La photographie sous-marine représente un défi technique majeur en raison des propriétés physiques de l'eau, qui absorbe la lumière et altère les couleurs à mesure que la profondeur augmente. Pour surmonter ces obstacles et capturer des images vibrantes et détaillées, l'utilisation d'un éclairage artificiel est indispensable. Le flash sous-marin, ou stroboscope, devient ainsi le premier accessoire essentiel à acquérir après le boîtier de l'appareil photo.
Fondamentaux du flash et fonctionnement technique
Au sens propre, le terme « flash » désigne un instrument qui émet une lumière intense en très peu de temps, nous permettant d'éclairer la scène que nous cadrons ou une partie de celle-ci. Le flash se compose d'un bloc-piles, d'un condensateur, d'un réflecteur et d'une lampe. Il doit être connecté à l'appareil photo par un câble ou directement à la griffe porte-accessoires.
Il existe plusieurs modes de fonctionnement :
- Flashs manuels : Ces appareils ne possèdent pas de fonctions automatiques ; tout au plus sont équipés d'un variateur de puissance permettant de fragmenter la puissance.
- Flashs automatiques : Ces flashs fonctionnent à la fois manuellement et grâce à une cellule de mesure de la lumière qui leur permet d'émettre un éclair d'une puissance adaptée pour une exposition correcte du sujet. Cette automatisation est liée à l'ouverture du diaphragme, que l'on doit régler sur l'appareil photo ; cette ouverture est appelée « ouverture de travail ».
- Flash TTL (Through The Lens) : Ce type de flash propose les modes manuel et TTL, et certains modèles prennent même en charge le mode automatique. Le flash TTL est contrôlé par l'expositionmètre de l'appareil photo, qui connaît précisément le cadrage et, dans certains cas, la distance au sujet.
La puissance et le nombre guide
Une caractéristique importante du flash est sa puissance. Pour les flashs portables utilisés en photographie sous-marine, cette puissance est exprimée par le nombre guide (NG). Plus le nombre guide est élevé, plus le flash est puissant. La formule précise est : nombre guide = distance * diaphragme.
Il est crucial de noter que les nombres guides sont généralement indiqués en mètres, à ISO 100, souvent au-dessus de l'eau. Pour calculer le NG d'un flash dans l'eau, il suffit de diviser son NG dans l'air par 3. Pourquoi acheter un flash puissant ? Parce que le nombre guide effectif sous l'eau est fortement atténué, typiquement la moitié de sa valeur terrestre voire plus si les conditions sont mauvaises. En terme pratique, cela signifie que votre appareil verra, au mieux, le quart de l'intensité « terrestre » du flash à la même distance. Si on double le NG, on quadruple la puissance du flash. La valeur typique du NG terrestre des flashes sous-marins vendus actuellement varie de NG-17 à NG-24, ce qui couvre la plupart des besoins.
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Couverture angulaire et température de couleur
Une autre caractéristique importante du flash est son champ de vision, essentiel avec les objectifs grand angle. Par exemple, avec un Nikonos équipé d'un objectif 15 mm (champ de vision de 94°) et un flash couvrant 80°, on obtient une zone sous-exposée, voire noire, sur les bords de la photo. Vous souhaiterez un angle de couverture plus élevé pour les photos grand angle. Des flashs comme le Ikelite DS-51, avec un angle de couverture inférieur à 90 degrés, sont suffisants pour la macro. Les flashs destinés au grand angle ont généralement un angle de couverture de 90-100 degrés ou plus dans les deux sens.
Une caractéristique souvent négligée des flashs est leur température de couleur, exprimée en degrés Kelvin (K). La température de couleur de la plupart des flashs varie entre 4700 et 5600K. Une température de couleur légèrement inférieure (plus chaude), par exemple 4700K, peut être bénéfique pour les prises de vue grand angle en raison des meilleurs bleus qu'elle produit. Les flashs Ikelite sont des flashs plus chauds.
Gestion de la lumière et évitement des erreurs courantes
L'eau absorbe rapidement les rouges et les jaunes : dès quelques mètres, les photos virent au bleu-vert. Une source de lumière proche du sujet est nécessaire si vous voulez capturer les couleurs en profondeur. Le réglage de la « balance des blancs » sur l'appareil ne peut pas compenser les couleurs totalement manquantes. Un flash devient incontournable dès qu'on s'éloigne un peu de la surface.
Le phénomène de « neige » dans les images est un problème courant. Le flash intégré d'un appareil dans un caisson transparent n'est vraiment pas adapté à la photo sous-marine, car il illumine les particules en suspension juste devant l'objectif. Dans la même idée, si vous positionnez votre flash déporté trop près du hublot du caisson vous aurez aussi de la neige dans vos images. Quand il y a beaucoup de particules en suspension, on emploie généralement des bras de flash plus longs.
Pour éviter les ombres trop dures, il faut comprendre que la dureté des ombres dépend de la taille relative de la source de lumière « principal » par rapport à la distance à laquelle est placé le sujet. En photographie sous-marine, vous pouvez adoucir les ombres en approchant votre flash aussi près que possible des sujets de petite taille pour les images en gros plan. Pour les sujets plus grands ou plus loin, vous aurez besoin d'une deuxième source de lumière pour déboucher les ombres créées par le flash « principal ».
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Techniques de positionnement et créativité
L'éclairage latéral peut révéler la forme et la texture d'un sujet caché sur le fond. Un éclairage frontal, avec le flash trop près du hublot, ne peut pas faire sortir les ombres visibles à l'appareil photo. Plus vous éclairez latéralement (côté ou au-dessus), plus vous allez révéler la texture du sujet.
Faut-il toujours garder son flash fixé sur le caisson ? Absolument pas ! En macro, il est souvent utile de tenir son flash principal à la main pour mieux le positionner. Dans d'autres situations, le deuxième flash, réglé en mode « ESCLAVE », peut être porté par votre binôme pour obtenir un éclairage intéressant. Ce mécanisme repose sur une cellule qui, exposée à la lumière, ferme le circuit et déclenche le flash.
Temps de recyclage et accessoires complémentaires
Plus vite, c'est mieux. Une seconde est considérée comme très bonne, 3 secondes un peu lente. Ce temps de recyclage ne concerne qu'une « décharge complète », ce qui signifie que le flash décharge pendant sa durée maximale. Des puissances de flash plus faibles permettent un recyclage plus rapide.
Une lampe pilote est une lumière qui sort du flash et qui éclaire le sujet pour aider à la mise au point automatique. Peu de photographes utilisent cette fonction, la plupart du temps les flashs ne sont pas dirigés exactement vers le sujet. Ils peuvent cependant être utiles comme éclairage de secours lors de plongées de nuit, ou comme éclairage de mise au point d'urgence.
Il existe également une variété d'équipements spécialisés. Le phare vidéo fournit une lumière continue, nécessaire en vidéo et utile pour la visée. Des accessoires comme le filtre globe Bigblue GF63, un diffuseur grand angle, transforment le faisceau directionnel de votre phare en un éclairage panoramique de 270°, idéal pour la macrophotographie. Les têtes interchangeables, comme celles de la gamme Bigblue, permettent de remplacer ou compléter les têtes lumineuses d'origine pour assurer une compatibilité optimale avec différents modèles de phares.
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