Le voile de Véronique : Relique et entretien

Quel était le véritable visage de Jésus ? À quelle ethnie appartenait-il ? Si nous devions demander à un enfant européen quel aspect avait Jésus, il n’aurait pas la moindre hésitation : Jésus était grand et mince, avec la peau claire, le visage souriant, les cheveux longs châtains qui lui tombaient jusqu’aux épaules en lui encadrant le visage et les yeux bleus. Si nous adressions la même question à un enfant africain ou chinois, nous nous retrouverions avec une idée du visage de Jésus très différente, avec la peau noire ou les yeux bridés. Cela parce que l’aspect physique de Jésus, les traits de son visage, ne sont pas documentés par aucun témoignage fiable. Pour faire simple, aucun des évangélistes, hommes qui l’ont connu personnellement, ne s’est inquiété de décrire quel aspect il avait.

Pour cette raison, l’iconographie de Christ a connu d’innombrables évolutions au cours des siècles, dictées principalement par des interprétations subjectives, des stéréotypes culturels et par la volonté d’uniformiser l’aspect du Fils de Dieu avec un idéal esthétique qui reflète le plus apprécié à une période historique déterminée et dans une culture déterminée. Dans les Évangiles, aucun indice sur l’aspect de Jésus n’est mentionné, même si on a tendance à donner pour acquis qu’Il était juif, exactement comme ses disciples. Et il était interdit aux Juifs de représenter le visage de Dieu. Les premiers chrétiens à ressentir le besoin de représenter Jésus furent probablement les mêmes obligés de se cacher dans les Catacombes afin de manifester leur foi. Ce fut uniquement quand le Christianisme devint la religion officielle de l’Empire romain que l’on commença à s’inquiéter de comment représenter le Christ.

Au fil du temps, les descriptions qui avaient prétention de vérité commencèrent à augmenter, ou parce qu’inspirées par des visions où Jésus se serait manifesté avec un aspect plutôt qu’un autre, ou corroborées par la découverte d’images non faites de main d’homme (acheiropoïète), comme le Mandylion, ou image d’Édesse, adoré par les chrétiens d’Orient, ou de reliques comme le voile de Véronique, sur lequel on disait être imprimé le véritable visage de Jésus. De ce genre de témoignages dérive l’affirmation des représentations de Jésus avec barbe et cheveux longs, car jusqu’au IVe siècle apr. J.-C., Il était généralement représenté jeune et imberbe.

La légende du voile de Véronique

Selon les saintes écritures, alors que l’on mène Jésus pour être crucifié sur le mont Golgotha, une femme pieuse de Jérusalem lui donne son voile pour qu’il s’essuie le front. La légende dit qu’un seigneur de Pomponne aurait rapporté d’Italie un fragment du voile et en aurait fait don au prieuré (aujourd’hui, la relique n’est plus à l’église). Le voile de Véronique est une relique chrétienne qui serait une image acheiropoïète du visage de Jésus-Christ.

L'image acheiropoïète

Une image acheiropoïète est une image considérée comme n'ayant pas été faite par la main de l'homme. Le voile de Véronique est considéré par certains comme une telle image, car il est dit qu'il a été créé miraculeusement lorsque Véronique a essuyé le visage de Jésus avec son voile. L’icône byzantine, non faite de main d’homme, se donne pour un ensemble clos de variantes de cette hiérophanie du divin dans la matière. L’art dévotionnel occidental, fait de main d’homme, n’en a pas moins donné pour horizon inaccessible à ses recherches formelles, même lorsqu’il récupère la mimésis antique à la Renaissance, le suprême paradoxe de la Sainte Face, l’infini divin se rendant visible au regard de l’homme fini, mais pour l’appeler à lui au-delà du visible.

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Véronique : La femme pieuse

Dans les Évangiles, comme nous le disions auparavant, aucun indice sur l’aspect de Jésus n’est mentionné, même si on a tendance à donner pour acquis qu’Il était juif, exactement comme ses disciples. Et il était interdit aux Juifs de représenter le visage de Dieu. Selon la légende, le peintre païen envoyé par le roi d’Edesse n’a pas pu fixer le regard du Christ, divin et humain, d’où le geste du Sauveur essuyant son visage sur la toile. La peinture antique avait une autre légende d’origine : la fiancée de Corinthe qui, devant se séparer de son fiancé partant en voyage, et voulant garder auprès d’elle quelque chose de sa présence, dessine sa silhouette sur le mur où une torche en projette l’ombre. Le mythe de l’art antique suppose une image mimétique, ombre ou reflet diminué du modèle, qui tient lieu imparfaitement de l’absent ou du disparu.

Relique vénérée

A l’époque byzantine, Jésus était généralement représenté en gloire et triomphe comme Christ Pantocrator. Très répandue aussi, surtout dans les icônes, l’iconographie de la Transfiguration de Jésus. En Occident, par contre, la figure de Jésus n’était pas représentée en tant que souverain sévère et juge, mais, grâce à l’influence des franciscains, dans Son humanité et humilité, de la Nativité à la Crucifixion. Dimanche 6 avril, comme chaque cinquième dimanche de Carême, le voile de Véronique sera exposé à la vénération des fidèles à la basilique Saint-Pierre-de-Rome.

Le site de Pomponne

Séparé de l’église par la rue de Paris, le parc est peu connu des habitants, même si un pèlerinage s’y déroule chaque année. Dans le petit parc inséré dans la zone pavillonnaire, allée du Prieuré, coulent deux sources : la source Sainte-Véronique, sous les pieds de sa statue, et la source Saint-Pierre, qui sort d’une grotte sous l’escalier. Sa réhabilitation était envisagée depuis 2008 et son coût, estimé à 29 206 euros, a bénéficié d’une subvention de 60 % du Département. La première phase des travaux a porté sur le débroussaillage autour de la statue de la vierge exhibant un voile sur lequel figure le visage du Christ. Les arbres ont été élagués et les espèces invasives éliminées. La seconde phase interviendra en septembre. Elle concernera le curage de la mare et l’installation de deux pontons.

Les intervenants d’Initiatives 77, une dizaine environ, ont déjà réhabilité les berges des deux rus. Le site accueille des poules d’eau, des têtards et grenouilles. Deux gîtes à insectes et un espace pour les lézards ont été aménagés. La commune privilégie les plantes locales, les thuyas de la haie ayant été retirés pour permettre aux frênes et framboisiers, qui étaient étouffés, de se développer. A l’automne, la clôture sera bordée d’arbres fruitiers et le mur accueillera de la vigne. La culture de la vigne était autrefois très présente sur notre commune rappelle l’élue. Après la rénovation du lieu, la commune en assurera l’entretien. Les enfants de l’accueil de loisirs devraient également participer à la plantation d’espèces végétales et poser des nichoirs ajoute Dominique Françoise. Le prochain pélerinage annuel est prévu samedi 16 septembre.

La confrérie Sainte-Véronique de Pomponne

Une confrérie de Sainte-Véronique a été fondée à Pomponne le 6 novembre 1514, mais reste mal connue. Le prieuré est démoli pendant la Révolution. En 1988, la commune a acquis le terrain au franc symbolique. La Société du patrimoine de l’histoire de Pomponne restaure l’oratoire en 1990. Le site a été inauguré le 19 septembre 1992 et les pèlerinages, interrompus depuis 1945, ont repris depuis. Sainte-Véronique est fêtée le 4 février.

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Voile de Véronique et Photographie

Au xxe siècle, la légendaire sainte Face, cette image acheiropoïète produite par Véronique alias Bérénice, subit une réinterprétation photographique sous l’effet de la lecture photogénique qui est faite de cet autre drap supposé « non fait de main d’homme », le linceul de Turin. Dès 1898, en effet, c’est le visage de la figure apparemment « révélée » par la photographie qui concentre toutes les attentions, à commencer par celle de son auteur et médiateur, Secondo Pia, dans le récit qu’il donne de cette vision.

Les photographes et le voile

Dans sa chambre noire, ce sont en effet les traits d’un visage que Pia voit d’abord surgir : Fermé [enfermé] dans mon cabinet, tout attentif à mon œuvre, j’ai éprouvé une émotion très forte, lorsque pendant le développement, j’ai vu dès le commencement apparaître sur la plaque la sainte Face… Ce visage fascine non seulement le photographe amateur piémontais, mais encore les premiers commentateurs du phénomène, parmi lesquels Arthur Loth, cet ancien élève de l’École des Chartes qui publie, vers 1900, Le Portrait de N.-S. Jésus-Christ, d’après le Saint-Suaire de Turin (Paris, H. Oudin, s. d.) suivi de La Photographie du saint Suaire de Turin (Paris-Poitiers, H. Oudin, 1909).

La relique turinoise

La perception de la relique turinoise qui n’est visible qu’à travers les reproductions du cliché de Secondo Pia après 1898 connaît une nouvelle révolution lors de l’ostension de 1931. Douze prises de vue sont alors exécutées par Giuseppe Enrie dans de toutes autres conditions techniques. Enrie multiplie les gros plans qui donnent à voir la texture du drap et le détail des taches. Ces clichés permettent non seulement de fonder de nouvelles hypothèses inspirées par la criminologie, mais encore, en isolant le visage supposé du Christ, ils ont définitivement associé la perception du linceul à celle du voile de Véronique. Cette condensation des deux draps est opérée sur le plan matériel mais aussi symbolique par le médium photographique.

Le médium photographique

Deux ans plus tard, Roland Barthes relance la question dans La Chambre claire en affirmant : « La photo est littéralement une émanation du référent. D’un corps réel, qui était là, sont parties des radiations qui viennent me toucher, moi qui suis ici ; peu importe la durée de la transmission ; la photo de l’être disparu vient me toucher comme les rayons différés d’une étoile. » Cette prise de conscience conduit « naturellement » Barthes vers le domaine religieux : Toujours la Photographie m’étonne, d’un étonnement qui dure et se renouvelle inépuisablement. Peut-être cet étonnement, cet entêtement, plonge-t-il dans la substance religieuse dont je suis pétri ; rien à faire : la Photographie a quelque chose à voir avec la résurrection : ne peut-on dire d’elle ce que disaient les Byzantins de l’image du Christ dont le Suaire de Turin est imprégné, à savoir qu’elle n’était pas faite de main d’homme, acheïropoïetos ?

Autres reliques et traditions

  • Du 18 avril au 11 mai, la relique de la sainte tunique, attribuée au Christ, sera exposée au public à la basilique Saint-Denys d’Argenteuil (Val-d’Oise).
  • Déplacée dans la nuit de l’incendie de Notre-Dame en avril 2019, la Couronne d’épines est retournée vendredi 13 décembre à 16 h 30 à la cathédrale.
  • Le pape François a offert au roi Charles III deux morceaux de la Croix sur laquelle le Christ aurait été crucifié.

Les reliques et pèlerinages au Moyen Âge

Le Musée de Saint-Antoine-l’Abbaye propose une plongée dans l’histoire des reliques et des pèlerinages au Moyen Âge. Une exposition de 44 pièces, pour certaines exceptionnelles, qui met en lumière combien les objets sacrés ne sont pas des œuvres d’art comme les autres.

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