L'excellence dans la course au large contemporaine ne repose plus uniquement sur l'instinct marin, mais sur une fusion complexe entre compétences techniques de haut niveau, résilience psychologique et une maîtrise parfaite des technologies de pointe. Sébastien Simon, ingénieur en structure et composites, est un passionné de voile et de course au large, révélé sur le circuit Figaro après une brillante carrière en voile olympique. Ce double profil, alliant la rigueur scientifique à la fougue du compétiteur, définit la trajectoire singulière d'un marin qui a su transformer les défis techniques en exploits sportifs. Élevé en Vendée et initié à la voile par son père, Sébastien Simon a commencé à régater en Optimist avant de passer au dériveur 420 à bord duquel il a terminé troisième du Championnat du monde 2013 à Valence, avec Pierre Rhimbault. Cette base solide, acquise dès le plus jeune âge, constitue le socle d'une carrière où chaque étape a été franchie avec une détermination méthodique.
La genèse d'un ingénieur-marin : du 420 à la rigueur des composites
La formation académique de Sébastien Simon joue un rôle déterminant dans son approche de la navigation moderne. Ingénieur en structure et composites, Sébastien est un passionné de glisse, surf, snow, ski, et bien sûr de voile, de course au large et d’océan. Cette expertise technique lui permet de comprendre intimement les contraintes subies par les matériaux lorsqu'il affronte les éléments les plus déchaînés. Originaire de Vendée, Sébastien découvre la voile enfant à bord du bateau de son père, mais c'est son passage par les filières d'excellence qui va forger son destin professionnel.
Piqué par le virus de la compétition dès ses débuts, il brille rapidement sur les supports olympiques. Troisième du championnat du monde de 470 en 2013, c’est finalement la course au large qui retient son intérêt et il se fixe rapidement le Vendée Globe pour objectif. Cette transition du dériveur léger vers le grand large nécessite une adaptation structurelle de sa pensée stratégique. Après s'être tourné vers la course au large - et le circuit professionnel Figaro en particulier - Simon a remporté la sélection 2013 du Challenge Espoir Région Bretagne - CMB. Ce succès lui a assuré un bateau et un financement pour concourir sur le circuit Figaro - une récompense dont il a pleinement profité en remportant cinq ans plus tard à la fois La Solitaire URGO Le Figaro 2018 et le titre de champion de France Elite de course au large. En cinq saisons, il s’y affirme comme l’un des ténors de cette classe très disputée, antichambre du Vendée Globe. Sa victoire dans la Solitaire du Figaro, souvent considérée comme l'épreuve la plus exigeante techniquement en solitaire, a validé sa capacité à allier vitesse pure et gestion de projet sur le long terme.
L'entrée dans l'arène IMOCA : l'ambition d'Arkéa Paprec
Fort de ses succès sur le circuit Figaro, Sébastien Simon a naturellement franchi le pas vers la catégorie reine des monocoques de 60 pieds. Alignant sous leurs couleurs le skipper Sébastien Simon, ARKÉA et PAPREC - deux groupes historiquement impliqués dans la course au large - s’unissent autour d’un programme porteur de sens où les dimensions d’innovation, de transmission, de défi et de partage dessinent les contours d’un projet ambitieux. Ces performances l'ont conduit à s'attaquer à son premier Vendée Globe en 2020-21 avec ARKÉA PAPREC.
Avec le soutien de ses partenaires, Sébastien Simon a pris le parti, pour sa première participation au Vendée Globe, de faire construire un nouveau bateau dessiné par l’architecte Juan Kouyoumdjian. Ce choix technologique fort soulignait sa volonté de ne pas simplement participer, mais de viser les sommets grâce à l'innovation. Les ambitions du Team ARKÉA PAPREC s’appuient à la fois sur le talent et la fougue de Sébastien Simon, et sur la grande expérience de Vincent Riou. Sébastien Simon prend le départ de son premier tour du monde en solitaire en 2020. Un mois après le départ, alors qu'il naviguait en 4ème position, le marin sablais est contraint d'abandonner la course après avoir heurté un OFNI au large du cap de Bonne-Espérance. La déception est énorme, mais le skipper a pour ambition de revenir en 2024. Cette épreuve a mis à l'épreuve sa force mentale, le forçant à analyser techniquement les causes de l'avarie tout en préparant psychologiquement son retour au premier plan.
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La résilience et l'apprentissage par la diversité des épreuves
Après l'abandon forcé de 2020, Sébastien Simon n'a cessé de naviguer pour affiner sa maîtrise des foilers de dernière génération. Après une brillante Transat Jacques Vabre où il termine 4ème avec Yann Eliès, Sébastien retrouve son grand copain d'études Benjamin Dutreux lors de The Ocean Race 2023, à bord de Guyot Environnement - Team Europe. Cette expérience en équipage autour du monde a été cruciale pour parfaire ses connaissances sur la vie à bord et la gestion des casses mécaniques dans les mers les plus hostiles de la planète. Après une édition compliquée de The Ocean Race, marquée par de nombreuses avaries, Sébastien Simon rebondit avec un projet Vendée Globe.
Cette période de transition a permis au skipper de démontrer sa capacité de récupération et sa ténacité. Il trouve le soutien du Groupe Dubreuil, qui célèbre ses 100 ans et souhaite marquer les esprits en s’engageant sur la prochaine édition de la course mythique. Le groupe Dubreuil est un groupe familial vendéen présent dans 7 métiers autour de la Distribution (Automobile, Matériels BTP, Machinisme agricole, Energies, Poids lourd), de l’Hôtellerie et du Transport Aérien. Le Groupe rassemble 42 PME en Métropole et Outre-Mer et compte 6 000 collaborateurs. Le groupe Dubreuil a choisi d’accompagner Sébastien Simon avec un IMOCA de dernière génération, offrant ainsi au skipper les moyens techniques à la hauteur de son talent et de sa formation d'ingénieur.
L'expérience sensorielle de la haute vitesse en mer
Naviguer sur un IMOCA moderne est une expérience de chaque instant qui repousse les limites de la perception humaine. Incroyable sensation de vitesse, filmée à bord de l'Imoca Groupe Dubreuil de Sébastien Simon. Avec sa caméra grand-angle, le skipper sablais nous montre son plan Verdier qui fend les vagues à très haute vitesse. Le vent pousse, les écoutes vibrent et les embruns envahissent le pont… Saisissant. Il y a des vidéos qui se passent de paroles. Celle de Sébastien Simon est de celles-ci : caméra grand angle tendue au bout d'une perche, le skipper de Groupe Dubreuil filme son Imoca fendant l'Atlantique à grande vitesse. Impressionnant de voir ces monstres de puissance avaler les milles avec une telle intensité.
De retour dans l'habitacle, le marin braque ensuite sa caméra sur l'afficheur du cockpit. On y voit la vitesse du vent réel (TWS en haut à droite de l'écran), autour de 24 noeuds, mais aussi la vitesse du bateau sur le fond (SOG en bas à droite de l'écran)… et les chiffres s'affolent : 24, 25, 26, 27… jusqu'à 28 noeuds. Cette quête de performance pure est au cœur du métier de skipper. Son Vendée Globe a été intense, marqué par la casse de son foil, mais aussi par un exploit retentissant : il bat le record de milles parcourus en 24 heures, franchissant la barre des 600 milles. Cette performance exceptionnelle prouve que malgré les avaries, la vitesse reste l'ADN de sa navigation. « J’essaie de profiter de chaque nuage même si ce n’est pas évident avec les modèles. Je suis un peu au milieu de la flotte. Certains essaient de contourner l’anticyclone par l’Ouest mais c’est peut-être une rouge engagée. Moi, je suis arrivé là où le vent m’a mené. On vit finalement un nouveau départ. L’anticyclone descend avec nous. Plus on avance, plus il descend et on est bloqué dans cette bulle. Je pense que ça devrait passer entre ma position et l’Ouest. J’ai du mal à penser que ça va passer plus à l’Est. C’est une régate planétaire, ça dure depuis sept jours et on est tous à égalité. C’est loin d’être terminé et c’est tant mieux. Si on descend tous ensemble l’Atlantique, ça ne peut qu’augmenter le plaisir ! »
L'épreuve des mers du Sud et le passage des caps mythiques
La solitude dans le Grand Sud impose une discipline de fer et une capacité à gérer le doute. « Je suis vraiment fier de ce qu’on est en train de réaliser. Il y a beaucoup de sacrifice, beaucoup d’envie, beaucoup d’énergie… Ces derniers jours, j’ai l’impression d’oublier tous les moments durs que j’ai pu vivre sur ce Vendée Globe. Tout est passé à une vitesse folle. Je me rappelle du départ comme si c’était hier, j’ai l’impression de m’être téléporté ici. L’humain a tendance à ne se souvenir que des bonnes choses ! J'ai ralenti cette nuit, j’avais des conditions dures, j’ai eu plus de 50 nœuds. J’ai préféré temporiser un peu et depuis, la mer est dégueulasse. J’ai hâte de passer le cap Horn pour quitter les mers du Sud. Je suis vacciné, c’est bon, j’ai vu, et il n’y a rien à voir d’ailleurs… Je veux retourner dans l’Atlantique (rires) ! »
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Le passage du cap Horn marque souvent un tournant psychologique dans la course. « Je ne devrais pas passer trop loin du cap, au lever du jour, j’espère le voir. On a fait les deux tiers du parcours. Les 48h à venir ne vont pas être très agréables, on essaye de gagner un peu vers le Nord mais il faudrait vraiment être très nord pour échapper à cette dépression. Je pense qu’on va faire le dos rond pour passer ce moment délicat, j’espère que ça va bien se passer. Actuellement je suis dans une zone de calme, c'est parfait pour checker le bateau et se reposer. » Cette alternance entre la fureur des tempêtes et le calme plat demande une adaptation constante que seule une préparation de haut niveau permet de supporter sur la durée.
Une préparation physique intégrale : de l'Imoca à l'Ironman
La performance en mer ne se limite plus aux réglages des voiles ; elle passe par une condition athlétique digne des plus grands sportifs de haut niveau. Sébastien Simon, skipper de l’Imoca Groupe Dubreuil, a pris le départ du premier full Ironman des Sables-d’Olonne le dimanche 22 juin 2025. « J’ai beaucoup appris sur moi » : l’Ironman des Sables-d’Olonne a été le défi personnel du skipper pour marquer son retour à terre et tester ses limites physiques après le tour du monde. « La symbolique est forte » : Sébastien Simon a effectué un passage remarqué dans le chenal pour l’Ironman, l’épreuve de natation passant par ce lieu emblématique de la voile mondiale.
Le premier full Ironman des Sables-d’Olonne s’est déroulé sous les yeux d’un public conquis, voyant en Sébastien Simon non seulement un marin, mais un athlète complet. Pour la première fois, la ville des Sables d’Olonne va vibrer au rythme d’un Ironman longue distance, permettant de faire entrer la cité vendéenne dans une nouvelle dimension sportive. Sébastien Simon et la cycliste Noémie Abgrall ont été plébiscités comme champions de l’année 2025 en Vendée par les internautes de Ouest-France. Les internautes ont élu le skipper sablais champion vendéen de l’année 2025 après sa troisième place sur le Vendée Globe 2024-2025. Cette distinction souligne l'ancrage local profond du marin et la reconnaissance de son parcours exceptionnel, tant sur l'eau que lors de ses défis terrestres.
Synergie médiatique et reconnaissance populaire
Le rayonnement de Sébastien Simon dépasse désormais le cadre strict de la voile de compétition. Lors du dernier Vendée Globe, le rappeur Oli (du duo BigFlo et Oli) avait envoyé un message vidéo au skipper sablais, illustrant l'impact culturel de la course au large sur la jeunesse et les milieux artistiques. Cette reconnaissance est également portée par les médias spécialisés et généralistes. Canal + lancera en mai une nouvelle série documentaire, une nouvelle série en immersion avec les skippers Imoca, incluant Jérémie Beyou, Sébastien Simon et Benjamin Dutreux, après avoir diffusé une série consacrée aux Ocean Fifty.
Un an après l’arrivée de Charlie Dalin, les skippers des Sables-d’Olonne sont gonflés à bloc pour les prochaines échéances. La rédaction Ouest-France des Sables-d’Olonne a souhaité prendre des nouvelles des skippers sablais pour comprendre l'évolution de leurs projets. « Des moments magiques et inoubliables » : l’année charnière de Sébastien Simon témoigne de la maturité acquise par le skipper. Jordan Jegat, Sébastien Simon, Élodie Touffet… font partie de ces figures sportives qui animent le territoire vendéen et inspirent les futures générations de navigateurs. Cette médiatisation permet de mettre en lumière les aspects souvent invisibles du métier de skipper, de la gestion du sommeil à la maintenance technique en solitaire.
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