islamiques

Il existe une variété de voiles islamiques, chacun ayant ses propres caractéristiques et significations culturelles. Voici quelques-uns des plus courants :

Le Hijab

Le hijab est le type de voile le plus répandu. Il couvre les cheveux, les oreilles et le cou, ne laissant apparaître que l'ovale du visage. Promu par la confrérie islamiste des Frères musulmans, il est souvent complété par une tunique ou un imperméable. Le hijab est devenu de plus en plus visible dans les métropoles mondiales. Beaucoup de gens sont surpris d’apprendre que le hijab, au sens de couvre-chef, n’apparaît nulle part dans le Coran. Les versets dits « hijab » (24:30-31) utilisent les mots arabes « khimar » et « jilbab« , traduits respectivement par « couverture » ou « foulard » et « vêtement extérieur » ou « manteau ». Le hijab est le type de couvre-chef le plus communément observé dans le monde entier.

Le Niqab

Le niqab est un voile intégral qui couvre le visage, ne laissant apparaître qu'une fente pour les yeux. Il s'est répandu sous l'influence de l'islam wahhabite, qui prédomine en Arabie saoudite. Dans les pays arabes, voile intégral complété par une étoffe ne laissant apparaître qu'une fente pour les yeux. Il existe deux styles principaux du niqab. Le niqab complet, courant dans les pays du Golfe, est un large vêtement qui couvre la tête et le visage, et parfois même le dos et la poitrine. L’autre type de niqab, le demi niqab, que l’on peut voir dans diverses régions du monde, est simplement un morceau de tissu avec une fente pour les yeux et noué dans le dos.

La Burqa

La burqa est un voile long qui couvre complètement la tête et le corps, un grillage dissimulant les yeux. À l'origine, vêtement traditionnel des tribus pachtounes en Afghanistan. Cette tenue est devenue aux yeux du monde le symbole du régime des talibans en Afghanistan, de 1996 à 2001. On peut voir les femmes afghanes dans cette tenue qui couvre leur tête, leur corps et même leur visage. Elle comporte également un écran devant les yeux et est considérée comme le plus dissimulateur des voiles musulmans. Bien qu’auparavant limité à la région de l’Afghanistan, on peut désormais l’observer dans les régions du nord du Pakistan également, porté par les réfugiés afghans et les habitants locaux qui s’en sont inspirés.

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Le Tchador

En Iran, ce vêtement traditionnel est une grande pièce de tissu posée sur la tête, laissant apparaître l'ovale du visage, tenue fermée à l'aide des mains. Le tchador, originaire d’Iran et des régions avoisinantes, est un demi-cercle de tissu qui entoure le corps de la femme de la tête aux pieds. Il est devenu courant lorsque le gouvernement iranien a mis en place sa loi sur le hijab, qui rendait obligatoire pour toutes les femmes de se couvrir dans les lieux publics.

Le Khimar

Populaire en Égypte, le Khimar est un voile percé d’un trou pour le visage. Il couvre la tête, les épaules et le cou. Il est normalement porté à la taille, mais certaines femmes peuvent choisir de le porter jusqu’aux genoux. Le Khimar est en fait une variante de ce type de voile.

Al-Amira

Al-Amira signifie la princesse, et ce type de voile est considéré comme un voile de princesse. Composé de deux parties, l’Al-Amira est similaire au Khimar. L’Al-Amira est censé être un hijab facile à porter et se présente sous la forme d’un bonnet ajusté qui couvre tous les cheveux, et de longues écharpes rectangulaires en soie en forme de tube qui peuvent être épinglées sur la tête ou les épaules, selon les besoins.

Le Sitar

Parfois ajouté, le sitar (« rideau », en arabe), d'un tissu plus fin, recouvre même les yeux.

Autres Types

  • Abaya: L’abaya est un vêtement ample qui se décline en plusieurs formes et styles. L’abaya était traditionnellement noire et avait une coupe droite, mais les femmes la portent maintenant dans des styles différents et des coupes fantaisistes et vont même modifier les couleurs. Les abayas sont généralement associées à des niqabs mais peuvent également être portées avec un simple hijab pour celles qui le souhaitent.
  • Litham: Il s’agit d’un masque d’aspect métallique qui est devenu presque obsolète dans le monde moderne. Il est fait d’un tissu rigide, comme le cuir, mais donne une impression de métal en raison de sa surface brillante. Il était porté par les femmes dans les pays arabes du golfe Persique et on pense qu’il est né à Gujrat au 18e siècle.
  • Boshiya: La boshiya est similaire au niqab et presque identique au niqab complet. La différence entre les deux est que la boshiya ne donne pas la possibilité de laisser les yeux découverts et couvre l’ensemble du visage avec un tissu transparent.

Histoire du Voile Islamique

Les foulards et les voiles de différentes couleurs et formes étaient habituels dans d’innombrables cultures bien avant l’apparition de l’islam au VIIe siècle dans la péninsule arabique (qui comprend l’actuelle Arabie saoudite). Depuis le septième siècle, l’islam est devenu l’une des principales religions du monde. En se répandant à travers le Moyen-Orient, l’Afrique saharienne et subsaharienne, l’Asie centrale et de nombreuses sociétés différentes autour de la mer d’Oman, il a intégré certaines coutumes locales en matière de port du voile et en a influencé d’autres. Au XIXe siècle, les femmes musulmanes et chrétiennes de la classe supérieure urbaine en Égypte portaient la habarah, qui consistait en une longue jupe, un couvre-chef et une burqa, un long tissu rectangulaire de mousseline blanche transparente placé sous les yeux, couvrant le bas du nez et la bouche et tombant sur la poitrine. Lorsque le port du voile a fait son entrée dans le discours nationaliste féministe pendant l’occupation coloniale britannique, le terme « hijab » a été utilisé par les féministes, les nationalistes et les laïques.

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Interprétations et Débats

Tous les représentants du culte musulman et spécialistes de l'islam auditionnés ont rappelé qu'aucun verset du Coran ne demandait aux femmes de dissimuler leur visage. Juste de «ne montrer que le dehors de leur parure, de rabattre leurs voiles sur leur gorge». Sans racine coranique, le niqab «est une véritable pathologie religieuse», a même jugé le philosophe Abdenour Bidar. Et pourtant, c'est bien au nom de l'islam que ces femmes disent la porter. Car il existe une voix minoritaire qui l'impose, celle du mouvement salafiste qui entend retrouver la splendeur de l'islam par un retour aux sources, à la vie du prophète. Ultrarigoriste, apolitique, mais sectaire, ce courant s'est développé en France ces quinze dernières années.

D’emblée, nous noterons que cette absence de marqueurs traduisant l’ordre ou la prescription impérative s’oppose à l’Islam qui affirme ici une obligation divine/farḍ. L’idée de recommandation est donc ce qui est le plus cohérent et juste puisque le propos de ce verset relève de la prise de conscience morale qui, s’il elle devait être imposée, impliquerait en certains cas l’hypocrisie. Or, tel ne peut être l’objectif du Coran qui, toujours, cherche à amener les croyants à adopter volontairement et sincèrement son message, ceci au nom de leur foi comme l’indique la conclusion du verset : « revenez à Dieu, tous, ô croyants ; puissiez-vous être bienheureux ! La traduction standard ne restitue donc pas le texte coranique, mais un point de vue du Droit islamique. En effet, ce dernier a consacré de longs développements quant au fait de baisser le regard quand un homme est en face d’une femme, et réciproquement. Le glissement de sens est patent, l’on est ainsi passé de la notion coranique de maîtrise des intentions, de purification de l’âme et de comportements corrects en société, à celle d’une pratique juridiquement normée dénuée de sens et, surtout, de vertu éducative. Cette carence pouvant parfois aboutir à la conception d’un monde où les hommes et les femmes n’auraient même plus à se croiser.

Le verbe mis en jeu est ḍaraba/yaḍribna, verbe très polysémique, mais qui présentement peut signifier rabattre, abattre, couvrir de, recouvrir de. Le terme-clef khumur, pluriel de khimâr, est donc à présent l’enjeu principal de l’interprétation de ce verset, terme qui du reste n’apparaît qu’a cette occasion dans le Coran. Problème : la signification de ce mot a varié au fil du temps et des opinions des exégètes et juristes et, encore de nos jours, il désigne plusieurs types de voile dont la longueur et la forme varient en fonction du rigorisme des interprètes et des marchands de tissus. Rappelons donc pour éclaircir le sujet, que ce terme dérive de la racine khamara : couvrir, envelopper, cacher, et désigne donc étymologiquement tout ce qui sert à cacher et dérober aux regards.

Raisons du Port du Voile

Les raisons pour lesquelles les femmes choisissent de porter le voile sont diverses. Certaines le font par conviction religieuse, considérant que c'est une obligation divine. D'autres peuvent le faire pour des raisons culturelles ou sociales, comme une manière de préserver leur identité ou d'échapper aux pressions sexistes.

Des femmes à la recherche d'absolu ont été séduites par cette surenchère religieuse. Si chacune raconte une histoire singulière, toutes «témoignent de conditions de vie dégradées dans certains de nos quartiers», estiment les députés. Du besoin d'une épine dorsale dans une existence marquée par des ruptures. Elles affirment une «recherche de pureté dans la pratique d'un culte plus austère». En écoutant «sur Internet des imams prêcher (?), les jeunes femmes qui s'islamisent en viennent à désirer ou à s'imposer de porter le niqab (?) comme le signe d'une appartenance à une élite, à une avant-garde religieuse appelée à guider la communauté musulmane égarée», selon Samir Amghar, chercheur à l'École des hautes études en sciences sociales. Ces femmes expriment aussi leur dégoût de la société environnante. «L'environnement occidental est considéré comme littéralement impie et appelle une réaction d'autoprotection et d'autodéfense, dont le voile est un moyen. Au-delà des craintes fantasmées, cette tenue marque une réaction à des pressions sexistes réelles. «Les relations entre les deux sexes au sein de quartiers abritant des populations qui, par ailleurs, connaissent la précarité et en voie parfois de ghettoïsation, se sont gravement dégradées», assure la mission. L'affichage religieux permet d'échapper aux tensions, d'acquérir un statut. «En portant le niqab, d'adolescentes elles deviennent des adultes respectées notamment dans les quartiers populaires», note encore la mission. Dans ce contexte, les salafistes ont un «pouvoir d'attraction sur des populations pauvres, toutes prêtes à recevoir des prescriptions pour guider leur comportement». D'ailleurs, «dans les quartiers populaires, lorsqu'on décide de se convertir à l'islam ou de se réislamiser, on le fait bien souvent au contact du salafisme, car c'est la seule offre religieuse qui y reste et qui apparaît comme la plus légitime et la plus authentique, a détaillé Samir Amghar. L'influence croissante de cette doctrine favorise un retour à la superstition et impose des normes à l'ensemble des femmes d'un quartier». Or, assure le rapport, il suffirait d'un imam salafiste pour radicaliser une pratique localement.

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En revanche, de nombreuses filles d’immigrants musulmans en Occident affirment que le voile symbolise la dévotion et la piété et que le port du voile est leur propre choix.

Le Voile et la Société

Le port du voile islamique est un sujet de débat dans de nombreuses sociétés, en particulier en Occident. Certains le considèrent comme un symbole d'oppression, tandis que d'autres le voient comme une expression de liberté religieuse et culturelle. En France, par exemple, le port du voile est interdit dans les écoles publiques depuis 2004. Une loi a été promulguée le 11 octobre 2010 afin de lutter contre le port de la burqa et du niqab dans l’espace public. Elle stipule que « nul ne peut, dans l’espace public, porter une tenue destinée à dissimuler son visage.

Depuis la fin des années 1980, le port du voile islamique a provoqué de nombreuses polémiques en France. Avec la forte croissance du nombre de musulmans au sein de la population française, ce symbole de la religion musulmane porté par des femmes est devenu plus visible. Or, aux yeux des défenseurs de la laïcité, il constitue une atteinte à ce principe républicain. C’est surtout au sein des établissements scolaires que le voile islamique a provoqué les plus grandes crispations. Cette question a ainsi émergé en 1989 lorsque trois élèves ont été exclues d’un collège de Creil, dans l’Oise, après avoir refusé d’ôter leur foulard en classe. Afin de réduire les tensions relatives au port du voile islamique, une loi encadrant le port de signes ou de tenues manifestant une appartenance religieuse dans les établissements scolaires publics est promulguée le 15 mars 2004. Elle stipule que « dans les écoles, les collèges et les lycées publics, le port de signes ou tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse est interdit. Par conséquent, le voile islamique est interdit dans une enceinte scolaire au même titre que la kippa juive ou les grandes croix chrétiennes.

Le Hijab et la Mode

Ces dernières années, le hijab a consolidé son statut dans l’industrie mondiale de la mode. Définie comme un vêtement qui dissimule plutôt qu’accentue la forme du corps de la femme, que ce soit pour des raisons de foi religieuse ou de préférence personnelle, l’intérêt du public pour la mode modeste monte en flèche. Un mélange de facteurs sociaux et économiques est crédité du succès apparemment soudain du secteur. Pourtant, malgré la visibilité croissante des vêtements islamiques dans le monde de la mode, 86 % des femmes musulmanes au Royaume-Uni continuent de se sentir ignorées par les grandes marques. Selon une enquête récente, les femmes musulmanes ont tendance à dépenser 16 % de plus en vêtements que le consommateur britannique moyen. C’est pourquoi le hijab actuel représente un mélange de modernité et de modestie. Contrairement aux options limitées qui étaient autrefois disponibles, certaines marques ont mis au point une série de modèles adaptés à la forme de chaque visage. Et pour contribuer davantage à la visibilité de la mode modeste, la Journée mondiale du hijab, une initiative d’un immigrant bangladais aux États-Unis, est désormais célébrée dans au moins 190 pays le 1er février de chaque année.

Les différents types de tissus pour hijab:

  • Tissu pour hijab en jersey
  • Tissu Satin Hijab
  • Tissu crêpe pour hijab
  • Hijab en polyester
  • Hijab en mousseline

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