Le surf backside, ou surfeur dos à la vague, est une discipline qui suscite souvent une appréhension considérable chez les pratiquants, à tel point que tous les débutants l’évitent. Il est vrai que, comme souvent, nous sommes dominés par nos émotions face à l'océan. Lorsque l’on surfe backside, nous sommes littéralement dos à la vague. C’est naturellement effrayant de surfer une vague qui se trouve derrière et qu’on ne voit pas, ce qui peut créer un sentiment d'incertitude et de vulnérabilité. Pourtant, une compréhension approfondie des mécanismes et des techniques spécifiques à cette position permet non seulement de surmonter cette peur initiale, mais aussi d'ouvrir de nouvelles perspectives de plaisir et de performance.
Comprendre l'Appréhension du Surf Backside
L'une des premières barrières au surf backside est psychologique. Le fait de devoir évoluer sur une vague sans la voir directement est déroutant. En effet, la seule chose que les débutants parviennent à faire, c’est tourner légèrement la tête pour voir une petite partie de la vague, et bien trop loin d’où ils sont en train de surfer ; ils peuvent apercevoir l’épaule. Ce mouvement est souvent le seul qu'ils arrivent à exécuter car ils se trouvent dans une position qui bloque complètement leur corps.
Souvent, les débutants pensent que le surf backside est complètement différent du surf frontside. Pourtant, la réalité est plus nuancée. En surf frontside, où l'on est face à la vague, on utilise beaucoup nos pointes de pieds, nos orteils étant assez agiles. Nous sommes même capables de ramasser des objets avec nos doigts de pied. Le talon, en revanche, est différent. La perception d'une divergence radicale entre les deux approches est une idée fausse qui peut freiner la progression. En surf, tous les détails comptent, et une analyse précise de ces derniers révèle que les fondamentaux restent les mêmes, seule l'orientation du corps change.
L'Importance Cruciale de la Posture pour le Surfeur Dos à la Vague
La clé pour déverrouiller le potentiel du surf backside réside dans la correction de la posture. Les surfeurs novices adoptent fréquemment une position dite « du crabe », de côté sur leur planche, avec les pieds parallèles et le torse orienté vers le côté de la planche. Dans ces conditions, il est impossible de tordre son corps pour regarder la vague qui est derrière soi. Cette position entrave non seulement la vision de la vague, mais aussi la capacité à initier les manœuvres nécessaires.
Une bonne position, en revanche, permet de regarder vers l’avant, là où l’on veut aller. Dans cette posture idéale, tout le corps est orienté vers le nez de la planche, et non vers le côté. Les épaules sont parallèles aux rails de la planche, tandis que le torse et le bassin font face vers l’avant. Pour illustrer, il serait impensable de rouler sur un vélo en étant assis de côté. Mais pour que le haut du corps soit dans cette position optimale, il faut que les jambes soient bien placées, car tout part de là.
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Cette bonne posture offre plusieurs avantages. D'abord, elle facilite le pliage des jambes, élément fondamental pour l'équilibre et la réactivité. Ensuite, une fois cette bonne posture adoptée, tout devient beaucoup plus facile, car on va pouvoir tordre tout notre corps pour regarder la vague qui est dans notre dos, et non juste légèrement tourner la tête. Cette torsion est essentielle, car elle nous permettra de regarder la lèvre de la vague, exactement là où on veut monter en effectuant notre bottom turn backside. Il est une vérité fondamentale en surf : comme toujours, on va là où on regarde. Le regard dirige le corps, et la capacité à regarder précisément la partie de la vague que l'on souhaite travailler est donc primordiale.
Techniques et Astuces pour Perfectionner le Surf Backside
De nombreux surfeurs expriment des difficultés lors du take-off en backside. Pourtant, que ce soit lors d’un take off frontside ou backside, la technique est exactement la même. La seule différence est qu’on regarde à gauche ou à droite, selon le sens de la vague. En frontside, il est facile de regarder là où l’on veut aller, même si l’on est dans une mauvaise posture « de côté », car on est face à la vague. En backside, le défi est de reproduire cette capacité de vision et de mouvement.
Les experts partagent des conseils précieux pour le take-off et les manœuvres en backside. Beaucoup de personnes se disent qu’elles n’arrivent pas à faire leur take off en backside. Un des pièges courants est de se lever et se raidir trop vite au take-off. Il est impératif d'être plus souple sur les jambes, plus groupé. Pour les pieds, il faut avoir les pieds légèrement moins perpendiculaires à l'axe central de la planche, ce qui aide à la stabilité et à la rotation. La jambe arrière doit être très fléchie, car cela permet d’être très réactif, de faire de la relance pour gagner de la vitesse, et de tourner proprement.
Quant à la trajectoire au take-off, certains se demandent s'il faut effectuer un vrai bottom-turn ou au contraire partir en travers de la vague directement. Le bottom turn frontside est très similaire au top turn backside, ce qui souligne une continuité technique entre les deux styles de surf. Lors du bottom turn backside, un détail crucial est que la paume de la main avant doit être tournée vers le ciel. Cela permet d’augmenter l’ouverture des épaules vers la vague, facilitant ainsi la torsion du corps et le regard vers la lèvre.
La respiration joue également un rôle non négligeable. Pour que tout le corps puisse se tordre plus facilement, il est important qu’il ne soit pas gonflé comme un ballon. Une respiration contrôlée et une légère décontraction facilitent la fluidité des mouvements. Éviter de "grabber" (attraper le rail de la planche avec les mains) est souvent recommandé, sauf si la vague est particulièrement creuse.
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Le plaisir ressenti en backside peut être aussi intense qu'en frontside, voire plus. En backside, le roller est plus facile à faire car le déhanché est plus naturel. De même, pour le cutback, c’est plus facile aussi vu que l’on se retrouve face à la vague lors du virage. Il est essentiel de ne jamais être tenté de ne surfer QUE frontside, car cela limite considérablement les possibilités de surf et la progression. Si une vague de beach se présente meilleure pour le surf backside, il faut la prendre ; ce sera une opportunité de progresser. La persévérance est la clé.
Les Défis de l'Apprentissage et l'Importance de la Mémoire Musculaire
Avec tous ces petits détails, on se rend compte à quel point il est difficile de progresser en surf. On ne passe que quelques minutes debout sur la planche lors d’une session d’une heure. Comment peut-on espérer améliorer son surf backside dans ces conditions ? Il faudrait surfer des centaines d’heures pour commencer à voir des progrès significatifs. C’est pourquoi l’utilisation d’autres supports comme le surfskate ou une feuille de carton est avantageuse. Cela permet de bien travailler sa posture et les mouvements, pour créer une mémoire musculaire et ainsi répéter ces mouvements sur l’eau beaucoup plus facilement.
L'apprentissage du surf est souvent semé d'embûches qui peuvent bloquer la progression, voire entraîner une régression. Il est facile, avec de la persévérance dans l’erreur, d'adopter de mauvaises habitudes. L'impatience et la précipitation sont des pièges courants. Imaginez un novice de la guitare qui s’attaquerait d’emblée à du Django Reinhardt. Il ne sait pas tenir son manche de guitare, pincer les cordes ; seule une intervention divine lui permettrait d’atteindre cet objectif. De la même manière, les copains surfeurs, impatients d’aller au large se faire plaisir, voient souvent leurs conseils se résumer à un laconique : « Voici ta planche, on se retrouve au fond ». Ce manque d'encadrement structuré est préjudiciable.
Chaque spot de surf a ses spécificités et ses dangers, chaque moment de la journée sa marée, chaque journée ses aléas météorologiques. Prendre un cours de surf ou se renseigner est un gage de sécurité mais aussi un gain de temps. Surfer signifie attraper une vague. Le novice qui ne sait pas attraper une mousse ou une vague, coulera à chaque tentative pour se lever. En plus de la difficulté technique, il faut attraper la vague au bon endroit et au bon moment afin qu’elle ne soit ni trop creuse (risquant de provoquer un "enfournement" de la planche) ni trop plate. Plus les vagues sont grosses, plus la zone où elles sont susceptibles de casser s’élargit, rendant plus difficile de se placer pour les attraper.
Passer la barre est un exercice difficile et épuisant pour le débutant. Tandis que les mousses et les petites vagues du bord offrent un terrain de jeu propice à l’apprentissage, le novice ressent parfois ces mousses qui le repoussent vers le rivage comme un obstacle à dépasser, alors qu'elles sont essentielles pour acquérir les bases. Une mer calme, avec des conditions glassy, offre des conditions parfaites pour l’apprentissage. Sur la côte landaise, par exemple, les bancs de sable à marée haute sont presque toujours impropres à l’apprentissage du surf.
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Le choix d'un bon encadrement est également crucial. Il existe des diplômes plus ou moins qualitatifs qui permettent d’enseigner le surf contre rémunération, et il existe également tout un panel d’écoles de surf. Trouver le moniteur de surf pas cher, peu ou pas diplômé, constitue un bon moyen de rester nul très longtemps. Le débutant n’est pas toujours réceptif aux conseils bien intentionnés de ses amis surfeurs ou moniteurs de surf, qui peuvent être d’excellents guides sur la voie de l’apprentissage. Il se montre parfois trop pressé ou excité, il brûle les étapes. Il était donc nécessaire d’expliquer, de manière approfondie, ces petits secrets qui permettent de ne pas apprendre à surfer, afin de mieux les éviter.
Lexique Essentiel du Surf : Naviguer dans le Langage des Vagues
Comme dans tous les sports, les surfeurs utilisent un langage bien particulier. Les termes techniques en surf sont particulièrement difficiles à comprendre lorsqu'on est surfeur débutant. Toute personne ne connaissant pas le surf est au moins une fois dans sa vie tombée par hasard sur une discussion de surfeurs. En les écoutant baragouiner des mots en français et anglais, nous laissant totalement dans le brouillard, la première réflexion que l’on se fait c’est : "Qu'est-ce qu'ils peuvent se la péter ceux-là !" On a vraiment l’impression que le surf est un sport de frimeurs. Mais tout ceci va changer avec cet article, car plus tard, vous passerez également pour un frimeur aux yeux des autres en utilisant ce langage spécifique. Et vous en serez bien obligés car, comme dans tous sports, l’intégration se fait notamment par la communication et la compréhension du langage technique. Vous remarquerez que beaucoup de mots n’ont qu’à être traduits en anglais pour paraître connaisseur. Voici une sélection de termes et expressions, essentielle pour la compréhension du monde du surf et l'amélioration de sa pratique.
Le Terrain de Jeu : La Vague et l'Environnement
- Vague : Une élévation de la surface de l’eau, créée par le vent ou la houle, et utilisée par les surfeurs pour glisser. Sa forme et sa puissance varient selon les conditions météorologiques et le fond marin.
- Houle (Swell) : Une série de vagues générées par des vents lointains, qui se propagent sur de longues distances. La période de la houle, le temps qui s'écoule entre deux vagues successives, est un indicateur clé : plus elle est longue, plus les vagues seront puissantes et régulières.
- Peak : Le sommet d’une vague, là où elle commence à casser. C'est l'endroit où la vague démarre.
- Curl (Creux) : La partie incurvée de la vague, là où elle commence à déferler. C'est la zone idéale pour effectuer des manœuvres ou rester dans la poche. Le creux est la partie de la vague qui devient verticale sous forme de concave avant de déferler.
- Lèvre (Lip) : La partie supérieure d'une vague qui bascule lorsqu'elle déferle. C'est un rideau d'eau qui tombe et forme le tube. C'est une zone clé pour exécuter des manœuvres.
- Épaule : La partie non déferlante d'une vague, située à côté de la zone où elle casse.
- Pocket : La partie la plus proche du curl d’une vague, là où elle déferle avec le plus de puissance. C’est la zone idéale pour effectuer des manœuvres techniques.
- Inside : La zone située entre le bord de la plage et la zone où les vagues déferlent. Les vagues y sont en général moins grosses. On l'utilise pour qualifier les vagues qui déferlent dans la zone plus proche du bord.
- Outside : La zone située au large, au-delà de la zone de déferlement des vagues. C'est là que les vagues commencent à se former et où les surfeurs attendent pour les attraper.
- Barre : La zone où les vagues se brisent en continu, formant une ligne difficile à traverser pour rejoindre le large. C'est aussi une zone où les vagues déferlent en forme de longue barre.
- Line-up : L'endroit où les surfeurs attendent leur tour pour attraper une vague. Cette zone est généralement aussi appelée le Peak, comme le sommet d'une montagne, car elle est en forme de triangle.
- Set (Série) : Un groupe de vagues plus importantes qui arrive régulièrement. C'est lorsque l'on voit à l'horizon un nombre de vagues plus grosses que les autres arriver. Les séries arrivent par intermittence et il n'est pas possible de savoir à l'avance leur fréquence, l'intervalle de temps les séparant, leur taille ni leur nombre.
- Mousse : Cela peut être la mousse de la vague, ou un type de planche en mousse. Le bouillon désigne la mousse blanche formée après le déferlement des vagues.
- Molle : On dit d'une vague qu'elle est molle lorsqu'elle est plate, du moins que sa pente est douce lorsqu'on la voit de profil. C'est une vague peu puissante et peu raide, qui manque d’énergie pour générer de la vitesse.
- Creuse : Qualifie une vague particulièrement creuse, une vague qui tube.
- Beach break : Un type de spot de surf où les vagues déferlent sur une plage de sable, sur un fond sableux.
- Reef break : Des vagues qui brisent sur un fond rocheux ou corallien, offrant souvent des vagues plus régulières et pouvant créer de beaux tubes, mais sont généralement plus dangereuses à cause du fond rocheux.
- Point break : Des vagues qui déferlent le long d'un point de terre ou d'une jetée, offrant souvent des vagues longues et régulières, idéales pour les manœuvres.
- Shore break : Ce sont des vagues qui cassent directement sur le bord du rivage.
- Grosse : Quand les vagues sont grosses, on dit tout simplement : "c'est gros!". D'où l'appellation du surf de Gros!
- Flat : Désigne des conditions de mer sans vagues surfables, où l'eau est plate.
- Glassy : Désigne une surface d’eau parfaitement lisse, semblable à du verre, offrant des conditions idéales pour surfer. Les vagues sont lisses, l'océan comme un miroir.
- Offshore : Le vent venant de la terre qui creuse les vagues, idéal pour le surf. Le vent souffle vers la mer, donc face aux vagues et lisse la mer. Les vagues sont alors très régulières et déferlent proprement.
- Onshore : Le vent venant de la mer qui aplatit les vagues, rendant les conditions moins idéales pour le surf. C'est un vent de dos qui affecte beaucoup la qualité du plan d'eau.
- Forecast : Ce sont les prévisions météo que les surfeurs analysent avec précision sur des sites ou des applications afin de prévoir leur prochaine bonne session.
- Under tow (Courant sous-marin) : Courant sous-marin qui retourne l'eau vers le large après le déferlement des vagues, parfois dangereux pour les surfeurs.
- Morning Sickness : Ce terme désigne de mauvaises conditions matinales, où la combinaison des éléments vent, marée, humidité, etc. ne s'accordent pas, contrairement aux attentes habituelles pour une session au lever du soleil.
- Mushy : Lorsque les vagues sont détériorées par le vent et beaucoup de courant, on dit qu'elles sont mushy.
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