L'équipement de plongée sous-marine repose sur une architecture où chaque élément doit remplir une fonction précise pour assurer la sécurité et le confort du plongeur. Parmi les innovations majeures ayant transformé la configuration des scaphandres autonomes, l'Air 2, développé par Scubapro, occupe une place centrale. Ce dispositif combine en une seule unité compacte les fonctionnalités d'un inflateur de gilet stabilisateur (gilet de compensation) et d'un deuxième étage de détendeur de secours. Cette synthèse technologique permet non seulement de simplifier le profil hydrodynamique du plongeur en réduisant le nombre de flexibles, mais également d'optimiser la gestion des équipements critiques.
Le principe du masque de plongée et son interaction avec le gaz
Pour appréhender l'utilité des systèmes de gestion de l'air, il est nécessaire de comprendre les contraintes physiologiques liées à l'immersion. Le principe du masque de plongée est de garder la cornée en contact avec de l’air pour qu’elle puisse jouer son rôle, celui de la réfraction. Un masque est composé d’une plaque de verre placée devant les yeux et d’une jupe de caoutchouc ou de silicone destinée à créer un joint étanche entre le verre et le visage du plongeur. La jupe couvre aussi le nez afin de lui donner accès au même espace intérieur où se trouvent les yeux. Il y a deux raisons à cela : la première raison est de pouvoir souffler de l’air dans le masque par le nez lorsque la pression de l’eau commence à comprimer le masque contre le visage du plongeur. La seconde raison est que grâce au silicone souple qui couvre son nez, le plongeur peut se pincer les narines et réaliser ainsi la manœuvre de Valsalva afin d’empêcher la pression extérieure de lui blesser les tympans. Le plus souvent, les masques de plongée actuels sont réalisés en verre trempé, soit binoculaires soit monoverres. Les premiers limitent la quantité d’air dans le masque, les seconds permettent une vision plus large et sont donc plus adaptés aux débutants. Limiter le volume de gaz est très important en apnée pour réduire le plus possible la quantité d’air pulmonaire consacrée à compenser la pression hydrostatique s’exerçant sur le masque.
Rôle et fonctionnement de l'inflateur dans le système de flottabilité
Le gonflage du gilet se fait à l’aide d’un direct system, un tuyau directement relié au premier étage du détendeur, actionné par un bouton de gonflage. Ce tuyau est généralement relié à un inflateur buccal permettant également le gonflage par la bouche mais qui est essentiellement utilisé pour purger le gilet. L’inflateur est le système composé d’un tuyau annelé et d’une commande de purge qui permet de gonfler ou de dégonfler le gilet. Les gilets enveloppants permettent une répartition de l’air sur toute la surface, tandis que les gilets réglables présentent l'avantage de ne pas avoir de poche d’air passant sur les épaules et la poitrine. La gestion précise de ce volume d’air est fondamentale pour la stabilité du plongeur, et c’est ici qu’interviennent les commandes ergonomiques situées sur le bloc inflateur.
Architecture technique de l'Air 2 : l'intégration d'un détendeur et d'un inflateur
L'Air 2, dont le nom signifie "Alternate Inflator Regulator", est une réponse technique aux besoins de simplification. Il remplace avantageusement l'inflateur traditionnel tout en intégrant un deuxième étage de détendeur de secours, souvent appelé "octopus". Son fonctionnement interne repose sur une technologie de pointe héritée des détendeurs principaux : il travaille comme un deuxième étage à clapet aval, et son inflateur fournit un gonflage régulier et fiable quelle que soit la pression de la bouteille.
L’AIR 2 dispose d’un raccord rapide spécifique pour le flexible basse pression, qui permet de le connecter ou de le déconnecter rapidement même lorsque le système est déjà sous pression. Le système arrête automatiquement le flux d’air venant du flexible lorsqu’il est déconnecté de l’AIR 2 à l’aide du raccord rapide. Le boîtier est fabriqué en nylon renforcé de fibre de verre, avec une membrane et une soupape d’expiration en caoutchouc silicone, assurant une durabilité et une résistance thermique nécessaires aux environnements subaquatiques. Le réglage de l’effet Venturi est une fonctionnalité cruciale : il doit être mis sur le réglage de pré-plongée "PRE-DIVE" en surface, et sur le mode "DIVE" pour la respiration.
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Utilisation opérationnelle et ergonomie de l'appareil
L’AIR 2 sert aussi d’inflateur et de purge du gilet stabilisateur. Les commandes sont conçues pour être facilement identifiables. Le plus petit bouton est utilisé pour gonfler automatiquement le gilet. Le plus gros bouton est utilisé pour déclencher la purge. Pour gonfler le gilet à la bouche, seul le gros bouton de purge est utilisé. Le plongeur prend l’embout dans sa bouche en étanchant avec ses lèvres, il appuie à fond sur le bouton de purge, puis il souffle dans l’embout et relâche le bouton lorsqu’il veut emprisonner l’air expiré.
Cette ergonomie est le fruit d'une évolution constante, de la première génération à la cinquième génération actuelle, qui a amélioré le travail respiratoire pour offrir une respiration régulière et maîtrisée, équivalente à celle d’un deuxième étage de détendeur à clapet aval traditionnel. Il est important de noter que si l’AIR 2 remplace efficacement l’octopus classique, il nécessite un flexible spécifique. Le branchement de l’AIR 2 peut être effectué avec ou sans pression dans le tuyau.
Normes de sécurité, entretien et maintenance
L’utilisation de l’AIR 2 comme système de contrôle de flottabilité du gilet stabilisateur n’est certifiée qu’avec les gilets SCUBAPRO. De plus, conformément aux normes européennes, l’utilisation de l’AIR 2 comme détendeur n’est certifiée que pour des températures d’eau supérieures à 10 °C. Il est impératif de respecter ces limites, car ignorer ces recommandations pourrait avoir des conséquences graves.
L’entretien après utilisation, notamment en eau chlorée, exige que l’appareil soit mis sous pression et rincé abondamment à l’eau douce, en laissant couler l’eau dans l’embout et par la soupape d’expiration. Concernant les risques spécifiques, si le gilet est équipé de cartouches de CO2, le plongeur doit faire preuve d'une grande prudence : si la cartouche a été percutée, il ne faut surtout pas gonfler le gilet par la bouche, car du gaz carbonique pourrait être inhalé. Un rinçage à l’air ou à l’eau douce est alors indispensable.
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