L'Aube de la Vélocipédie Éolienne : Entre Ingénierie et Aventure Nomade

L’avènement du vélo à assistance éolienne : Le Whike

Faire du vélo et bénéficier de l’énergie du vent pour aller plus vite : utopie ou mode de transport propre ultime pour non seulement aller plus vite que les voitures en ville, mais aussi en dehors des villes ? Une société néerlandaise, Whike, a mis au point un vélo couché à trois roues doté d’une voile. Résultat : vitesse et amusement extrêmes ! Dans un domaine, le vélo, où les innovations sont si peu nombreuses, comparé au domaine automobile, et où l’interdiction de modifier structurellement le matériel dans les courses de vélo freine la nouveauté, voici une invention audacieuse qui fait rêver. Le Whike, c’est donc un « trike » - vélo couché à trois roues - doté d’une voile. Les deux roues arrière lui donne déjà une bien plus grande stabilité qu’un vélo ordinaire.

Le Whike se dirige grâce à la roue avant unique et est stabilisé par deux roues arrière. Le vélo pèse 19kg et dispose de 18 vitesses. Il répond donc aux besoins habituels à vélo d’un habitant normal. Quand les conditions météorologiques - et un zeste de courage - le permettent, vous pouvez sortir la voile de 1,6 m2. Elle est équipée d’un système de verrouillage à rotation rapide intégré avec le frein avant, qui permet de laisser couler le vent de la voile immédiatement lorsque le cycliste souhaite s’arrêter. Avec un vent de moins de 20 km/h, vous sentirez une petite poussée, un peu comme pour un vélo électrique. Un vent de 20 à 30 km/h fera une vraie différence, et vous permettra même d’arrêter de pédaler. De 30 à 40 km/h, plus besoin de pédaler ! De 40 à 50 km/h, vous battrez des records et Whike recommande la « voile tempête ». Pas de panique, dans les vents de plus de 6 sur l’échelle de Beaufort, Whike recommande d’emballer la voile et de continuer avec la seule force de vos jambes. Sans surprise, un Whike vous coûtera plus qu’un vélo de base, quelque 2700 à 5000 euros pour être précis.

Tentatives d’auto-construction et retours d’expérience

Le deuxième essai se passe en Ouzbékistan. Assis à manger à une table sur le bord de la route et regardant les feuilles dans les arbres, je constate que le vent souffle cette fois dans mon dos. Ça me semble plus intéressant que lors de ma dernière tentative. Je ressors ma serviette et change mes points d'attache. Combien difficile est-ce que ça peut être d'installer une voile sur un vélo? Je possède mon niveau 2 de navigation à voile de la Royal Yachting Association d'Angleterre après tout. Ça n'impressionne pas mon frère, que je tiens au courant de mes essais. « Ça marchera jamais, monsieur le diplômé ». Il a raison, c'est un nouvel échec. Ma voile est encore bien trop petite. Une fois assis sur le vélo, juste derrière la voile, je bloque évidemment tout le vent…

Fort de ces connaissances, j'essaie une troisième fois, environ une semaine plus tard. Cette fois, les conditions sont parfaites : j'ai une route nouvellement construite pour moi seul, un bon vent de dos, et j'utiliserai ma toile protectrice de dessous de tente. M'en va vous montrer ce qu'il fait le diplômé. Première constatation, ma toile de tente est pas mal grosse. Je dois la plier en deux. Ce n'est pas l'idéal. Surtout qu'elle traine même un peu à terre… Et j'ai encore le même problème du vent est bloqué par mon vélo et mon corps. Cette fois, je vois une amélioration mais le risque d'accident si le vent change moindrement est trop important pour que je me risque.

Les avis des usagers divergent sur la pertinence technique. Certains passionnés font la différence entre le char à voile à pédales et le vélo à voile. Le plus polyvalent étant entre les deux : le vélo couché à voile (moins d’empâtement qu'un char à voile), à condition d'avoir une commande de direction via les pieds (comme ça, ça laisse une main pour l'écoute). Les trucs utilisables seulement sur une piste d'aviation désaffectée ou une plage sont pas très intéressants. Par contre, les trucs utilisables sur une piste cyclable ou au bord d'une route peuvent être utiles pour faire de la longue distance, à condition que la voile soit ultra-facile à dégréer, idéalement sans descendre du vélo avec juste une drisse à tirer ou relâcher depuis le cockpit. D'autres soulignent que dans un dévers de montagne, un tricycle est trop large et basculera. En gros, le vélo-voile c'est parfait si tu as un aérodrome ou une plage, mais le souci c'est d'avoir du vent bien orienté dans un coin sans voitures et roulable à VTT.

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L’itinérance collective : Le projet « Voilî Vélô »

Le projet « Voilî Vélô » était un tour de Bretagne en bateau et/ou à vélo. On faisait des sorties à la journée mais très vite l'envie d'aller voir plus loin nous a poussé à partir sur plusieurs jours… En rigolant, on s'est dit qu'un "Tour de la Bretagne" ça serait vraiment sympa alors l'idée a germé et 3 personnes qui ne se connaissaient pas se sont retrouvés un peu avant le départ pour préparer les bateaux. Nous n'avions ni combinaisons, ni carte marine, ni radio, ni tente, ni sponsor, ni monitorat de voile, ni bateau suiveur, ni association et presque pas d'argent… On n'a même pas dépensé 1 euro par personne et par jour… Pour faire avancer 3 bateaux et en moyenne 5 personnes, c'est pas grand chose ! Le vent nous poussait, on faisait de la récup' pour manger à moindre coût, et on a acheté quasiment que de l'huile d'olive et du vinaigre bio.

Le projet "Voilî Vélô" était ouvert à tous et plus de 60 personnes sont montés sur les bateaux qui étaient gérés en collectif. Chaque jour, les 3 capitaines changeaient de bateaux et d'équipier ou d'équipière. Ça permettait d'avoir une vision plus globale et coopérative sur le matos et c'était indispensable pour mieux se connaitre. En mer, il faut mettre la sécurité de son côté, on avait donc des cornes de brume, on portait toujours un gilet de sauvetage, on avait des fusées de détresses, un téléphone étanche par bateau, des tenues de rechange, des vivres… etc. Il n'y avait pas d'inscription et pas de participation financière… on voulait que tout se passe dans la gratuité, l'échange et la bonne humeur ! Ce qui nous a le plus marqué, c'est l’intérêt et l'émotion que nous suscitions chez les estivants par notre voyage hors du commun… En fait, on les faisait tout simplement rêver !

Le voyage a connu des péripéties, notamment lors du passage du raz de Sein, où la dérive du Kid s'est cassée en deux, provoquant une voie d'eau. On a écopé comme on a pu mais au bout d'un moment, on a du quitter le navire car les caissons se remplissaient aussi d'eau… On a fait des grands signes et un voilier nous a aidé et tout est rentré dans l'ordre… Ça nous a valu une belle frayeur et une dizaine de jours de réparation sur la plage. On a bouché le trou, remplacé la dérive et ça l'a fait ! Au final, je crois qu'on était tous et toutes impatient d'en découdre avec la pointe du raz… et on est passée facilement. Il y avait aussi l'idée que des gens en vélo fassent les étapes avec nous, tous ensemble mais on manquait d'un noyau dur à vélo… Bon, ça l'a quand même fait sur la fin ! Il y a eu des "vélistes" pendant quasi 3 semaines en Côte d'Armor. On s'est bien marré ! A un moment, Jean a fait une étape avec son vieux vélo de course sur lequel il s'est improvisé des sacoches avec des bouts de tissus tout raccommodés… t'aurais-vu ça, tu n'y aurais pas cru, son bardât dépassait de partout mais ça tenait bon !

Convergences culturelles et techniques : Vélo et Voile

La voile et le vélo partagent des similitudes fascinantes, tant dans leur pratique que dans leur économie. Les deux disciplines reposent sur un modèle économique identique : le sponsoring. Le nom de l’équipe ou du bateau est celui d’une marque. La publicité, comme le mécénat, est un des nombreux points communs entre le vélo et la voile. Cyrille Guimard, qui le premier il y a trente ans a dit « le vélo, c’est de la voile » à cause du vent après une étape de bordures, a souvent souligné cette parenté. Corentin Horeau est l’un des nombreux marins qui pratique assidûment le deux-roues pour s’entraîner sur une bicyclette hightech 100 % carbone comme son bateau. À terre, il pédale pendant sa phase de préparation physique générale avant ses régates d’ultra-endurance en mer.

Les deux mondes sont aussi des sports de gestion de la fatigue et de la récupération. Si les cyclistes ont le confort de la terre, des masseurs, les marins ont l’inconfort de la mer avec des bateaux spartiates. Ils dorment beaucoup moins que les cyclistes. En solitaire, ce ne sont parfois que quelques siestes de 20 mn par jour qui ne rendent pas forcément lucide. Serge Herbin parle d’hallucinations de skippers qui voient des chevaux sur l’eau, tandis que Daniel Mangeas évoque les émotions intenses des spectateurs face à des performances hors normes. « Naviguer au large ou enchaîner des cols, tomber, se relever et continuer à vélo, lutter contre le sommeil en bateau, ce n’est pas donné à tout le monde. Cela impressionne ceux qui n’en sont pas capables. Ils admirent avec envie. »

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Sur certaines régates comme la Solitaire du Figaro, les bateaux sont identiques. On retrouve la même tactique qu’à vélo, un peloton et des prises de risque avec quelques échappées, souvent reprises avant l’arrivée. C’est aussi une course au temps avec des leaders, ils ont tous les mêmes fichiers de vent, exactement comme sur le vélo. Il existe des baroudeurs comme Thomas De Gendt à vélo ou comme Nicolas Troussel pour la voile, qui a inventé la « Troussellerie », une option d’attaquant qui tente une option gagnante. La technologie, l’intelligence artificielle ont aussi pénétré les deux milieux pour la performance, la recherche du meilleur ratio légèreté/rigidité pour les machines.

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