La conception et l’entretien d’un catamaran représentent un équilibre complexe entre ingénierie de pointe, choix de matériaux durables et logistique de chantier. Que l’on s’intéresse à la construction neuve ou à la remise en état après sinistre, le catamaran impose des contraintes spécifiques liées à sa géométrie, à sa largeur et à ses exigences structurelles. Cet article explore les différentes facettes de ce secteur, des innovations industrielles aux réalités du terrain.
L’innovation dans la conception et les nouveaux matériaux
Le paysage de la construction navale évolue vers une plus grande responsabilité environnementale sans sacrifier les performances. Windelo, par exemple, s’inscrit dans cette démarche avec l’envie de s’exposer à quelque chose de nouveau, d’innovant, de performant, de plus grand que soi. En s’appuyant sur des architectes navals d’une grande renommée, Christophe BARREAU et Frédéric NEUMAN, qui ont une grande expérience dans la conception de catamarans performants de série (Catana 471 ; Outremer 45, 49, 51 ; TS3 TS5 etc.), l’objectif est clair : le challenge est de construire un bateau alliant performance sous voiles et plaisir de navigation tout en aménageant des espaces de vie agréables et généreux.
Pour répondre aux défis mécaniques, Windelo a misé sur l’utilisation de matières premières secondaires, compétitives des matériaux pétrosourcés vierges et parfaitement conformes au cahier des charges sur le plan des performances mécaniques. Ce travail de recherche est mené en lien avec l’IMT MINES ALES, avec la collaboration de Patrick IENNY et Didier PERRIN, chercheurs au Centre des Matériaux de l’Ecole Nationale des Mines d’Alès. Les pièces, en composite écologique en fibre de basalte et mousse PET, sont réalisées dans une zone d’infusion moderne.
Parallèlement, le Groupe Beneteau, à travers sa marque Excess, cherche à améliorer continuellement ses processus. Conformément à notre ADN, nous pensons que la meilleure façon d'être sur l'eau, pour nous et pour la planète, est de naviguer sous voiles. C'est pour cette raison que nous voulons concevoir des catamarans de croisière avec des plans de voilure plus grands et un poids réduit, capables de naviguer dans toutes les conditions. Coté composite, nous introduisons progressivement des fibres naturelles, comme le chanvre, dans le processus de construction de nos bateaux. En 2023, le Groupe Beneteau moulera plus de 30 000 pièces en utilisant des résines bio-sourcées comme matériaux de base. L’Excess Lab, une plateforme unique sur le marché, permet de récolter les avis et les contributions des utilisateurs pour imaginer un catamaran capable de vous accompagner dans vos prochaines aventures tout en respectant notre environnement.
Infrastructures de chantier et procédés industriels
L'implantation d'un chantier naval demande une réflexion stratégique sur l'espace et les flux logistiques. Après une année de travail sur la construction de son chantier naval, l’équipe Windelo s’est installée dans son usine de 1 600 m² en mars 2020. Cette implantation stratégique en région Occitanie permet à Windelo de bénéficier de l’ensemble des compétences et infrastructures présentes sur le port de Canet-en-Roussillon. Le terrain de 4 000 m² « bord à quai » représente la première phase de développement du chantier. L’usine a été dessinée dans le but de répondre à l’évolution de l’offre et de la demande. L’agencement des catamarans et la pose de l’ensemble des équipements sont facilités grâce à une mezzanine, située à l’arrière des navires en construction, permettant un accès direct aux bateaux.
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De son côté, le chantier l'Arsenal à La Rochelle illustre une approche XXL. Le procédé, novateur, se veut synonyme de gain de temps. Tous les éléments ont été assemblés sur place, sans recours à des moules traditionnels. "C'est un des tout premiers bateaux qui sort, fabriqué complètement dans ce nouveau chantier, dans des tailles qui sont quasi au maximum des capacités du chantier", explique Laurent Da Rold, président du chantier l'Arsenal. Cette capacité à innover dans les méthodes d'assemblage est cruciale pour répondre aux exigences de taille des navires modernes.
La maintenance, le défi de la logistique et de la fiabilité
La vie d'un catamaran, après sa mise à l'eau, est ponctuée par des besoins de maintenance et, parfois, de réparations lourdes. La question de la remise en état de bateaux ayant subi des sinistres, notamment après les ouragans, soulève des problématiques de coûts et de faisabilité. Les réflexions autour des coûts de réparation, pour des unités de plus de 45 pieds, témoignent de la complexité technique et économique de ces opérations.
La gestion de la maintenance est aussi un service proposé par les constructeurs. Avec Lagoon, votre catamaran est couvert grâce à des garanties claires. Si vous subissez une panne ou une casse, nos experts vous assistent : notre service-client effectue le diagnostic à distance - notamment avec le boîtier SEANAPPS, à bord - puis coordonne les réparations avec un centre de service. En respectant le calendrier de contrôles et révisions, le propriétaire s’assure de rester couvert par les garanties.
Le choix d'un chantier pour le carénage ou les réparations reste une préoccupation majeure. Il serait sympa de créer ou d'ajouter à l'onglet Marinas une annexe indiquant les capacités de levage, surtout la largeur ! Le recensement des lieux adaptés aux catamarans dans une base de données avec comme entrée la localisation géographique est une demande récurrente des plaisanciers. En Thaïlande, par exemple, la baie de Chalong, le chantier CBS est équipé pour sortir des catamarans jusqu'à 55 pieds. Au Guatemala, dans le Rio Dulce, la marina-chantier NANAJUANA a réalisé des travaux récents : l'ensemble du yard est maintenant bétonné, avec une dalle béton sur l'intégralité de la zone, et propose des sanitaires neufs ainsi qu'une palapa avec barbecue à disposition pour les voyageurs. La précision sur les capacités techniques, comme la largeur des chariots ou la nature du sol, est essentielle pour éviter les déconvenues lors des sorties d'eau.
Qualité de vie et performance : les impératifs du croisiériste
Pour le propriétaire de catamaran, le plaisir de navigation doit se combiner avec une sécurité et une ergonomie optimales. Le chantier Outremer met l'accent sur ces aspects : tous les éléments sont réunis sur un Outremer pour profiter d’une qualité de vie incomparable : qualité du sommeil permise grâce aux mouvements plus doux, absence de chocs sous la nacelle, tangage réduit permettant aussi de cuisiner dans de bonnes conditions.
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Les choix techniques sont ici prépondérants. Si les composites modernes tels les sandwichs sont incontournables par le gain de poids qu’ils permettent, un Outremer comporte toujours des semelles de coques en stratifié monolithique de forte épaisseur. En cas de choc, aucune structure en sandwich ne peut rivaliser avec le fond de coque d’un Outremer. Pour les meubles, des panneaux en sandwich sont utilisés pour gagner du poids, avec des placages en bois pour la chaleur et l’esthétique. Les meubles ne participent pas à la rigidité et sont isolés des parties structurelles pour éviter les bruits intempestifs, les craquements, les grincements.
Des projets plus artisanaux montrent également la passion qui anime ce domaine, comme celui de Frédéric Mora qui construit, presque seul, ce catamaran de 46 pieds, dédié à la croisière. Plantée entre l’étier du Pouliguen et les marais salants de Guérande, une longue tente tunnel - similaire à une serre - permet de mener ce projet ambitieux. Frédéric Mora construit, en grande partie tout seul, ce multicoque fait de bois et de résine époxy. Ce parcours, qui a débuté après une expérience dans l'agroalimentaire, souligne que la construction d'un catamaran reste une aventure humaine autant que technique.
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