La Traversée du Détroit de Gibraltar à la Nage : Un Guide Complet entre Défi et Légende

Le détroit de Gibraltar, ce mince bras de mer reliant l'océan Atlantique à la mer Méditerranée, représente bien plus qu'une simple voie maritime pour les nageurs d'eau libre. C'est un défi colossal, une odyssée personnelle et une rencontre avec la puissance de la nature. Relier les deux continents, l'Europe et l'Afrique, à la nage est un exploit qui a longtemps semblé inaccessible pour beaucoup, un de ces défis qui nous paraissent parfois inaccessibles à nous les mortels. Pourtant, chaque année, des nageurs venus du monde entier tentent cette aventure inouïe, transformant ce passage historique en un symbole de persévérance et de dépassement de soi. Cet article, bien que publié en 2019, et susceptible de contenir des informations qui pourraient ne plus être à jour, explore les multiples facettes de cette traversée légendaire.

Le Défi Naturel : Courants, Vagues et Voies Maritimes

La traversée du détroit de Gibraltar est un défi de taille qui ne se limite pas à sa distance apparente. Au plus étroit, le détroit mesure 14 kilomètres pour relier le Maroc à l’Espagne, un trajet qui démarre généralement de Punta de Oliveros ou Punta Marroqui en Espagne jusqu’à Punta Cires au Maroc. Toutefois, la distance n’est pas la seule difficulté significative, même s’il faut s’envoyer les 15-16 bornes au plus droit. En effet, en ligne droite, la distance à parcourir est de 14 km, mais dans cette zone, la ligne droite, ça n’existe pas. La force de l’Atlantique, bien supérieure à celle de la Méditerranée, crée un effet de siphon qui génère des courants extrêmement importants. Il faut donc faire un grand arc de cercle, et nager entre 17 et 20 kilomètres.

C'est l'endroit où l'océan Atlantique rencontre la Méditerranée, ce qui peut générer de forts courants et vagues, compliquant considérablement l'avancée des nageurs. Les courants plus ou moins violents, la température de l’eau qui change constamment sans prévenir, et les vents du détroit font partie des « imprévus » ayant contraint plusieurs nageurs à l’abandon. Lorsque le phénomène est trop puissant, il est tout simplement impossible de réaliser la traversée. Cela n'a d'ailleurs pas été une traversée sereine pour certains, en raison des courants forts et de la météo très changeante. Le vent peut souffler totalement différemment d'une heure sur l'autre, il faut s'adapter constamment.

Au-delà des conditions météorologiques et océanographiques imprévisibles, le détroit est une voie maritime extrêmement fréquentée. Baleines, requins, et phoques évoluent sous l'eau, mais c'est surtout la densité du trafic maritime qui représente un enjeu majeur. Bateaux, ferrys, tout ce qui flotte, croise les trajectoires des nageurs. Étant le seul passage maritime entre l’océan Atlantique et la mer Méditerranée, le détroit de Gibraltar voit chaque année 100 000 bateaux le franchir. Si le détroit de Gibraltar est loin d’être le plus large du monde avec ses 14 km et 1 000 mètres de profondeur, la difficulté pour ceux qui le traversent à la nage est d’éviter les nombreux bateaux qui y passent. Cet environnement complexe exige une planification méticuleuse et une vigilance constante pour la sécurité des athlètes.

Réglementation et Cadre Opérationnel : Naviguer dans les Formalités

La traversée du détroit de Gibraltar à la nage n'est pas une entreprise improvisée. Elle est encadrée par une réglementation stricte et une organisation méticuleuse. Bien évidemment, cette traversée est encadrée par une équipe qui gérera la partie logistique, administrative, et sécurité. Pour avoir la chance d’y participer, il faut passer par des épreuves préparatoires et s'inscrire auprès des organismes compétents. La qualification se fait sur dossier et dans l’ordre d’inscription. Pour certains, cela a représenté jusqu'à trois ans d’attente. La période idéale pour réaliser ce défi se situe entre avril et octobre, en raison des marées qu'il faut prendre en compte, ainsi que de la lumière. Cependant, les bonnes fenêtres pour se lancer sont très courtes en raison de la météo, notamment du vent infernal. Un départ est reportable sur une période de 7 jours pour attendre une fenêtre météo favorable.

Lire aussi: Records de Nage en Pacifique

L’organisation est admirablement menée sous la présence de l’ACNEG (Asociación del Cruce a Nado del Estrecho de Gibraltar), qui ne laisse rien au hasard. La veille du départ, les trios ou individus sont minutieusement briefés sur les conditions et le déroulement. Un bateau, tel le "Columba", transporte les nageurs jusqu'à la sortie du port de Tarifa, point de départ de leur aventure. Le rôle du Columba est crucial durant la traversée : il communique avec les énormes bateaux qui passent par le détroit, garantit la sécurité des nageurs, et calcule les courants à l'aide de manœuvres d'aller-retour pour mieux les guider. Les nageurs doivent rester groupés derrière le bateau, qui leur sert à la fois de guide et de bouclier en cas de problème. Un zodiac, souvent nommé comme le "Duende del Mar", suit également le groupe pour assurer la sécurité rapprochée. Le ravitaillement, élément essentiel de l'endurance, est souvent proposé toutes les 30 minutes, offrant un moment de répit et de connexion avec l'équipe de soutien. Pour valider sa traversée, le nageur doit toucher un rocher sur la côte africaine. Cependant, les grosses vagues qui cassent au bord peuvent rendre l'opération délicate, comme en témoignent des nageurs ayant fini avec plusieurs coupures importantes. Un tel projet à un coût financier important, nécessitant parfois le soutien de sponsors ou de cagnottes en ligne.

La Préparation Intégrale : Corps, Esprit et Stratégie

Nager le détroit de Gibraltar n'est pas ouvert au quidam moyen ; cela exige un entraînement strict et une préparation complète, tant physique que mentale. Les athlètes s'engagent dans des épreuves préparatoires intenses, qui incluent des sorties de natation de plus en plus longues, parfois de deux à trois heures, que ce soit dans la baie des Sables ou dans des environnements naturels similaires. Certains diversifient leur entraînement avec des activités comme le stand-up paddle, participant même à des courses de paddle longue distance. Un nageur a d'ailleurs dû se qualifier pour les championnats de France de paddle en octobre, soulignant l'engagement requis.

La préparation physique est indissociable de la force mentale. Des nageurs estiment que 30 % de l’effort est physique, et le reste est dans la tête. Durant les longues sorties en natation, où le temps peut paraître long puisque le paysage n’est pas très varié et où il est impossible de discuter quand on nage à plusieurs, l'objectif est de rester concentré au maximum sur sa technique de nage et l’efficacité des mouvements, surtout en compétition. Les entraînements alternent des sessions à sec à la salle de gym ou en courant à l’extérieur, et des sessions en eau libre. La préparation physique et mentale est essentielle, car même des tentatives annulées à la dernière minute exigent un mental d’acier pour se remettre d’une telle déception. Un quinquagénaire se préparant à la traversée a ainsi opté pour un ravitaillement toutes les 30 minutes afin de se sentir moins seul. Rapidement, on est coupé du monde au niveau du bruit et de la vue, et le ravitaillement fait chaud au cœur, on redevient humain. La gestion de la douleur et de l'isolement en mer sont des aspects cruciaux de cette préparation. Des histoires de nageurs criant sous l'eau face à la douleur témoignent de l'intensité du défi, où la tentation de l'abandon est parfois plus forte que soi-même. Mais, comme l'a prouvé un nageur, trouver une technique simple pour se détendre, même en pleine détresse, peut changer le cours de l'épreuve.

Histoires d'Hommes et de Femmes Face au Détroit

Le détroit de Gibraltar a été le théâtre de nombreux exploits personnels, chacun portant une histoire unique de persévérance, de courage et de détermination.

Nicolas Knap : Le Pionnier Québécois

Le nageur en eau libre Nicolas Knap, surnommé le « marathonien des eaux » et résident de Québec depuis quatre ans, est devenu le premier Québécois à traverser le détroit de Gibraltar à la nage sans combinaison. Il attendait ce moment depuis longtemps, après avoir patienté plusieurs jours pour profiter de conditions de mer favorables. Il a finalement parcouru les 15 kilomètres entre l'île de Tarifa, en Espagne, et le rocher de Punta Cires, au Maroc. Cet accomplissement personnel souligne la patience et la capacité d'attendre la fenêtre opportune, souvent cruciales pour ce type de traversée.

Lire aussi: Préparer votre traversée transatlantique à la voile

David Gandon : Le Quinquagénaire Persévérant

David Gandon, sociétaire du club de triathlon des Sables-d’Olonne, s'est lancé dans ce défi malgré un emploi du temps chargé. Ce quinquagénaire aux multiples talents sportifs, âgé de 57 ans, est maître nageur sauveteur et entraîneur triathlon au LSVT, et son CV sportif est long comme le bras. La traversée du détroit de Gibraltar est une traversée de 15 kilomètres à la nage, et il y pensait depuis quatre ans. Il n’avait jamais pris le temps, car il était pris par le calendrier des compétitions de triathlon, des courses nationales et internationales qui étaient sa priorité. Ayant déjà relié les deux continents Europe/Afrique plusieurs fois en bateau et en avion, il se disait à chaque fois qu’un jour il faudrait qu’il prenne le temps pour le faire en nageant. Son heure est venue. Pour sa préparation, il a continué à s’entraîner en triathlon, faisant des sorties de natation de plus en plus longues (2 à 3 heures dans la baie des Sables ou dans les marais des Salines), et aussi des entraînements de stand-up paddle pour diversifier un peu. Il a aussi participé à des courses de paddle longue distance, se qualifiant même pour les championnats de France. Son objectif était de réaliser la traversée en 3 heures 30 ou 4 heures maximum, à condition que la météo le permette.

Stève Stievenart : Le "Phoque" des Oceans Seven

Surnommé « le Phoque », Stève Stievenart est une figure emblématique de la nage en eau libre. Six mois après avoir défié avec succès le très mouvant détroit de Cook en Nouvelle-Zélande, il a traversé celui tout aussi périlleux de Gibraltar à la nage, toujours sans combinaison comme les règles de sa fédération l'imposent. Il a validé ainsi cette 5e étape de l'Oceans Seven, après la Manche, le North Channel, Catalina et Cook, ne lui restant plus que Molokai à Hawaii et le détroit de Tsugaru au Japon. Stievenart a attendu six ans pour décrocher le bon créneau, compliqué à avoir à cause de la météo et notamment du vent infernal. Il est parti vers 12h39 de Punta Marroqui à Tarifa, en Espagne, accompagné initialement de deux autres nageurs, une Marocaine et un Marocain. Ces deux derniers, n'étant pas dans le rythme, ont vite jeté l'éponge. Le nageur de Wimereux, lui, a poursuivi son périple en mettant beaucoup d'intensité. Contre vents et marées, il est arrivé de l'autre côté, sur le continent africain, à Punta Cires au Maroc, à 17h58 (heure française), après 5h18 d'efforts et 15,7 km parcourus. Il a confié que cela n'avait pas été une traversée sereine, en raison des courants forts et de la météo très changeante, nécessitant de s'adapter constamment aux variations du vent. Pour valider sa traversée, il a dû toucher un rocher. Les grosses vagues qui cassaient au bord ont rendu l'opération délicate, le Phoque a mis sa main sur le rocher mais, sous l'impact des vagues, il est tombé et a fini avec huit coupures importantes, aux pieds, au coude, et sur le ventre.

Le Trio des Witvoet : Un Message Écologique en Pleine Mer

En octobre, Lucas Witvoet, son frère Matthieu Witvoet et Chloe Helene Leger, se sont lancés dans un pari fou : rejoindre l'Europe et l'Afrique à la nage. C'était le 21 octobre que ces trois amoureux de la Grande Bleue ont accompli le défi du Gibraltar, avec 5 heures et 17 minutes à nager sans relâche dans la houle de l’océan. Leur motivation principale était de jeter un pavé dans la mare et d'alerter sur les 600 000 tonnes de déchets plastiques rejetées chaque année en Méditerranée, la France étant le plus important producteur de plastiques de la région. Lucas a partagé son expérience intense : « À force de rester à la surface, on va chercher ses propres profondeurs. Entre deux continents, dans deux océans, avec 600 mètres de profondeur sous les yeux, je me sens infiniment petit et étrangement vivant. Je crois distinguer dans l’azur le reflet de mon âme. » Il a aussi imaginé l’océan en 2050, avec plus de plastique que de poissons, ressentant un sentiment d'impuissance face au cri de détresse des océans. La douleur a été une compagne de route pour Lucas : « Dix minutes plus tard, alors que la douleur se trouvait au niveau de la vessie, celle-ci commence à se généraliser d’un coup pour atteindre le haut de mon corps. Je ressens la même sensation que si on me frappait sur la partie gauche du thorax toutes les 5 secondes. Face à cette douleur je me mets à crier sous l’eau. Je me sens impuissant, non pas face à Mère Nature mais bien face à moi-même. » L'idée d'abandonner n'était cependant pas une option pour Lucas. Quand Matthieu et Chloé se sont arrêtés, prêt à remonter sur le bateau, c’est Fernando, capitaine du zodiac et lui-même traversier du détroit à 5 reprises, qui lui a montré une technique de brasse sur le dos pour se détendre. Après trois minutes, l’exploit : il a réussi à se détendre, se sentant libéré, délivré, et capable de fendre l'eau à nouveau. C'est à ce moment précis qu'il a compris que le proverbe « ensemble on va plus loin » n’était pas seulement un beau proverbe, mais un adage rempli de sens. Une heure et demie et 8 kilomètres plus tard, les muscles en feu, la fatigue au bout des bras, les pieds ensanglantés, le trio atteignait la côte marocaine. Pour Chloe Helene Leger, « Nous n’avons pas conquis un océan, c’est lui qui nous a ouvert un passage et c’est à nous de le respecter. » Ils sont la preuve que « On peut faire tellement plus que l’on ne croit », et leurs initiatives soutiennent des solutions qui font rêver d’un jour de nager dans un océan propre.

Gaëtane et ses Compagnons : Un Rêve Porté par la Solidarité

Gaëtane, qui a quitté la Belgique pour s'installer à Tarifa en 1999, nourrissait une passion inébranlable pour la natation et le rêve fou de traverser le détroit. Profondément touchée par la situation précaire des migrants tentant la traversée en bateau, elle s'est promis de réussir ce défi insensé de relier les deux continents à la nage. En 2019, malgré des moyens financiers limités, elle a exprimé son rêve et réservé sa place, sachant que l'attente pouvait durer deux ans. Elle a rencontré trois hommes de Madrid - Jorge, un businessman renommé ; Juan-Jo, directeur événementiel d'une célèbre bière ; et Enrique, un ostéopathe et physiothérapeute - qui ont décidé de prendre en charge ses frais. Grâce à eux, elle a rencontré Mario Cañizares Sánchez-Beato, qui est devenu son entraîneur. Le projet fut mis en attente par la pandémie de mars 2020, mais les trois hommes réalisèrent leur propre traversée en 2022. Gaëtane a alors décidé de relever le défi à son tour, représentant l'association "Saca la lengua a la ELA" (Sclérose Latérale Amyotrophique), une maladie pour laquelle elle avait déjà perdu une amie. En septembre 2022, elle a repris contact avec Mario, et les entraînements ont commencé en octobre. Elle a été rejointe par Karl Gürtler, qui avait déjà deux traversées à son actif, et Larbi Failali, un nageur hors pair avec une aisance incroyable dans l'eau. Bien que chaque membre se soit entraîné de son côté, Gaëtane a continué sa préparation sous la direction de Mario. La date du 5 mai 2023, à 10h30, fut fixée pour le départ du trio. Le bateau Columba les a transportés jusqu'à la sortie du port de Tarifa, avec un zodiac, le Duende del Mar, assurant la sécurité.

Éric Parra : La Force Mentale et les Palmes

Éric Parra, 54 ans, un habitant de Narbonne avec 15 ans d’expérience en nage longue distance avec palmes en milieu naturel, se prépare physiquement et mentalement à tenter l'exploit de traverser le détroit de Gibraltar. Son leitmotiv est : « Aux persévérants, nulle route est impossible ». Sa tentative est prévue pour avril 2025, mais comme il le sait, le sportif ne peut être sûr de rien. Il a estimé à cinq heures et demie le temps de natation avec palmes qu’il lui faudra pour rallier Tarifa (Espagne) à Point Cires (Maroc), en comptant sur une nage entre 17 et 20 kilomètres due aux courants. Éric Parra en a d’ailleurs déjà fait les frais : une première tentative avait été programmée le 7 octobre 2024 mais le sportif en a appris l’annulation une heure et demie avant le départ. Pour mettre un maximum de chances de son côté, il se tiendra prêt sur place du lundi 21 au mercredi 30 avril 2025. On est prévenus la veille, sauf en cas de conditions de courant exceptionnelles, le feu vert pouvant arriver peu de temps avant le départ. Il souligne l'importance capitale du mental : « 30 % de l’effort est physique, le reste est dans la tête ». Un maître nageur l'accompagnera en cas de malaise dans un zodiac, et une vedette le précédera pour indiquer la trajectoire idéale en fonction du courant. Éric Parra espère par ailleurs avoir une autre occasion de sortir de sa bulle pendant la traversée : une rencontre avec une baleine ou des orques, ajoutant une touche de merveilleux à ce défi déjà extraordinaire.

Lire aussi: Histoire des nageurs de la Manche

Le Détroit de Gibraltar dans le Contexte des Grandes Traversées

La traversée du détroit de Gibraltar, bien qu'exceptionnelle, s'inscrit dans la lignée des grandes traversées à la nage qui défient les limites humaines et géographiques. Ces défis, souvent appelés les « marathons des eaux », attirent des nageurs du monde entier et ont donné naissance à des exploits légendaires.

La traversée de la Manche est probablement la plus mythique des grandes traversées à la nage. C’est en 1875 que l’exploit est réussi pour la première fois par un homme, le Britannique Matthew Webb, qui a mis 21 heures pour rallier la côte française. Depuis, ils sont très nombreux à tenter la traversée. Stève Stievenart, par exemple, a écrit une nouvelle page de l’histoire de la traversée de la Manche à la nage en devenant le premier nageur tricolore à réussir la double traversée, mettant 34 heures et 45 minutes pour faire l'aller-retour entre la plage britannique de Samphire Hoe et Audinghen dans le Pas-de-Calais.

En Nouvelle-Zélande, le Détroit de Cook sépare l’Île du Nord et l’Île du Sud en mer de Tasman. Ce détroit a une largeur minimale de 22 km et une profondeur moyenne de 135 m, ce qui en fait un beau challenge pour ceux qui l’affrontent à la nage. En 2019, l’apnéiste William Trubridge a établi un nouveau record en le traversant en 9h15. Une prouesse d’autant plus qu’il l’a fait majoritairement sous l’eau, équipé d’une monopalme, pour reproduire le déplacement du dauphin, ne remontant à la surface que pour prendre quelques respirations. Son ordinateur de plongée a enregistré 943 plongées au total.

D'autres nageurs ont marqué l'histoire par des exploits d'une ampleur encore plus grande. Ben Lecomte, par exemple, a été le premier homme à traverser l’Atlantique à la nage sans assistance de flotteur en 1998, parcourant 5 980 kilomètres en 73 jours. En 2019, ce Français de 53 ans a de nouveau fait parler de lui en nageant 555 kilomètres pendant 80 jours, toujours dans l’Atlantique, mais cette fois à travers le vortex de déchets du Pacifique nord pour alerter sur la pollution plastique qui frappe les océans.

Le détroit de Gibraltar fait partie des étapes du prestigieux circuit des Oceans Seven, qui regroupe les sept traversées en eau libre les plus difficiles au monde. La réussite de Stève Stievenart dans ce détroit l'a rapproché de son objectif de compléter ce circuit, aux côtés de la Manche, du North Channel, de Catalina, et du détroit de Cook. Ces comparaisons mettent en lumière la spécificité de Gibraltar : bien que sa distance soit relativement modeste par rapport à d'autres, les courants, le trafic maritime et la nature imprévisible de ses eaux lui confèrent une difficulté qui le place parmi les défis les plus respectés du monde de la nage en eau libre.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *