La Suisse, une nation de surfeurs au cœur des Alpes : entre lacs, rivières et vagues artificielles

L'étonnant paradoxe helvétique : le surf en terre sans mer

La Suisse, faisant pourtant partie des pays sans accès à la mer, abrite plus de 45 000 surfeurs. Cette réalité surprenante a nourri la curiosité d’une équipe de journalistes français qui a décidé de s’emparer du sujet et finalement lui consacrer une mini-série, « Landlocked », dont le premier épisode est diffusé début mai. L'idée du surf en Suisse a commencé un peu comme une boutade, comme l'explique Patricia Oudit, journaliste spécialisée dans l’outdoor, avant de se rendre compte que le sujet est sérieux. Dom Daher, un photographe avec qui elle a l’habitude de travailler, et qui habite juste à côté du Léman, voyait de plus en plus de surfeurs sur le lac. Quant à Christophe Margot, son voisin helvète et futur réalisateur de la série, un pur montagnard, il s’est mis à fabriquer une planche de surf en bois. C’est ainsi qu’ils se sont dit qu’il y avait quelque chose à faire sur cette discipline en pleine expansion dans le pays, poursuit Patricia Oudit.

Ce phénomène est étonnant quand on sait que la Suisse fait partie des 49 pays qui n’ont pas d’accès à la mer, souvent appelés pays "landlocked". Fait incroyable, dans ce petit pays hérissé de montagnes, le taux de surfeur par habitant serait parmi les plus élevés au monde, aux alentours de 45 000. C'est plus que l’Australie, pourtant considérée comme la nation « surfique » par excellence. Proportionnellement, il y a quasiment autant de surfeurs en Suisse qu’en France avec ses 5 853 km de côtes, constate de façon plus raisonnable Patricia Oudit. Avec 1 500 lacs et 65 000 kms de cours d’eau, tous les endroits sont bons pour surfer en Suisse, des lacs aux vagues statiques des rivières. Les 26 cantons du pays totalisent un nombre impressionnant de plans et cours d'eau, offrant un terrain de jeu inattendu pour les adeptes de la glisse. La spécialiste des sports extrêmes met également en avant l'affinité des Suisses pour la glisse : "Avec le ski et surtout le snowboard, les Suisses sont de vrais glisseurs", indique-t-elle, soulignant une culture propice à l'adoption du surf.

Des vagues naturelles et improvisées : l'ingéniosité des surfeurs suisses

L’engouement pour le surf est de plus en plus visible en Suisse, même s'il est difficile de connaître le nombre exact d’adeptes. Que ce soit sur une rivière ou sur des vagues artificielles, avec une corde élastique ou à l’aide du courant, la passion est toujours au rendez-vous. La créativité et l'ingéniosité des surfeurs suisses se manifestent dans leur capacité à exploiter les conditions locales. Par exemple, le 13 février 2014, la tempête Tini a frappé les côtes du Léman avec des rafales à plus de 100 km/h. Ces vents violents ont balayé l’eau, formant une houle puissante et transformant le paisible lac en une mer agitée. Dans de telles conditions, surfer sur le lac Léman devient possible, et des passionnés comme Greg Williams et Ludo Jaccard ont jubilé.

Équipés de combinaisons néoprènes intégrales et les planches chargées dans le van, ces deux acolytes ont foncé vers différents lieux autour de Lausanne, notamment Bellerive, la plage de Lutry, Cully et finalement Villette pour prendre les meilleures vagues de la journée. Étudier la topographie des lieux avant de se jeter à l’eau est primordial, car Villette dispose d’un fond marin profond avec un rehaussement du terrain brutal, de quoi provoquer la formation de vagues puissantes d’environ 1m50. Pourquoi diable se jeter dans une eau avoisinant 10 degrés en hiver ? Pour ressentir cette sensation unique de glisse, pardi ! Surfer est une expérience qui va au-delà des mots. Il faut maîtriser l’environnement : savoir où les vagues se lèvent, leur fréquence, leur vitesse. Avant de réussir à surfer, il faut ramer, ramer et encore ramer. Franchir la barre des vagues, l’endroit où elles se cassent, est essentiel pour pouvoir anticiper leur venue, et puis, soudain, vient la délivrance. La preuve en vidéo que surfer sur le lac Léman est possible.

Loin de la mer, Greg Williams et Ludo Jaccard, respectivement graphiste et réalisateur pour l’émission 120 minutes sur la RTS, n'étaient pas des "hurluberlus isolés". Si surfer sur le lac Léman lors d’une tempête n’est pas une nouveauté, réussir à prendre des vagues est rare. Tout comme le fait de se réunir entre surfeurs de Suisse romande. Cependant, l’engouement est tel qu'en l’espace de deux semaines, 250 personnes se sont inscrites. Le 6 avril 2014, l’Association romande de surf a officiellement émergé. Depuis, cette association a organisé des voyages axés sur le surf dans différents pays et plusieurs de ses membres ont participé au championnat suisse de surf, qui a lieu en octobre en Espagne, car le surf garde ses lettres de noblesse sur la mer.

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Les vagues statiques des rivières offrent une autre possibilité pour les surfeurs suisses. Surfer à Berne est possible comme le prouve certaines vidéos. La puissance des rivières peut créer des conditions de glisse uniques. Sandro Santschi, surfeur et président du River Surf Jam à Thoune, explique que la différence réside dans le fait que sur les rivières, les vagues changent de caractère selon les débits et les conditions météorologiques. Sa première édition de compétition a eu lieu en septembre 2018. Contrairement aux vagues artificielles qui peuvent être mises en marche via un bouton, les vagues de rivière dépendent entièrement de la nature. Lorsque le débit de la rivière est faible, des alternatives existent comme le bungee surfing, le surf sur rivière aidé d’une corde élastique. Du plus vieux pont de Berne, l’Untertorbrücke, les passants peuvent apercevoir des surfeurs sur l’Aar pratiquer leur passion en toute légalité grâce à une corde attachée au pont de Nydegg juste en face. David Fonjallaz, producteur originaire de Lausanne, est l’un de ces surfeurs, et il rappelle qu'au début des années 2010, un championnat de Bungee surf a même été organisé, rassemblant 300 à 400 amateurs. Il existe aussi une association qui œuvre pour aménager un espace sur la rivière et créer une vague naturelle dans une commune près de Berne.

L'ère des vagues artificielles et l'évolution des infrastructures

La Suisse, faisant partie des 44 pays au monde ne disposant pas d’accès direct à la mer, a trouvé une solution novatrice : l’apparition de vagues artificielles. En septembre 2018, le Mall of Switzerland, un grand centre commercial à Ebikon, dans le canton de Lucerne, a inauguré avec Oana la première vague artificielle en salle du pays. Les dimensions du bassin sont similaires à celles d’une piscine. Huit pompes permettent à 800 000 litres d’eau de former une vague pouvant atteindre 1m40. Six mois après son inauguration, plus de 13 750 personnes l’avaient déjà essayée, même si les sensations sont difficilement comparables avec celles ressenties en pratiquant le surf traditionnel.

Cette vague artificielle a fait des émules avec des projets qui devraient voir le jour autour de 2020. L’une est prévue près de Zurich, à Regensdorf, tandis que l’autre est en Valais, sur le domaine des Îles à Sion. Ce dernier projet, portant le nom d’Alaïa, est un "rêve qui devient réalité" pour Adam Bonvin, Marc-Antoine Burgener et Romain Magnin, les trois Romands cofondateurs. Le bassin a été financé par une campagne de financement participatif sur internet. La vague sera modulable en fonction des heures et des niveaux avec une longueur de 90 mètres et une hauteur maximale d’environ 1m80. La spécialiste des sports extrêmes mentionne également l'inauguration prochaine de deux wavegardens : "l’un, près de Sion, doit ouvrir ses portes le mois prochain ; l’autre, dans la banlieue de Zurich doit voir le jour d’ici deux-trois ans". Ces infrastructures sont très attendues, car "Les surfeurs vont s’éclater sur des vagues artificielles. Ils n’attendaient que ça", commente Patricia Oudit.

Côté sensations, les vagues artificielles sont ludiques. Le plaisir avant tout. Elles conviennent autant aux débutants qu’aux surfeurs confirmés. Toutefois, même si Sandro Santschi se réjouit de chaque vague supplémentaire, il admet que les vagues artificielles ne sont pas très économiques ni écologiques. Il préférerait que l'on soutienne plutôt les projets de vagues dans les rivières. Cet essor des vagues artificielles, comme le bassin à vague en Valais (Alaïa Bay - Wavegarden), situé à 5 minutes du domicile de Nick Crettenand, contribue depuis près d’une année à populariser le surf dans le pays. Cet élan est une opportunité pour le SUP Surf de se montrer et de s’exprimer dans le monde de la glisse sur vague.

Portrait de surfeurs suisses : de l'amateur passionné au champion en herbe

Valentin Millius et Esteban Caballero : l'aventure du "surf trip" alpin

Pour donner corps à leur sujet, au départ un documentaire et finalement une mini-série baptisée « Landlocked », la journaliste Patricia Oudit, le photographe Dom Daher et le réalisateur Christophe Margot sont entrés en contact avec deux jeunes surfeurs du Valais : Valentin Millius et Esteban Caballero. Dans leur rutilant pick-up rouge avec les planches à l’arrière du véhicule, ils font un surf trip en quête du meilleur spot et de la meilleure vague du pays. À travers le parcours de ces deux intrépides, rois du système D, « Landlocked » s’attarde aussi sur les pionniers des années 80 ainsi que sur les futures stars du surf helvète. C'est un véritable voyage au cœur du surf suisse. Le tournage a débuté l’été dernier, et via leur chaîne YouTube, le premier épisode sera diffusé début mai. L’idée est de proposer un épisode par mois sur la base d’une dizaine. En attendant, des teasers et autres making-of sur les réseaux sociaux sont là pour faire patienter les internautes, mettant en lumière Valentin Millius et Esteban Caballero, les deux jeunes surfeurs du Valais, héros de la mini-série Landlock.

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Nick Crettenand : des Alpes à l'océan, la quête du championnat mondial de SUP Surf

L'histoire de Nick Crettenand, un Suisse en route pour participer aux Championnats du Monde de SUP surf, est parfois comparée à une version inverse du film « Rasta Rocket », où une équipe de Jamaïcains se lance aux Jeux Olympiques d’Hiver en Bobsleigh. Nick est né en Valais, dans les Alpes, d’un père valaisan et d’une mère originaire de l’Île Maurice. Il a grandi entouré de montagnes mais son cœur a toujours vibré pour l’océan. Un jour, à 34 ans, en pleine réflexion sur son avenir, il a décidé de tout faire pour apprendre à surfer et dompter la vague, vivre ce rêve enfoui en lui. Un ami lui a parlé de stand up paddle en lui proposant de s’entraîner sur les lacs de Suisse avant d’aller à la mer. Une vidéo de Laird Hamilton dans les vagues d’Hawaii lui a donné le déclic.

De la pratique, il est ensuite passé à la compétition, car la Suisse organise ses championnats de SUP surf. En 2021, ce championnat a eu lieu en Espagne, où il a remporté le titre de Champion de Suisse de SUP surf. L’esprit de compétition fait partie de son ADN. Il aime le sport et toutes les émotions que le jeu ou les défis sportifs peuvent procurer, dans la victoire ou la défaite. Depuis son enfance, il a pratiqué de nombreuses activités en équipe, notamment le football et le basketball avec de jolis succès, car il avait la rage de gagner. En tant que joueur, il voulait réaliser les meilleures performances, il était exigeant avec les autres mais surtout avec lui-même. Il n’y a pas de succès sans entraînement ou préparation, même avec du talent. Puis, il est passé à l’escalade sportive en falaise, sans compétition, ce qui lui a permis d’apprendre à maîtriser son mental et à surpasser ses peurs (le vide, le risque d’accident, la défaillance physique).

Quand il a débuté en SUP, c’était dur de s’auto-motiver, tout seul sur l’eau. Mais il a vite appris la technique de rame en découvrant la préparation en sport d’endurance et il a aussi rapidement trouvé sa glisse, le tout en autodidacte. À ce moment, les courses de SUP florissaient en Europe centrale, il s’y est mis et a vite progressé pour atteindre le niveau des meilleurs pagayeurs de Suisse. Quand il a découvert qu’il y avait un championnat suisse de SUP Surf en 2018, il a tout de suite voulu y participer. Après ce titre, il souhaite participer aux championnats du monde de SUP surf à Porto Rico à l’automne prochain, sur ses boards Fanatic, et devenir le premier valaisan à surfer en lycra de compétition les vagues.

Le SUP Surf est encore un sport peu connu et peu médiatisé, qui vit dans l’ombre de ses deux grands frères, le Surf Traditionnel et le SUP Race. Quand on habite au cœur des Alpes et qu'on parle de surf, on passe déjà pour un extraterrestre, alors quand on essaie d’expliquer le SUP Surf, c’est comme si on venait d’une autre galaxie. Même si les gens sont souvent admiratifs, surtout quand on leur montre une vidéo, décrocher des sponsors reste une mission quasi impossible, d’autant plus quand on a 45 ans. Ce défi est certainement le plus important de sa carrière de sportif et il ne voulait pas le lâcher. C’est pour cela qu’il a eu l’idée de lancer un projet sur la plateforme suisse de crowdfunding pour les athlètes “Ibelieveinyou.ch” en réalisant un spot vidéo qui raconte son histoire “Des Alpes à l’Océan”.

Pour s’entraîner, Nick favorise les séjours à l’océan dès que son agenda le permet (il travaille à 100%), principalement sur la Côte Basque française qui a séduit son cœur il y a quelques années. Désormais "ambassadeur" pour le wavegarden d’Alaïa Bay à Sion, il mise beaucoup sur cette fantastique infrastructure à deux pas de son domicile pour travailler en surf classique sa condition physique et ses rotations aux turns. Ces sessions d’entraînement en bassin sont primordiales pour lui afin de garder le contact avec la vague, rester agile dans l’eau et perfectionner ses mouvements. Cela lui permet, il l’espère, de compenser le fait de ne pas vivre au bord de la mer tous les jours. Il complète sa préparation avec des entraînements en SUP Race soutenus, du wing foil dès que le vent se lève, du vélo de route pour le cardio de fond et des exercices de force en salle de musculation pour l’explosivité. Il travaille souvent son frontside snap pour essayer de générer un spray qui se remarque. Les deux manœuvres qu’il apprécie le plus sont le cut back et surtout le backside top turn crossover qui nécessite un changement d’appui de pagaie side to side sur le lip pour revenir dans la pocket.

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“Addicted to ride” est un slogan que Nick partage entièrement avec la marque Fanatic Switzerland (Sideshore AG) qui le soutient au niveau du matériel depuis quelques années. Il ride principalement deux planches sur lesquelles il se sent à l’aise avec suffisamment de stabilité au niveau du volume, en adéquation avec ses 87kg, et qui ont également une glisse et une maniabilité de dingue. Sa planche toutes conditions est une Pro Wave 8’2 “vintage” qui résiste à tous les chocs, aux transports en avion et aux contacts avec le reef, son terrain de jeu favori. La planche a été commercialisée en 2017, avec un rocker bien tendu et une solide construction mi-carbone mi-fibre pour une largeur de 28.5”. Il la monte habituellement en thruster et l’utilise pour les grosses vagues et les conditions chopy ou mouvementées. Avec un rocker marqué, des rails nettement plus fins pour conserver de la vitesse dans les turns, un tail plus étroit pour plus d’agressivité dans les manœuvres et une glisse hyper propre, montée en thruster ou en quad, cette planche est celle qu’il devrait utiliser aux mondiaux si les conditions sont glassy avec peu de courants. Il lui manque encore une Pro Wave 7’10 ou 7’11 de 2021-22 pour être encore plus performant dans les manœuvres, mais les conditions de production de ces dernières années n’ont pas permis d’en obtenir une en Suisse. Pour la pagaie, il ride uniquement avec la Fanatic Pro Carbon 100 de 90 in² fabriquée avec le système Union Joint qui offre une flexibilité sur toute la longueur du manche.

Ce projet “des Alpes à l’Océan”, ce rêve impossible, n’est pas un trip individuel. C’est une aventure vécue en famille, principalement avec sa compagne Florence qui le suit dans ses surf trips depuis 4 ans, l’encourage à chaque étape, l’aide dans ses démarches, veille à son alimentation, s’entraîne à ses côtés et maintenant ride la vague avec lui. Ses deux boys (Malcolm 23 ans / Malick 11 ans) et sa maman (sa première fan) sont également partie prenante de l’aventure, tout comme les membres de son club de stand up paddle à Sion (www.supspiritsion.com), ses amis, son réseau de connaissances et de nombreux collègues de travail. La culture surf en Suisse, avec une communauté d'environ 40 000 pratiquants, est étonnamment bien implantée, et Nick espère que cet essor est une opportunité pour le SUP Surf de se montrer et de s’exprimer. Il contribue d'ailleurs en tant qu’athlète confirmé à ouvrir la voie à la prochaine génération, ayant rejoint le comité de SUP Suisse pour développer le SUP Surf en organisant des sessions spéciales à Alaïa Bay et des camps à l’océan.

Rivan Rock Rosskopf : le rêve olympique entre Hawaï et la Suisse

Tout juste sacré champion de Suisse, l'Argovien Rivan Rock Rosskopf, 19 ans, rêve de devenir le premier surfeur professionnel de Suisse. Quand les feuilles tombent et que l’hiver s’installe doucement, Rivan Rock Rosskopf n’est généralement plus en Suisse. À 19 ans, il préfère passer la saison froide dans son deuxième chez-lui : Hawaï. Là-bas, même en hiver, il peut attraper les vagues sur sa planche, respirer l’air salé de l’océan et surfer sans combinaison néoprène pour se protéger du froid. Il y a peu, Rivan Rock Rosskopf s’est couronné champion de Suisse de surf à Cantabrie, sur la côte nord de l’Espagne. « C’était un objectif que je poursuivais depuis plusieurs années », confie-t-il. L’an dernier, il avait encore remporté le titre des moins de 18 ans ; cette année, il est monté sur la plus haute marche du podium dans la catégorie reine. Pendant une semaine, les meilleurs surfeurs suisses sont partis à la recherche de la vague parfaite, chacun ayant droit à deux vagues notées pour le concours.

Mais pour le jeune homme de Rheinfelden, ce n’est qu’un début. Rivan Rock Rosskopf rêve de participer aux Jeux olympiques d’été de 2028, le surf étant devenu discipline olympique en 2021. Il ambitionne également de rejoindre la Championship Tour, la catégorie reine du surf mondial. « Pour cela, il faut beaucoup d’argent pour voyager - et bien sûr énormément de travail », souligne-t-il. Rosskopf est né à Rheinfelden. À l’âge de sept ans, sa famille a décidé de s’installer à Hawaï, où son père avait grandi. Très vite, le jeune Fricktaler a découvert la mer sur un bodyboard, la planche sur laquelle les enfants apprennent les bases du surf. « À Hawaï, après la maternelle, nous allions souvent à la mer et glissions sur nos planches », se souvient-il. Peu à peu, il a commencé à attraper ses premières vagues. Pour son huitième anniversaire, Rosskopf a reçu sa première véritable planche de surf.

Par la suite, il surfait tous les jours après l’école. Rien d’étonnant, donc, à ce qu’il ait participé à sa première compétition en 2016. Le succès n’a pas tardé à suivre. Lors de vacances en Suisse à l’été 2019, il est allé surfer avec ses deux frères sur la vague de rivière de Bremgarten. Là, des surfeurs locaux l’ont repéré et l’ont invité à participer à une compétition. Le jeune homme du Fricktal a ensuite terminé deuxième dans sa catégorie. Le jeune homme arbore fièrement un drapeau suisse sur sa planche.

Après la pandémie de coronavirus, ses parents ont décidé, pour des raisons professionnelles, de revenir s’installer en Suisse. Pour Rosskopf, le premier hiver a été difficile. « Je savais à quoi m’attendre, raconte-t-il, mais ce fut un choc culturel. » En plus du niveau scolaire plus élevé en Suisse, le jeune homme, binational, a dû lutter avec son allemand standard, lui qui ne parlait jusque-là que le suisse allemand. Au lieu de chevaucher les vagues en hiver, il s’est retrouvé assis sur les bancs du collège de district de Rheinfelden. Mais le jeune homme a trouvé un nouvel équilibre grâce à la Fédération suisse de surf et surtout à l’association chrétienne Christian Surfers. Aujourd’hui, beaucoup de choses ont changé : il suit désormais un lycée en ligne, ce qui lui permet d’assister aux cours depuis Hawaï tout en se préparant pour la saison de surf en Europe. Il passe ses examens à Zurich, chaque printemps et chaque automne. Entre mai et septembre, Rosskopf surfe le long des côtes européennes. Chaque saison, il participe à une vingtaine de compétitions. « Les vagues en Europe sont bien plus faibles qu’à Hawaï », remarque-t-il.

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