Le 470, un dériveur double historique, est un spectacle familier sur les plans d'eau du monde entier. Souvent présent sur les parkings des clubs de voile ou dans les garages des maisons près de la mer, il a conquis le cœur des passionnés de voile. Cet article explore l'histoire de ce bateau emblématique, son rôle aux Jeux Olympiques, et son impact durable sur le monde de la voile.
Les débuts de la voile aux Jeux Olympiques
Lors des premiers Jeux Olympiques de l'ère moderne, à Athènes en 1896, la voile était au programme. Cependant, les conditions climatiques ont empêché les épreuves de se dérouler. C'est donc en 1900, à Paris, que la première compétition olympique de voile a eu lieu. Les bateaux de l'époque étaient très différents de ceux d'aujourd'hui, sans conditions de fabrication spécifiques. Après la Première Guerre mondiale, la voile a connu des innovations techniques et des matériaux, notamment l'utilisation de la fibre de carbone. En 1976, le premier dériveur léger a fait son apparition aux JO, et les planches à voile ont dû attendre le début des années 1980 pour être en compétition. Les femmes ont fait leur entrée aux JO en 1988, avec le dériveur olympique. En 2024, le kitesurf Formula Kite et la planche à voile IQFoil deviendront des disciplines olympiques.
Les règles de la voile olympique
Depuis 2012, le premier bateau à franchir la ligne d'arrivée remporte la course, sur un parcours délimité. On parle de régate en flotte entre bateaux de la même catégorie. Aux JO de Paris 2024, dix épreuves sont organisées, autant pour les femmes que pour les hommes :
- Le dériveur solitaire (Laser ILCA 7 et Laser radial ILCA 6)
- Le dériveur double (470)
- Le kitesurf (Formula Kite)
- Le multicoque à foils (Nacra 17) à deux équipiers
- Le skiff (49er et 49er FX) à deux équipiers
- La planche à voile (IQFoil)
Le 470 : un bateau de légende
Le 470 est bien plus qu'un simple dériveur. C'est un bateau qui a traversé les époques, offrant des sensations uniques à de nombreux adeptes de tous niveaux. Conçu il y a six décennies en France, il reste un support olympique, en double mixte à Marseille l'an prochain.
Origines et évolution
L'histoire du 470 commence au Salon Nautique de 1962, lorsqu'André Cornu confie les dessins d'un dériveur de 4,70 m à Jean Morin, qui possède un chantier à Pessac en Gironde. Le premier 470 voit le jour en 1963. Dès ses premiers bords, il se positionne comme le "bateau du juste milieu" entre les dériveurs d'initiation pour les gabarits légers comme le 420, et les Flying Dutchman ou 505, plus sportifs et destinés aux gabarits plus lourds. Pour faire connaître son bateau, Jean Morin participe à de nombreuses régates avec Jean-Claude Cornu, fils d'André Cornu et brillant régatier. En 1964, la Fédération Française de Yachting en fait une classe nationale.
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L'ascension olympique
Un peu plus de 10 ans après sa création et un succès populaire mondial, le 470 devient un bateau olympique, d'abord en catégorie "Open" en 1976, puis avec une compétition masculine et féminine à partir de 1988. À cette occasion, le 470 devient le premier support réservé aux femmes sur les épreuves des Jeux Olympiques. Il est aujourd'hui le seul dériveur olympique créé en France. En 2024, pour les Jeux Olympiques de Paris, l'épreuve de 470 se disputera pour la première fois en double mixte.
Un succès durable
60 ans après son lancement, la série compte de l'ordre de 42 000 unités réparties dans plus de 60 pays. Bernard Boime, président de la Classe 470 France, explique que le 470 n'est pas trop toilé, ce qui permet de naviguer facilement dans la brise. Il est stable et agréable, convenant à tous types de pratiques, de la promenade en famille à la compétition de haut niveau.
De nombreux marins, qu'ils soient encore dans le monde de l'olympisme ou désormais sur d'autres circuits de haut niveau, sont passés par le 470. En France, les légendes de la voile qui ont fait leurs armes en 470 sont nombreuses, des frères Pajot et Follenfant à Marc Bouet et Michel Briand, en passant par Thierry Péponnet et Luc Pillot, les seuls Champions olympiques Français en 470, en 1988 à Séoul.
Préparations pour les JO de Paris 2024
En attendant un successeur, peut-être sur le plan d'eau de Marseille en juillet prochain, les Français continuent de briller sur ce support, à l'image de Camille Lecointre et Aloïse Retornaz, médaillées de bronze aux derniers Jeux Olympiques à Tokyo.
Camille Lecointre et Jérémie Mion représenteront la France aux Jeux olympiques de Paris. Ils arrivent à Marseille confiants après une préparation brillante. Leur entente est parfaite, et ils défendront ensemble les chances de la France à domicile. Camille se concentrera sur la barre, tandis que Jérémie se chargera des réglages. Leur potentiel de vitesse est très élevé dans des conditions de vent favorables.
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Du 28 au 30 juillet, un contrôle de jauge renforcé sera organisé à Marseille, dernière étape avant le lancement des épreuves qui débuteront le 2 août. Ce sont 19 équipages, un par nation, qui se sont donné rendez-vous cet été à Marseille. Les régates se tiendront du 2 au 7 août, avec une grande finale sur une seule journée où les points comptent double. L'équipage vainqueur sera celui qui obtient le total de points le plus faible.
L'Équipe de France
L'Équipe de France, 4e mondiale, compte 14 membres. Lors de Paris 2024, l'objectif est de faire mieux qu'à Tokyo où les Bleus avaient remporté deux médailles d'argent et une de bronze. Pour le moment, on compte une médaille de bronze, depuis le vendredi 2 août, grâce au duo composé de Sarah Steyaert et Charline Picon. Lauriane Nolot, championne d’Europe et du monde en titre peut aussi briller le dimanche 4 août.
Initiatives pour promouvoir le 470
La Classe 470 France a lancé plusieurs actions pour fidéliser et attirer de nouveaux adhérents.
- Le "Promotour": Un circuit qui regroupe 5 régates inter-régionales ou nationales chaque année. Ces compétitions sont l'occasion d'organiser des entraînements et des briefings techniques. Un classement "classique" a été créé au sein du "Promotour", réservé aux bateaux de plus de 20 ans.
- L'opération "Primo": La Classe 470 France met à disposition 3 bateaux prêts à naviguer en compétition. Les bateaux sont loués à des équipages pour 1 an, avec l'engagement de disputer au moins 4 régates du "Promotour". À la fin de l'année, les gens ont la possibilité de racheter le bateau.
- L'opération "Voile Olympique, voile pour tous": La Classe 470 France fait le tour des clubs avec des bateaux de compétitions et invite des jeunes pour leur faire découvrir le bateau, la voile en double, les voiles, le trapèze, et les Jeux Olympiques. L'opération est labelisée "Impact2024".
Défis et perspectives
Il reste quelques pistes à explorer pour continuer d'attirer de nouveaux équipages, notamment sur le passage du 420 au 470. Bernard Boime explique qu'en 420, les jeunes ont généralement des bateaux de club, et au moment de passer en 470, il faut investir, ce qui est souvent bloquant. La Classe 470 France aimerait pouvoir investir dans ces clubs et les aider à faire cette transition.
En dehors du 420, la classe 470 a également des connexions étroites avec d'autres classes de dériveurs, comme les Fireball, les 505 ou les Finn. La Classe 470 France essaye de mutualiser un maximum de régates avec d'autres classes, que ce soit en Interséries ou dans des compétitions où chaque support a ses propres départs. Ces regroupements intéressent pas mal les clubs car les Flottes ayant tendance à diminuer dans toutes les séries, ça permet d'avoir des compétitions avec un niveau de participation important.
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