Maîtriser le Décollage en Kitesurf : Un Guide Essentiel pour la Sécurité et la Performance, Applicable du Grand Port d'Aix-les-Bains aux Spots du Monde Entier

Il arrive parfois, même aux plus expérimentés, de se retrouver dans une situation délicate sur l'eau. Imaginez : vous tirez tranquillement un bord, la sensation de traction dans votre harnais est constante, puis elle se fait de plus en plus faible. Instinctivement, vous commencez alors à faire faire des huit à votre aile pour tenter de générer assez de puissance et regagner le rivage. Mais celle-ci, malgré tous vos efforts, commence alors à présenter quelques signes de faiblesse et finit fatalement par décrocher totalement pour se poser doucement sur le bord d’attaque, face à vous. Pour ne pas avoir à rentrer à la nage, comme il est crucial de savoir redécoller une aile de kitesurf, en particulier dans des conditions de vent léger, cet article se propose de détailler les techniques fondamentales, enrichies par les explications de Pierre, moniteur de kite au Brésil, et d'autres professionnels reconnus. Si vous êtes débutant et que les explications glanées ici ou là sur le Net - invariablement accompagnées d'un schéma sur une portion de sphère pleine d'axes, de repères, de flèches, etc. - vous laissent coi, cet article est fait pour vous. Il s'adresse également aux pratiquants désireux de perfectionner leur maîtrise du décollage, un moment clé où le pilote est le plus vulnérable, quelles que soient les conditions, qu'elles soient celles du Grand Port d'Aix-les-Bains ou de tout autre spot.

L'opération de décollage est ici illustrée et expliquée de manière à vous amener, en douceur, aux concepts essentiels de bord de fenêtre et de zones de puissance. Cet article ne fait que décrire les fondamentaux requis pour une première approche théorique et pratique du pilotage, en insistant sur les bonnes pratiques et les impératifs de sécurité.

Les Fondamentaux Théoriques du Décollage : Comprendre la Fenêtre de Vol

Pour décoller une aile de kitesurf en toute sécurité et avec efficacité, une compréhension solide des principes de base est indispensable. Le kitesurf, bien que procurant un fort sentiment de liberté, exige une rigueur particulière, notamment lors des phases critiques que sont le décollage et l'atterrissage.

Positionnement Initial de l'Aile au Sol et Pré-Vérifications

Avant même de songer au décollage, l'aile doit être correctement positionnée et sécurisée au sol. Posé au sol, le kite s'inscrit idéalement dans un rectangle. Pour mettre le kite en sécurité, il faut orienter ce rectangle de façon à ce qu'il soit perpendiculaire à l'axe du vent. L'extrados du kite doit donc faire face au vent. Pour éviter qu'il ne s'envole inopinément, il est crucial de lester le kite avec un sac de sable ou un autre poids adapté.

Une fois l'aile au sol et sécurisée, le pilote doit procéder à la vérification minutieuse de son équipement. Cette vérification consiste notamment à s'assurer que les lignes sont claires, c'est-à-dire correctement connectées sans croisement ni emmêlement. Il est primordial que les quatre lignes soient bien connectées, en particulier les arrières qui seront les lignes de pilotage. Si vous inversez une ligne avant, l'aile vole tout de même correctement, mais un croisement ou un emmêlement des lignes arrières peut rendre le pilotage imprécis, voire dangereux.

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Un autre point crucial concerne l'ajustement de la barre. Sur la barre de gauche, la ligne de sécurité connectée au harnais est fixée au-dessus du trim à une pièce métallique qui réunit les deux fils avant sur un seul point. Il est recommandé de réduire la longueur des lignes avant avec le trim central ou de rallonger les arrières sur les barres qui se règlent sur les lignes arrières. Cela permettra à la fois de pouvoir choquer l'aile et de la faire monter progressivement. En effet, dans la phase de décollage, il n'est pas toujours facile de la choquer car les bras peuvent être très tendus. Si l'on a oublié de choquer l'aile par le trim, des avants trop longs induiront le risque de tirer malgré soi sur une ligne arrière, ce qui peut faire traverser l'aile en zone de surpuissance avec le risque évident de se faire catapulter. Pour les kitesurfeurs engagés qui pratiquent le handlepass en freestyle ou naviguent déhookés, certains fabricants de barre proposent un mode dit « suicide » où le largueur est bloqué, ce qui accentue encore l'importance d'une préparation minutieuse et d'une conscience des risques.

Positionnement du Pilote et Notion de Bord de Fenêtre

Le positionnement du pilote est une étape déterminante pour un décollage en toute sécurité, qu'il soit assisté ou en solo. Le pilote doit impérativement se positionner sur l'un des côtés du kite (face à une oreille), dans la zone matérialisée par le rectangle jaune, perpendiculaire à l'axe du vent. Lorsque le pilote récupère sa barre (après le gréage ou après une pause pour repartir à l'eau), il est rare qu'elle se trouve à l'endroit idéal pour décoller. Le pilote doit alors rejoindre une des extrémités de la zone en jaune, sa barre en main.

L'ajustement de la position du pilote est une manœuvre essentielle pour que ses lignes soient à la perpendiculaire de l'axe du vent. Ce qui permet d'introduire deux notions importantes : « au vent » et « sous le vent ». Chacun de ces deux termes décrit une zone définie par rapport à la position d'un point, d'un objet ou d'un individu donné. S'il s'agit du pilote d'un kite dont le vent souffle dans le dos, la zone derrière le pilote est "au vent", tandis que la zone devant le pilote est "sous le vent". En regardant dans le sens de l'écoulement du vent, "au vent" se dit de tout objet A qui est situé avant un objet B, et "sous le vent" se dit de tout objet A qui est situé après un objet B. C'est toujours le pilote qui bouge ; l'assistant ne fait que tenir l'aile, si un assistant est présent. Quand le pilote est à la bonne position, c'est-à-dire que la droite qui passe par le kite et le pilote est perpendiculaire à l'axe du vent, on dit alors que son kite est positionné en bord de fenêtre.

Si le pilote sort de la bande jaune (à droite ou à gauche), le kite va s'incliner d'un côté ou de l'autre, indiquant ainsi au pilote que sa position est mauvaise. Si le pilote est trop à gauche par rapport au kite, on peut dire qu'il est au vent du kite à cause de sa position avancée dans le vent. Dans ce cas, il doit rectifier sa position en se déplaçant vers la droite. Le kite a alors tendance à avancer de lui-même vers la bonne position, correspondant au bord de fenêtre (BDF2) du kiteur. Le pilote ne doit pas obliger l'assistant à se replacer vers l'axe BDF2 ; c'est comme si on demandait aux passagers d'un avion de pousser l'appareil vers la piste d'envol. C'est au pilote de faire cette opération, car c'est lui qui est aux commandes et qui est censé avoir les compétences requises. Dans cette situation, le kite peut parfois exercer une pression sur l'assistant difficile à contenir.

Inversement, si le pilote est trop à droite par rapport au kite, on peut dire qu'il est sous le vent du kite à cause de sa position reculée dans le vent. Il doit alors rectifier sa position en se déplaçant vers la gauche. Le kite a tendance à reculer de lui-même vers la bonne position (BDF2). Comme précédemment, le pilote doit rejoindre le bord de fenêtre qui correspond à la position de l'assistant. Quand on débute, la position idéale n'est pas toujours évidente à trouver. L'aile est un bon indicateur : si l'oreille supérieure penche trop à droite ou à gauche, c'est mauvais signe. Dans la pratique, si votre aile ne faseye pas - c'est-à-dire si la toile ne flotte pas au vent (et qu'au contraire elle est bien tendue) - et que vous avez un peu de tension dans vos lignes, vous pouvez envisager le décollage.

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La Fenêtre de Vol et les Zones de Puissance

Le kite étant relié par les lignes à un point central qui est le pilote, il peut naturellement évoluer, non pas seulement dans un arc de cercle, mais dans tout un quart de sphère situé devant le pilote, appelé la fenêtre de vol ou fenêtre de vent. Pour celles et ceux qui n’en ont toutefois jamais entendu parler, il s’agit du quart de sphère dans laquelle évolue votre aile de kitesurf (Zenith, bord de fenêtre, pleine fenêtre, etc…). Le contour de ce quart de sphère est le bord de fenêtre, lui-même composé de deux demi-fenêtres : la demi-fenêtre bâbord (gauche) et la demi-fenêtre tribord (droite). Sur le kite, on peut définir un point imaginaire situé à l'avant, sur le centre du boudin (souvent matérialisé en jaune sur les schémas). Ce point nous permet de matérialiser la trajectoire du kite dans l'espace. Le Spi est le nom donné à l'ensemble de la toile tendue entre les éléments de structure gonflables.

Lors de l'élévation du kite (au cours du décollage), le point imaginaire va tangenter un plan vertical perpendiculaire à l'axe du vent, aussi appelé le bord de fenêtre. Lorsque le kite se trouve à la verticale, on dit qu'il est au zénith. Il est crucial d'éviter de rester l'aile au zénith car, par vent consistant, cette position peut se révéler très dangereuse, l'aile pouvant générer une forte traction si le vent prend de la force ou en cas de rafale. Le bord de fenêtre décrit un arc de cercle dont le centre est le kiteur ; il part du sol, passe par le zénith (le kite est à la verticale) et rejoint le sol, de l'autre côté. C'est précisément la zone où la puissance exercée par le kite est la plus faible. C'est pourquoi on utilise systématiquement cette zone pour décoller ou atterrir un kite. Le bord de fenêtre peut être considéré comme un demi cadran d'horloge où le zénith est à 12h. Cette notation en cadran horaire est utile pour nommer la position du kite.

Plus le kite va au fond de la zone de puissance, plus il se charge en énergie, car c'est là qu'il reçoit la plus grande quantité de vent. On distingue généralement trois zones de puissance au sein de la fenêtre de vol : faible (située près du bord de fenêtre), moyenne et forte (cœur de fenêtre). En traversant ces zones, l'aile augmente sa vitesse de vol et accroît sa traction de manière significative. Décoller un kite situé hors de la zone de faible puissance, c'est-à-dire dans la zone de puissance moyenne ou forte, c'est s'exposer à un accident grave. Tout ce qui est valable pour le décollage l'est aussi pour l'atterrissage. Ces deux opérations doivent s'effectuer impérativement avec le kite en bord de fenêtre. Les phases de décollage et d'atterrissage sont des périodes critiques qu'il est nécessaire de réaliser avec concentration. C'est le moment où le pilote est le plus vulnérable à cause des obstacles potentiels environnants, ou d'une perte de contrôle soudaine.

La Technique de Décollage Assisté : Une Procédure Détaillée

Le décollage assisté est la méthode la plus courante et la plus sécuritaire pour apprendre à manier son aile. Elle nécessite une coordination parfaite et une communication claire entre le pilote et son assistant.

Phase 1 : Préparation et Communication avec l'Assistant

La réussite d'un décollage assisté repose en grande partie sur la qualité du briefing et de la communication avec la personne qui vous aide. Je favorise un vent léger de moins de 10/12 nœuds pour garder un temps suffisant pour réagir correctement en cas d'incident. De plus, je me fais assister par quelqu’un d’expérimenté qui maîtrise déjà la technique de décollage d’une aile à boudins en tant que pilote. Un débutant qui tâtonne avec un assistant qui tâtonne lui aussi, ça peut mal finir et est une situation à éviter absolument.

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Un briefing assistant est indispensable : j'explique à l'assistant que le signe que je ferai pour lui demander de lâcher l'aile sera de lever mon pouce (c'est le signe normalisé). Il ne doit à aucun moment me tourner le dos et doit me garder dans sa ligne de mire. Je lui explique également que je ferai une croix avec mes mains signifiant qu'il faut reposer l'aile si je détecte un problème à régler que je n'avais pas vu avant que les fils soient tendus. Je lui explique aussi qu'en cas de doute de son côté, ce n'est pas la peine de parler ou crier car je risque de mal le comprendre (à cause du vent et de la distance !) et cela pourrait créer un incident ou un accident. Pour éviter toute ambiguïté, s'il voit un problème que je n'ai pas détecté, il devra poser la voile et la sécuriser pour que je vienne jusqu'à lui et échanger sur le problème et clarifier la situation avant de repartir à la barre. Si j'insiste pour qu'il décolle et qu'il a un doute, je lui explique que c'est lui qui aura toute autorité pour ne pas lâcher l'aile. Un lâcher qui risquerait de mettre le pilote ou son entourage en danger en cas de décollage non conforme serait inacceptable.

L'assistant, de son côté, attrape l'aile par le boudin et la redresse pour la poser sur une oreille, la présentant verticalement pour le décollage. Il la maintient avec une main derrière le boudin et une autre main qui maintient fermement une bride au niveau du bord d'attaque. Maintenir l'aile uniquement par l'intérieur du boudin, c'est s'exposer à laisser échapper l'aile, une erreur potentiellement dangereuse. La plus grande vigilance est recommandée car vous ne maîtrisez pas toujours le comportement de l'assistant (il peut chuter et lâcher le kite par exemple).

Phase 2 : Le Mouvement du Pilote et l'Ascension de l'Aile

Une fois la communication établie et l'aile en position d'attente, le pilote peut initier le mouvement. Le pilote tend les lignes de sa barre et procède à leur vérification avant de se hooker. Puis, il doit rejoindre une zone de décollage choisie, si possible la plus éloignée des obstacles, ce qui lui permettra de se déplacer et de trouver son bord de fenêtre avec aisance. Je choisis un endroit qui me permettra de déplacer la barre pour me retrouver au bord de l'eau, donc le plus éloigné possible des obstacles.

Le pilote décrit une courbe dont l'axe de rotation est l'assistant pendant qu'il maintient une traction modérée sur les lignes. Il conserve une légère tension pendant tout son déplacement, sinon il lui sera impossible de repérer l'angle correct où il va s'arrêter et faire le signe conventionnel à son assistant pour qu'il lâche l'aile. Le pilote ralentit et regarde avec attention le fasseyement du spi de sa voile environ 50 cm derrière le bord d'attaque. Il constate que cette partie de l'aile n'est pas encore en tension (ou « gonflée »). C'est en continuant de se déplacer lentement que le profil de la voile va se tendre et se gonfler progressivement.

Attention : si le vent est trop léger (disons sous les 10 nœuds), il faudra se déplacer de 10° supplémentaires pour que l'aile puisse prendre un peu d'élan et ne pas décrocher, compensant ainsi le manque de puissance.

Au moment opportun, le pilote fait le signe "pouce haut" à son assistant. Pendant cette manœuvre, ma main gauche sur la barre exerce une légère tension sur la ligne arrière gauche, et ma main droite libre me permet de faire le signe "pouce haut" à mon assistant qui va libérer la voile. Ma main droite peut alors aller rejoindre la barre. La voile va monter doucement par le bord de fenêtre. Attention : il ne faut pas trop tirer la ligne arrière gauche responsable de l'ascension pour éviter que la voile ne traverse la fenêtre en traversant la zone de puissance. Il faut y aller avec finesse. Il sera nécessaire de relâcher progressivement la tension dans la ligne arrière gauche au fur et à mesure que l'aile va progresser dans son ascension en bord de fenêtre. Normalement cette phase cruciale est travaillée en école de kitesurf.

Évolution des Techniques de Décollage Assisté

Il est intéressant de noter l'évolution des techniques au fil du temps. Dans les premières années du kite, les écoles enseignaient la technique du décollage avec les lignes posées au vent de l'aile. Cependant, l'image 8, souvent utilisée pour illustrer cette méthode, montre la difficulté principale liée à cette technique de décollage "sous le vent". Le pilote n’ayant pas réussi à identifier l’angle de décollage correct, lorsqu’il met les lignes en tension, la voile se met violemment en mouvement et l’assistant s’agrippe à la voile afin de ne pas la laisser partir en pleine fenêtre. Sauf que le levier auquel l’assistant essaie de résister est considérable et qu’il risque bien de lâcher l’aile ou de tomber et de se blesser. C'est pourquoi il est crucial de porter le message pour inciter les pratiquants à changer de technique en leur expliquant comment se fait la mise en place selon des méthodes plus sécuritaires et éprouvées. La méthode proposée ici contient beaucoup de redondances, et ces redondances permettent de doubler la quasi-totalité des étapes de la procédure de la préparation et du décollage, renforçant ainsi la sécurité globale.

Les Risques Associés au Décollage et à l'Atterrissage du Kitesurf

Les phases de décollage et d'atterrissage sont des moments critiques en kitesurf, où les risques d'incidents, voire d'accidents graves, sont les plus élevés. Il est impératif d'en avoir pleinement conscience et de prendre toutes les précautions nécessaires.

Risques Liés au Matériel et à l'Environnement

Au moment où elle ripe sur le sol, l'aile peut rencontrer un coquillage ou un caillou un peu coupant. En version "light", le dacron du bord d'attaque est juste entaillé. En version "sévère", en plus du dacron, le boudin principal en latex pousse un énorme "Pchiiiiiiit" de soulagement. Le coût de la réparation du dacron chez un voilier peut varier entre 50 et 120€, sans compter l'immobilisation du matériel. Vérifiez toujours votre matériel avant chaque mise à l'eau. Une ligne qui casse, un chicken loop qui s'ouvre ou une aile qui se dégonfle, ça arrive. Si vous êtes seul sur le spot, cela peut cependant rapidement se transformer en drame. La vérification méticuleuse de l'état des lignes, de la barre, du harnais et de l'aile est une habitude non négociable.

Risques Liés à l'Erreur de Pilotage ou à l'Assistant

Le rider peut faire une erreur de pilotage, ou les lignes peuvent s'emmêler ou s'accrocher à un obstacle - une branche de quelques centimètres fichée dans le sable suffit. Si l'aile décolle en pleine fenêtre, c'est-à-dire dans une zone de puissance importante, le rider se fait arracher violemment.

À l'atterrissage, les risques sont également présents. Pour plaquer l'aile au sol, le rider doit saisir l'un des avants et donc marcher de quelques mètres vers son aile. Une des lignes arrières détendues en profite alors pour faire un tour derrière la barre, l'aile redécolle avec une rafale et part en kiteloop. Là encore, le rider se fait arracher.

À l'atterrissage ou au décollage, deux perspectives sont à envisager pour le rider arraché par son aile. En version "light", il se fait gentiment soulever puis traîner sur le spot. En version "sévère", il finit en tomate écrasée sur la digue ou la route du port. Les risques sont évidemment proportionnels à la force du vent. Par 15 à 20 nœuds, ils se limiteront essentiellement à une aile abîmée ou quelques bobos ; au-delà de 25 nœuds, l'accident grave est une option à envisager sérieusement.

Prévention et Sécurité Individuelle

Que l'on soit débutant ou expérimenté, Normand ou pratiquant dans le sud de la France, il viendra toujours un moment où vous serez potentiellement amené à décoller votre aile de kitesurf seul. Cela n'est pas vraiment conseillé dans notre discipline à cause du risque d'accident, mais des techniques existent pour minimiser ce risque. Cependant, il est nécessaire de s'entraîner régulièrement au décollage en solo dans un vent modéré avant de tenter cela dans des conditions plus soutenues ou plus extrêmes.

Plusieurs mesures de sécurité fondamentales doivent être adoptées :

  • Portez toujours un casque : il n'y aura de toute façon personne pour trouver ça moche. C'est une protection essentielle pour la tête en cas de choc.
  • Prévenez toujours un proche si vous naviguez seul : même si beaucoup aiment le kitesurf car ce sport procure un fort sentiment de liberté, il est vital de toujours prévenir quelqu'un lorsque vous pratiquez seul.
  • Ne surestimez pas vos aptitudes : la mer ne pardonne pas l'excès de confiance. Restez toujours humble face aux éléments et ne naviguez que lorsque les conditions sont réunies pour assurer votre sécurité. Gardez à l'esprit que si cela tourne mal, vous serez seul aux commandes de votre vie.
  • Portez un équipement adapté aux conditions météo : le matériel de kitesurf coûte cher, cependant n'ayez pas peur de payer un peu plus pour une combinaison néoprène de qualité et un équipement de protection adéquat.

Techniques de Décollage en Solo : Autonomie et Précautions

Décoller une aile de kitesurf seul est un exercice qui, bien que parfois nécessaire, exige une maîtrise technique et une connaissance parfaite de son matériel et des conditions. Des professionnels du kitesurf reconnaissent et utilisent certaines techniques éprouvées pour ces situations.

La Technique du Kitehook : Un Point Fixe Sécurisé

Le kitehook reprend et modernise le concept de la bonne vieille planche en bois que les anciens kitesurfeurs utilisaient pour créer un point fixe sur la plage. Il s'agit de la technique la plus utilisée par certains lorsque le pratiquant est seul sur le spot. En plus de proposer une solution sécuritaire et pratique, le kitehook permet de décoller presque n'importe où, à condition d'avoir un sol adapté.

Le fonctionnement de cet accessoire dédié au kitesurf est très simple. Vous creusez un trou dans le sable, vous y déposez votre kitehook et vous rebouchez en veillant à ce que le mousqueton ressorte suffisamment. Il vous suffit ensuite d'attacher ce dernier à votre chicken loop et de placer votre aile de kitesurf en bord de fenêtre perpendiculairement au sens du vent. Celle-ci va se stabiliser et vous permettre d'aller vous hooker pour décoller en toute sécurité. Cette méthode est fiable et minimisera les risques d'arrachement incontrôlé.

La Technique du Leash Secondaire (Leash d'Aile) : Flexibilité et Sécurité Complémentaire

Cette astuce reprend le principe du kitehook mais offre une plus grande flexibilité. Si vous n'êtes pas sûr de pouvoir atterrir au même endroit ou que vous partez pour un long downwind, prendre un leash secondaire peut être une très bonne idée. Beaucoup en ont pratiquement toujours un sur eux lorsqu'ils partent quelques heures sur l'eau. Cela permet d'avoir de quoi fixer sa planche en cas de grosse galère en mer (uniquement pour les urgences !) ou pour tracter un autre kitesurfeur qui se serait blessé.

Pour le décollage en solo, cette technique consiste à utiliser le leash d'aile. Au moment de se préparer, le pilote a deux possibilités : attacher le leash d'aile seul ou le leash d'aile + le chicken-loop. Les deux méthodes se défendent. La seconde méthode permet de bien détecter l'angle de décollage. Dans le vent fort, mieux vaut privilégier la première technique consistant à se hooker (attacher son chicken-loop) au tout dernier moment, après avoir sécurisé l'aile avec le leash. Le leash d'aile offre un point de sécurité temporaire qui permet au pilote de se positionner correctement avant de libérer l'aile et de la faire monter. Je la recommande donc aux amateurs de downwind qui aiment explorer leurs spots dans les moindres recoins, car elle permet d'atterrir et de décoller à des endroits différents, sans nécessiter de point fixe permanent.

La Méthode One Launch Kiteboarding : Maîtriser le Placement dans la Fenêtre de Vol

Si vous avez débuté le kitesurf en école ou avec un ami pédagogue, vous avez sûrement pu découvrir le fonctionnement de la fenêtre de vol. Pour celles et ceux qui n'en ont toutefois jamais entendu parler, il s'agit du quart de sphère dans laquelle évolue votre aile de kitesurf (Zenith, bord de fenêtre, pleine fenêtre, etc…).

La vidéo choisie pour illustrer cette technique est celle de Philippe Ancelin, moniteur kitesurf depuis 2010. Dans celle-ci, il aborde deux solutions différentes pour décoller seul. La première est celle que nous avons vue juste au-dessus et qui inclut l'utilisation du leash d'aile. La deuxième qui nous intéresse, consiste à utiliser notre placement dans la fenêtre de vol pour faire basculer et décoller l'aile de kitesurf. Cette méthode One Launch Kiteboarding vous permet de mettre en place des points de repère afin de faciliter cette étape.

L'essence de cette technique réside dans la finesse du pilotage et la sensibilité aux réactions de l'aile. Il s'agit de décoller en utilisant une seule main. Prenez l'habitude de chercher le bord de fenêtre en tenant vos lignes avant à la main pour sentir l'évolution de la tension de ces lignes en fonction de votre positionnement. Prenez bien le temps d'observer tous ces points de repère. Une personne qui ne maîtrise pas parfaitement le décollage d'une aile à boudins avec assistant ne devrait pas tenter cette méthode. L'objectif est de manipuler l'aile avec une grande précision, en comprenant comment un léger déplacement du corps ou une infime tension sur une ligne peut influencer sa trajectoire et sa position dans le bord de fenêtre, la faisant ainsi basculer en douceur pour un décollage contrôlé.

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