Introduction
Le nageur suisse Noam Yaron s'est lancé dans un défi exceptionnel : relier Calvi en Corse à Monaco à la nage, soit une distance de plus de 180 km. Ce défi sportif hors du commun s'inscrit dans une démarche de sensibilisation à la préservation de la biodiversité en Méditerranée. Cet article explore les détails de cette tentative de record, les enjeux environnementaux qu'elle souligne, et les aspects pratiques et techniques de cette aventure humaine et sportive.
Un défi titanesque pour une cause noble
Noam Yaron, un jeune nageur suisse de 27 ans, s'est élancé de Calvi (Haute-Corse) ce vendredi 23 août, déterminé à rallier Monaco à la nage. S'il réussit cette traversée de 180 km sans jamais sortir de l'eau pendant trois jours et trois nuits, il établira un nouveau record du monde de la plus longue nage. Au-delà de l'exploit sportif, ce défi vise à sensibiliser le public aux dangers qui menacent la mer Méditerranée, notamment la pollution, les microplastiques, la canicule marine, la surpêche et l'acidification des eaux. Noam Yaron, qui se considère comme un «éco-aventurier», souhaite ainsi démontrer que le sport peut et doit se mettre au service de la nature.
La Méditerranée : un écosystème fragile à protéger
La mer Méditerranée est l'une des mers les plus polluées au monde. Noam Yaron s'aventure également dans le sanctuaire Pelagos, un espace maritime de 87 000 km² entre l'Italie, Monaco et la France, dédié à la protection des mammifères marins contre les perturbations causées par les activités humaines. Selon une étude récente, seulement 0,23 % de la mer Méditerranée bénéficie d'un statut de protection élevé ou complet, ce qui est alarmant. Noam Yaron incite donc le public à protéger les 180 000 mètres cubes d'eau qu'il va traverser entre Calvi et Monaco, via une plateforme interactive permettant d'acquérir symboliquement des mètres carrés pour protéger les espèces menacées de la zone.
L'Union européenne vise une protection totale d'au moins 10% des mers et des terres à l'horizon 2030. La démarche de Noam Yaron est soutenue par la fondation prince Albert II et l’Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN), et vise à encourager les pays à améliorer le niveau de protection en Méditerranée, menacée par la surpêche, la pollution plastique, le changement climatique, l’acidification des eaux et le trafic maritime.
Aspects pratiques et techniques du défi
Pour mener à bien cette traversée, Noam Yaron a prévu une organisation rigoureuse. Il se reposera en se plaçant sur le dos et en fermant les yeux quelques minutes, et consommera des boissons caféinées pour rester actif. Toutes les 30 minutes, il se ravitaillera auprès de son équipe, présente à ses côtés en catamaran. Il expérimentera également l'hypnose pour endormir une partie de son cerveau tout en continuant à nager.
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Un bateau tirant une ligne d’eau précédera Noam Yaron afin de le guider. À l’avant du parcours, un bateau équipé d’un filet anti-méduses, tentera d’éviter qu’il ne traverse des bancs de ces cnidaires dont les piqûres peuvent être dangereuses.
Par ailleurs, le nageur sera équipé d'un bracelet électromagnétique pour éloigner les grands requins blancs, bien qu'il ironise sur la probabilité d'une telle rencontre.
Une mission scientifique pour étudier l'écosystème méditerranéen
Noam Yaron est accompagné d'une mission scientifique composée du Conseil scientifique des îles de Lérins (CSIL) et de la station STARESO de Calvi. Leur rôle est de réaliser des prélèvements de phytoplancton, des filtrations de microplastiques et d'observer la mégafaune, afin de dresser un nouvel état des lieux de l'écosystème méditerranéen. Les échantillons recueillis sur le parcours doivent ensuite permettre de dresser un nouvel état des lieux de l’écosystème méditerranéen.
Soutien et financement de la démarche
À partir d’une plateforme interactive, montée avec l’aide de Ufoundation, une organisation à but non lucratif dans la finTech, il sera possible de soutenir sa démarche. Les contributeurs auront le choix de préserver un nombre de m3 équivalent à la taille de chacune des six espèces emblématiques de la Méditerranée, menacées selon la liste rouge de l’IUCN. À l’exception du premier et du dernier, chaque m3 sera vendu au prix unique de 5 francs suisses, et équivalents en euros, dollars et livres sterling. Chaque propriétaire de m3 se verra attribuer le statut de co-détenteur du record de la plus longue nage au monde en faveur de la nature, s’il est battu. Cela permettra aussi de financer des projets de conservation dans la Méditerranée.
Un habitué des défis sportifs pour l'environnement
Noam Yaron n’est pas un nageur débutant. Il a déjà traversé plusieurs lacs suisses, dont le lac Léman dans sa longueur, soit près de 75 km de nage. L’été dernier, il a par ailleurs tenté une première fois de relier Calvi à Monaco. Mais il avait dû arrêter après quarante-huit heures, cent trois kilomètres de nage et des courants contraires. « Ce fut comme une répétition générale », résume l’athlète qui assure avoir tiré nombre d’enseignements de cette première tentative. En 2021, il a traversé le lac Léman long de 80 km en moins de 20 heures. En 2022, il a traversé les cinq plus grands lacs de Suisse, soit 188 kilomètres de nage en onze jours. Noam Yaron est à présent un habitué des performances sportives en faveur de l’environnement. Comme le souligne Noam : « Sensibiliser, c’est bien, mais agir, c’est mieux.
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Tentative précédente et leçons apprises
Lors de sa première tentative de relier Calvi à Monaco l’été dernier, Noam Yaron avait dû abandonner après 48 heures et 100 km de nage en raison de conditions météorologiques défavorables et de courants contraires. Il a qualifié cette expérience de « répétition générale », tirant des enseignements précieux pour cette nouvelle tentative.
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