Choisir la bonne combinaison de surf, et plus particulièrement un shorty, peut s'avérer complexe face à la multitude de modèles et d'options disponibles. Ce guide est conçu pour vous aider à faire le meilleur choix en fonction de vos besoins, de votre style et des conditions dans lesquelles vous surfez. Des modèles intégraux pour les eaux les plus froides aux options légères pour les sessions tropicales, les combinaisons offrent différents niveaux de protection et d'épaisseur pour répondre à toutes les situations.
Comprendre les différents types de combinaisons
Il existe plusieurs genres de combinaisons néoprène, chacune adaptée à des conditions spécifiques :
- Combinaisons intégrales : Elles couvrent l’intégralité du corps, des chevilles aux poignets, et existent en différents niveaux d’épaisseur. Aussi appelées « steamer », elles sont conçues pour piéger et chauffer une pellicule d’eau entre le néoprène et la peau. Elles sont à privilégier pour les eaux tempérées à froides. Une combinaison intégrale avec une capuche intégrée permet de garder la chaleur à l’intérieur, tout en empêchant l’eau de pénétrer.
- Shorties (ou "spring suits") : Ils ont les jambes courtes et les manches longues ou courtes selon les modèles. Ils sont idéaux pour les eaux chaudes et les sessions estivales.
- Long Jane/Farmer Jane : Versant féminin des « Long John », les « Long Jane » et les « Farmer Jane » sont également conçues pour les eaux chaudes et composées d’une couche fine de néoprène (1,5-2 mm).
- Short Jane : Versions aux jambes courtes des « Long Jane », les « Short Jane » sont elles aussi composées d’une fine couche de néoprène (1-2 mm). Elles garantissent une amplitude des bras et des jambes optimale, et sont idéales pour de longues sessions en eaux chaudes.
- Tops en néoprène et leggings : Moins couvrants, les tops en néoprène et les leggings apporteront quant à eux une protection thermique et anti-UV supplémentaire à votre seul bikini.
- Combinaisons une pièce : Féminines et tendances, sans oublier d’être performantes, les combis une pièce sont les derniers must-have.
Choisir l'épaisseur idéale pour un shorty
L'épaisseur est un facteur déterminant dans le choix de votre shorty. Elle est mesurée en millimètres et est généralement indiquée par deux chiffres (ex : 3/2 mm). Le premier chiffre correspond à l'épaisseur du néoprène au niveau du torse et du dos, tandis que le second indique l'épaisseur au niveau des bras et des jambes.
- 2 mm ou moins : Idéal pour les eaux chaudes (plus de 22°C) et les climats tropicaux.
- 3/2 mm : C'est la référence pour l'été ou la mi-saison, adaptée aux températures allant de 17° à 24°C.
- 4/3 mm : Elle est souvent appelée, à juste titre, le wetsuit "Toute Saison". L'épaisseur du néoprène s'attaque au froid de l'hiver, tout en conservant assez de confort pour la mi-saison/été.
- 5/4 mm : C'est le wetsuit ultime pour l'hiver. Son épaisseur permet de résister aux morsures hivernales. Idéale pour des températures comprises entre 10° et 15°.
Il existe des combis 2 mm pour les températures chaudes, dans les eaux tropicales par exemple, et des néoprènes de 6 mm pour les conditions quasi polaires. Plus on augmente l'épaisseur, plus on gagne en chaleur, mais plus on perd en mobilité.
N'oubliez pas que la sensibilité au froid varie d'une personne à l'autre. Si vous êtes frileux, n'hésitez pas à choisir une épaisseur supérieure pour ne surtout pas souffrir d'avoir froid une fois dans l'eau. Le vent et le port éventuel de chaussons ou d’une capuche sont aussi à prendre en compte.
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L'importance de la taille et de l'ajustement
La taille est un critère essentiel pour bien choisir sa combinaison de surf. Trop petite, elle limitera votre amplitude de rame et vos mouvements, trop grande, elle laissera l’eau s’infiltrer.
Vérifiez que votre combinaison soit bien ajustée, sans espace au niveau du bas du dos, de l’entrejambe, des épaules et des genoux. Assurez-vous qu’elle ne soit pas non plus trop serrée. Elle risquerait de restreindre votre liberté de mouvement, un critère essentiel à l’eau. N’hésitez pas à tester votre amplitude en effectuant des mouvements de rame ou des flexions. Vérifiez que les coutures/jointures autour du cou, des poignets et des chevilles ne soient pas trop serrées. Vous devez pouvoir pincer le néoprène entre vos doigts.
N’oubliez pas que c’est un textile qui se détend lorsqu’il est humide. Donc, si une combi neuve et sèche va vous sembler légèrement trop serrée, sans pour autant vous empêcher de bouger, c’est que la taille vous convient.
Les différents systèmes de fermeture
Savoir comment choisir une combinaison néoprène passe aussi par les détails, notamment les fermetures. Celles des combinaisons intégrales peuvent se situer à l’arrière, le long de la colonne vertébrale (Back Zip), ou à l’avant, au niveau de la poitrine (Front Zip ou Chest Zip). Certains modèles en sont même dépourvus (Zip Free). Les « spring suits » sont dotées de fermetures avant verticales ou d’une fermeture arrière.
- Back Zip : Il s’agit d’un zip situé le long de la colonne vertébrale, allant du cou jusqu’au bas du dos. L’ouverture se situe au niveau de la poitrine. Pour bien la mettre, il suffit de l’enfiler jusqu’à la taille, puis de la remonter le plus possible sur le haut du corps. Ensuite, enfilez vos bras et faites passer le rabat zippé par votre tête, puis fermez le zip sur votre poitrine. C'est le système le plus simple à enfiler, idéal pour les débutants. L'inconvénient de ce type de fermeture est son étanchéité qui laisse à désirer quand l'eau s'infiltre dans le cou et sa rigidité.
- Front Zip ou Chest Zip : L’ouverture se situe au niveau de la poitrine. C'est le plus répandu. Il consiste en un Zip frontal pour avoir une étanchéité et souplesse maximale. On enfile la combinaison par l'épaule. Plus sportif à mettre que le backzip certes, mais on prend vite le coup. Le système de fermeture idéal en surf.
- Zip Free : Dernières innovations du marché, les combinaisons sans fermeture s’enfilent par le décolleté. Ce dernier est plus large que sur les autres modèles et est composé de couches de néoprène superposées pour accroître son étanchéité.
L'importance des coutures et de l'étanchéité
Facteur majeur de chaleur, de confort, d’étanchéité et de durabilité, la qualité des coutures détermine le niveau de performance de votre combinaison. Il existe aujourd’hui différents styles de coutures et systèmes d’étanchéité.
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- Coutures Flatlock : Aussi appelées « coutures plates », ce sont les coutures basiques, cousues à l’aiguille. N’étant pas totalement étanches, on les retrouve le plus souvent sur les combinaisons pour eaux chaudes, comme les tops en néoprène ou les short John.
- Coutures GBS (Glued and Blind-stitched) : Egalement connues sous le nom de « GBS » pour « Glued and Blind-stitched », elles sont collées puis cousues en surface. La technique du « point aveugle » ou du « point invisible » utilisée ne traverse pas directement le néoprène, ce qui permet d’éviter les risques d’infiltration et d’obtenir des coutures plus serrées. Elles offrent une résistance optimale. Ce sont les coutures les plus courantes qui, lorsqu’elles sont parfaitement réalisées, garantissent une solidité et une étanchéité maximales.
- Coutures Collées : Les bords des panneaux néoprène qui composent une combinaison forment un angle à 90 degrés. Dans cette technique, ces derniers sont collés et scellés entre eux. Une fois secs, un point est cousu sur l'extérieur de la combinaison au milieu des panneaux.
- Coutures Galonnées : Un joint liquide à base de silicone est ici apposé sur la jointure extérieure, ce qui permet d'obtenir un assemblage étanche et durable. Un ruban de néoprène est également scellé à l’intérieur au niveau des zones stratégiques pour servir de renfort supplémentaire. Ce sont les coutures les plus imperméables qui soient, et sont un must-have pour tous les surfeurs en eaux froides.
Les doublures intérieures : un plus pour le confort thermique
Aujourd'hui, un grand nombre de wetsuits sont équipés de doublures intérieures. Qu'est-ce-que-c'est ? Cela ressemble un peu à de la fourrure polaire. Celles-ci sont déterminantes pour la chaleur qu'elles vont générer. Ainsi, plus vous montez en gamme sur une même épaisseur, plus vous aurez une combinaison isolante. Les doublures plus techniques au niveau du buste améliorent l'isolation. Les hauts de gamme enfin seront, pour la plupart, recouverts de thermos très spécifiques.
Par ce fait, en fonction de votre budget, il est parfois plus intéressant de partir sur des combinaisons néoprènes moins épaisses mais munies de doublures. Ainsi, on gagne en mobilité en réduisant les couches du néoprène sans sacrifier la chaleur compensée par les thermos à l'intérieur. Une très bonne 4/3mm vaudra une 5/4mm d'entrée de gamme.
Choisir une combinaison éco-responsable
Aujourd'hui, les marques proposent de plus en plus des combinaisons néoprène éco-responsables. De nombreuses marques telles que Picture proposent des wetsuits en matières recyclées. Chez Patagonia, on propose des combinaisons faites de caoutchouc naturel. Avec un design certes très simple, mais le méritent d'être 100% naturelles.
Afin de limiter l’utilisation de produits pétrochimiques synthétiques, toutes les combinaisons ROXY sont désormais élaborées à base de néoprène naturel dérivé du calcaire et de matériaux composés de résidus de néoprène ou de caoutchouc recyclés.
Pour être considérée éco-responsable (à nos yeux en tous cas…), la fabrication d’une combinaison de surf doit s’accompagner d’une démarche globale.
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Combinaison surf, kitesurf ou windsurf : quelles différences ?
Malgré toutes les questions posées, le sport que vous faites n'est pas capital dans le choix de votre combinaison néoprène . Et oui. Un wetsuit de marque de surf fera très bien l'affaire pour du kitesurf et inversement. Idem pour du longe côte ou du wakeboard. Le but principal est d'avoir chaud tout en gardant une certaine souplesse. Mais des petits détails sont à noter toutefois.
Les combinaisons néoprène typées surf seront très cintrées pour avoir un max de mobilité au niveau des épaules pour la rame.
Certains wetsuits de kitesurf seront munis de renfort au niveau des tibias et des côtes pour protéger de la planche et éviter que le harnais remonte trop.
Le mesh, une construction de néoprène particulière, joue pour rôle de plastron et de coupe vent. Plus fragile que le néoprène classique, l'eau ruisselle dessus. La plupart des combinaisons typées kitesurf seront équipées de mesh sur la partie dorsale du wetsuit. La navigation se faisant avec le vent dans le dos. Les combinaisons surf seront plus souvent munies de ce coupe-vent au niveau du ventre.
Dernière chose, évitez de prendre une combinaison néoprène de plongée pour la pratique de ces sports. Les wetsuits de plongée sous-marine sont faites pour lutter contre le froid dans une position statique, dans des eaux froides en profondeur. Elles sont très épaisses et très rigides.
Budget : quel prix pour une combinaison de surf ?
Ce qu'il faut prendre en compte dans le choix d'une combinaison néoprène est la fréquence d'utilisation et non votre niveau de pratique. Ce n'est pas parce que vous êtes nul au ski que vous irez skier en jean et pull ? Ici c'est pareil.
Si vous êtes régulièrement à l'eau partez sur une combinaison de bonne qualité. Au risque sinon de saboter vos sessions. Si c'est pour une pratique loisir, très occasionnelle, une combi d'entrée de gamme fera l'affaire.
Si vous partez dans l'objectif de pratiquer souvent ne prenez pas un wetsuit bon marché pour commencer. Économiquement vous y perdrez. Car vous allez vite changer pour un modèle de gamme supérieure. Et perdre ainsi l'argent dépensé dans la première combinaison.
Financièrement, les combinaisons néoprène d'entrée de gamme se situent en général dans une tranche de 100€ à 200€. De 200€ à 300€ vous aurez une bonne combinaison néoprène passe partout. Les modèles Core de chez ION ou la Dawn Patrol de Ripcurl sont de très bon rapport qualité prix. De 300€ à 400€ vous êtes dans le wetsuit haut de gamme.
Comment enfiler et entretenir votre combinaison néoprène
Oui on sait, c'est sportif. On se sent serré au début, on a chaud, ça colle… Mais pas de panique, celle-ci va amener à se détendre et se faire à votre corps avec le temps. Comme des chaussures neuves. Une fois en action elle va se dilater avec l'eau. Si elle étrangle au niveau du cou, c'est que, dans la plupart des cas, la combinaison a été mal mise au début. Il faut la monter petit à petit pour éviter tout bourrelet de néoprène. Le wetsuit étant cintré de base, si on tire tout d'un coup quand on l'enfile, on aura un mal de chien ensuite pour le mettre correctement.
La patience est le mot d'ordre. Calez les pads des genoux aux bons endroits, montez progressivement jusqu'au bassin puis passez un bras l'un après l'autre. À la fin on ne doit plus voir de plis. Particulièrement sous les fesses, genoux et coudes. Pour l'enlever idem. Prenez votre temps. Laissez la combinaison néoprène retournée. C'est plus facile à ôter et elle sèchera plus vite.
En ce qui concerne l'entretien rincez votre wetsuit à l'eau claire après chaque utilisation. Sinon, le sel va ronger le néoprène et attaquer votre système de fermeture. Ne la faites pas sécher en plein soleil. La combi pourrait craqueler comme de la peinture. Enfin éviter de l'étendre mouillée sur un cintre. La couture du cou risque de lâcher dans le temps avec le poids de l'eau. Pour éviter ce risque, il existe des cintres spéciaux.
Si votre combinaison néoprène commence à sentir l'humidité et que vous voulez la laver c'est possible. Mais surtout, ne la mettez pas dans la machine à laver ! Des produits spéciaux tel que le Piss Off sont fait exprès. Dans une bassine ou une baignoire diluez-le dans de l'eau. Mettez y votre combinaison et attendez 10 minutes. Rincez et c'est tout. Votre wetsuit est propre.
Accessoires pour compléter votre équipement
Les accessoires de combinaisons sont aussi particulièrement utiles pour garder les extrémités au chaud, notamment lorsque la température de l'eau descend sous les 15 degrés.
- Chaussons : Les pieds étant des extrémités particulièrement sensibles, ce sont probablement les premiers accessoires nécessaires lorsque la température de l’eau descend. Les modèles les plus performants sont ceux qui vous garantiront une sensation sur la planche et une étanchéité maximales. Pour surfer sur des reef spots, les chaussons de récif sont idéals. La semelle en caoutchouc stable protège les pieds des coupures de récif, des oursins et autres dangers de la mer.
- Cagoules : Les cagoules sont également essentielles pour vous permettre de lutter contre le froid et de vous prémunir des maux de tête qui peuvent apparaître dès que la température de l’eau atteint 13 degrés et moins.
- Gants : Ils sont particulièrement utiles lorsque la température de l'eau descend sous les 12 degrés. Il en existe deux principaux types : les gants classiques à cinq doigts et les gants à "griffes".
Sessions courtes, moyennes ou longues : quel impact sur le choix de votre combinaison ?
La durée de vos sessions de surf influence également le choix de votre combinaison :
- Sessions courtes (moins d'une heure) : Votre corps n'aura généralement pas le temps de se refroidir de manière significative. Dans ce cas, vous pouvez privilégier une combinaison légèrement moins épaisse si vous hésitez entre deux épaisseurs, pour gagner en souplesse et en confort. Par exemple, si l'eau est à la limite entre une 3/2mm et une 4/3mm, une 3/2mm pourrait suffire pour un "quick dip".
- Sessions de 1h à 2h : Votre combinaison doit offrir un bon compromis entre facilité d’enfilage, liberté de mouvement et confort thermique. Ne sous-estimez pas le refroidissement graduel ! Si vous êtes sensible au froid ou si la météo est capricieuse, envisager le haut de la fourchette d'épaisseur recommandée pour la température de l'eau est une sage décision (par exemple, choisir une 4/3mm plutôt qu'une 3/2mm si la limite est proche).
- Sessions longues (3h) : Choisissez une liberté de mouvement maximale grâce à une combinaison surf dotée des meilleurs assemblages et composée d'un néoprène très souple. Ce type de session exige une protection thermique parfaitement adaptée à votre environnement. Pour ces durées prolongées, l'hypothermie devient un risque réel si la combinaison n'est pas appropriée. Bon, si l'eau est à 25 degrés, le confort thermique n'entre pas en jeu, mais si on parle d'une eau à 10 degrés, là, tout de suite, ça change la donne. Dans ce scénario, on ne peut que vous recommander de choisir la combinaison la plus chaude et la mieux isolée que permettent les conditions.