Les Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris ont été l'occasion de repenser l'infrastructure sportive, en alliant la nécessité d'accueillir des compétitions de stature mondiale à la vision d'un héritage durable pour les territoires et leurs habitants. Cette ambition a donné naissance à des équipements aquatiques de pointe, conçus pour la performance mais aussi pour l'accessibilité et la polyvalence. Au cœur de cette stratégie se trouvent deux sites emblématiques : le Stade nautique olympique d'Île-de-France, niché à Vaires-sur-Marne, et le Centre Aquatique Olympique Métropole du Grand Paris (CAO MGP), érigé à Saint-Denis. Ces complexes illustrent une approche résolument tournée vers l'avenir, où l'excellence sportive se conjugue avec l'engagement environnemental et l'ouverture au grand public.
I. Le Stade Nautique Olympique d'Île-de-France à Vaires-sur-Marne : Un pôle d'excellence en osmose avec la nature
À l’occasion des Jeux olympiques et paralympiques de Paris, le Stade nautique olympique d'Île-de-France représente un axe majeur de l'événement. Ce site a été choisi pour accueillir les épreuves olympiques et paralympiques d’aviron et de canoë-kayak, des disciplines exigeantes qui requièrent des infrastructures spécifiques et performantes.
1.1 Une infrastructure unique au service de la compétition internationale
Situé à Vaires-sur-Marne (77), le Stade nautique olympique d'Île-de-France est une réalisation architecturale et sportive de premier plan. Ce complexe sportif flambant neuf de 4 400m² est l’un des seuls au monde à pouvoir accueillir sur un même site les épreuves d’aviron et de canoë-kayak. Cette caractéristique rare en fait un lieu privilégié pour les compétitions internationales, garantissant une organisation fluide et centralisée pour deux sports nautiques majeurs. L'équipement avait été initialement livré en 2019, anticipant ainsi son rôle crucial dans la perspective des Jeux. Son développement et sa modernisation ont été soutenus par un financement substantiel de la Région Île-de-France, qui a investi 101 millions d'euros, ce qui représente le financement le plus important de la Région Île-de-France pour les Jeux. Cette contribution financière a permis de créer un site à la hauteur des enjeux olympiques et paralympiques.
Le pôle sportif, qui a été inauguré le 22 juin 2019 et renommé "Stade nautique olympique d'Île-de-France" dans la perspective des Jeux de Paris, comprend des installations de pointe. Il abrite notamment un nouveau stade d’eau vive avec deux parcours de 300 mètres et 150 mètres de long. Ces pistes sont spécifiquement conçues pour être le théâtre des épreuves de canoë-kayak slalom et de slalom extrême, offrant des défis techniques adaptés aux athlètes de haut niveau. En parallèle, un plan d'eau plate d'une longueur totale de 2200m est dédié aux épreuves d’aviron et de canoë-kayak sprint, ainsi qu’au para-aviron et au para-canoë. Ces deux espaces aquatiques principaux sont complétés par une annexe médico-sportive, un espace essentiel pour le suivi et la récupération des athlètes, ainsi qu'une salle de musculation pour leur préparation physique. Des espaces administratifs et un media center ont également été intégrés, assurant une gestion efficace de l'événement et une couverture médiatique optimale.
1.2 Un lieu de vie et de sport intégré à l'île de loisirs de Vaires-Torcy
Le Stade nautique olympique d'Île-de-France ne se limite pas à sa fonction de site de compétition; il est une partie intégrante de l’île de loisirs Vaires-Torcy, l’une des 12 îles de loisirs de la Région. À une vingtaine de kilomètres à l’est du cœur de Paris, il s’implante dans un écrin de verdure de 200 hectares. Ce vaste site naturel, situé au cœur de la Seine-et-Marne, est ouvert au grand public, et la construction du stade a répondu aussi bien à la demande de loisirs des Franciliens qu’aux besoins professionnels des sportifs de haut niveau.
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L'île de Loisirs de Vaires-Torcy propose une multitude d’activités aquatiques en toute liberté, permettant aux visiteurs de pratiquer une variété d'activités sportives et de loisirs pour toute la famille. Les activités encadrées sur le lac offrent des opportunités d'apprentissage et de divertissement. Au-delà des sports olympiques, il est possible de se baigner au bord du lac, de profiter du parc aquatique, de faire du paddle ou même de passer son permis bateau en bord de Marne. L'offre de loisirs s'étend également à d'autres disciplines, avec un centre équestre, un parcours de golf et du sport de raquette. Ce site est reconnu comme l’un des plus grands sites de canoë-kayak au monde, proposant aux amateurs et professionnels de faire monter l’adrénaline en descendant le long de ses 3 rivières artificielles, adaptées à tous les besoins et tous les niveaux. L'ancienne gravière, transformée en base de loisirs dans les années 90, s’inscrit, via une passerelle, dans la continuité du parc de Noisiel et de l’ancienne chocolaterie Menier, soulignant une intégration paysagère et historique.
Le site de l'île de loisirs de Vaires-Torcy offre également des solutions d'hébergement, avec des équipes accueillant les visiteurs toute l’année face au lac dans l’une des 89 chambres, réparties en 58 chambres Single, 21 Twin et 10 Quadruples. Pour faciliter l'accès à ce complexe, des options de transport variées sont disponibles : par le RER A via la gare de Bussy-Saint-Georges, ou par le Train P à la gare de Vaires-Torcy. Pour ceux qui préfèrent la route, l’accès depuis Paris se fait en prenant l’A4 puis l’A104 en direction de Roissy-Charles de Gaulle, ce qui en fait un lieu facilement accessible pour les Franciliens et les visiteurs.
1.3 Une conception architecturale et environnementale exemplaire
Le Stade nautique olympique d'Île-de-France répond à de nombreux enjeux vis-à-vis des collectivités territoriales, des fédérations sportives, de l’exploitant et des usagers. En vue des Jeux olympiques et paralympiques, il fallait favoriser le développement d’un pôle sportif de haut niveau en canoë-kayak et en aviron. Il fallait aussi valoriser la base de loisirs grand public voisine pour inviter sportifs professionnels et amateurs à partager un même lieu. Afin d'atteindre une bonne intégration sportive, fonctionnelle, paysagère et de développement touristique du site, les architectes ont matérialisé en épaisseur un véritable cône de vision. Ce dernier prend la forme d’un « plateau vif », un nom donné à une longue et vaste levée végétalisée. S’élançant vers le sud-ouest, elle traverse le plan d’eau en direction du moulin de l’ancienne chocolaterie Menier et de ses lointains boisés. S’appuyant sur l’alliance de l’eau et de la végétation, ce dispositif visuel conduit l’usager à des choix variés et sans cesse renouvelés au fil de son cheminement : du bassin d’eau calme au stade d’eau vive, pour revenir au bassin d’eau calme au niveau de sa crique.
La silhouette architecturale de l’équipement, bien que discrète, est affirmée. Sa composition, simple et structurée, fondée sur l’emploi du béton, du bois et du verre, confère une image épurée et transparente aux bâtiments. Ces derniers s’ouvrent à pleines façades vers le soleil, le ciel et l’eau, maximisant la lumière naturelle et l'intégration visuelle avec l'environnement. Le site sert ainsi de vitrine aux fédérations sportives pour hisser leurs sportifs de haut niveau sur le podium international, tandis que les sportifs amateurs s’égaient au sud du site et que les promeneurs, en marchant sur les toitures végétalisées, assistent à ces activités multiples. L’environnement, lui aussi, a été traité avec soin : les abords ont été requalifiés, la jonction avec la Marne a été recréée, et des variétés locales, comme les aubépines épineuses, les cornouillers sanguins et les viornes obiers, ont été plantées. La végétalisation des toitures contribue par ailleurs à la conception bioclimatique des bâtiments, renforçant l'engagement écologique du site. Ce stade nautique olympique est un bâtiment-paysage franchissable inséré délicatement dans la topographie et offre un belvédère sur le vaste plan d’eau, comme sur les rivières d'eaux vives artificielles parcourues par les kayakistes, invitant à une immersion totale dans le paysage sportif et naturel.
Le site est organisé en quatre pôles qui se font jour, du nord au sud. Le premier, « loisirs secs », est un pôle rénové abritant des activités comme le tennis et le badminton. Viennent ensuite les pôles « sport de haut niveau » et « hébergement et formation », lesquels sont placés sous un jeu de toitures végétalisées qui se déplient du nord au sud, le long du petit côté du bassin d’eau calme. Ces toitures se terminent au pôle « loisirs nautiques », en saillie à son extrémité, près de la Marne. L’axe d’excellence sportive, stratégiquement placé à l’articulation des pôles « sport de haut niveau » et « hébergement et formation », permet aux encadrements sportifs, aux VIP et aux sponsors de suivre au mieux les compétitions. Il relie les gradins VIP du bassin d’eau calme et sa tour d’arrivée sur pilotis au bâtiment abritant le pôle médias, comprenant les espaces de conférence et de presse, ainsi que la salle panoramique de restauration, avant de conduire ensuite au stade d’eau vive, offrant un parcours complet et optimisé pour les différents publics.
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1.4 L'héritage d'un site olympique : au-delà des Jeux
Durant les Jeux Olympiques et Paralympiques, le Stade nautique olympique d'Île-de-France s'est transformé en un site de compétition intense. Quelques chiffres clés illustrent l'ampleur de l'événement : 15 jours de compétitions y ont été organisés, couvrant 28 sessions olympiques et paralympiques. Le site a accueilli un total de 1 006 sportifs olympiques et paralympiques, se mesurant devant des milliers de spectateurs. Pour les sessions de sprint et d'aviron, jusqu'à 24 000 spectateurs ont pu assister aux épreuves, tandis que les compétitions de slalom ont attiré 12 000 spectateurs par session. L'organisation a mobilisé un contingent important de personnel, avec 1 000 volontaires dédiés, 265 officiels techniques assurant le bon déroulement des épreuves, et 650 positions média pour une couverture mondiale. Pour accueillir les milliers de spectateurs attendus pour les Jeux, le site est en chantier et s’est fermé peu à peu au public. Toutefois, l'accès reste libre pour la partie balade autour du plan d'eau, même pendant les phases de préparation et d'événements.
Au-delà de la période des Jeux, le Stade nautique olympique d'Île-de-France conservera sa vocation de lieu de pratique sportive et de loisirs. Il constituera ensuite un formidable lieu pour la pratique sportive d’eau vive et de loisirs pour tous les Franciliens, assurant ainsi un héritage tangible et durable. Le site continuera de répondre aux besoins des sportifs de haut niveau tout en offrant un cadre exceptionnel pour les activités récréatives, pérennisant ainsi l'investissement réalisé et l'esprit olympique d'accessibilité au sport pour tous.
II. Le Centre Aquatique Olympique Métropole du Grand Paris (CAO MGP) à Saint-Denis : Innovation et durabilité au service de l'héritage
Le projet de Centre Aquatique Olympique Métropole du Grand Paris (CAO MGP) et de franchissement est né de la convergence de deux ambitions métropolitaines majeures : d'une part, accueillir les Jeux à Paris et d'autre part, participer activement au développement d’un territoire en pleine mutation. Ce centre aquatique est bien plus qu'une simple infrastructure sportive; il incarne une vision d'innovation, de durabilité et d'héritage, s'inscrivant dans la longue histoire des Jeux.
2.1 Un engagement fort pour l'héritage des Jeux
Situé au cœur de la ZAC de la Plaine Saulnier, le Centre Aquatique Olympique répond à un enjeu fort de mutabilité. Il offre des infrastructures innovantes et performantes pour l’accueil des Jeux, tout en bénéficiant dès 2025 aux habitants et usagers du territoire métropolitain. Le Comité International Olympique (CIO) a désigné en septembre Paris comme ville hôte des Jeux Olympiques et Paralympiques. Un siècle après l’organisation des Jeux de 1924, la Métropole du Grand Paris, en tant que collectivité hôte cheffe de file, a l'honneur de recevoir le plus illustre événement sportif mondial.
Le CAO MGP se distingue comme la seule infrastructure sportive construite spécifiquement pour l'accueil des Jeux olympiques et paralympiques puis conservée en héritage sur le territoire. En effet, la stratégie de Paris était de minimiser les nouvelles constructions, puisque 95 % des sites dédiés aux Jeux sont existants ou seront temporaires. Le site de la Plaine Saulnier a été choisi par le Comité de candidature Paris en consultation des territoires et dans le respect des prescriptions du CIO. La Métropole du Grand Paris, en tant que maître d’ouvrage du CAO MGP au titre de sa compétence en matière de développement économique, social et culturel, a joué un rôle central. L’article 59 de la loi NOTRe prévoit en effet la maîtrise d’ouvrage métropolitaine en cas de « construction, aménagement, entretien et fonctionnement de grands équipements culturels et sportifs de dimension internationale ou nationale ». Elle a notamment eu la charge des installations temporaires liées à l’accueil des Jeux et était à ce titre maître d’ouvrage de l’ensemble des infrastructures temporaires qui ont vu le jour sur le site de la Plaine Saulnier lors des Jeux.
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Le 15 mai 2020, le Conseil de la Métropole du Grand Paris a attribué le contrat de concession du CAO MGP et du franchissement attenant au groupement chargé de la conception, de la construction et de l’exploitation. Ce groupement est conduit par Bouygues Bâtiment Ile-de-France. La société de projet SIMBALA est composée notamment de Bouygues Bâtiment Ile-de-France pour la construction, Récréa pour l’exploitation et Dalkia pour la maintenance technique. La combinaison des expertises de chacune des parties prenantes a permis de livrer le site dans un délai record de trois ans pour accueillir l’un des plus importants événements au monde, les Jeux olympiques et paralympiques, tout en conservant la finalité d’une concession : assurer un service public en phase Héritage. Plusieurs partenaires ont contribué au financement du projet : la Ville de Paris a apporté sa contribution, et le Département de la Seine-Saint-Denis ainsi que l’Établissement Public Territorial Plaine Commune ont financé le franchissement piéton. La SOLIDEO, un Établissement Public créé en février 2017, a été chargée d’organiser la livraison de l’ensemble des ouvrages et aménagements nécessaires à l’organisation des Jeux, ainsi que leur adaptation ou leur reconversion pour leur usage en héritage.
2.2 Une architecture innovante et une conception écologique exemplaire
Imaginé et conçu par les agences d’architectures Venhoeven CS et Ateliers 2/3/4, la construction du bâtiment est réalisée par Bouygues Bâtiment Ile-de-France. La conception du CAO MGP s’appuie sur des principes innovants d’écoconstruction et en fait un projet exemplaire. Le geste architectural privilégie avant tout la transition écologique et la sobriété environnementale souhaitée par la Métropole. En tant que sculpture de bois émergeant d’un paysage vert, le bâtiment se présente comme un signal distinctif dans le ciel métropolitain. La toiture concave, tendue et lisse comme une immense voile, franchit les 80 mètres nécessaires à l’accueil des spectateurs autour du bassin de compétition, contribuant à l’optimisation du volume chauffé. Le projet possède une structure de halle sportive en bois avec des façades vitrées doublées de brise-soleil extérieurs en bois, maximisant la lumière naturelle tout en gérant l'apport solaire.
À l’intérieur, le bassin multifonctionnel est baigné de lumière grâce aux deux tympans vitrés, créant une ambiance lumineuse et aérée pour les nageurs et les spectateurs. Les gradins l’entourent sur trois côtés, offrant une excellente visibilité sur les épreuves. Le centre aquatique est un bâtiment compact, libérant d’importantes surfaces pour les aménagements paysagers. Il s’entoure d’espaces plantés, incluant une centaine d’arbres, agissant comme un poumon vert au cœur du quartier et offrant des espaces de déambulation et de détente pour les visiteurs et les habitants. L’aménagement intérieur valorise les produits recyclés et issus du réemploi, renforçant l'approche circulaire du projet. Le Centre Aquatique Olympique Métropole du Grand Paris est le premier équipement sportif olympique pour lequel il a été prévu, dès sa conception, la réalisation de sièges en matériaux plastiques recyclés. La Métropole du Grand Paris, les agences d’architecture VCS et Ateliers 2/3/4/, Bouygues Bâtiment Ile-de-France, et Le Pavé®, ont souhaité ainsi donner la possibilité aux Métropolitains de participer à la construction de cet ouvrage en contribuant à la collecte des déchets plastiques. Ainsi, sur les 30 tonnes de déchets nécessaires à la fabrication des sièges, 1 tonne environ sera issue d’une collecte citoyenne de bouchons de bouteille. LemonTri, entreprise de l’Économie Sociale et Solidaire, organise cette opération. Une fois le plastique trié et collecté, les bouchons sont broyés et transformés dans l'usine Le Pavé®, basée à Aubervilliers. Lors de cette transformation, aucun ajout de résine n'est réalisé, le plastique est simplement chauffé, compressé puis refroidi, garantissant un processus respectueux de l'environnement.
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