Les Légendes du Surf : De l’Héritage d’un Onze Fois Champion du Monde à l’Évolution Globale

« Surfing is attitude dancing », disait Gerry Lopez. À l’heure où les surfeuses et surfeurs professionnels sont en pause concernant les compétitions, il est essentiel d’explorer le panthéon de cette discipline. Si le surf est aujourd’hui un sport mondial, sa trajectoire a été façonnée par des figures hors du commun, des pionniers aux champions modernes. Au centre de ce récit se dresse une figure incontournable, souvent qualifiée de « G.O.A.T » (le plus grand de tous les temps) : Kelly Slater.

Kelly Slater : L’Icône Absolue et le Maître des Records

C’est l’icône absolue du surf mondial. Avec onze titres mondiaux récoltés durant sa carrière, Kelly Slater (né le 11 février 1972) a révolutionné en profondeur le surf, influencé les jeunes générations et est considéré par ses pairs comme le plus grand surfeur du CT. Le nom de Kelly Slater est souvent accolé à l’acronyme G.O.A.T. Il détient presque tous les records significatifs de son sport, avec pas moins de 11 titres mondiaux, 56 victoires en compétition et le record à la fois du plus jeune, mais aussi du plus vieux champion du monde de l’histoire de la discipline.

Plus jeune champion du monde de surf en 1992, avant de rafler cinq couronnes d’affilée de 1993 à 1998, « King Kelly » a pris une première retraite en 1999. L’Américain est revenu à la compétition en 2002, décrochant 5 titres de champion du monde supplémentaires. Et le statut honorifique de plus vieux champion du monde de surf, à 39 ans en 2011 ! En 2022, à 50 ans, il s'est imposé lors de son 8e Billabong Pipe Masters. Échouant de peu à se qualifier pour les Jeux Olympiques de Tokyo 2020, il a continué de prouver son amour pour son sport et a largement contribué au développement de son surf et à sa popularisation.

« Tout a une fin », a déclaré Kelly Slater ce mardi 16 avril après son élimination du circuit élite, en 16ᵉ de finale du Margaret River Pro. Évoquant son sentiment après plusieurs compétitions ratées depuis le début de la saison, visiblement ému, la légende du surf a également indiqué : « Ça ressemble à la fin (…). Si tu ne t'adaptes pas, tu ne peux pas survivre. » À 52 ans, celui qu'on compare à Pelé en football ou à Jordan au basket avait déjà plusieurs fois fait référence à sa retraite, sans jamais l'annoncer officiellement. Après sa défaite, il a simplement évoqué au micro de l'organisation « le début de quelque chose d'autre ».

Sa carrière, débutée en 1990, a été marquée par sa domination précoce. Kelly Slater a remporté ses titres de champion du monde en 1992, 1994, 1995, 1996, 1997, 1998, 2005, 2006, 2008 et 2010. En 2011, dans les eaux froides d’Ocean Beach à San Francisco, il décrochait son 11ème titre historique. Outre la longue liste de récompenses du surfeur américain, il a largement contribué à l’expansion de son sport. Son style de surf, son sens du marketing et sa soif de développer de nouvelles technologies ont permis de faire grandir son surf et de le populariser auprès du grand public. Son héritage compte également sur le concept de piscines à vagues. En 2015, avec son équipe Kelly Slater Wave Co, il a donné vie à cette technologie moderne. Le « King » reste le meilleur argument pour « faites du sport et vous ne vieillirez pas ».

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Andy Irons : Le Rival Éternel et l’Âme du Surf

Décédé le 2 novembre 2010 à 32 ans d’un infarctus du myocarde, bien trop tôt, Andy Irons remporta trois titres de champion du monde entre 2002 et 2004. L’Hawaiien était considéré comme le plus grand rival de Slater dans les années 2000, et l’un des plus grands surfeurs de sa génération. “Il m’a obligé à me surpasser. Nous ne nous sommes pas toujours bien entendus, parfois même nous nous sommes détestés, mais en même temps nous nous aimions, je crois », a déclaré King Kelly après son décès. Il lui dédiera d’ailleurs son titre mondial de 2010. Andy Irons était du pro-team Billabong et un sérieux rival face à Kelly Slater. Il a rejoint le paradis des surfeurs en 2010, laissant derrière lui une trace indélébile dans l'histoire de la compétition.

John John Florence : Le Prodige Hawaïen

Né le 18 octobre 1992 à Honolulu, l’Hawaïen John John Florence a lui aussi inspiré bon nombre de pratiquants de surf. Lui qui a surfé ses premières vagues dès l’âge de 3 ans, puis est sponsorisé par une marque dès 6 ans, est un véritable prodige. Intégrant en 2011, à 18 ans, le Championship Tour, le jeune Hawaïen décroche son premier titre mondial en 2016. John John Florence est alors le 4e Hawaïen à devenir champion du monde de surf, après Derek Ho en 1993, Sunny Garcia en 2000 et Andy Irons de 2002 à 2004. Il récidive dès décembre 2017, avec un deuxième titre mondial consécutif, performance qu’aucun surfeur n’avait réalisée depuis le regretté Andy Irons.

La suite sera plus compliquée pour JJF, avec plusieurs ruptures du ligament croisé du genou (droit en 2018, gauche en 2021 et 2022). Huitième de finaliste aux Jeux Olympiques de Paris 2024, John John Florence réussit au bout du compte à reconquérir la couronne mondiale cette même année, brisant l’hégémonie des surfeurs brésiliens. Gabriel Medina avait ainsi notamment remporté les titres mondiaux en 2018 et 2021, et Filipe Toledo en 2022 et 2023. Un troisième sacre planétaire au goût de magnifique revanche pour John John Florence.

Duke Kahanamoku : L’Ambassadeur Universel

Né à Honolulu (Hawaii) en 1890, « le Duke » fut d’abord un brillant nageur puisqu’il remporta l’or au 100m libre des JO de Stockholm 1912, record du monde à la clé. Duke est considéré à juste titre comme l’ambassadeur du surf, présentant la discipline aux Etats-Unis (1912) et en Australie (1914). Duke Paoa Kahinu Mokoe Hulikohola Kahanamoku est une personnalité fondamentale : c’est lui qui a fait découvrir sa pratique sur la westcoast américaine et en Australie. Waterman accompli, il reste une figure sainte pour les pratiquants du monde entier.

Gerry Lopez : Le Pionnier de Pipeline

Vainqueur de la compétition Pipe Masters en 1972 et 1973, le surfeur américain Gerry Lopez, né à Honolulu en 1948, est l’un des pionniers du big wave riding. « Mr Pipeline », fervent adepte du bouddhisme et du yoga, est également célèbre pour avoir découvert des spots d’Indonésie tel que G-Land, fameuse gauche de l’île de Java. Acteur à ses heures perdues, il a marqué l'imaginaire collectif en tournant dans le film « Conan le Barbare » avec Arnold Schwarzenegger. Sa quête de la « vague parfaite » sans forcément passer par la compétition pure a inspiré des générations de « soul surfers ».

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Tom Curren : Le Style Novateur

Né le 3 juillet 1964 à Newport Beach (Californie), Tom Curren a lui aussi collectionné les titres mondiaux puisqu’il fut sacré 3 fois sur le tour pro, en 1985, 1986 et 1990. Poussé par son père à pratiquer le surf, il a hérité des dons de son paternel et bâti sa propre légende, avec un style très novateur et des enchaînements de manœuvres à faire presque pâlir de jalousie ses adversaires. Ce pionnier du surf professionnel, retraité de la compétition depuis 1994, partage désormais son temps entre le free surf et la musique. Il est l’homme qui a « inventé » le surf moderne et reste un véritable dieu pour les puristes.

Gabriel Medina : Le Dominateur Brésilien

Gabriel Medina, surfeur pro brésilien, a été sacré champion du monde de surf en 2014, 2018 et 2021. En 2015, Time Magazine lui a donné une place parmi les 100 personnalités les plus influentes du monde. Comme beaucoup de grands surfeurs, il a commencé à surfer à l’âge de 9 ans. Parmi les grands surfeurs d’origine brésilienne figure Gabriel Medina, aux scores imbattables. Il a été le premier surfeur de son pays à remporter une étape de la Gold Coast en Australie et celui qui a occupé la tête du classement mondial pendant la plus longue période de l’histoire du surf. Il est entré dans ce que l’on appelle l’élite mondiale du surf en 2011 à seulement 17 ans.

Stephanie Gilmore : L’Excellence Féminine

Stephanie Gilmore est l’une des plus grandes légendes du surf féminin. Cette Australienne impressionne par sa longue histoire de succès. En 2010, elle a été intronisée au Surfing Hall of Fame à l’âge de 22 ans seulement. Sur l’ASP World Tour, elle a été sept fois gagnante (2007-2010, 2012, 2014 et 2018). Une caractéristique intéressante chez cette grande compétitrice est sa capacité à rebondir : en 2010, après une agression grave au poignet, elle est revenue en 2012 pour remporter de nouveau le titre mondial. En 2014, elle s’est surpassée en marquant un 10 parfait lors de la finale du Swatch Women’s Pro.

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