Le Zef : Stabilité, Plaisir et Aventure d'un Dériveur Emblématique

Introduction : La Découverte d'un Classique Intemporel

L'univers de la voile est vaste et parfois intimidant pour les nouveaux venus. Pourtant, certains voiliers parviennent à séduire par leur simplicité, leur robustesse et leur polyvalence, ouvrant les portes du large - ou du lac - à des passionnés de tous horizons. C'est le cas du Zef, un dériveur qui, depuis sa conception, a marqué des générations de marins. Que ce soit pour Philippe et Odile, un couple de cinquantenaires récemment convertis à la voile, ou pour des navigateurs aguerris, le Zef représente une porte d'entrée vers des plaisirs nautiques authentiques et souvent inattendus.

Philippe et Odile, originaires de la région de Millau, près du célèbre Viaduc et des fromages de Roquefort, ont entamé leur aventure nautique sur le lac de Pareloup. Après seulement quelques jours d'initiation à la voile, le charme de l'eau les a conquis. C'est en contemplant des perspectives de retraite future en Bretagne, et en visionnant de nombreuses vidéos de paysages côtiers enchanteurs, qu'ils se sont intéressés aux bateaux et voiliers. Une petite annonce pour un Zef de 1968, « tout beau » et « pas cher » non loin de chez eux, a scellé leur destin. L'affaire fut faite, et après une première sortie mémorable, ils ont rapidement commencé à saisir les principes fondamentaux de la navigation, tirant des bords par petit vent avec un plaisir grandissant. Leur expérience naissante illustre parfaitement l'accessibilité de ce dériveur, capable d'offrir des sensations fortes et un apprentissage gratifiant même aux néophytes les plus complets. Ce dériveur, conçu dans les années 1960, continue d'écrire des histoires, qu'elles soient celles de la découverte ou de la fidélité de longue date.

Origines et Philosophie du Zef : Un Dériveur Emblématique

Le Zef n'est pas un dériveur ordinaire ; il est une véritable icône de la voile de loisir en France. Ce petit voilier, mesurant 3,67 m ou 3m70 selon les variantes, a été dessiné par l'architecte naval Michel Nivelt en 1962. Dès sa conception, le Zef a été pensé pour être un « bateau à tout faire », un support simple et marin s'adressant aussi bien aux navigateurs débutants qu'aux plaisanciers plus expérimentés. Le chantier La Prairie, à l'Isle-d'Espagnac en Charente, a vu naître le premier modèle, et entre 15 000 et 17 000 exemplaires suivront, faisant du Zef un véritable « petit roman français populaire au sens noble ».

Sa conception est un éloge à la simplicité et à la fonctionnalité. Avec une coque ventrue et stable, un foc et une grand-voile, le Zef incarne l'essence même de la navigation. Ses dimensions compactes et son faible tirant d'eau, combinés à son poids plume d'environ 90 kg, lui confèrent un accès facile à la mise à l'eau. Ces caractéristiques en font un choix particulièrement pertinent pour les jeunes navigateurs, les familles et les adeptes du nautisme fluvial, qu'il s'agisse d'eaux intérieures, de rivières ou de baies abritées. Sa polyvalence ne s'arrête pas là : le Zef s'utilise aussi bien à la voile qu'à l'aviron, et peut même être équipé d'un moteur hors-bord pour la pêche. Cette capacité à s'adapter à diverses activités témoigne de la vision originale de Michel Nivelt, qui a « flairé ce vent de légèreté, une brise fraîche pour porter son Zef » à une époque où le dériveur connaissait son âge d'or.

Le Zef est également intrinsèquement lié à une certaine philosophie de la navigation, une approche que l'on pourrait comparer à celle de Jacques Sternberg pour son Solex. Sternberg, inconditionnel du Zef, voyait dans ces machines un « inaltérable mépris de la vitesse et du record », une invitation à « préférer le vent aux courants d'air et le soleil à la chaleur des radiateurs », et « l'art de faire passer le plaisir avant l'efficience ». Pour beaucoup d'utilisateurs, le Zef n'est pas qu'un bateau ; c'est un « morceau d'enfance », la « nostalgie d'une époque bénie », celle des bords de mer et de rivière entre amis, des vacances en famille. Il ne s'agit pas de l'âme du coureur au large, mais plutôt d'un bateau qui a une âme, comme le dit Thierry Braun, qui a restauré son Zef de 1964, Méline, après avoir cherché « un bateau à retaper, qui avait vécu ». Ce « petit côté vintage » plaît à beaucoup, et le Zef continue d'offrir des expériences empreintes de cette même douceur et de ce plaisir authentique, loin de la quête de la performance absolue.

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Caractéristiques de Navigation et Équilibre de Voilure

La navigation sur un Zef, comme sur tout voilier, repose sur un équilibre subtil des forces exercées par le vent sur les voiles et la résistance de la carène dans l'eau. Comprendre cet équilibre est fondamental pour maîtriser le bateau et en tirer le meilleur parti. Le Zef est réputé pour être « très vivant et véloce par petit temps », une qualité qui surprend souvent les novices. Par vent faible, il « dépasse la plupart des autres voiliers, surtout les catamarans de sport » qui sont handicapés par leur surface mouillée importante due à leurs deux coques. Cependant, cette vivacité s'inverse dans la brise, où « les catamarans laissent sur place le zef ». Cela souligne l'importance de choisir les bonnes conditions pour une navigation optimale, en particulier pour les débutants.

L'équilibre du voilier dépend directement de la position relative du centre de voilure et du centre de dérive. Le centre de voilure, point d'application des forces propulsives du vent sur les voiles, doit être aligné avec le centre de dérive, point d'application des forces de résistance latérale de l'eau sur la dérive et le gouvernail. Un décalage de cet équilibre entraîne des comportements caractéristiques du bateau :

  • Navigation avec seulement le foc : Si l'on ne navigue qu'avec le foc, le centre de voilure se trouve « trop avancé ». Dans cette configuration, « le bateau remonte mal au vent et vire difficilement de bord », on dit alors qu'il est « mou ». Cette situation est peu efficace et peu agréable.
  • Navigation avec seulement la grand-voile : L'inverse se produit lorsque l'on navigue uniquement avec la grand-voile. Le centre de voilure est alors « trop reculé », rendant le bateau « ardent ». Un bateau ardent a « tendance à se mettre intempestivement le nez au vent », ce qui peut être fatigant et difficile à contrôler.

L'équilibre idéal est atteint lorsque le centre de voilure (qui prend en compte la grand-voile et le foc) est « calculé pour être juste au-dessus du centre de dérive (centre de la dérive et du gouvernail baissés) ». C'est dans cette configuration que le Zef est « équilibré », offrant une barre douce et un contrôle précis. Pour les débutants, il est conseillé de se familiariser avec ces principes et de se référer à des guides comme « Zef les premiers éléments de navigation à voile », qui propose une théorie élémentaire pour les réglages des voiles à chaque allure (vent de travers, vent arrière, près serré, etc.). Une bonne compréhension de ces ajustements permet de tirer pleinement parti des qualités de « bon marcheur » du Zef, sans que celui-ci ne devienne « excessivement sportif ».

Stabilité et Gestion des Situations de Chavirement

Le Zef est généralement perçu comme un bateau « stable et tolérant », notamment en ce qui concerne les erreurs éventuelles des débutants. Sa « coque ventrue et stable » contribue à cette réputation rassurante. Cependant, il est crucial de comprendre que, comme tout dériveur, « il peut chavirer ». Cette possibilité n'est pas anecdotique, et même des navigateurs expérimentés ont pu en faire l'expérience. Alain, un habitué du Zef et formateur de nouveaux propriétaires, témoigne d'un chavirage survenu alors qu'il avait « commis l'imprudence de sortir alors qu'un orage menaçait ». Une « très violente et subite rafale » l'a « envoyé au tapis avant qu'il ait eu le temps de réagir ». Cet incident souligne que même un bateau réputé stable n'est pas invulnérable face à des conditions météorologiques extrêmes ou une erreur de jugement.

La question de la remise à flot du Zef après un chavirement est une préoccupation majeure. Le Zef « se redresse sans trop de difficultés mais moins facilement que certains dériveurs plus modernes ». Une fois redressé, le bateau est « plein d'eau mais flotte en supportant le poids de l'équipage et peut continuer à naviguer jusqu'à rejoindre la rive ». Il est important de noter qu'il « n'est pas autovideur », ce qui signifie qu'il est indispensable d'avoir « un petit seau dans le coffre avant pour le vider, une écope n'étant pas suffisante ». De plus, bien qu'il reste couché sur le côté après un chavirement initial, si la situation s'aggrave, il « peut se retourner complètement comme tous les dériveurs ».

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Pour beaucoup de marins, et en particulier pour les « vieux » marins comme Alain, « dessaler n'est pas normal. C'est la sanction d'une faute ou d'une imprudence ». La sagesse populaire et l'expérience invitent à la prudence maximale. « On n'est jamais sûr de pouvoir redresser un bateau surtout quand les conditions météo sont mauvaises ». Un équipage dans l'eau perd « vite des forces, surtout, si vous me le permettez, ceux qui n'ont plus 20 ans ». Il est donc impératif de ne pas prendre de risques en pensant que la possibilité de redressement est une sécurité absolue. « Il faut tout faire pour éviter de chavirer ». Alain insiste sur le fait que « ne pas dessaler reste facile avec un zef… si on ne commet pas d'imprudence ». Cette approche est celle du « randonneur qui navigue parfois assez loin des secours », pour qui compter uniquement sur soi est la règle d'or, à l'opposé de ceux qui, restant à proximité d'une base nautique et d'un zodiac de secours, peuvent se permettre de « prendre des risques pour avoir des sensations fortes ».

L'expérience personnelle d'Alain lors de son chavirement en juillet 2014 a renforcé cette prudence. Alors qu'il naviguait en solitaire devant la base nautique de Sucé sur Erdre par temps « lourd » et menaçant d'orage, une rafale inattendue l'a fait chavirer. Bien qu'il ait eu le temps de lâcher la grand-voile, le foc est resté bordé. Situé à seulement 100 mètres de la base, il a bénéficié de l'assistance immédiate de deux bateaux à moteur qui l'ont aidé à redresser le Zef et à le remorquer. Cet incident a révélé une difficulté inattendue : le mât s'était « planté dans la vase du fond » car la rivière était peu profonde, même si Alain n'avait pas pied. Sans l'aide extérieure, il doute qu'il aurait pu « décoincer la tête du mât enfoncée dans la vase ». Cela met en lumière que la possibilité de redressement, bien que réelle, doit être « prise avec prudence et ne pas être considérée comme une sécurité ». D'autres propriétaires de Zefs ont rapporté avoir réussi à redresser leur bateau seuls en mer après un chavirement, souvent « plus jeunes et plus sportifs » qu'Alain. Tous, cependant, ont confirmé que le Zef, après un chavirement, est « plein d'eau », ce qui constitue un problème additionnel. La conclusion est unanime : « Mieux vaut tout faire pour éviter de dessaler ».

Philippe et Odile, conscients de ces mises en garde, se décrivent comme « assez prudents », ayant navigué uniquement par « tout petit temps » et sans aucune envie de « tester le dessalage ». Leur prudence les a même poussés à « faire quelques tours à la grand-voile sur la bôme » lors de leur deuxième sortie, afin de diminuer la surface de voile. Ils envisagent d'ailleurs de « coudre 2 x 3 rubans sur la grand-voile de manière à pouvoir prendre un ris sans condamner le hale-bas », une démarche proactive pour mieux adapter le bateau aux conditions de vent et renforcer la sécurité.

Navigation par Différentes Conditions de Vent : Du Plaisir à la Vigilance

La plage de vent dans laquelle le Zef offre une navigation agréable et sécuritaire est une question primordiale, surtout pour les débutants. Philippe et Odile, après avoir navigué avec 14 km/h de vent, ont trouvé que le bateau « allait pas mal », se déclarant « complètement débutants et impressionnables ». Pour Alain, « 14 km/h de vent correspond à force 3 » sur l'échelle de Beaufort. Cette échelle, inventée par un amiral anglais du XIXe siècle, est toujours très utilisée, bien qu'elle ait été initialement conçue pour des frégates. Pour un petit dériveur comme le Zef, une « force 5, nommée bonne brise, est une quasi tempête ».

Alain partage son expérience quant aux conditions de vent optimales pour le Zef :

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  • Force 3 : C'est « la force de vent idéale » pour des « longues randonnées ». Le Zef « avance vite et est très agréable à la barre ». Cette intensité de vent permet de profiter pleinement des qualités de vivacité et de maniabilité du bateau.
  • Force 4 : La navigation est toujours possible, mais le Zef devient « sportif ». Il « faut faire du rappel et/ou ne pas trop border la grand voile au près ». Dans ces conditions, Alain recommande de « ne pas trop s'éloigner du rivage et de son point de départ ». Le type de plan d'eau joue également un rôle crucial, un plan d'eau abrité étant plus gérable.
  • Force 5 : Il « m'arrive rarement de naviguer ». Si la navigation est inévitable sur un plan d'eau abrité, il conseille de naviguer « avec la grand voile roulée sur la bôme jusqu'à hauteur de la première latte » pour réduire la surface de voile.
  • Force 6 : À cette force de vent, Alain préfère rester à terre, se contentant de « regarder les photos de ses précédentes navigations ».

Pour adapter la voilure aux conditions de vent, Philippe et Odile envisagent d'ajouter une bande de ris à leur grand-voile. Alain confirme la pertinence de cette option, bien que cela représente un « travail de voilier » nécessitant des renforts aux points d'attache des rubans. Il propose également une alternative plus simple : rouler la grand-voile sur la bôme. Dans ce cas, la voile est suffisamment diminuée pour que « l'absence de hale-bas ne soit pas gênante ». Une autre astuce pratique mentionnée est l'utilisation d'un « croissant de bôme », facile à réaliser dans un morceau de bois, dont des exemples peuvent être trouvés dans la rubrique « bricolage » du site dédié au Zef, notamment via les photos des travaux de restauration de Valter. Ces adaptations sont essentielles pour naviguer en toute sécurité et avec plaisir, en respectant les limites du bateau et de l'équipage.

Un Bateau pour l'Aventure et le Voyage : Témoignages et Possibilités

L'attrait du Zef dépasse largement le cadre des navigations côtières ou lacustres de courte durée. Sa robustesse, sa simplicité et sa capacité à être transporté facilement grâce à une remorque en font un compagnon idéal pour l'aventure et les « longues randonnées ». Alain, par exemple, a acheté son Zef en 2009 au début de sa retraite et depuis, il lui a procuré « bien du bonheur ». Grâce à sa remorque, il l'a souvent déplacé entre des plans d'eau variés, de la Bretagne nord à la Charente maritime. Habitant Nantes, il navigue fréquemment sur l'Erdre, une rivière qui a accueilli à plusieurs reprises le rassemblement annuel des Zefs, mais s'aventure aussi en mer, notamment dans le Golfe du Morbihan, qu'il décrit comme un « endroit paradisiaque pour la navigation de plaisance ». Les « violents courants » par endroits, loin d'être un obstacle, « font même partie de son charme ». Ses sorties en mer durent généralement « de 3 à 4 heures », lui permettant de parcourir « environ 10 milles marins AR, soit 18 km ».

Cependant, les capacités du Zef peuvent s'étendre bien au-delà de ces chiffres. Alain mentionne le blog d'un passionné qui, au printemps précédent, a réalisé avec son Zef une sortie de « 9 heures le long de la côte normande », couvrant « près de 70 km ». Bien que ce soit « exceptionnel », cela « en dit long sur les possibilités du petit voilier ». Des Zefs naviguent même « un peu partout dans le monde », avec des propriétaires comme Aleksey Silko, un citoyen russe, qui envoie régulièrement des photos de son Zef en mer Baltique près de Kaliningrad, ou encore une forte présence en Italie.

Un témoignage détaillé d'une aventure solo en Zef illustre parfaitement cette dimension d'exploration et d'autonomie. Un passionné de voile et de randonnée, ayant déjà associé voile et bivouac sur des Hobie Cat 16, a entrepris une exploration des abers bretons avec son Zef. Après avoir préparé son bateau, notamment pour bloquer la barre (utile en solitaire) et aménager un couchage à bord, il s'est élancé par « vent d'ouest-nord-ouest léger (5-6 nœuds) » et une houle « presque inexistante ». Son objectif était de visiter l'Aber-Benoît et l'Aber Wrac'h.

Les défis de la navigation en solo sur un Zef sont nombreux et variés. Lors de sa première journée, après avoir tiré des bords de près, il a dû faire face à un vent faiblissant et une marée montante. Luttant pendant deux heures à la voile, puis à la rame en désespoir de cause, il a constaté l'apparition d'une houle significative due à la marée haute immergeant les roches. La casse d'une dame de nage a transformé la situation en une véritable épreuve, le laissant sans moyen de ramer efficacement alors qu'il risquait d'être entraîné vers une zone de déferlantes. Le « moral en a pris un coup » et il a dû faire demi-tour, n'étant qu'à 3 km de son point de départ, ce qu'il a décrit comme « la loose totale ». Cependant, la persévérance est une qualité du marin ; après une réparation sommaire et une nuit de bivouac sur une plage isolée, l'aventure a repris.

Le lendemain, avec un vent très faible (1 ou 2 nœuds) du sud-ouest et une marée descendante, il a littéralement été « porté par le courant », prenant son petit déjeuner « paisiblement, affalé dans le cockpit à regarder les roches défiler doucement ». Cette expérience de glisse douce, où le vent permettait à peine de maintenir l'orientation du bateau, illustre le plaisir contemplatif que peut offrir le Zef. L'aventure l'a mené à l'île de Stagadon, puis à slalomer entre les roches et les courants pour longer la presqu'île de Saint Marguerite, même sous une « petite pluie » créant une ambiance locale. L'échouage sur une plage à marée basse a permis une pause avant de remonter l'Aber Benoît avec la renverse, aidé par un léger vent d'ouest. Il a ensuite exploré l'aber à la voile, puis à la rame jusqu'à une petite cascade, dématant et rematant pour continuer sa navigation singulière. La nuit passée à Trouzilit, sur la berge, dans un calme absolu, animée seulement par les oiseaux, fut « magique ».

Les jours suivants ont été tout aussi riches en expériences. Après avoir quitté l'Aber Benoît sans vent, il a dû ramer avant qu'une légère brise de nord-ouest ne se lève, le grisant par la vitesse après des heures d'effort. Il s'est dirigé vers l'Aber Wrac'h, se faufilant entre rochers et bancs de sable, appréciant la mer limpide et l'eau aux « couleurs presque caribéennes » dans la baie de Morlaix. L'utilisation du spi, même par vent faible, a « doublé sa vitesse », lui procurant un « pied pas possible à glisser poussé par le vent ». Il a navigué sous des averses avec un vent fraîchissant force 5, appréciant l'efficacité de sa combinaison sèche, qu'il décrit comme « une merveille dans ces conditions », bien supérieure aux autres équipements qu'il avait utilisés auparavant. Même dans des conditions plus exigeantes (force 5 à 6, rafales à 7), il a poursuivi son chemin, naviguant au près dans une mer « bien hachée » entre l'île de Batz et Roscoff, alternant les virements et les manœuvres délicates près des rochers, tout en écoper les litres d'eau qui pouvaient s'inviter à bord.

Cette longue randonnée met en lumière non seulement la robustesse du Zef et sa capacité à affronter des conditions variées, mais aussi l'esprit d'aventure et la résilience du navigateur. Il a su s'adapter aux éléments, improviser des réparations, et trouver le plaisir dans l'effort et la contemplation. Ces récits d'exploration soulignent la pertinence du Zef comme « bateau idéal pour de longues randonnées », capable de transformer une simple balade en une véritable épopée.

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