Partir pour un tour du monde en voilier n’est pas une expérience anodine. Surtout lorsqu’on emmène ses quatre enfants dans ce périple de plusieurs années. Si beaucoup en rêve, les familles sont encore frileuses à l’idée de sauter le pas. Mais alors, comment passer du rêve à la réalité ? La vie à bord demande une organisation claire et un bon esprit d’équipe. Il y a dans l’idée de partir vivre en mer avec ses enfants une promesse d’aventure, de liberté retrouvée, de temps enfin partagé. Pas à pas, ce projet peut pourtant devenir une évidence, une trajectoire joyeuse et maîtrisée. Encore faut-il poser les bonnes questions dès le départ, éviter les écueils classiques, et construire un cap qui tienne dans la durée. Quitter la terre ferme pour une parenthèse en mer, c’est bien plus qu’un simple voyage. C’est une aventure de vie, une transition profonde, souvent rêvée, mais toujours exigeante.
Le choix du support : pourquoi le trimaran
Une famille de six, ça prend de la place ! Le choix paraît rapide, mais cela faisait plusieurs mois que nous regardions les alternatives « familles », aux plus traditionnels catamarans. Le Neel 43 s’est révélé être le choix parfait pour cette famille de six. Le fait de pouvoir loger deux co-équipier.e.s supplémentaires était pour nous primordial et rassurant pour les longues traversées pour assurer un quotidien fluide avec nos quatre moussaillons, c’est aussi pourquoi nous avons prévu un espace « co-navigation » sur notre blog. Le projet était lancé, le bateau qui nous semblait le plus adapté à notre agenda et à notre budget… Commandé, le compte à rebours commençait alors. S’enfermer avec nos ados dans un voilier, qui fait au mieux quelques dizaines de mètres carré, serait la dernière chose à faire si l’on écoute « radio ponton ». Pourtant, de nombreuses familles avec trois ou quatre enfants embarqués en Nautitech 40 ou 46 prouvent en ce moment même que l’aventure est à portée d’étrave.
La préparation technique et psychologique
En parallèle nous avons étalé sur 9 mois les formations techniques. Le bateau est livré en juin 2022, il nous faut alors l’éprouver plusieurs jours proche de La Rochelle après une prise en main d’une semaine, attendre quelques pièces de finitions, et probablement re-effectuer un dernier check-up avec Maxime Vedrenne - MV YACHTING notre concessionnaire à La Rochelle qui a été de toutes les attentions et d’une aide incroyable dans le montage du projet. L’indispensable stage survie avant de partir en grande croisière est nécessaire. Nous avons, avec mon mari, fait un stage d’Apprentissage aux Techniques Médicales en Situation d’Isolement. Nous avons appris à suturer, à plâtrer, à comprendre la posologie des médicaments et dans quel cas les utiliser. Les familles y découvriront également des informations utiles sur la vie à bord, la scolarité et la santé pendant un long voyage. Il est judicieux de prévoir des activités adaptées à leur âge : jeux d’eau, petites tâches à bord ou observation de la nature et du trafic maritime permettent de les divertir.
La vie en famille et l’instruction à bord
Outre l’instruction en famille, Audrey qui est Doula avait prévu de travailler depuis le bateau, en visio mais aussi aux escales en préparant des ateliers, des rencontres. Elle vient juste d’ajouter une corde à son arc et finaliser ainsi sa partie bien-être en œuvrant avec un laboratoire d’huiles essentielles : doTERRA. École mais aussi jeux à bord seront au programme de ce tour du monde. « Clairement, nous ne pouvons pas parler aux ados de la même manière qu’à de jeunes enfants. Il faut avoir un discours transparent, il faut les impliquer dans le projet, et tenir compte de leur avis ». Préparer le départ avec eux est la première chose à faire, les faire réfléchir, par exemple sur le temps qu’ils vont pouvoir se libérer pour pratiquer la musique, la vidéo, les arts créatifs, ou le sport. Pour l’école, les enfants sont inscrits au CNED, ils travaillent tous les matins et on fait en sorte de naviguer régulièrement avec d’autres familles afin que les enfants aient des amis. Un élève seul travaille extrêmement vite et mémorise très bien.
Planification de l’itinéraire et météo
Un tour du monde à la voile se résume à une navigation qui essaye de suivre au mieux les vents dominants, et va généralement d’Est en Ouest, en passant par les alizés. La première question qui se pose, outre celle du budget, n’est pas tant où aller, mais quand partir pour ce voyage d’une vie ? Ce qui conduit tout naturellement à un préalable : de combien de temps dispose-t-on ? Un voyage planifié n’est pas immuable, vous pourrez toujours l’adapter en fonction de vos changements. Ce planning a surtout pour but de prévoir vos escales et traversées en fonction des périodes les plus sécuritaires. Il faut éviter la saison des cyclones sévissant sous les tropiques. Jimmy Cornell est considéré comme l’un des spécialistes de la navigation hauturière et des tours du monde en voilier. Ses ouvrages, figurant parmi les meilleures ventes de Nautic Way, synthétisent des décennies d’expérience et des milliers de témoignages de skippers. Les ouvrages de Jimmy Cornell constituent la référence mondiale pour la préparation d’un tour du monde en voilier.
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Gestion du quotidien et autonomie
Sur un bateau on se bat toujours contre la surcharge de poids. Parce que trop de poids fait ralentir le navire et pendant les longues traversées on est bien heureux d’avancer assez vite. On devient chef cuisinier, boulanger et pêcheur. Fabrication du pain au quotidien, brioches, biscuits, gâteaux, pizzas…. L’avantage d’un voyage à la voile, c’est la pêche. Nous avons un beau bateau, ou une jolie caravane diront certains, nous étions autonome sur la fabrication d’eau et d’électricité. Une vraie maison confortable et mobile. La solution de vos galères dépend de vous, alors que dans la vie sociale les galères vous arrivent et vous échappent. Il est donc judicieux de privilégier la vaisselle incassable, avec des assiettes et bols antidérapants, ainsi que des gourdes munies de bouchons anti-fuite. La sécurité reste primordiale : chez nous, dès qu’un enfant quitte le cockpit pendant la navigation, le port du gilet de sauvetage est obligatoire. En dehors de ces moments, j’adapte la règle selon les conditions de mer et le ressenti de l’enfant.
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