Le Lanaverre 590 : Synthèse Réussie entre Croiseur Côtier et Dériveur Sportif

Le monde de la voile, riche en innovations et en évolutions, a vu émerger des embarcations qui marquent leur époque par leur conception ingénieuse et leur polyvalence. Parmi elles, le dériveur lesté Lanaverre 590 se distingue comme une synthèse réussie du petit croiseur côtier et du dériveur sportif. Conçu par l'architecte Christian Maury, ce bateau incarne une philosophie de navigation accessible, performante et sûre, répondant aux attentes des régatiers comme à celles des plaisanciers en quête de promenades familiales.

Conception et Caractéristiques Générales du Lanaverre 590

Le Lanaverre 590, avec une longueur de 5,90 m, reprend quasiment la carène du célèbre 420, un dériveur léger mythique à caissons ronds sur lequel nombre de marins ont tiré leurs premiers bords. Cette filiation confère au 590 une agilité et une vivacité remarquables en navigation. Ce voilier a été spécialement conçu pour la régate et la promenade à trois ou quatre, offrant une adaptabilité rare. Très évolutif, il permet aux régatiers de trouver tous les agréments d’un bateau rapide, vivant et facile à manipuler.

Le design de Christian Maury est reconnaissable par son étrave bien pleine, son nez camus et un délicat tableau arrière. On note beaucoup de volume devant, moins derrière, un dessin un brin daté qui, pourtant, semble revenir à la mode. Fabriquées par les chantiers Lanaverre à partir des années 60, les unités encore en navigation sont en règle générale très bien entretenues, témoignant de la qualité de leur construction et de leur durabilité. Le bateau dispose de trapèzes, un attribut généralement associé aux dériveurs sportifs, mais comme c’est un petit croiseur, il intègre également un peu de lest et possède un roof, éléments essentiels pour le confort en croisière. Ce lest, avec dérive, de 140 kilos lui assure une sécurité totale, un aspect crucial pour la confiance en mer.

Agencement et Confort à Bord

Malgré sa vocation sportive, le Lanaverre 590 n'en oublie pas le confort et la fonctionnalité pour la croisière. Le très grand cockpit, mesurant 3 mètres, est autovideur, un avantage considérable pour maintenir le pont au sec et la sécurité de l'équipage. Le roof, bien que très ouvert pour faciliter les manœuvres et la circulation, peut abriter tout l’équipage en cas de besoin, offrant un refuge appréciable.

À l'intérieur, le bateau propose des aménagements pratiques pour des séjours côtiers. Deux couchettes confortables et deux couchettes annexes sont complétées par de vastes volumes de rangement, permettant d'embarquer l'équipement nécessaire pour des petites escapades. Parmi les "plus" appréciés, un capot ouvrant transparent permet toutes les manœuvres sans avoir à sortir de la cabine, optimisant l'ergonomie et la protection contre les éléments. De plus, un emplacement est prévu pour le moteur hors-bord, facilitant les déplacements au port ou par vent faible. Le Lanaverre 590 est également facilement remorquable sur route, ce qui augmente sa flexibilité d'utilisation et son accès à différents plans d'eau. Les plaisanciers cherchant un petit croiseur facile d'entretien, et surtout avec mise à l'eau facile sur remorque cassante, trouvent dans ce modèle une réponse pertinente, notamment après être passés par des dériveurs plus légers comme le 420 ou le Jet.

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Le Dériveur Lesté : Un Compromis entre Stabilité et Accessibilité

La question de la dérive et du lest est centrale dans la conception du Lanaverre 590, qui est un dériveur lesté. Il existe deux types de dériveurs principaux : le dériveur intégral (DI) et le dériveur lesté (DL). Si ces deux voiliers permettent d’accéder à tous les plans d’eau et d’échouer à marée basse, ils ont chacun leurs avantages et inconvénients, comme en témoignent les expériences des navigateurs. Le dériveur lesté est un voilier à lest mobile qui date de nombreuses années. On retrouve des plans Cornu et Herbulot, en bois, déjà en version dérive lesté. Des architectes comme Philippe Harlé ont eux-mêmes proposé de très nombreux voiliers avec une version dite DL. Le chantier Jeanneau, par exemple, a très vite opté pour cette solution et a gardé cette habitude, encore aujourd’hui.

Les premiers dériveurs lestés étaient équipés d’un lest, appelé saumon, d'où sortait une dérive, souvent une simple plaque de tôle. Aujourd’hui, les dériveurs lestés ont pas mal évolué pour proposer des saumons profilés avec des ailerons sur les côtés, améliorant l'hydrodynamisme et la performance. Lorsque vous échouez un dériveur lesté, la coque n’est pas en contact direct avec le fond grâce à son lest fixe. En navigation, si vous talonnez et que vous perdez votre dérive, vous pouvez continuer de faire route, le lest assurant une stabilité minimale. Cependant, il arrive souvent que la dérive se coince dans le saumon, un point d'attention pour les propriétaires, comme en témoignent des discussions concernant des modèles similaires tels que le Lanaverre 510, où des problèmes de dérive sont occasionnellement rapportés.

Dériveur Lesté ou Dériveur Intégral : Un Choix de Navigation

Le dériveur intégral (DI) est apparu après le dériveur lesté (DL), marquant une évolution du concept de dérive mobile par les architectes. Des chantiers comme Gib Sea et Kirié ont commencé par proposer des dériveurs lestés avant de développer une gamme complète de voiliers en version dériveur intégral. Le dériveur intégral a l'avantage de pouvoir venir beacer directement sur la plage, et se pose à plat en toute simplicité. En revanche, le dériveur intégral sera plus "gîtard" et demandera donc à réduire la toile plus rapidement par rapport à un dériveur lesté qui bénéficie d'un lest externe.

Le choix entre les deux types de dériveurs dépend souvent du programme de navigation. Pour un petit voilier, certains privilégieraient un dériveur intégral pour sa facilité à s'échouer. Sur un bateau plus grand, le choix devient plus discutable, car les nouveaux dériveurs lestés sont bien pensés. On pense notamment au Sun Odyssey 32i, qui, grâce à ses deux ailerons et ses safrans, permet de se poser à plat sans aucune contrainte tout en bénéficiant d’un lest supplémentaire. Ces évolutions montrent que tout est une question de compromis dans la conception navale, les différents types de lest ayant une incidence directe sur les navigations et les mouillages possibles. Le plaisir de venir s’échouer sur une plage de sable blanc, ou de profiter d'un petit port breton à marée basse, est une motivation forte pour choisir un dériveur. Pour les quillardistes dont les mouillages sont restreints à cause d'un tirant d'eau important, le dériveur offre une liberté inégalée pour aller "partout et, surtout, loin des autres".

La Vitesse et la Performance du Lanaverre 590

Le Lanaverre 590, héritier de la carène du 420, bénéficie d'une conception axée sur la performance. La présence de trapèzes souligne sa capacité à offrir des sensations de glisse dignes d'un dériveur sportif. L'adage "petit bateau, petits soucis" lui convient parfaitement, car il combine la simplicité de gestion d'une petite unité avec la réactivité et la vitesse appréciées des régatiers. Sa conception permet une navigation vivante, où les plaisirs d'un bateau réactif et facile à manipuler sont mis en avant.

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L'évolution du dériveur à travers l'histoire montre une quête constante de performance, de simplicité et d'accessibilité. Le 420, dont le 590 partage la carène, est un exemple emblématique : avec sa longueur de 4,20 m, sa maître-bau de 1,63 m et sa voilure de 7,5 m² pour la grand-voile et 2,8 m² pour le foc, il est réputé pour sa polyvalence et son dynamisme, particulièrement prisé pour l'entraînement des jeunes et la régate. Le Lanaverre 590 s'inscrit dans cette lignée en proposant un bateau plus grand, mais conservant cette agilité essentielle.

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