La navigation, qu'elle soit pratiquée dans un cadre de loisir ou dans le cadre d'activités professionnelles liées au commerce, constitue une activité exigeante dont la maîtrise repose sur une compréhension rigoureuse des règles de sécurité. L’importance de la formation théorique et pratique ne saurait être sous-estimée, car elle garantit non seulement la survie des équipages en cas d'incident, mais également le respect scrupuleux des normes environnementales et techniques. La sécurité en mer est un domaine complexe, structuré par des exigences réglementaires strictes et des savoir-faire techniques indispensables pour toute personne évoluant sur un navire.
Cadre réglementaire et qualifications obligatoires
L’attestation de formation à la sécurité pour les personnels embarqués sur des navires de longueur inférieure à 12 mètres armés au commerce ou à la plaisance est un titre de sécurité minimal obligatoire pour faire partie de l’effectif d’un navire et y exercer des fonctions à bord des navires armés au commerce ou à la plaisance. Cette exigence réglementaire, définie par des textes officiels (Art. L), constitue le socle fondamental sur lequel repose la compétence du marin. Elle assure que chaque membre d’équipage possède les réflexes nécessaires pour maintenir la sécurité collective et individuelle.
Le cursus de formation est structuré autour de quatre compétences essentielles, désignées sous forme d’unités de valeur, qui permettent de couvrir l'ensemble des risques encourus en mer :
I- Connaître et mettre en œuvre les techniques individuelles de survie (« unité de valeur TIS » : techniques individuelles de survie) en cas d’abandon du navire ;II- Lutter contre un incendie, l’éteindre et réduire au minimum le risque d’incendie, être préparé à faire face à des situations d’urgence dues à un incendie (« unité de valeur FBLI » : formation de base à la lutte contre l’incendie) ;III- Accomplir les gestes de premiers secours en cas d’accident ou de maladie à bord (unité de valeur PSC1 : prévention et secours civiques niveau 1) ;IV- Connaître et appliquer les procédures d’urgence ainsi que les précautions nécessaires pour prévenir la pollution du milieu marin. Observer des pratiques de travail sûres tout en contribuant à l’efficacité des communications et au maintien de bonnes relations humaines à bord du navire.
Ces formations bénéficient d'un haut niveau d'exigence. Certaines organisations, reconnues en tant qu’experts dans le domaine de ces formations par plusieurs organismes québécois et canadien, dont la Société de sauvetage du Québec et le ministère de la Sécurité publique pour le volet 3, détiennent les certificatifs, accréditations et homologation pour l'ensemble de ces spécialités. La formation de sauvetage nautique et les formations connexes sont également approuvées par la National Association of State Boating Law Administrators (USA) pour la navigation aux États-Unis.
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Gestion technique et maintenance du matériel de sécurité
La sécurité en mer dépend intimement de l'état du matériel embarqué. Le matériel de sécurité doit être à bord. Vérifiez son état avant de partir. Propriétaires, si vous n'êtes pas le chef de bord, vérifiez régulièrement l'état de votre navire et de ses équipements. Si vous louez votre navire à un particulier, vous devez renseigner le registre de vérification spéciale et s'assurer des dates de péremption de l'ensemble du matériel à bord.
Les loueurs, clubs et entreprises sont astreints à renseigner et viser annuellement le registre de vérification spéciale. Ce registre doit être rempli et visé annuellement par le propriétaire ou la personne responsable, au sein de la structure ou l’entreprise, de l’entretien du navire. Ce document permet à l’utilisateur du navire de vérifier que l’entretien du navire et le suivi de son matériel de sécurité sont réalisés régulièrement. La vérification engage la responsabilité de l’exploitant du navire (personne physique ou morale). Le chef de bord doit avoir pris connaissance de ce document avant de prendre la mer.
Il convient de rappeler que les matériels présents à bord doivent être régulièrement vérifiés, qu’ils soient obligatoires ou pas. Dans la préparation du départ, il est crucial de veiller à ce que tout votre matériel de sécurité soit en bon état et adapté à votre activité nautique. Pour les plaisanciers, il est conseillé de demander au loueur le registre obligatoire de contrôle technique du navire avant l'appareillage.
Procédures d'urgence et communication en mer
La communication est le pilier de toute opération de sauvetage. La radio VHF marine fixe ou portable reste le moyen incontournable pour assurer sa sécurité à bord. Depuis le 1er janvier 2017, une radio fixe est obligatoire pour une navigation semi-hauturière (à partir de 6 milles d'un abri). La VHF permet de prendre connaissance d’une demande d’assistance d’un autre navigateur, qui peut être très proche, de communiquer avec les autres bateaux, et surtout de recevoir les bulletins météo à intervalle régulier, en particulier les bulletins météo spéciaux élaborés par Météo France en cas d’aggravation de la situation.
Le canal 16 de la VHF doit être suivi, car il annonce l'émission imminente par le CROSS d'un bulletin météo sur les canaux 79 et 80. Pour appeler les secours au large, le canal 16 demeure la référence. Par ailleurs, le 196 est le numéro national d’urgence dédié au sauvetage en mer. Appel gratuit depuis un téléphone fixe ou portable, ce numéro permet d’alerter le centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage en mer (CROSS) le plus proche de l’appel. Il concerne uniquement les urgences en mer et non celles à terre.
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Une notion clé à définir pour tout navigateur est celle de l'abri : tout endroit de la côte que l’engin et le pratiquant peuvent aborder, sur lequel ils peuvent trouver refuge et d’où ils peuvent repartir sans assistance. C'est un refuge qui permet soit de mouiller, soit d'accoster, qu'il s'agisse dans ce dernier cas d'une mise à quai ou de tirer l'embarcation à sec sur une plage. En cas de difficulté : ne quittez jamais votre embarcation et ne tentez pas de rejoindre le rivage à la nage.
Pratiques de navigation et sensibilisation environnementale
La navigation exige une vigilance constante vis-à-vis de l'environnement, tant pour la sécurité des personnes que pour la protection du milieu marin. Le littoral est un espace réglementé, même en vacances, et respecter ses règles est une question de sécurité. Avant de naviguer, consultez les documents nautiques et assurez-vous qu’ils soient à jour. Sur les zones de navigation de votre lieu de vacances, soyez attentifs aux courants, marées, chenaux, rochers, berges dangereuses, réserves naturelles, ou zones de cultures marines.
En matière de protection de l'environnement, la pollution peut nuire à la vie ou à la reproduction de nombreuses espèces. Préférez des sacs lourds ou des paniers pour transporter vos affaires, car un sac trop léger risquerait de s’envoler. Ramassez les sacs plastiques qui flottent dans l’eau, car des espèces protégées les avalent en les prenant pour des méduses, ce qui provoque leur étouffement. Utilisez un cendrier de poche pour ne pas laisser de mégots par-dessus bord.
Concernant l'entretien des embarcations, remplissez prudemment le réservoir de carburant, de préférence à quai, et utilisez un entonnoir suffisamment grand pour ne pas répandre de carburant dans l’eau. Choisissez des produits d’entretien biodégradables et bannissez ceux qui contiennent du chlore ou de la javel. Privilégiez le lavage à l’eau claire et au savon de Marseille pour vos embarcations. Lorsque la taille de l’embarcation le permet, préférez le nettoyage mécanique des coques (décapage manuel, sablage) plutôt que l’application de peintures anti-salissures contenant des substances biocides. Pour les coches de plaisance, n’appliquez la peinture anti-salissures que jusqu’à la ligne de flottaison. Enfin, utilisez de préférence un moteur GPL, électrique ou quatre-temps plutôt qu’un moteur deux-temps pour votre pneumatique.
Spécificités des activités nautiques et risques associés
Chaque activité nautique présente des risques physiologiques et techniques particuliers. La plongée, par exemple, s’exerce dans des conditions physiologiques très particulières du fait de la pression sous-marine. Un bon état de santé est indispensable, car la plupart des accidents de plongée ont pour cause un problème de santé. Il est recommandé de passer une visite médicale avant les vacances et d'apprendre à plonger dans un club avec des moniteurs diplômés. La règle d’or demeure : « L’unité, c’est la paire », donc ne plongez jamais seul et surveillez-vous mutuellement.
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Pour les baigneurs et surfeurs, prenez garde aux baïnes (ou bâches) sur les plages de sable. Ce sont des cuvettes d’eau séparées de l’océan par un banc de sable. Ces eaux d’apparence calme cachent de forts courants qui entraînent vers le large. Évitez de nager au-delà de 300 mètres du rivage. Votre zone de pratique se situe au-delà de 300 mètres du rivage ? Empruntez les chenaux balisés pour y accéder.
Pour les véhicules nautiques à moteur (VNM), le port d'un équipement en néoprène de 2 mm d'épaisseur est obligatoire (short ou combinaison intégrale). Pour les VNM équipés d'un coupe-circuit, celui-ci doit être obligatoirement porté. Attention aux chutes des passagers par l'arrière. Un code de bonne conduite aux VNM a été réalisé par la Fédération des industries nautiques et trois constructeurs, soutenu par le Secrétariat d'Etat chargé de la mer.
Enfin, dans le domaine de l'évènementiel ou du travail au-dessus de l'eau, il est impératif de respecter le Code de sécurité pour les travaux de construction, notamment en assurant la présence de sauveteurs spécialisés de niveau technicien.
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