Le surf est l'un des 33 sports au programme des Jeux Olympiques de Tokyo. Toutefois, l’art de glisser sur les vagues avec une planche existe depuis plusieurs centaines d’années. Le 3 août 2016, le Comité International Olympique (CIO) a voté l’introduction du surf dans la liste des cinq nouveaux sports figurants aux JO de Tokyo. Plus récemment, le surf moderne a été popularisé par le célèbre nageur et olympien hawaiien Duke Kahanamoku. Il a remporté trois médailles d'or en natation aux Jeux de Stockholm 1912 et d'Anvers 1920 pour les États-Unis.
L'épicentre olympique : Tsurigasaki et la préfecture de Chiba
C’est sur la plage de surf de Tsurigasaki, à environ 100 km du stade olympique de Tokyo, que la discipline a fait ses débuts olympiques. Celle-ci se trouve dans la ville d'Ichinomiya, sur la côte pacifique de la préfecture de Chiba. À moins de 2 h de Tokyo, la préfecture de Chiba est le véritable épicentre du surf japonais. La côte pacifique y capte directement la houle, offrant des vagues relativement constantes tout au long de l’année. Ichinomiya et Tsurigasaki Beach sont devenus des références. Les beach breaks y fonctionnent mieux avec une houle d’est ou de sud-est, et la configuration sableuse permet une certaine variété de pics. L’infrastructure est bien développée : écoles de surf, shops spécialisés, parkings organisés, douches publiques. La densité à l’eau peut être importante, surtout les week-ends, mais le respect des règles de priorité est généralement strict.
Shidashita Beach en Chiba Prefecture a été choisie comme site de compétition en raison de ses vagues renommées et de sa facilité d'accès depuis Tokyo, avec un clubhouse et des vestiaires ouverts au public. La communauté locale est activement impliquée dans la scène du surf, et elle est prête à accueillir les voyageurs venus de loin. D'autres plages acclamées à Chiba incluent Ichinomiya, connue pour ses forts courants, et Onjuku, qui possède l'une des eaux les plus chaudes de la préfecture grâce aux courants venant du sud. Près de la pointe sud de Chiba, vous trouverez Wadaura Beach, qui a acquis la réputation d'être un endroit où les surfeurs expérimentés viennent tester leur courage.
Le visage du surf japonais : Igarashi Kanoa
Igarashi Kanoa est le visage du surf japonais. Né en Californie de parents japonais, il a naturellement représenté le Japon lors des débuts du surf aux Jeux olympiques de Tokyo. Installé à Munich, Leon ne se contente pas de viser une nouvelle qualification olympique : il veut surtout redonner. Sous la lumière des projecteurs depuis ses 11 ans, Kanoa Igarashi a toujours représenté le pays où il est né, les États-Unis. Pourtant, depuis 2018, c’est sous un nouveau drapeau que le jeune homme surfe, celui de son pays d’origine, le Japon. Au cœur de cette double identité fondatrice dans sa carrière comme dans sa vie, un rêve, celui de son père, Tsutomu Igarashi, surfeur de son état qui a choisi, avec sa femme, d’émigrer en Californie pour offrir à leur fils à naître l’opportunité qu’ils n’ont jamais eue, celle de devenir surfeur professionnel.
C’est donc avec un poids particulièrement lourd sur les épaules que le jeune Kanoa a surfé ses premières vagues à seulement 3 ans. Le poids d’une double nationalité avec laquelle il a dû composer, envers et contre tout, vivant à l’américaine à l’école et à la japonaise une fois rentré chez lui, mais aussi et surtout celui du futur de sa famille, dépendant du succès d’une carrière où l’échec ne pouvait tout simplement pas être une option. C’est donc toute sa carrière, et par conséquent la quasi-totalité de sa vie, qui est exposée dans de nombreux courts-métrages, si bien que Kanoa n’est pas étranger à la pression et semble même s’épanouir sous cette dernière.
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En choisissant le drapeau japonais pour sa saison 2018, devenant ainsi le premier japonais, et, par extension, le premier asiatique, sur le CT, c’est désormais à un autre niveau d’attentes que le jeune homme a dû faire face. En 2020, c’est accompagné de deux lieutenants de choix que Kanoa devait prendre d’assaut les jeux Olympiques : Shun Murakami et Hiroto Ohhara. Shun Murakami, 21 ans, originaire de Yugawara, ne brille pas vraiment sur le QS. Hiroto Ohhara, 21 ans également, originaire de Chiba, surfe à Shidashita depuis toujours, ce qui devrait être un avantage de taille pour faire face aux meilleurs surfeurs du monde. Par ailleurs, il réalise une excellente saison 2018, se plaçant à la 38ème place du QS. Si la victoire est déjà un succès en elle-même, elle représente avant tout une première étape pour toute une génération de surfeurs japonais qui n’ont plus qu’un objectif en tête. C’est à cette génération que Kanoa, en abandonnant le drapeau américain, a voulu donner un exemple à suivre.
La géographie du surf au Japon : De Shonan à Okinawa
Le Japon évoque spontanément les temples de Kyoto, les néons de Tokyo ou les neiges d’Hokkaido. Pourtant, avec plus de 29 000 km de côtes, l’archipel est aussi un terrain de jeu remarquable pour les surfeurs. Exposé à la houle du Pacifique, aux dépressions hivernales et aux typhons en fin d’été, le pays bénéficie d’une fenêtre de conditions particulièrement intéressante entre août et novembre.
La côte de Shonan, au sud de Tokyo, constitue l’un des berceaux historiques du surf japonais. Kamakura et Enoshima attirent depuis des décennies une communauté fidèle. Les vagues y sont souvent plus modestes qu’à Chiba, car la baie atténue une partie de la houle. Cela en fait un terrain idéal pour les débutants, les longboarders et les sessions plus techniques dans des conditions propres. Lorsque les typhons s’alignent correctement, la zone peut toutefois produire des vagues plus consistantes. La grande force de Shonan reste son accessibilité. Depuis Tokyo, un simple train permet de rejoindre la plage en moins d’1 h 30.
Sur l’île de Kyushu, Miyazaki est régulièrement citée comme la destination surf la plus fiable du Japon. La région bénéficie d’une exposition idéale aux houles du Pacifique, avec de longues plages orientées sud-est. Les beach breaks y sont puissants, parfois creux, et la qualité des vagues peut rivaliser avec certains spots australiens lors des bonnes conditions. Aoshima figure parmi les lieux emblématiques, avec ses vagues régulières et son cadre spectaculaire dominé par la végétation subtropicale. La Nichinan Coast, qui s'étire sur quelque 90 kilomètres et offre des stacks marins atteignant 70 mètres de hauteur, est l'un des points forts de la région.
Au nord de l’archipel, Hokkaido propose une approche radicalement différente. Ici, le surf s’inscrit dans un environnement sauvage, souvent battu par les vents et marqué par des hivers rigoureux. Les houles issues du Pacifique et de la mer du Japon offrent des vagues puissantes, parfois épaisses, qui demandent un bon niveau technique. En hiver, l’eau descend fortement en température et l’équipement devient déterminant.
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À l’extrême sud, Okinawa offre un tout autre décor. Climat subtropical, eau claire, vagues sur reef : l’atmosphère évoque davantage Hawaï que le Japon continental. Les spots comme Sunabe Seawall fonctionnent principalement lors des houles générées par les typhons. Les vagues y sont souvent rapides, creuses et puissantes. Les fonds coralliens imposent prudence et expérience : ce n’est pas un terrain pour débutants.
Dynamiques mondiales et culture du surf moderne
Traditionnellement, les États-Unis et l’Australie ont été les moteurs incontestés du surf professionnel masculin. Mais en 2014, Gabriel Medina est entré dans l'histoire en devenant le premier Brésilien à remporter le titre WSL. Depuis, trois des cinq derniers champions du monde masculins sont Brésiliens. C’est en effet grâce à Jordy Smith que le Brésil est aujourd'hui une véritable puissance du surf : il a ouvert la voie aux meilleurs surfeurs de compétition brésiliens actuels, Gabriel Medina, Italo Ferreira et Filipe Toledo. Italo, Gabriel et plus récemment Filipe l'ont remercié pour son travail préparatoire en se partageant six des sept derniers titres mondiaux.
Kelly Slater est considéré comme le plus grand surfeur de tous les temps, une véritable icône du sport. À 53 ans, il reste encore actif sur le circuit WSL. Depuis 2018, "Slats", qui a atteint les sphères de légendes telles que Michael Jordan ou Roger Federer, possède même sa propre vague artificielle : la Surf Ranch. John John Florence, quant à lui, est un talent générationnel, notamment grâce à sa maîtrise exceptionnelle de Pipeline. Après une résurrection sportive, il a décroché son troisième titre mondial en 2024. Stephanie Gilmore, sept fois championne du monde, est l'une des surfeuses professionnelles les plus décorées de tous les temps. Avec un mélange d'aisance, de contrôle constant et de style sans précédent, elle a remporté huit titres mondiaux jusqu'en 2022.
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