Silhouette de bateau à voile : histoire et types

Introduction

Les silhouettes des bateaux à voile racontent des histoires de tradition, d'innovation et d'adaptation aux environnements maritimes variés. Cet article explore l'histoire et les différents types de silhouettes de bateaux à voile, en mettant en lumière des exemples emblématiques comme le Galway Hooker et le Monotype de Cornouaille.

Le Galway Hooker : un symbole de la côte ouest irlandaise

Lors d'une croisière en Irlande, il est fréquent de croiser la route d'un Galway Hooker, un bateau originaire de la baie de Galway. Ce bateau est intimement lié à l'histoire maritime de la côte ouest de l'Irlande, facilement reconnaissable à sa silhouette caractéristique. Avec sa coque noire, son étrave haute, ses trois voiles rouges et son long pic de grand voile, le Galway Hooker est un symbole de cette région.

Origines et utilisations

Les premiers Galway Hookers datent de la fin du XVIIIe siècle. Conçu pour la pêche à la palangre dans la baie de Galway, ce bateau devait être marin, robuste et maniable pour affronter la houle de l'Atlantique jusqu'aux îles d'Aran et se faufiler dans les chenaux. Au-delà de la pêche, le Galway Hooker servait également au transport de marchandises entre le port de Galway et les côtes du Connemara, transportant de la tourbe, des algues, du bétail, de la chaux et même du poitín, l'alcool de contrebande irlandais.

Renaissance d'une tradition

Après avoir presque disparu dans les années 1960, les Galway Hookers sillonnent à nouveau la baie de Galway. À l'instar des Pilot Gig des Scilly, ils se réunissent régulièrement pour des régates passionnées et sont célébrés chaque année en août lors du festival Cruinniú na mBád dans le port de Kinvara. Ce voilier est un emblème de la baie de Galway, figurant même sur le blason du comté. Il a joué un rôle central dans la vie des habitants de la zone côtière et des îles du Connemara.

Construction et caractéristiques

À l'origine, le Galway Hooker était construit dans le port de Claddagh, un village de pêcheurs à l'embouchure de la rivière Corrib. En 1835, vingt Galway Hookers y furent construits. Rapidement adopté, ce bateau adapté aux conditions de navigation de la région fut construit dans de nombreux ports de la côte du Connemara. Le Galway Hooker (Húicéir en irlandais) tire son nom de l'hameçon ("Hook") utilisé pour la pêche à la palangre pratiquée dans la baie.

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Gréé en cotre, avec une coque noire et trois voiles rouges sombres, il est un symbole fort. Comme en Bretagne, les voiles de coton étaient tannées avec des écorces de chêne ou de châtaignier pour résister à la pourriture et à la moisissure. Au XIXe siècle, la concurrence des chalutiers obligea les Galway Hookers à compléter leur activité de pêche par le transport de marchandises.

Les différents types de Galway Hookers

Il existe quatre types de Galway Hookers, chacun se distinguant par sa taille et sa capacité de charge :

  • Bád Mór ("Grand Bateau") : de 10,50 m à 13,50 m, il est entièrement ou partiellement ponté et peut transporter jusqu'à 8 tonnes de fret.

  • Leathbhád ("Demi-Bateau") : d'une dizaine de mètres, il ressemble au Bád Mór avec un pontage en avant du mât.

  • Gleoiteog : de 7 m à 9 m, il peut être ponté ou non et est utilisé en régate. Son nom vient du mot irlandais "gleoite" qui signifie "mignon".

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  • Púcán : de 7 m à 9 m, il ressemble au Gleoiteog, mais est toujours non ponté et gréé avec une voile au tiers et un seul petit foc.

Construit à l'origine en chêne, hêtre et mélèze, le Galway Hooker possède une étrave droite et haute avec un fort volume avant, une tonture marquée, une coque frégatée et un tableau arrière incliné. Il est gréé en cotre avec un mât portant une grand-voile à corne avec une longue bôme, une trinquette amurée à l'étrave et un foc amuré sur le bout-dehors. Un système de lest en pierres est disposé dans les fonds. Les plus grands Hookers sont généralement semi-pontés avec un abri pour l'équipage.

Sauvegarde d'un patrimoine

Après avoir servi à la pêche et au transport, les Hookers sont aujourd'hui des bateaux de régate entretenus par des passionnés. En 1966, il ne restait que six Bád Mór en état de naviguer dans la baie de Galway. En 1970, il n'en restait plus que deux, menaçant de faire disparaître un pan de l'histoire maritime de la côte ouest irlandaise.

En 1976, le Morning Star, un Bád Mór construit vers 1890 dans le port de Kinvara, est restauré. D'autres restaurations suivront, donnant lieu à des régates acharnées. En 1979, le premier festival Cruinniú na mBád rassemble une flotte de Galway Hookers à Kinvara. Chaque année, cette flotte s'étoffe avec la construction de Hookers de différentes tailles.

En 1978, l'association Galway Hooker est fondée pour promouvoir ce bateau et organiser la saison de régates dans de nombreux ports du Connemara et des îles d'Aran. L'association défend la restauration, la préservation et la construction traditionnelle des quatre types de Hookers. De bateaux de travail, les Hookers sont devenus des bateaux de loisirs, qui s'affrontent autour de trois bouées avec autant de passion qu'au temps de la pêche. Les régates rassemblent les quatre tailles de bateaux.

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Le Monotype de Cornouaille : un projet centenaire

L'histoire du Monotype de Cornouaille est celle d'un projet conçu en 1902 et réalisé un siècle plus tard. En février 1902, le magazine Le Yacht lança un concours de plans pour un monotype sûr, navigable et économique, dont le coût de construction ne devait pas dépasser 1 000 francs. Les plans de Gaston Grenier, baptisés Gabrielle, furent primés, mais ne furent pas construits immédiatement.

Les critères du concours

Le cahier des charges précisait que la longueur maximale de flottaison ne devait pas dépasser 4,50 mètres, la largeur minimale étant de 1,50 mètre. La hauteur du mât était limitée à 6 mètres et la surface de la voilure à 30 mètres carrés. Le bateau devait être manœuvrable par une seule personne et capable de participer à des régates. Le jury devait accorder la priorité à la beauté des formes, à la sécurité et à la vitesse.

Trente-sept projets furent déposés, et le jury attribua le premier prix ex-aequo à Gabrielle de Gaston Grenier et Soizic de M. Nelquer. Cependant, le donateur choisit les plans de Soizic, et Gabrielle resta dans les cartons pendant près d'un siècle.

Les critiques et les qualités de Gabrielle

Le rapporteur de la commission du concours souligna que Gabrielle, bien que répondant à toutes les exigences, présentait quelques points contestables, notamment en cas d'échouage. Malgré ces critiques, le jury loua l'œuvre de Gaston Grenier, un régatier havrais passionné d'architecture navale.

En vue du concours, Gaston Grenier fournit des plans détaillés et un argumentaire précisant que le yacht devait naviguer en rivière ou en estuaire, nécessitant un tirant d'eau limité et une bonne capacité à virer rapidement. La voilure de sloop fut jugée la plus facile à réduire rapidement en cas de grain.

Une renaissance tardive

Ce n'est qu'en 1998 que la construction d'un premier Monotype de Cornouaille fut entreprise, suivie par d'autres constructions par des stagiaires en charpente marine. Chaque groupe s'appropria le bateau, interprétant les formes et refaisant une épure personnelle à partir du plan d'origine.

Les Monotypes de Cornouaille inspirés des plans de Gabrielle ne sont donc pas strictement identiques. Ils partagent cependant un style original, avec des logos dessinés par Gildas Flahault.

Lady Cath et Mister Dog : deux exemples de Monotypes de Cornouaille

Lady Cath, construit par Jacques Ridel, respecte les plans d'origine de Gabrielle, avec quelques adaptations comme un tirant d'eau porté à 0,98 mètre et un mât emplanté dans le pont. Mister Dog, quant à lui, a subi un chantier de deux ans pour retrouver des caractéristiques similaires à Lady Cath, notamment en termes de plan de voilure et de gréement.

Ces deux bateaux naviguent régulièrement en baie de Quiberon et dans le golfe du Morbihan, participant à des rassemblements et des événements nautiques.

L'IOR : une jauge controversée

La jauge IOR (International Offshore Rule) a dominé la course au large de 1970 à 1994. Son déclin est attribué à plusieurs facteurs, notamment l'intérêt croissant pour une nouvelle super jauge, l'IMS (International Measurement System), et les décisions prises par le comité technique international (ITC).

L'ascension de l'IMS

L'IMS, une initiative américaine basée sur l'utilisation d'ordinateurs, promettait de remplacer l'IOR en tant que jauge de course au large. Cette concurrence se joua principalement au sein de l'ITC, où des architectes et des spécialistes informatiques travaillaient au développement de l'IOR Mk IV.

Malgré les plaidoyers de certains architectes en faveur de l'IOR, l'ITC choisit de promouvoir l'IMS comme jauge d'avenir. Gary Mull, président de l'ITC à l'époque, semble avoir été influencé par des relations professionnelles avec des architectes américains favorables à l'IMS.

Les critiques de l'IOR

L'IOR était critiquée pour plusieurs raisons, notamment sa complexité et son incapacité à empêcher les "combines" visant à contourner la jauge. La stabilité était également un point faible, conduisant à la construction de bateaux instables.

La proposition d'une IOR Mk IV visait à corriger ces défauts, notamment en supprimant la prise en compte de la stabilité et en interdisant les points d'inflexion dans les formes arrière. Cependant, l'ITC rejeta ces arguments, estimant que l'IMS était une meilleure solution.

Les conséquences du déclin de l'IOR

Le déclin de l'IOR entraîna la disparition de nombreux événements de course au large, tels que les Ton Cup, l'Admiral's Cup et le SORC. Bruce Farr, en collaborant avec le comité de course de la Whitbread, contribua à la fin de l'IOR en réalisant des bateaux plus légers et plus rapides.

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