Guide complet : fonctionnement, entretien et maîtrise technique des détendeurs de plongée

Le détendeur de plongée est, littéralement, la ligne de vie entre vous et votre réserve d’air pendant la plongée. C’est l’élément le plus important de votre équipement car il se connecte à la bouteille de plongée (aussi appelé bloc de plongée) et vous permet de respirer l’air comprimé à l’intérieur du bloc. La plongée sous-marine demande essentiellement de pouvoir rester longtemps sous l’eau et à des profondeurs variables. Vous aurez pour cela évidemment besoin de beaucoup d’air respirable. Ainsi, la seule façon d’apporter plus d’air sous l’eau est de le comprimer à l’intérieur des bouteilles de plongée. C’est là qu’interviennent les détendeurs de plongée.

Depuis l’Antiquité, l’homme rêve de respirer sous l’eau. Au XIXe siècle, des ingénieurs comme Rouquayrol et Denayrouze développent un détendeur d'air comprimé pour les scaphandriers. Sans lui, la plongée ne serait pas possible. Il protège les poumons du plongeur en évitant une arrivée d’air à trop haute pression. De plus, il permet de respirer, peu importe la profondeur (selon le type de détendeur).

Anatomie et fonctionnement du détendeur

Un détendeur de plongée est composé de 3 pièces principales :

  • 1er étage : c'est la partie qui est connectée au robinet de la bouteille de plongée.
  • 2ème étage : c'est la partie qui arrive dans la bouche du plongeur par l'intermédiaire d'un embout buccal.
  • Flexible MP : c'est le flexible qui relie le 1er étage au 2ème étage.

Sur les détendeurs à membrane non compensés, la moyenne pression (MP) diminue à mesure que la pression dans la bouteille baisse. Cela rend le détendeur moins souple en fin de plongée, réduisant ainsi le confort respiratoire. Ce phénomène s'accentue avec la profondeur, ce qui limite l'utilisation de ce type de détendeur à une profondeur maximale d'environ 20 mètres. Les détendeurs à membrane compensée, qu’il s’agisse du premier ou du deuxième étage, assurent un fonctionnement stable, quelle que soit la profondeur ou la pression restante dans le bloc. Cette constance de performance explique un coût d’achat et d’entretien plus élevé. Ces détendeurs sont particulièrement adaptés aux plongées au-delà de 20 mètres. Le détendeur compense automatiquement les variations de pression dans le bloc.

Gardez en tête les points suivants dans le choix d’un détendeur de plongée. Le premier, le détendeur à piston, plus simple d’utilisation, est recommandé pour les écoles de plongée, les centres de plongée et l’initiation. La différence entre un premier étage à piston et un premier étage à membrane est essentiellement dans leur fonctionnement. Les premiers étages à membrane isolent une partie inférieure de l’eau, ce qui réduit la corrosion interne et l’accumulation de contaminants. On peut avoir un même résultat avec un premier étage à piston en plaçant au préalable un dispositif d’isolation environnemental.

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Systèmes de connexion : DIN contre Étrier

Il existe différents systèmes de connexion d’un détendeur de plongée. Un détendeur monté en étrier (ou INT) est le modèle le plus commun. Le système à étrier est sûrement le plus rapide à visser et dévisser. Sur ce système, le joint est sur la robinetterie du bloc, vous n’êtes pas responsable de son entretien. De par leur conception, les systèmes détendeurs à étrier ont une connexion moins précise que les systèmes DIN (cela peut se traduire par de petites fuites d’eau). Pour finir, la vis de serrage est imposante à l’arrière ce qui le rend sensible aux chocs et augmente le risque de faire sauter le détendeur.

Un détendeur monté en DIN se compose d’un pas de vis qui vient se fixer directement sur la robinetterie. Si la tête de robinetterie reçoit un choc, il est possible que vous ne puissiez pas monter votre détendeur et enlever l’opercule. Le détendeur équipé d’un raccord DIN se fixe directement sur la robinetterie du bloc grâce à un pas de vis. L’étanchéité est assurée par un joint torique sur le détendeur qui fait étanchéité au niveau du robinet. En cas de choc endommageant la tête de robinetterie, il peut devenir difficile, voire impossible, de retirer l’opercule et d’installer le détendeur. Le système DIN est plus léger et offre une meilleure étanchéité que le système à étrier, avec moins de risques de fuite. Il peut supporter une pression de service allant jusqu’à 300 bars, à condition d’utiliser un détendeur compatible DIN 300 bars.

Spécificités : Nitrox et protection thermique

Le terme « Nitrox » est issu de la contraction de NITRogen (azote en anglais) et OXygen. Ainsi, lorsque vous plongez au Nitrox, l’air est enrichi en oxygène (O2) et donc appauvri en azote (N2). Si vous souhaitez réaliser des plongées au Nitrox, l’achat d’un détendeur nitrox remplissant cette fonction, se révèle indispensable. Les détendeurs nitrox sont adaptés à l’usage de mélanges sur-oxygénés et sont fabriqués afin de vous garantir une sécurité maximale. Les détendeurs Nitrox sont facilement reconnaissables de par leur couleur verte.

Les détendeurs de plongée avec un dispositif “anti givre” possèdent plusieurs avantages. En mer tropicale, un détendeur anti-givre ne sera pas nécessaire. En mer tempérée, les températures ne descendent pas généralement à moins de 12°.

Maîtrise et entretien des flexibles

S'il y a une pièce de l'équipement de plongée que tout plongeur possède c'est bien le flexible. Mais il faut se l'avouer, le flexible en plongée passionne peu de monde. Pourtant c'est une pièce essentielle de votre équipement de plongée. En cas de rupture, ce même flexible pourrait vous causer de sérieux problèmes et en cas d'usure, il dégraderait les performances de votre détendeur.

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Globalement on peut distinguer 3 types de flexibles :

  1. Les flexibles détendeur ou flexibles MP (pour Moyenne Pression) : ils servent à relier le 2ème étage au 1er étage. Ils véhiculent la moyenne pression venant du 1er étage, qui est environ de 8 à 10 bar. Généralement, ils sont conçus pour résister à 35 bar de pression.
  2. Les flexibles manomètre ou flexibles HP (pour Haute Pression) : ils servent à relier le manomètre au 1er étage. Ils véhiculent la haute pression venant du 1er étage, qui est celle présente dans la bouteille de plongée. Généralement, les flexibles HP sont conçus pour résister à de très fortes pressions (1250 bar).
  3. Les flexibles inflateur, appelés aussi flexibles DS (pour Direct System) : ils servent à relier l'inflateur de votre gilet au 1er étage du détendeur. Ils véhiculent la moyenne pression venant du 1er étage et sont également conçus pour résister à 35 bar de pression.

Pour identifier les différents types, observez les connexions. Les ports MP ont un diamètre de pas de vis différent des ports HP. En plongée, toutes ces connections ont été conçues dans le système impérial (pouce et UNF). Pour la moyenne pression, la majorité des 1ers étages ont des ports en 3/8 UNF (9,53mm). Pour les ports haute pression, ils sont en 7/16 UNF (11,11mm). Pour visser les flexibles sur le 1er étage, généralement vous aurez besoin d’une clé plate en 9/16ème de pouce. Attention de ne pas serrer trop fort au risque d’abîmer le 1er étage en laiton chromé.

Concernant la connexion au 2ème étage, sur la grande majorité des détendeurs, c'est une connexion femelle en 9/16 UNF. Pour assurer l'étanchéité, il y a une partie cylindrique mâle à l'intérieur dotée d'un joint torique qu'il convient de graisser légèrement à l'assemblage. Attention à l'utilisation des coudes et des rotules adaptables sur la connexion flexible / 2ème étage : ces adaptateurs peuvent faire chuter les performances de vos détendeurs de façon drastique.

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