Le Trimaran Macif : Une Odyssée de Conception, de Records et de Transmissions en Course au Large

Le trimaran Macif représente une étape emblématique dans l'histoire de la course au large, incarnant l'innovation, la quête de performance et l'ambition de repousser les limites humaines et technologiques. Conçu pour les tours du monde en solitaire, ce multicoque de 30 mètres de long a traversé différentes phases de sa vie nautique, connaissant des victoires éclatantes, des tentatives de records audacieuses, des défis techniques constants et plusieurs changements de main, tout en restant une référence dans le monde des Ultims. Son parcours est une saga de l'ingénierie navale moderne et de la persévérance sportive.

Genèse et Conception d'un Géant des Mers

L'aventure du trimaran Macif a pris racine dans l'ambition de François Gabart. Après avoir remporté le Vendée Globe 2012-2013 et la Route du Rhum 2014, François Gabart a quitté le circuit IMOCA pour se consacrer aux grands records à la voile avec la réalisation d'un maxi-trimaran de 100 pieds. Ce projet d'envergure a été soutenu par Macif, qui a consacré 25 millions d'euros sur cinq ans à cette entreprise audacieuse. Pour sa conception, Gabart s'est tourné vers le cabinet d'architectes Van Peteghem Lauriot-Prévost (VPLP), une référence incontournable en matière de course au large, réputée pour son expertise dans la création de multicoques de pointe.

Le trimaran Macif s'est inspiré de deux maxi-multicoques VPLP précédents : le Maxi Banque Populaire V, devenu Spindrift, et surtout Groupama 3, qui est ensuite devenu Idec Sport. L'accent a été mis sur la légèreté afin de permettre au bateau d'être mené au maximum de ses capacités par un solitaire. Pour gagner en poids, les coques ont été conçues plus fines que celles de Groupama 3. La coque centrale, quant à elle, a été rendue vide, permettant ainsi d'installer entièrement la cellule de vie dans un cockpit couvert où toutes les manœuvres sont ramenées. Cette approche a permis une centralisation des commandes et une protection accrue du skipper. Les flotteurs du trimaran ont été équipés de foils en forme de L, une innovation majeure de l'époque, qui permettent de sustenter le trimaran, réduisant la surface mouillée et augmentant considérablement la vitesse. Outre les foils, qui équipent également le bateau de Coville (Sodebo Ultim'), la recherche d'optimisation de la vitesse s'est portée sur les plans porteurs au safran, une nouveauté sur laquelle Thomas Coville s'est aussi appuyée. Ces plans porteurs visent à stabiliser l'arrière du bateau, car "le foil fait cabrer le bateau mais il ne le fait pas lever. Le bateau planait sur l'arrière. Avec des plans porteurs ça stabilise l'arrière." Ce trimaran mesure 30 mètres de long et 23 mètres de large, avec un mât de 35 mètres, des proportions qui en font un véritable géant des mers.

L'habitacle du trimaran a été pensé pour la performance avant tout, réduisant au strict minimum le confort du skipper. François Gabart lui-même a décrit cet espace en ces termes : « L’espace d’habitation y est, comment dire, vraiment réduit au minimum. » En effet, la cellule de vie ne fait que quatre mètres carrés, comprenant une bannette pour dormir, un petit réchaud pour la cuisine et une hauteur sous plafond de 1,80 m tout au plus. Un espace avant tout propice à la concentration intense nécessaire pour ces navigations extrêmes.

Les Premiers Milles et les Victoires Initiatiques sous François Gabart

Après sa mise à l'eau le 18 août à Lorient, le trimaran Macif a rapidement entamé sa phase de tests. Les essais statiques ont eu lieu le 20 août, suivis de la première sortie en mer sous voile, sans les foils, le 22 août, devant Lorient. Ces premières navigations ont permis de valider les concepts fondamentaux du navire.

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Le début octobre a marqué l'entrée en compétition du trimaran avec sa première course, la Transat Jacques Vabre. François Gabart et son équipe ont remporté cette épreuve, devançant Sodebo Ultim' de 7 heures, après avoir pris le contrôle de la course dans la traversée du Pot au Noir. Les navigations sur le seul foil présent à ce moment-là ont validé le concept des appendices, confirmant le potentiel du design. Le 24 novembre, le trimaran est retourné à Lorient pour une optimisation au chantier CDK, une étape essentielle pour affiner ses performances.

Après une brillante victoire dans la Transat Anglaise (connue également sous le nom de The Transat bakerly), François Gabart est resté jusqu'à la mi-juin en stand-by à New York pour une tentative de record de l'Atlantique Nord en Solitaire. Malgré une fenêtre météorologique jugée très moyenne, le skipper s'est élancé, profitant de l'occasion pour battre, rebattre et finalement pulvériser le record de la plus grande distance parcourue en 24 heures par un solitaire avec 785 milles. À son retour, le trimaran a été démâté et a subi un contrôle complet à Port-la-Forêt, garantissant son intégrité structurelle après des efforts intenses.

Remis à l'eau fin août, le trimaran a pris la direction de la Méditerranée début septembre pour des opérations de relations publiques (RP) au large de La Ciotat. Une période de stand-by était également prévue pour une tentative sur le record de la traversée Marseille-Carthage. Ce record, sur un parcours de 458 milles entre Marseille et Carthage, à l’entrée de la Baie de Tunis, était alors détenu depuis le 1er octobre 2013 par Armel Le Cléac’h sur Banque Populaire VII, en 18 heures 58 minutes et 13 secondes, soit une moyenne théorique de 24 nœuds. François Gabart, après sa victoire en mai sur The Transat bakerly puis le record des 24 heures qu’il a porté début juillet à 784 milles, à presque 33 nœuds de moyenne, était déterminé à établir un nouveau temps de référence sur ce sprint méditerranéen. Il confiait son plaisir à retrouver cet environnement : « J’aime beaucoup la Méditerranée, j’y ai plusieurs fois navigué lorsque je faisais de l’olympisme et j’ai toujours apprécié les courses que j’y ai disputées en Figaro, notamment la dernière, la Cap Istanbul en 2010 (victoire et titre de champion de France de course au large en solitaire à la clé). C’est une mer particulière avec des conditions très changeantes, il faut savoir être opportuniste. Je suis pressé de m’attaquer à ce record. » Les conditions idéales pour battre le record d’Armel Le Cléac’h auraient été « un mistral qui viendrait juste de se lever pour éviter les vagues, et si possible plus ouest que nord, afin de ne pas avoir à empanner sur la trajectoire. Surtout, il faudrait que ce mistral souffle jusqu’en Afrique, cas de figure assez rare, car en général, il a tendance à baisser au sud de la Sardaigne. » Malgré l'attente d'une fenêtre favorable, cette tentative n'est finalement jamais venue, bien qu'une fenêtre ait été annulée. Plusieurs sorties se sont succédé jusqu'au départ de The Bridge, puis le retour après la victoire à New York s'est fait en simple convoyage. 48 heures après son arrivée à Brest, le trimaran a regagné son port d'attache de Port-la-Forêt, et François Gabart a entamé le tour des médias Parisiens. De son expérience à bord, un peu plus d'un an après sa mise à l'eau, Gabart se disait « plus que satisfait » : « Nous avons gagné les deux premières courses du programme (Transat Jacques Vabre et The Transat bakerly), nous avons un bateau très performant sur lequel nous n’avons rencontré aucun souci technique majeur et qui a toujours un potentiel de progression énorme, c’est très positif pour la suite. »

L'Ambition du Record du Tour du Monde en Solitaire

L'un des objectifs majeurs de François Gabart avec le trimaran Macif était de s'attaquer au prestigieux record du tour du monde en solitaire en multicoque. Après un chantier hivernal de plusieurs mois, François Gabart a remis à l'eau son trimaran Macif de 30 mètres de long en mars. Son objectif était clair : tenter de décrocher le record que Thomas Coville avait établi en décembre 2016 sur Sodebo Ultim' (49 jours 3 heures 7 minutes 38 secondes, le 25 décembre 2016, sous la barre symbolique des 50 jours, améliorant le précédent record de Francis Joyon de 8 jours 10 heures, 26 minutes et 28 secondes).

Le bateau, sorti des chantiers le 15 août 2015, avait été sorti de l'eau le 8 novembre précédent afin d'être amélioré dans cet unique but : battre le record de Coville. À l'automne, François Gabart s'est élancé en solitaire autour du monde, prêt pour la tentative de record de Tour du monde en solitaire en multicoque. Le skipper a débuté sa période de stand-by, attendant la bonne fenêtre météo pour s'élancer autour du globe. La stratégie de départ était primordiale : "Ce que l'on cherche en premier, c'est un bon temps jusqu'à l'hémisphère sud," expliquait François Gabart. "Au moment de partir, nous avons évidemment une petite idée sur ce qui nous attend au niveau de la transition entre l'Atlantique Nord et les dépressions de l'Atlantique Sud, mais cela reste très aléatoire. Il faut croiser les doigts pour que l'enchaînement se passe bien derrière."

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Durant sa tentative, la progression du trimaran a été suivie avec attention. Après avoir passé l’Équateur avec 100 milles nautiques de retard, le trimaran Macif a filé bon train le dimanche 12 novembre, atteignant des vitesses de 27 à 32 nœuds, supérieures à ce que prévoyaient les routages. Sur la cartographie, le retard sur les temps de passage de Sodebo (le bateau de Thomas Coville) s’est amenuisé, jusqu’à virer au vert, tout comme l'étaient les prévisions à venir. François Gabart avait alors le nez pointé vers les côtes de l’Afrique du Sud et avançait au portant dans de belles conditions de navigation au cours des 36 prochaines heures. La dépression que guettait la cellule météo avait pris de la vigueur au sud de l’Argentine, remontant le long des côtes de l’Amérique du Sud avant de glisser d’ouest en est, des Amériques à l’Afrique, de Cabo Frio au Cap de Bonne-Espérance, le prochain comptoir visité par le Macif Express. Les choses semblaient s’améliorer pour le Charentais.

Défis et Revers Post-Record

Le 31 juillet, Macif V2 a été remis à l'eau à Lorient, marquant une nouvelle phase dans la vie du trimaran. Lors du départ d'une course, Macif a été le premier sur la ligne, avant d'être dépassé par Gitana 17 avant Fréhel. Il a cependant repris la tête peu de temps après le passage de la porte à Fréhel. La course s'est avérée magnifique, avec le trimaran en tête dès le deuxième jour, après l'abandon de Gitana 17. François Gabart a alors pris une avance conséquente avant d'aborder le tour de la Guadeloupe. Cependant, ce qui n'était pas encore su, c'est que Macif était lourdement handicapé, ayant perdu son foil tribord et son safran bâbord depuis le deuxième jour de course. Sous la Soufrière, Macif est resté "scotché" pendant 1 heure 15 minutes, permettant à IDEC Sport de revenir à 1 mille. Il a repris l'avantage dans le canal des Saintes, avant de se faire repasser par Francis Joyon 5 milles avant la ligne à Pointe-à-Pitre. Face aux trop nombreux problèmes techniques, il a été décidé que le trimaran rentrerait par cargo, une décision qui soulignait l'intensité des défis rencontrés en mer.

Pour remédier à ces problèmes et continuer à améliorer les performances du trimaran, une nouvelle série d'optimisations a été entreprise. Le 22 mai 2019, le trimaran a été remis à l'eau. À l'intérieur, le moteur avait été déplacé pour modifier le centre de gravité, les systèmes de foils et de safrans avaient été revus, et la coque centrale avait été découpée à l'arrière, façon Sodebo Ultim', afin d'optimiser la stabilité en vol. Ces modifications visaient à rendre le bateau plus performant et plus fiable.

Ces ajustements ont rapidement été mis à l'épreuve. Le 3 août, Macif a pris le départ de la Rolex Fastnet Race. Après avoir été en tête pendant une bonne partie de la course, le trimaran s'est fait dépasser par Gitana 17 sur la ligne d'arrivée, prenant la deuxième place à seulement 58 secondes. Cette performance a démontré la compétitivité du bateau, même face à des concurrents redoutables.

La Fin de l'Ère Macif et la Quête d'un Nouveau Souffle

En février, François Gabart et la Macif ont annoncé que Pascal Bidégorry serait le skipper du trimaran pour The Transat CIC, François Gabart ayant besoin de récupérer après des années intenses. Remis à l'eau début mars, les entraînements de Pascal Bidégorry ont à peine eu le temps de débuter. Malheureusement, la pandémie de Covid-19 est survenue, entraînant un confinement généralisé et l'annulation de The Transat CIC, comme toutes les compétitions sportives.

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Un "coup de tonnerre" a retenti en juin. Alors qu'un nouveau trimaran était en construction et que Mer Concept, l'entreprise de François Gabart, emménageait dans sa nouvelle base à Concarneau, la Macif a annoncé la fin de son programme Ultim. Cette décision, qui a surpris le monde de la voile, a été justifiée par un contrat non signé pour le sponsoring du futur trimaran. Il a été précisé que les raisons de cette cessation n'étaient ni économiques, ni liées au Covid-19, ni aux résultats sportifs.

Le 21 juillet, le trimaran, avec François Gabart et son équipe, a effectué une longue sortie au large des côtes Bretonnes, avec des pointes à près de 40 nœuds. Cette navigation fut l'une des dernières sous l'égide de Macif. Cinq propositions d'achat auraient été faites pour le navire. Parmi les acquéreurs potentiels figuraient sans doute Pascal Bidégorry, une équipe étrangère et un candidat officiellement déclaré : Marc Thiercelin, qui aurait choisi de poursuivre son projet d'Ultim "ex Oman" avec l'ex-Macif.

Une Nouvelle Vie sous les Couleurs d'Actual Leader

Le 24 août, Samuel Tual, Président d’Actual Leader group, et Jean-Bernard Le Boucher, Directeur des Activités Mer du Groupe Macif, ont annoncé avoir racheté le trimaran. L'acte de vente du trimaran Macif, trimaran de 32m conçu et mené jusqu’ici par François Gabart et son équipe, a été signé ce jeudi à Lorient. Le jeudi 10 décembre, à Lorient La Base, Samuel Tual a entériné la promesse d’achat, conclue en août avec le Groupe Macif. Yves Le Blevec est désormais à la barre d’un Ultim volant, « pointu et très haut de gamme », selon le skipper trinitain.

Samuel Tual a exposé la vision derrière cette acquisition : « C’est une nouvelle étape dans notre programme, nous avons saisi l’opportunité qui se présentait à nous pour évoluer vers un projet gagnant. Actual Leader 1 était un bateau performant et fiable, mais, au regard des évolutions techniques permanentes des Ultims, il ne nous positionnait pas parmi les favoris. Désormais, avec ce nouveau trimaran, la démarche est toute autre, la nature du projet évolue et cela tombe parfaitement bien dans ce contexte de pandémie, pour deux raisons. La première, que le Vendée Globe illustre à la perfection, c’est que dans un contexte de privations de libertés, nous serons très fiers d’apporter une part de rêve à tous, via un programme ambitieux de tour du monde, porté par un skipper de talent. Cela ajoute encore du sens et de la pertinence à notre programme. La seconde touche directement à notre métier : nous devons faire face à une crise économique grave, nous allons avoir beaucoup de travail et des défis particulièrement pointus à relever dans les mois à venir. Nous nous devons d’être performants, pour accompagner les demandeurs d’emploi et les entreprises dans cette période difficile. Ce nouvel Ultim est à l’image des défis qui nous attendent en 2021. »

La transmission étant effective entre Macif et Actual Leader, Yves Le Blevec et son équipe ont commencé à travailler sur leur nouveau trimaran. Comme à chaque prise en main, la première étape d’appropriation de ces engins de course passe par du démontage. Yves Le Blevec a souligné : « L’équipe de MerConcept nous a fourni beaucoup d’informations, mais nous devons également tout découvrir et comprendre par nous-mêmes. Nous allons tout inspecter, de façon à nous approprier les subtilités de cet Ultim. Nous sommes montés en gamme en terme de cohérence, d’homogénéité globale. Ce trimaran a été pensé et fabriqué avec beaucoup de rigueur et de technicité. Il a bénéficié d’une vision résolument high-tech. »

Aucun développement majeur n'a été programmé lors de ce chantier d’hiver, qui devait s’achever dès la mi-mars 2021. Le trimaran, resté au ponton cet été, a été démâté afin d’effectuer une réparation au niveau de la tête de mât, ce qui a également permis à l’équipe technique de contrôler l’intégralité du gréement. L'équipe a surtout travaillé sur la finalisation de l’installation des fibres optiques sur les appendices (safrans, foils, dérive), un élément clé pour recueillir de précieuses informations sur leur comportement. Antoine Gautier, responsable du bureau d’études, a expliqué : « Les fibres optiques nous fournissent des données sur les déformations et les efforts subis par les appendices, qui sont envoyées directement sur l’ordinateur du bateau. »

Le 13 avril 2021, après quatre mois de chantier, le trimaran a été remis à l'eau sous ses nouvelles couleurs à Lorient. Lors d'une nouvelle sortie d'entraînement le 28 avril 2021, François Gabart était à bord, symbolisant la continuité et le transfert de connaissances. Malheureusement, début juin, Yves Le Blevec a été blessé suite à une mauvaise chute sur le pont du trimaran, le laissant plâtré pour six semaines. Malgré cet incident, Yves Le Blevec est remonté à bord pour la Rolex Fastnet Race et Actual Ultim' 3 a pris la deuxième place, démontrant une nouvelle fois la compétitivité du bateau.

L'Évolution Technique et les Courses de l'Ère Actual Ultim' 3

L'année 2022 a marqué la poursuite des efforts pour optimiser et faire courir le trimaran. Le 13 avril 2022, Actual Ultim' 3 a été remis à l'eau à Lorient sur l'anneau. Les foils ont été mis en place à La Trinité-sur-Mer le 27 avril. Le 5 mai, la première sortie en baie de Quiberon a été effectuée, avec des pointes à 30 nœuds, confirmant la vivacité du bateau. Le 28 mai, Actual Ultim' 3 s'est imposé sur l'ArMen Race devant Sodebo Ultim 3 et IDEC Sport, ajoutant une nouvelle victoire à son palmarès.

Le 1er juillet, le trimaran a pris le départ de la Finistère Atlantique Challenge Action Enfance. Bien que dans le coup pendant les premières heures, il a rapidement été distancé. Un incident majeur est survenu 48 heures avant l'arrivée : le bateau a heurté un OFNI (Objet Flottant Non Identifié), et la dérive a perdu son aile de raie, compromettant la performance. Le 15 septembre 2022, un entraînement en commun avec SVR Lazartigue a eu lieu au large de Groix et des Glénan, permettant de tester le bateau et de le préparer pour les futures échéances.

Le 9 novembre 2022, Actual Ultim' 3 a pris le départ de la Route du Rhum. Le bateau a terminé à la 5ème place, sans pouvoir rivaliser avec les leaders de la course, soulevant la question de savoir si l'objectif était bien là. Le 30 novembre, au lever du jour, Actual Ultim' 3 a terminé son convoyage à La Trinité-sur-Mer, en compagnie d'IDEC Sport.

Le 13 janvier 2023, Yves Le Blevec a annoncé, en accord avec son sponsor, qu'il passait la main à Anthony Marchand en tant que skipper. Ce changement a ouvert un nouveau chapitre pour le trimaran. Des travaux techniques importants ont été observés : le 10 juin, l'ensemble des systèmes de foils sur les deux flotteurs semblaient avoir été démontés. Une sortie au large de Belle-Île le 5 juillet a permis quelques bords avec SVR Lazartigue. Cependant, fin août, le trimaran n'avait toujours pas ses nouveaux foils. Un foil a été installé sur tribord, mais semblait être la version 2 du trimaran. Le 7 septembre, il a été confirmé qu'un problème dans le processus de fabrication des nouveaux foils était à l'origine de la livraison retardée. De plus, lors d'une sortie cet été, le trimaran aurait endommagé sa dérive centrale. Le 25 septembre, Actual Ultim' 3 a retrouvé son deuxième foil, qui ressemblait aux nouveaux, marquant une avancée majeure.

Ces défis techniques ont continué lors des courses. Le 29 septembre 2023, le trimaran a pris part aux 24H Ultim, avec un nouveau foil et un ancien foil, témoignant des ajustements en cours. Le 2 octobre a vu le démontage de l'ancien foil tribord. Le 3, la potence a été mise en place pour hisser le nouveau foil dans son puit. Le 4 octobre au matin, le deuxième nouveau foil a été installé, complétant ainsi l'équipement. Le 15 octobre, le trimaran a quitté La Trinité pour Le Havre, en vue du départ de la Transat Jacques Vabre.

Le 29 octobre 2023, Actual Ultim' 3 a pris le départ de la Transat Jacques Vabre, sans parcours côtier en raison des conditions météorologiques difficiles. Les Class40 et les Ocean Fifty ont également pris le départ, mais en direction de Lorient, tandis que les IMOCA60 sont restés à quai au Havre. Le 26 novembre au matin, le trimaran est arrivé à Lorient, skippé par Yves Le Blévec, une partie de l'équipe technique, et JB et Arthur Le Vaillant. Le 6 décembre, il a retrouvé son mât et ses voiles à Lorient La Base. Le lundi suivant, il a regagné son port d'attache de La Trinité-sur-Mer, où des travaux sur les voiles ont été effectués, avant une période d'inactivité à flot.

L'ARKEA Ultim' Challenge et les Derniers Développements

L'année 2024 a débuté avec un défi majeur pour le trimaran Actual Ultim' 3 : l'ARKEA Ultim' Challenge Brest, un tour du monde en solitaire. Le 7 janvier 2024, il a pris le départ de cette course exigeante. Le 23 janvier, alors qu'il venait de prendre la 4ème place de la course, l'équipe a signalé une collision sur le foil bâbord. Le foil n'était pas détruit, mais "s'épluchait" petit à petit. Il s'agissait du même foil déjà très abîmé sur la Transat Jacques Vabre, et réparé quelques jours seulement avant le convoyage sur Brest.

Le 26 janvier, le trimaran est arrivé à Cape Town, où une dizaine de personnes de l'équipe l'attendaient pour des réparations essentielles. Le foil a été retiré, des vérifications des connectiques ont été effectuées, et des réparations ont été apportées à l'écoute de J1, au système de barre, et aux vérins des pilotes automatiques, des interventions cruciales pour la poursuite de la course. Le 13 mars, le trimaran a quitté Brest et a rejoint son port d'attache de La Trinité-sur-Mer, où un chantier à flot a été entrepris pour préparer des sorties partenaires.

Les activités ont repris avec succès, notamment le 4 mai, où le trimaran a remporté le Tour de Belle-Île en 1 heure 38 minutes, sur un petit parcours en raison des conditions météorologiques. Le 25 septembre au matin, il a rejoint le port de Concarneau pour la Finistère Atlantique. Le 28 septembre, le trimaran a pris le départ de la course avec un bon début dans le petit temps, restant au contact des premiers. Cependant, il a commencé à se faire distancer à partir du cap Finistère, pour finalement terminer à la 5ème place. Le 9 octobre, il a quitté Antibes pour Saint-Tropez, probablement pour des opérations de relations publiques. Le 14 octobre, il était en route pour Lorient, et le 1er janvier, il était à La Trinité, prêt à prendre la mer.

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