L'élevage du poisson rouge japonais à voile : guide complet

Les poissons japonais, avec leurs formes délicates, leurs couleurs chatoyantes et leurs fameuses nageoires voiles, sont de véritables œuvres vivantes qui fascinent depuis des siècles. Issus du Carassius auratus, ces poissons rouges d’exception nous rappellent à quel point la nature, quand elle est guidée par une main patiente, peut donner naissance à des merveilles. Cependant, aussi beaux soient-ils, ces animaux exigent des soins précis, loin du mythe du « poisson rouge dans un bocal ».

Un peu d'histoire

L'histoire du poisson rouge japonais est une histoire millénaire entre la Chine et le Japon. Tout commence en Chine, il y a plus de 2000 ans, avec l'élevage de carpes sauvages dans des étangs. Une mutation naturelle donne alors naissance au tout premier poisson rouge. Au Japon, l’art de l’élevage sélectif atteint des sommets, chaque variété devenant une forme vivante d’art, où la queue doit être parfaitement équilibrée, la nageoire dorsale élégante, la couleur éclatante.

Au fil des siècles, le poisson japonais devient un porte-bonheur, un symbole de sérénité. Offrir un Ranchu ou un Red Cap Oranda, c’est souhaiter paix et prospérité. On le retrouve dans les estampes, les haïkus, les festivals, notamment la fameuse « cueillette aux poissons rouges », ou kingyo sukui.

Les différentes variétés de poissons rouges japonais

Il existe une grande variété de poissons rouges japonais, chacun ayant ses propres caractéristiques. Parmi les plus populaires, on retrouve :

  • Le voile de Chine : Cette variété se distingue par de grandes nageoires, en particulier la queue, qui se déploient en forme de fin voilage. Plus de 70 variétés de voiles de Chine sont admises, parmi lesquelles figurent le FanTail et sa queue en éventail ou le Pearl Scale et ses écailles hérissées.

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  • Le Ryukin : Originaire de l’île du même nom au Sud du Japon, il est le maître des bacs dédiés aux poissons japonais. Il a un corps court et trapu ainsi que de gros yeux globuleux qui semblent sortir de leurs orbites. Son alimentation sensible demande un aliment coulant plutôt diététique comme Saki Hikari Fancy Goldfish Balance.

  • L'Oranda : Il se caractérise par une excroissance ressemblant à une framboise située sur le haut du crâne ou recouvrant toute la tête. Un Oranda Panda de qualité HQ démontre le potentiel d'un bac dédié aux poissons japonais de qualité. À noter la profondeur du noir qui contraste avec un blanc pur, résultat d'une alimentation hautement qualitative.

  • Le Ranchu : Tout comme le tête de lion, il possède une tête particulière. Il possède un dos courbé exempt de nageoire dorsale. De nombreuses couleurs existent, un magnifique poisson. Dans les élevages prestigieux, ils sont nourris avec de l'aliment vivant ou frais. Un Ranchu de qualité HQ évolue sereinement dans un bac de plusieurs centaines de litres.

  • Le Télescope : Il possède des yeux exorbités, il est très familier et attachant et se trouve dans de nombreuses couleurs et panachages de couleurs. Il préférera un aliment coulant qui viendra fouiller dans le fond du bac. Il est possible de trouver des Télescopes Butterfly.

  • Le Bubble : Un autre poisson très attachant, le Bubble est le plus souvent de couleur orange mais il est possible de trouver des spécimens très qualitatifs et colorés. il vient volontiers manger en surface, un aliment flottant pour poisson rouge lui convient parfaitement. Il est possible de trouver des Bubble Butterfly.

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  • Le Butterfly : La particularité du Butterfly vient de sa caudale qui rappelle vu de dessus un papillon. Une nourriture coulante sera plus adaptée.

  • Le Tête de lion : Il fait partie des classiques en poisson fantaisie. Son excroissance sur la tête rappelle la crinière d'un lion. Des aliments spécifiques existent comme Hikari Lionhead pour ce type de poisson.

  • Le Tamasaba : Poisson japonais relativement rare issu d'un croisement avec une variété de poisson aujourd'hui disparue, le Tamasaba est produit au Japon par les éleveurs de carpes koi. Il ressemble beaucoup au Ryukin dont il provient en partie mais possède une seule caudale. Il accepte également les aux froides.

  • Le Sarasa : Également un très bon poisson de bassin, bon nageur il a la spécificité d'être bicolore rouge et blanc. Bien que la plupart du temps le rouge se trouve sur la partie supérieure du corps, il peut parfois posséder un pattern de kohaku (carpe koi).

  • La Comète : Il se distingue de par sa nageoire caudale plus longue. Plusieurs couleurs existent, jaune rouge, calico, noir. Un peu plus grand que le poisson rouge classique, la plupart du temps il est de couleurs bariolées (calico). il évolue très bien en eau froide et apprécie autant l'aliment de base pour poisson de bassin que l'aliment spécial poisson rouge.

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  • Le poisson rouge : C'est celui des marres de notre enfance. Poisson robuste de couleur rouge, on le trouve également de couleur noire ou jaune. Il évolue très bien en bassin extérieur.

Bien accueillir un poisson japonais chez soi

Comment bien choisir son poisson rouge japonais ?

Un poisson en bonne santé, c’est un poisson actif, à la queue bien droite, aux écailles brillantes. L’éleveur spécialisé offre souvent une meilleure sélection génétique et des conseils sur-mesure. Il est possible d'acheter en animalerie ou chez un éleveur spécialisé. Vers 7-8 ans, un enfant peut commencer à nourrir et observer, avec accompagnement.

L’aquarium idéal pour un poisson japonais

On recommande 40 à 50 litres par poisson. Donc non, une boule de verre n’est jamais suffisante.

Aquarium ou bassin : peut-on les mettre dehors ?

Oui, surtout pour les variétés robustes comme le wakin ou le ryukin. Mais attention à la température : pas en-dessous de 5 °C sans protection.

Faut-il un bulleur, un filtre ou une lumière spécifique ?

Il est indispensable de brancher une pompe à air pour apporter l’oxygène nécessaire aux poissons. Les poissons japonais ont également besoin d’un aquarium possédant un système de filtration efficace. Côté luminosité, un tube fluorescent ou une lampe basse consommation seront parfaits. L’idéal niveau éclairage est une durée d'éclairage de dix à douze heures consécutives.

Décoration et ambiance zen : créer un univers apaisant

Rochers lisses, plantes flottantes, substrat sombre, décor inspiré des jardins japonais. Pas de poissons trop vifs, agressifs ou tropicalisés.

Quelles plantes pour un aquarium de poissons japonais ?

Il est possible de mettre des plantes dans un aquarium de poissons japonais, mais il faut choisir des espèces résistantes et non toxiques.

Quels autres poissons peuvent vivre avec eux ? Éviter les erreurs de cohabitation

Il faut éviter de faire cohabiter les poissons japonais avec des espèces trop vives ou agressives.

L’entretien de l’aquarium au quotidien

Qualité de l’eau, pH, température : que surveiller ?

Surveillez régulièrement les paramètres de l’eau. Un test hebdomadaire est une bonne habitude à prendre. Les poissons japonais sont sensibles aux variations de température et à la qualité de l’eau.

Nettoyage régulier et changements d’eau : les bons gestes

Changez l’eau tous les 15 jours en retirant 1/5e au maximum du contenu du bac. Vérifiez la température de l’eau renouvelée car les poissons craignent les variations de degrés. Nettoyez le filtre une fois par mois pour éviter qu’il ne s'encrasse. À l’aide d’un seau, prélevez de l'eau de l’aquarium dans laquelle vous rincerez les masses filtrantes pour éliminer le gros de la saleté. Passez la raclette sur les vitres si vous constatez que les algues apparaissent (le mieux étant de ne pas attendre leur apparition).

Comment éviter la prolifération des algues ?

Il existe plusieurs méthodes pour éviter la prolifération des algues dans un aquarium de poissons japonais.

Nourrir un poisson rouge japonais correctement

Quelle nourriture privilégier ?

Les poissons japonais sont omnivores, mais ils ont une préférence pour les aliments végétaux. Il est important de varier leur alimentation pour leur assurer une bonne santé. Utilisez comme base de l’alimentation des granulés pour poisson rouge constitués de farine de poissons, de crustacés, d'algues, etc. Les granulés sont préférables aux flocons et paillettes qui ont tendance à flotter sur l’eau. Distribuez de faibles quantités d’aliments à la fois. Comme tous les poissons rouges, le voile de Chine est gourmand et peut mourir de suralimentation. Il vaut mieux le sous-alimenter que le goinfrer ! S’il reste de la nourriture après deux minutes, alors vous en avez trop donné.

Variez l'alimentation avec des légumes cuits : épinard, courgette, concombre, laitue, petits pois sans leur peau, brocoli, carotte. Faites pocher les légumes frais, faites-les refroidir, émiettez-les et donnez-les en petite quantité. Diversifiez l’alimentation avec des produits carnés. Une fois par semaine, proposez à votre poisson des vers de vase, larves de moustique, artémias et daphnies.

Pour bien nourrir un poisson rouge, il faut savoir dans un premier temps différencier les différentes variétés et leurs spécificités. Bien qu'originaires de la même famille, les différences vont d'un extrême à l'autre en fonction d'où ils ont été crées et sont élevés comme l'Asie ou l'Europe, mais également des résultats des divers croisements. Un Ranchu n'évolue pas dans le même environnement et est plus exigeant qu'une Comète ou un Sarasa par exemple. Il est facile de ce documenter sur les différentes variétés de poisson rouge sur le net si vous avez des doutes.

Les poissons rouges communs et autres poissons d'eau froide, les plus robustes, peuvent vivre dans des bassins d'eau froide. Les régimes alimentaires de base pour poissons de bassin comme Hikari Friend peuvent leur convenir mais dans des aliments plus spécifiques existes comme la plupart des aliments de cette catégories. D'un façon générale le poisson rouge carassin préfère une alimentation plus végétale qu'animale. C'est entre autre ce qui différencie les nourritures proposées ici des aliments basiques pour bassin.

Tous les poissons rouges ne peuvent pas évoluer dans un bassin extérieur européen. La plupart peuvent vivre dans des bassins intérieurs de préférence sans une pièce tempérée toute l'année. La mise en place d'un bassin intérieur est relative complexe à mettre en place. C'est pourquoi un bon nombrer de poissons comme les voiles de Chine, Ranchu, Oranda etc.. Évoluent généralement dans des aquarium de grande taille. Leur régime alimentaire est quant à lui plus spécifique. La plupart du temps il faudra privilégier un aliment coulant, parfois très spécifique comme par exemple les Têtes de Lion, Oranda ou Ranchu qui dans les élevages prestigieux sont nourris avec de l'aliment vivant ou frais. Le problème de cette alimentation est le risque sanitaire, qu'il soit parasitaire ou bactérien.

L'alimentation de ce type de poisson est primordiale afin de révéler tout le potentiel de body et de couleurs tout en préservant sa santé et sa capacité immunitaire. Ces aliments riches doivent être autrement qualitatifs afin de ne pas polluer l'eau et préserver la filtration biologique du bac. Dans ce cas il est difficile de trouver meilleur aliment que Saki Hikari Fancy Goldfish Balance et Saki Hikari Fancy Goldfish Color Enhancing.

Reproduction du poisson rouge japonais

La reproduction des poissons japonais en bassin est un événement passionnant à suivre. Junne, membre d'honneur d'un forum aquariophile, a partagé son expérience de reproduction de poissons japonais dans son bassin.

Vers la fin du mois de juin, les poissons japonais qu'elle avait encore en bassin se sont reproduits plusieurs fois. Elle était persuadée que la majorité des oeufs seraient mangés et que la faible quantité de cachettes ne permettrait pas aux éventuels alevins de survivre.

Quelques temps après, encore une repro ! Mais il y a eu la terrible visite d'un chat errant, qui a décimé la quasi totalité de ses poissons. Les individus restants ont été sortis du bassin, et isolés pendant près d'un mois pour divers soins.

Et surprise: début juillet, elle a découvert dans le bassin de minuscules alevins !! Elle a décidé pour le moment de ne rien faire, car d'autres poissons japonais sont arrivés et elle devait s'occuper d'eux chaque jour en quarantaine, et elle a commencé à réfléchir à une protection pour le bassin.

Un peu plus d'une semaine passe, et elle a vu que les alevins étaient toujours là, et ils avaient grossit ! Elle a décidé d'en attraper une dizaine, qu'elle a isolé dans une cuve de 30L. Les alevins étaient encore minuscules, elle les a nourris de microvers et de rotifères. L'eau du 30L a été changée chaque jour à raison de 40 à 50%.

Elle s'est rendu compte qu'ils grandissaient très vite, et elle en a vu encore beaucoup dans le bassin. Elle a donc décidé de vider celui-ci (elle en a profité pour nettoyer certaines zones, et aussi le filtre, car le bassin accueillera bientôt les adultes qui finissent leur quarantaine). Elle a récupéré alors près de 30 alevins vers la mi juillet.

Certains faisaient déjà une belle taille, et on voyait déjà qu'une majorité seraient calicos. Elle les a placés tous dans la petite cuve de 30L, et elle a commencé les recherches pour une cuve d'au moins 100L.

Elle a été obligée de faire une petite sélection, car certains bébés étaient malformés, trop maigres ou trop faibles. Elle a commencé à les nourrir avec une plus grande diversité d'aliments: vers de vase coupés, petit pois, granulés "micro food", etc.

Le 29 juillet, elle a enfin trouvé une cuve de 100L, malheureusement celle ci n'était pas en super état et fuyait sur une des arêtes. Le transfert des alevins a été un peu retardé, et elle a réussi à colmater la fuite avec … du chewing gum ! et beaucoup de chatterton. La fuite étant très légère (dû à une mauvaise maîtrise de l'ancien proprio de l'art de la pose de silicone ) ce petit système D a suffit, et elle a rempli le bac aux 3/4 pour observer si le lendemain, rien n'avait coulé. Et c'était le cas !

Le 31, les alevins ont donc emménagé dans leur nouvelle maison: ils ont droit à un filtre interne (de 800L/h, mais tellement bien rempli de masses filtrantes que le débit en est très réduit), un bulleur avec deux diffuseurs, et un bouquet d'egeria.

Elle a changé pour le moment 40L d'eau par jour (sur 90L net) car elle avait l'angoisse d'une montée de nitrites (les masses filtrantes provenaient d'un des filtre externe de ses aqua, mais on ne sait jamais !). Par la suite, elle a réduit à 10 ou 20L par jour, pour surtout enlever les déchets au sol.

Les petits ont été nourris 3 à 5 fois par jour (en fonction de la nourriture donnée) et ont un très bon transit. Ils étaient désormais 22, plusieurs seront calicos. Ils n'avaient pas tous la caudale double, quelques uns voulaient redevenir des PR communs, mais ils étaient tous très mignons !

De retour d'une semaine de vacances, Junne était contente de retrouver l'ensemble de ses poissons, et en particulier les alevins ! La veille de son départ, elle s'est aperçue que le distributeur de nourriture destiné au bac des petits ne fonctionnait pas (elle a tout essayé, il s'agissait sûrement d'un défaut technique). De plus, elle avait quelques soucis avec une présence de nitrites (le taux était constamment aux environs de 0.025mg/L, malgré des changements d'eau de plus de 50% chaque jour). Le bac, malgré une filtration chargée en nouilles de céramique prélevées dans ses autres aqua, était en plein "mini pic de nitrites".

Elle n'a pas voulu prendre le risque de laisser les alevins une semaine complète dans un bac qui n'était pas parfaitement cyclé (et en plus, sans distributeur de nourriture !), alors elle a trouvé une solution originale : elle a attrapé tout les petiots, et elle les a acclimatés en douceur (au goutte à goutte) à l'eau de son 400L, et hop ! Ils ont rejoint ses leerii, ses microdevario, ses sundadanio.. bref toute la pop tropicale, qui les a accueillit sans soucis.

Ainsi, ils se retrouvaient dans un aquarium cyclé, et chargé d'une micro faune suffisante pour subvenir à leurs besoins. Son grand père n'étant passé que 3 fois dans la semaine, il fallait impérativement qu'ils trouvent eux même de quoi se nourrir, et une cuve nue n'était pas la meilleure solution !

Elle était persuadée qu'ils ne survivraient pas tous à cette longue semaine et pourtant.. les 22 étaient toujours là ! Ils n'ont pas tous grossit de la même façon et 2 étaient assez rachitiques (elle espérait qu'ils reprendraient vite des forces).

C'est surtout leurs couleurs qui ont commencé à se définir plus précisément, notamment pour les calicos. On voyait désormais des nuances de jaune, des tâches plus ou moins foncées et les yeux complètement noirs ne le sont plus pour certains. 2 spécimens étaient pour le moment entièrement blancs, et 5 étaient gris (ce sont d'ailleurs les gris qui ont une caudale simple).

Ils étaient en pleine forme, et ça faisait plaisir ! Ils ont pu rejoindre leur cuve nue, où les nitrites sont à 0, ainsi que l'ammoniaque. Elle avait balancé avant son départ une grosse poignée de nourriture, afin de créer une pollution artificielle (pour dire de simuler la présence de poissons) elle a donc pu les introduire tous ensemble, aujourd'hui les paramètres sont encore stables.

Les individus à queue simple ont déjà trouvé preneurs : son grand père ! Il a été attendrit par ces p'tit bouts, et attend avec impatience qu'ils soient assez grands pour les récupérer.

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