Guide complet pour devenir moniteur de plongée sous-marine : De la passion à la profession

La plongée sous-marine est une discipline qui suscite des vocations. On ne va pas se mentir, un grand nombre de passionnés de plongée ont envie de devenir moniteur ou monitrice de plongée. En tant que monitrice passionnée, ambassadrice DAN et photographe sous-marin, j’ai pu observer au fil des années, depuis la création de mon blog en 2017, une myriade de motivations chez ceux qui souhaitent franchir le pas. Il est essentiel de comprendre ce qui pousse réellement une personne vers cet engagement, car le métier de moniteur est bien plus qu'une simple extension de ses compétences de plongeur amateur.

Les motivations réelles derrière le choix de devenir moniteur

La première motivation est parfois diffuse : ce n’est presque pas une motivation, mais voilà, la personne se laisse embarquer dans l’aventure. Il est fréquent de rencontrer des plongeurs ayant une vision erronée de la fonction. Je me souviens d’un ami qui me disait que moi j’étais une super plongeuse parce que j’étais monitrice. Mais pas du tout en fait. Le moniteur n’est pas un supra plongeur. D’un côté, on acquiert des compétences pour plonger, mais de l’autre, on développe des compétences pour transmettre. Les personnes qui envisagent de devenir moniteurs de plongée pour la simple raison d’être « des super plongeurs » vont bien souvent se contenter de se former et n’enseigneront pas ou peu.

Il existe également une motivation liée à la reconnaissance. J’en avais parlé dans l’article sur les moniteurs de plongée dans l’associatif, mais il existe des plongeurs qui veulent devenir moniteurs de plongée pour obtenir une reconnaissance, un statut social. Enfin, la dernière motivation est celle de vouloir allier passion et métier. Oublier le boulot-métro-dodo et pouvoir plonger en guise de job reste un moteur puissant. Cependant, n’oubliez jamais que pour vos élèves, vous allez être une référence, une personne qui va imprégner durablement leur manière positive ou négative d’appréhender le milieu sous-marin. C’est votre responsabilité de donner le meilleur de vous-même et de continuer vous aussi à apprendre et à vous remettre en question.

Les piliers de la formation : compétences et responsabilités

Devenir moniteur de plongée demande d’avoir un minimum d’expérience et une compréhension approfondie des techniques de plongée et des procédures de sécurité. Il faut dire qu’en tant que moniteur de plongée vous aurez la responsabilité d’autres personnes dans un milieu qui n’est pas le nôtre. Dans certains cursus, vous suivrez de nombreux cours théoriques sur la physique de la plongée, la physiologie… À mon sens, cette partie est peu intéressante, bien que nécessaire. Vous aurez forcément une partie consacrée à la gestion de groupe. Évidemment, la partie la plus importante devra être consacrée à la pédagogie.

D’un côté pratique, vous devrez prouver que vous êtes non seulement capables de dispenser des cours théoriques complets, justes (on n’enseigne pas des erreurs !) et de préférence attrayants, mais également des sessions pratiques complètes et sécurisées. Pourtant, je suis convaincue que tout le monde peut y arriver, à condition de s'en donner les moyens.

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État des lieux des filières de formation

Il existe plusieurs chemins pour accéder à l'enseignement de la plongée. D’un côté, il y a les filières associatives qui veulent promouvoir l’activité dans leur pays. C’est le cas de la FFESSM ou la FSGT en France. Chacune organise ses formations de manières personnelles avec ses propres règles. Sauf en France car il faut en plus se conformer au Code du Sport. Ces filières de formation sont profondément ancrées dans l’esprit associatif. Cela dans le but d’encourager les gens en la rendant la plus accessible possible. Juste qu’on va parler de clients (et non de membres) et qu’on va facturer (et non pas demander une cotisation).

En effet, pour devenir moniteur de plongée professionnel et pouvoir exercer contre rémunération en France, il vous faudra obligatoirement passer par la case Brevet d’État. Il s’agit d’un cursus officiel, rigoureux, long et coûteux organisé par des établissements publics, les CREPS. Chaque organisme ou fédération va avoir ses avantages et inconvénients. PADI est reconnu pour la modernité de son enseignement, mais avec une certaine rigueur (ou rigidité) dans l’approche qui ne laisse que peu de place à la liberté pédagogique. On peut dire que bien qu’ils ne puissent pas développer des méthodes originales, les moniteurs auront néanmoins au moins dû satisfaire à des critères minimums. NAUI ou PTRD respectent des méthodologies préconisées, mais laissent, tout comme dans les structures associatives, une grande marge à la liberté pédagogique. Dans les filières associatives, on peut très clairement trouver tout et son contraire. Vous allez donc naturellement aller soit vers les filières où vous avez passé vos niveaux de plongeur ou plongeuse, soit vers un organisme qui a un fonctionnement qui vous convient.

Aspects financiers et logistiques du cursus

Le prix sera dépendant de la filière que vous choisissez. Dans le commercial, les frais peuvent être divisés en différentes parties : le kit formation (avec les supports pédagogiques), la formation en elle-même et les frais d’examen et de certification. Cela peut aller de quelques centaines d’euros à plusieurs milliers (souvent entre 2000 et 3000€) selon les filières de formation. Pour le DEJEPS, les prix sont bien plus élevés. Il vous en coûtera entre 6000 et 10.000€. La formation s’étale sur un an et peut faire l’objet de subvention. Il est important de choisir un centre de formation reconnu et de vérifier les conditions d’accès à la formation. Mais ne vous attendez pas à gagner « des mille et des cent ». Cependant, de nombreux moniteurs compensent cela en travaillant dans différentes régions du monde au fil des saisons. Ceux d’entre vous qui veulent vivre bien de ce métier ont tout intérêt à se spécialiser, trouver un créneau exclusif ou parler plusieurs langues. Les structures locales peuvent offrir des opportunités d’emploi intéressantes.

Le cadre réglementaire français : les diplômes d'État

Pour l'exercice rémunéré de la plongée en France, un moniteur de plongée doit obligatoirement être titulaire d'un diplôme d'État d'éducateur sportif. Plusieurs niveaux existent :

  • BPJEPS éducateur sportif mention plongée subaquatique (niveau bac) : Pour devenir animateur dans une association, une entreprise ou une collectivité territoriale. Sous l’autorité d’un moniteur de niveau supérieur auprès duquel il travaille, le moniteur de plongée titulaire du BPJEPS initie, encadre, accompagne, assure la sécurité et contribue à la formation des plongeurs en scaphandre à l’air ou au nitrox de 0 à 40 mètres. Pour accéder à la formation, le candidat doit justifier d'un niveau de pratique (PA-40 et 50 plongées minimum), passer un test pratique et théorique préalable (apnée jusqu'à 10 mètres de profondeur, sauvetage à moins de 20 mètres de profondeur, immersion en palanquée à moins de 40 mètres de profondeur, test écrit sur les connaissances), disposer du PSC1. La formation dure entre 3 et 4 mois (coût : 10 000 €).
  • DEJEPS spécialité perfectionnement sportif mention activités de plongée subaquatique (niveau bac + 2) : Pour l'exercice du métier de coordinateur ou d'entraîneur.
  • DESJEPS spécialité performance sportive mention plongée subaquatique (niveau bac + 3) : Pour être directeur de projet, directeur de structure ou directeur sportif.

Le salaire du moniteur de plongée dépend de son niveau. Pour un moniteur détenteur de BPJEPS, il avoisine le SMIC. Pour un moniteur titulaire du DEJEPS, le niveau de rémunération est légèrement supérieur (environ 1600 €).

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Modalités des épreuves certificatives

Les épreuves certificatives sont évaluées dans les conditions prévues à l’article A. 212-26 du code du sport. Le diplôme est obtenu par capitalisation de plusieurs Unités Capitalisables (UC). Ces UC sont acquises à vie et peuvent s’obtenir indépendamment les unes des autres. Au regard de sa situation personnelle ou de son projet professionnel, un stagiaire peut ainsi décider de s’inscrire en formation pour suivre tout ou partie du cursus.

Épreuves des UC1 et UC2

La situation d'évaluation certificative des Unités Capitalisables transversales (UC1 « concevoir un projet d’action » et UC2 « coordonner la mise en œuvre d’un projet d’action ») est réalisée au moyen d'un document écrit personnel et d'une soutenance orale suivie d'un entretien. Le candidat transmet un document écrit personnel de vingt pages analysant une expérience de conception et de coordination de programmes de perfectionnement sportif. Ce document fait l'objet d'une soutenance orale de 20 minutes maximum suivie d'un entretien de 40 minutes permettant de vérifier l'acquisition des compétences.

Épreuve conjointe UC3 et UC4

L'épreuve se compose d'une mise en situation professionnelle d'encadrement durant laquelle le candidat construit et conduit en immersion une séance d'enseignement à destination de pratiquants (baptême, formation 0-40 mètres). Le candidat prépare sa séance en 30 minutes, puis gère l'accueil, la conduite en immersion et le bilan. Cette séance est suivie d'un entretien de 30 minutes portant sur l'analyse et la justification de ses choix pédagogiques, organisationnels et sécuritaires.

Épreuve de l'UC3

Elle porte sur la formation théorique. Le candidat construit et conduit en salle une séance d'enseignement à destination de pratiquants. Il dispose de 30 minutes de préparation et 30 minutes d'exposé. Une épreuve écrite d'une heure trente complète cette évaluation, portant sur la maîtrise des connaissances de la pratique en plongée et les stratégies d'entraînement.

Épreuve de l'UC4

Cette épreuve comprend deux volets :

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  1. Assistance à un pratiquant en difficulté : Le candidat doit effectuer 200 mètres en PMT, chercher un mannequin immergé à 10 mètres, le remonter et le remorquer sur 100 mètres en moins de 5 minutes.
  2. Direction de plongée : Le candidat assure les choix de direction de plongée à l'air et au nitrox en milieu naturel pour plusieurs palanquées. Cela permet d'évaluer sa capacité à prendre des dispositions sécuritaires et à composer les palanquées. L'épreuve est suivie d'un entretien de 20 minutes.

Qualités et posture du moniteur professionnel

Souvent, le premier moniteur est un peu vu comme un « Dieu vivant ». N’en abusez pas et au contraire, profitez de ce statut pour donner le meilleur de vous-même et devenir ces types de moniteurs adorés des élèves. Pour réussir, soyez :

  • Pédagogique : Les gens devant vous sont là pour apprendre la plongée, trouvez les moyens de les amener à atteindre leurs objectifs, pas les vôtres. N’oubliez pas que vous avez peut-être en face de vous une personne ultra formée et qualifiée dans un domaine que vous pourriez être amené à parcourir ; restez humbles.
  • Cohérent : Faites ce que vous dites. La plongée sous-marine est une activité qui doit être pratiquée dans le respect de l’environnement. Même si tout n’est pas parfait, sensibilisez les élèves à la protection des écosystèmes marins.

Dans le métier de moniteur de plongée, tout n’est pas rose. Vous serez confronté à des situations variées et parfois imprévues. Au final, vous serez surtout témoin de moments magiques, comme la première plongée d’un élève et les yeux des participants qui brillent en sortant de l’eau.

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