Systèmes de Plongée Autonome à Bord des Bateaux : Utilité, Techniques et Sécurité

La navigation et la plaisance, si elles sont synonymes d'évasion et de découverte, peuvent également être le théâtre de situations imprévues sous la surface. Un bout dans l’hélice ou le gouvernail, la nécessité de gratter une coque entre deux carénages pour maintenir les performances, ou encore une ancre coincée au fond, sont autant de scénarios où la possession d’un moyen de plongée sous-marine à bord pourrait rendre un service considérable. Si tout le monde, ou presque, est capable de descendre à 8 ou 10 mètres de fond, simplement pour toucher un objet et ensuite remonter rapidement, s'y maintenir et y travailler ne serait-ce qu'une petite minute pour dégager une ancre représente une mission impossible sans équipement adéquat. Le monde sous-marin est fascinant et plein de mystères ; d'innombrables bateaux et trésors gisent au fond de la mer, entourés de coraux et d'animaux marins de toutes tailles, formes et couleurs. Pour l'homme, les profondeurs humides peuvent sembler aussi menaçantes que l'espace infini, mais une fois que l'on a goûté au plaisir de flotter, cette expérience ne quitte plus. Avec la bonne technique et le bon équipement, un bateau peut devenir le point de départ idéal pour plonger avec brio, permettant d'explorer ces merveilles ou de résoudre des problèmes pratiques. Une fois que l'équipement, parfois encombrant et lourd, est à bord, il peut être déplacé facilement vers n'importe quel mouillage, offrant une liberté précieuse. Une plongée est un changement de perspective rafraîchissant, particulièrement en cas de calme plat et de chaleur torride, loin de la routine habituelle.

Pourquoi un équipement de plongée à bord ? Les situations critiques et l'exploration

La motivation principale pour embarquer un système de plongée est souvent la résolution de problèmes mécaniques ou techniques urgents sous la ligne de flottaison. De nombreux plaisanciers ont déjà plongé sous leur bateau pour nettoyer la carène ou pour couper une ligne attrapée par l'hélice. Souvent, cela se fait avec un sentiment de malaise et, faute d'air, aussi sous la pression du temps. L'eau froide, un malaise soudain ou une tachycardie peuvent rapidement transformer une simple intervention en une situation dangereuse. La capacité à disposer d'air de manière continue et contrôlée est donc essentielle pour transformer une mission impossible en une tâche réalisable en toute sécurité. Par exemple, un bloc de 6 litres est souvent considéré comme suffisant pour les interventions d'urgence. Un plaisancier témoigne avoir un bloc de 6L gréé en permanence sur la stab dans le coffre arrière, prêt à servir, surtout en croisière de nuit. Il raconte avoir "choppé un filet de nuit au moteur sur une traversée Corse", et avoir réalisé "très vite que c'était difficile et dangereux" de le faire en apnée, surtout que la mer n'était pas très calme. D'autres, pour l'inspection et l'entretien régulier, utilisent un bloc de 6 litres mais en configuration narguilé, "pas vraiment pour plonger" mais "juste pour dégager éventuellement hélice et faire [leurs] 2 nettoyages de coque par an", en appliquant une matrice dure de chez Boreo, nécessitant juste "passer un coup d'éponge". Au-delà de ces impératifs techniques, un équipement de plongée ouvre les portes de l'exploration sous-marine, transformant le bateau en base mobile pour des découvertes aquatiques.

Les différentes approches de la plongée depuis un bateau

Il existe plusieurs méthodes pour accéder au monde sous-marin depuis une embarcation, chacune avec ses spécificités en termes d'équipement, d'autonomie et de sécurité.

La plongée en scaphandre autonome (SCUBA)

La plongée en scaphandre est la méthode la plus connue pour explorer les profondeurs sur de longues durées. Dans ce type de plongée, un scaphandre à air comprimé est utilisé pour rester alimenté en air respirable. Cet apport d'air artificiel permet des plongées qui peuvent durer plusieurs heures, offrant une grande liberté et des opportunités d'exploration étendues. L'air comprimé est généralement contenu dans une bouteille en acier fixée sur le dos du plongeur, bien que d'autres mélanges comme le Nitrox soient également utilisés pour des plongées spécifiques.

Un élément central de l'équipement est le gilet de stabilisation, également appelé BCD (Buoyancy Compensator Device), qui, une fois rempli d'air, permet au plongeur de réguler sa flottabilité en soufflant ou en évacuant l'air. Cette capacité de régulation est essentielle pour se positionner précisément dans l'espace tridimensionnel de l'eau, que ce soit pour une observation stable, pour effectuer un travail méticuleux ou pour les paliers de décompression. Outre la bouteille et le gilet, il faut aussi disposer de lest (ceinture et plombs) pour annuler la flottabilité naturelle du plongeur et de son équipement. Un bloc de 12 litres, par exemple, offre une autonomie très confortable à faible profondeur, pouvant atteindre 90 minutes.

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La plongée en scaphandre est pratiquée aussi bien comme hobby passionnant que professionnellement dans divers domaines. Pour la plongée depuis un yacht, il y a quelques points essentiels à respecter, à commencer par la condition d'avoir un brevet reconnu, comme l'Open Water Diver de l'association d'instructeurs PADI.

Stockage et logistique à bord

La logistique des équipements de plongée, notamment les lourdes bouteilles, est un aspect crucial à prendre en compte à bord d'un bateau. D'une part, les lourdes bouteilles doivent être rangées en toute sécurité. Elles doivent donc être stockées à plat et attachées avec des sangles de manière à ce qu'elles ne se mettent pas à rouler sur le bateau qui tangue, afin d'exclure toute blessure ou rupture. Pour ce faire, une caisse à dos et un support en bois fabriqué sur mesure s'imposent, à l'image du stockage des bouteilles de vin, pour garantir leur stabilité. La valve sur la bouteille peut en outre être protégée par un étrier de protection ou un bouchon bricolé, pour éviter tout dommage ou ouverture accidentelle. Certains plaisanciers optent pour 2 x 12L courts pour les balades, et après quelques bidouillages, ils rentrent parfaitement sur le lavabo avant avec la stab et les palmes, démontrant l'ingéniosité nécessaire pour l'optimisation de l'espace.

Considérations financières et environnementales

Pour un équipement de plongée complet, y compris le néoprène, l'ordinateur de plongée ou même un compresseur, le budget peut rapidement atteindre plusieurs milliers d'euros. Il est également possible de louer la plupart des équipements dans les écoles de plongée, qui sont présentes partout dans le monde, ce qui peut être une solution plus flexible et moins coûteuse pour des utilisations occasionnelles ou en voyage. Du point de vue du prix et de la logistique, la plongée en scaphandre est la manière la plus exigeante de faire de la plongée. Elle n'est souvent rentable que dans les meilleurs sites, mais elle offre de loin le plus long plaisir de plongée, justifiant l'investissement pour les passionnés.

Klaus Andrews, photographe de yachts et plongeur professionnel, souligne que "pour inspecter le bateau, il n'est pas nécessaire d'utiliser un équipement de plongée" lourd. Il met en garde contre le risque d'abîmer le gelcoat avec la bouteille.

Le système Narguilé : une option pratique

Le narguilé est un compresseur moyenne pression sur lequel est relié directement le deuxième étage d’un détendeur traditionnel de plongée à l’air. Ce système, bien que moins autonome que la plongée en scaphandre, offre une solution pratique pour des travaux à faible profondeur ou des explorations courtes. Avec ces systèmes, il n'est pas question d’explorer les fonds marins lointains, mais ils sont très pratiques et peu volumineux à stocker, ce qui en fait un choix intéressant pour les plaisanciers soucieux de l'encombrement. Un plaisancier utilise un bloc de 6 litres en narguilé "juste pour dégager éventuellement hélice et faire [ses] 2 nettoyages de coque par an", car cela lui permet de nettoyer avec une matrice dure de chez Boreo sans grand effort, juste besoin de passer un coup d'éponge.

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Le Tuba Profond (Hookah diving) : l'air de la surface

Le système de tuba profond est spécifiquement conçu pour les plaisanciers et les interventions nécessitant un apport d'air continu sans la contrainte d'une bouteille sur le dos. Le pionnier de ce système est le Souabe Rainer Michelbach, qui a présenté le prototype du tuba profond Freediver en 1997 à la Germanischer Lloyd, et qui n'a cessé d'être perfectionné depuis.

Fonctionnement et autonomie

Le principe est simple mais efficace : un compresseur situé à la surface aspire l'air ambiant à travers une valve, le comprime et le pompe à travers un tuyau vers l'embout du plongeur. Cela fonctionne aussi longtemps que la batterie du compresseur tient. Selon la profondeur de plongée et la capacité de la batterie, cette autonomie représente entre 30 et 70 minutes. Le compresseur peut soit être relié à bord à une batterie de bord pour une utilisation prolongée, soit fonctionner sur sa propre batterie et suivre le plongeur sur une bouée de sauvetage gonflable, offrant une grande flexibilité. Ce système permet aux équipages de s'aider eux-mêmes en toute tranquillité, par exemple pour de petits travaux de réparation ou d'inspection. En raison de sa taille compacte, le système est très populaire auprès des navigateurs au long cours et a été vendu entre 2 500 et 3 000 fois.

Précautions et limites de profondeur

Selon le réglage de la pression, il est possible de plonger jusqu'à 14 mètres de profondeur avec un tuba profond. Cependant, comme il s'agit, comme pour le Scuba, d'air comprimé, il est impératif de veiller à remonter lentement à la surface à partir de six mètres de profondeur. La règle générale est de ne pas remonter plus vite que ses propres bulles d'air, ou pas plus de 10 mètres par minute, afin de minimiser le risque de maladie de décompression.

Les mini-bouteilles : solution d'appoint ou risque ?

Pour les plongées courtes à faible profondeur, on trouve depuis quelques années plusieurs modèles de mini-bouteilles sur le marché. La Mini Dive Air, par exemple, est une bouteille en aluminium de 0,5 litre avec 200 bars et un détendeur, y compris l'embout, directement fixé à la bouteille. Selon le fabricant, ce modèle permet de plonger pendant cinq à dix minutes, ce qui peut être suffisant pour une inspection rapide ou une petite intervention. Un travail de 15 minutes avec une pompe à main permet de remplir à nouveau la bouteille manuellement, offrant une indépendance énergétique intéressante. Ces systèmes, pratiques et peu volumineux à stocker, ne sont clairement pas conçus pour l'exploration des fonds, mais pour des tâches spécifiques et ponctuelles.

Les risques d'une mauvaise utilisation

La plus grande prudence est toutefois de mise avec ces systèmes, car le risque de surestimer la technique et ses propres capacités est grand. Si le plongeur inexpérimenté se retrouve dans la moindre situation critique, il consommera beaucoup plus d'air respirable sous l'effet du stress, ce qui viderait immédiatement la bouteille. Il en va de même à une profondeur légèrement supérieure, où la consommation d'air augmente proportionnellement à la pression ambiante, réduisant drastiquement l'autonomie déjà limitée de ces petits volumes.

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La plongée en apnée : l'art de la respiration maîtrisée

La plongée en apnée consiste à rester le plus longtemps possible sous l'eau en une seule respiration. Les racines de l'apnée sont profondément ancrées dans l'histoire de l'humanité, puisqu'elle a été pendant très longtemps le seul moyen d'obtenir des coquillages, des éponges ou des perles très recherchées. Aujourd'hui, la forme la plus répandue est la pêche au javelot, l'apnée étant souvent associée à des tentatives de records insensées de la part de sportifs de l'extrême.

Utilité pour les plaisanciers et techniques

Pour les plaisanciers, la maîtrise de cette technique de plongée originale présente plusieurs avantages significatifs. On peut plonger n'importe où et n'importe quand, par exemple pour lever l'ancre ou pour débarrasser le moteur de prises accessoires gênantes, sans la contrainte d'un équipement lourd et complexe. Il suffit d'un masque, d'un tuba, de palmes et éventuellement de poids ainsi que d'un ordinateur de plongée pour s'équiper. Le formateur Alexis Girard explique que "tout le monde, sans exception, possède la capacité naturelle de retenir l'air bien plus longtemps qu'il ne le pense." Il identifie le stress comme le principal obstacle : "La seule raison pour laquelle on a du mal à le faire est l'augmentation du niveau de stress sous l'eau, qui déclenche le réflexe de respiration et pousse le plongeur à remonter le plus vite possible à la surface. La première technique enseignée est donc de se détendre. Tout tourne autour de cela, car il est impossible de plonger en état de stress". La deuxième étape consiste à contrôler le besoin de respirer, en gérant les contractions soudaines du diaphragme qui signalent un manque d'oxygène. Ces spasmes, qui peuvent donner l'impression de coups dans le creux de l'estomac, augmentent le flux sanguin vers le cœur et sont même utiles en cas de manque d'oxygène. "La plongée en scaphandre est un sport où l'on regarde vers l'extérieur pour découvrir la faune et la flore sous-marines. En apnée, les plongeurs regardent davantage vers leur moi intérieur pour s'immerger complètement dans l'instant présent, un peu comme lors d'une méditation", explique Girard, décrivant la différence essentielle entre les deux types de plongée. Les progrès dans l'apprentissage de l'apnée sont considérés comme très rapides, car après le cours de base de trois jours, la plupart des personnes parviennent déjà à retenir leur souffle beaucoup plus longtemps.

Sécurité et limites

Même dans les situations d'urgence sous l'eau, la capacité acquise par la pratique de l'apnée permet d'agir calmement au lieu de paniquer, favorise les décisions réfléchies et augmente ainsi les chances de survie. Cerise sur le gâteau : comme on ne respire pas d'air comprimé, on n'a pas à se soucier de la décompression, éliminant un risque majeur de la plongée avec scaphandre. Néanmoins, des black-out peuvent survenir en apnée, raison pour laquelle il ne faut jamais plonger seul, une règle d'or partagée avec la plongée en scaphandre. Ainsi, à 10 mètres de fond, les poumons contiennent 2 bars (pression régnant à -10 m) x 8 L (capacité pulmonaire), soit 16 L d’air à la pression de la surface (1 bar), illustrant la compression et la quantité d'air disponible pour l'apnéiste.

Gestion de l'air et des équipements de compression

La gestion de l'air est un aspect crucial de la plongée depuis un bateau, notamment en ce qui concerne la recharge des bouteilles et les précautions à prendre avec les équipements de compression.

Compresseurs de bord et recharge

Le compresseur de bord permet de gonfler les blocs directement depuis le bateau, offrant une autonomie précieuse. Des appareils très versatiles, comme le MiniDive, peuvent être rechargés via une pompe manuelle ou depuis un compresseur dédié, voire un compresseur de plongée plus grand, fonctionnant en système haute-pression. Un système 100 % électrique (AC ou DC) permettra de s’affranchir du risque lié à l'essence, souvent présent avec les compresseurs thermiques.

Précautions avec les moteurs et carburants

Cependant, des précautions strictes sont impératives : il est hors de question de faire fonctionner le compresseur lorsque tourne le diesel du bord. La présence de polluants dans l’air est dangereuse même si les compresseurs disposent de filtres ad-hoc. Les émanations du moteur diesel peuvent contaminer l'air respirable, avec des conséquences graves pour la santé du plongeur. Par ailleurs, si le diesel est un carburant inerte et ininflammable sous la pression atmosphérique, le stockage d'essence à bord doit se faire dans un coffre très ventilé, sans aucune source d’étincelle à proximité, pour prévenir tout risque d'incendie ou d'explosion.

Sécurité et procédures : aspects cruciaux de la plongée depuis un bateau

La sécurité est la pierre angulaire de toute activité subaquatique, et la plongée depuis un bateau exige une attention particulière aux procédures et aux risques spécifiques.

La remontée à bord : entre tradition et nouvelles recommandations

La remontée à bord, apparemment banale, recèle des enjeux de sécurité importants, et les pratiques peuvent évoluer. Pendant longtemps, l'enseignement classique préconisait de garder son masque et son détendeur en bouche lorsqu'on remonte à l’échelle sur le bateau, pour une question basique de sécurité. Cette approche, enseignée par de nombreux moniteurs, a été remise en question. Un article paru dans la revue fédérale « Subaqua » (numéro 281, Décembre 2018), traitant de la « réduction du risque d’accident de décompression chez 30 % des plongeurs », préconise notamment de ne plus porter le masque sur le visage et de remonter à bord avec les voies aériennes (nez et bouche) libres. Cette nouvelle recommandation a fortement interrogé la pratique de nombreux moniteurs, soulevant la question : "est-ce que j’enseigne quelque chose qui ne va pas dans le sens de la sécurité des plongeurs ?"

Pour une remontée à bord sécurisée, quelques rappels de bon sens s'imposent. Lorsque les plongeurs font surface, il est essentiel de gonfler son gilet de stabilisation afin de se maintenir en surface sans effort. Ainsi, avant de remonter sur le bateau, on n’a pas à palmer inutilement ni à fournir trop d’effort. Si le bateau ne possède pas d’échelle de coupée ou d’échelle perroquet, la question de l'équipement sur l'échelle ne se pose pas : on se déséquipe dans l’eau, on clampe sa stab au bateau via sa longe de palier, et on remonte en libre sur le bateau, par la technique du bouchon, doublée d’un solide coup de palmes.

Dans le cas contraire, c'est-à-dire si le bateau possède une échelle permettant de remonter à bord, il faut s'adapter au type d'échelle. S'il s'agit d'une échelle classique, il est préférable de retirer ses palmes dans l'eau, de les accrocher autour du poignet, et de remonter l'échelle ensuite. Éventuellement, on peut même enlever la veste de flottaison avec la bouteille et la passer en haut séparément, surtout si elle est très lourde.

Mais alors, "pourquoi a-t-il toujours été préconisé de remonter à bord avec le détendeur en bouche ?" Les choses ont bien changé, et heureusement, il faut bien en convenir. Les conclusions de l'article de "Subaqua" ne sont pas toujours adoptées unanimement, notamment en fonction des conditions de plongée. Si le temps est beau, avec ce que l'on appelle couramment « un temps de curé » ou « la pétole », et que la mer est parfaitement calme et plate, il n'y a effectivement aucun inconvénient à faire tomber le masque sous le menton et à remonter à bord du bateau avec les voies aériennes totalement libres. Dans ce cas, comme indiqué précédemment, la stab aura été vérifiée et correctement gonflée, et il n’y a quasiment aucun risque de chute lors de la remontée. Par contre, il est assez courant à la pointe de la Bretagne de connaître des conditions de houle ou de clapot qui rendent la remontée à bord un peu plus compliquée, voire quelquefois acrobatique. Dans ce cas-là, il est préférable de garder son masque sur le visage et de garder son détendeur en bouche, car les mouvements du bateau peuvent rendre l’ascension plus complexe, même si la stab est bien gonflée. Se mettre à l'eau ne pose, en général, pas de problème majeur, que ce soit depuis l'annexe en faisant une roulade arrière ou depuis le yacht en faisant un grand pas hors du bateau, à condition de ne pas oublier de sortir l'échelle de bain !

La maladie de décompression (DCS) : comprendre et prévenir

La maladie du plongeur, ou DCS, est une préoccupation majeure en plongée et est due à une décompression insuffisante après une augmentation de la pression ambiante. En plongeant, le corps absorbe de l'azote qui est ensuite libéré lors de la remontée. Si la décompression est trop rapide, des bulles se forment dans les tissus et peuvent endommager le cerveau, les poumons et d'autres parties du corps.

Il existe deux types de DCS : une forme légère, généralement facile à traiter, et une forme grave, qui entraîne des complications à long terme. Le type 1 présente des symptômes tels que des démangeaisons de la peau et des picotements, tandis que le type 2 peut provoquer des paralysies, une perte de conscience et une altération des fonctions cérébrales supérieures. En cas de symptômes de DCS, qu'ils soient légers ou graves, le plongeur doit immédiatement sortir de l'eau et recevoir de l'oxygène pur. Les symptômes graves nécessitent un caisson d'oxygène pour un traitement hyperbare.

Les paliers de sécurité ralentissent la remontée afin de réduire la saturation en azote, permettant au corps d'éliminer progressivement le gaz. La profondeur et la durée des paliers dépendent de la profondeur de plongée, du temps de fond (période entre la descente et le début de la remontée) et de la saturation résiduelle des plongées précédentes. Ces chiffres sont déterminés à l'aide d'une table de décompression ou d'un ordinateur de plongée, outils essentiels pour la planification et la sécurité. Les personnes qui ne plongent pas à plus de dix mètres ne s'exposent pas au risque de DCS, bien que PADI recommande généralement de faire un palier de sécurité à trois mètres de profondeur lors de la remontée, par mesure de précaution. Pour les systèmes type "Tuba profond", il est également important de remonter lentement à la surface à partir de six mètres de profondeur, en ne dépassant pas 10 mètres par minute.

La gestion des risques environnementaux : froid, malaise, et la rencontre avec la faune marine

Outre la DCS, d'autres facteurs environnementaux peuvent affecter la sécurité du plongeur. L'eau froide peut rapidement entraîner un malaise et une tachycardie, surtout si l'équipement de protection thermique est insuffisant. Le sentiment de malaise et la "pression du temps" peuvent survenir rapidement en cas de problème, ce qui souligne l'importance d'une préparation adéquate.

Reste la peur primaire de la rencontre avec un requin plus grand. Même si les plongeurs sont très rarement attaqués, l'expert en plongée Alexis Girard a de précieux conseils sur le comportement à adopter en cas de rencontre : il faut garder une vue panoramique, car les prédateurs attaquent volontiers par derrière. Si un requin se montre trop curieux, le Français recommande un contact visuel direct et une orientation verticale dans l'eau. Il est crucial de garder son calme, même si cela est naturellement difficile. Dans la plupart des cas, cela suffit à signaler à l'animal que l'on ne correspond pas à son schéma de prédation. En cas de chasse sous-marine, il est préférable de rejeter éventuellement les poissons tués au harpon. Sinon, il convient de remonter lentement à la surface et de tenir le requin à distance avec les nageoires, sans oublier le selfie pour l'anecdote, si les conditions le permettent.

L'importance de la planification et de la non-solitude

En principe, la règle d'or du plongeur est de ne jamais descendre en profondeur seul et de toujours garder un contact visuel entre les plongeurs. Cette règle s'applique à toutes les formes de plongée, y compris l'apnée où des black-out peuvent survenir. La planification de la plongée, la vérification mutuelle des équipements et le respect des procédures établies sont essentiels pour garantir la sécurité de tous.

Rangement et logistique des équipements

Le rangement des équipements de plongée à bord est un défi logistique important, compte tenu de leur poids et de leur encombrement, mais aussi pour des raisons de sécurité.

Exemples de rangement des blocs

La question du rangement des blocs est fréquemment posée par les plaisanciers, qui cherchent des systèmes ingénieux et prenant en compte la répartition des poids. Un plaisancier mentionne stocker un "biberon", c'est-à-dire un 6L, gréé sur son stab avec détendeur et tout le matos qui va bien (palmes, masque, tuba, combi, bouée de plongeur) dans un coffre, une malle en plastique, rangé dans le coffre arrière bâbord. Son coffre est immense (2 cabines !) et lui permet de descendre entièrement. Un autre utilise 2 x 12L courts pour les balades et les stocke, après des "bidouillages", sur le lavabo avant avec la stab et les palmes. Pour les bouteilles de plongée en scaphandre, il est recommandé de les stocker à plat et de les attacher avec des sangles de manière à ce qu'elles ne se mettent pas à rouler sur le bateau qui tangue, évitant ainsi toute blessure ou rupture. Une caisse à dos ou un support en bois fabriqué sur mesure, à l'instar des rangements pour bouteilles de vin, sont des solutions pratiques. La valve des bouteilles doit aussi être protégée par un étrier ou un bouchon.

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