Le milieu aquatique, bien que source de plaisir et de liberté pour les pratiquants de sports de glisse, demeure un environnement imprévisible où la frontière entre la pratique récréative et la situation de détresse peut se franchir en une fraction de seconde. Alors que vous surfiez tranquillement, vous vous retrouvez pris dans un rouleau. La vague déferle, vous retourne : vous paniquez, vous n’arrivez plus à remonter à la surface pour respirer, c’est la noyade. À Aloha Surf Camp Maroc, cela nous est tous déjà arrivés au moins une fois dans notre vie de surfeur. Même si ces moments effrayants sont inévitables, adopter les bons réflexes peut permettre d’éviter la noyade ou de secourir quelqu’un en difficulté.
La prévention comme première ligne de défense
La compréhension des risques commence par une observation rigoureuse de l'environnement. À la plage, la surveillance de la baignade reste le meilleur moyen pour lutter contre les risques de noyade. En témoigne ces accidents, qui surviennent généralement durant les « ailes de saisons » (c’est-à-dire au printemps et à l’automne), où les températures peuvent être clémentes mais les conditions de mer parfois solides et, surtout, non surveillées.
L’absence de surveillance augmente drastiquement la vulnérabilité des usagers de la mer. En Australie, une des rares études disponibles sur le sujet a ainsi estimé que les surfeurs sauvaient, chaque année, à peu près autant de personnes que les surveillants de baignade. Ce constat souligne l'importance du surfeur comme maillon essentiel de la chaîne de secours, souvent présent là où les services officiels ne peuvent intervenir immédiatement.
Anatomie d’une intervention : protocoles de secours
Porter secours dans un environnement où les aléas naturels sont importants est une tâche qui ne s’improvise pas, au risque de se retourner contre ceux-là mêmes qui tentent d’apporter leur aide. Si vous êtes témoin d'une détresse, il est crucial de suivre une méthodologie éprouvée :
- N’interviens pas seul. Essaie d’appeler de l’aide, assure-toi qu’il y a des gens sur la plage qui ont vu ce qui est en train de se passer. Préviens les gens alentour pour qu’ils appellent les urgences pendant que tu pars chercher la victime en noyade.
- Maintiens au maximum la tête du noyé hors de l’eau lorsque tu le tractes. Mets-toi dans son dos et passe ton bras droit sous son épaule droite. Nage sur le dos, si possible en rétropédalage : ainsi, il aura la tête maintenue hors de l’eau.
- N’enlève pas le leash de la personne qui se noie, pour éviter de perdre son corps si une vague arrive et vous bouscule.
- Si la victime est consciente, mets ta planche entre toi et lui afin qu’il s’y accroche. Essaie de l’aider à se hisser sur la board. Dans la panique, il risque de s’accrocher à toi et ne pas te lâcher, il y a alors un risque qu’il te coule et qu’il te noie avec lui.
- S’il est inconscient, n’essaie pas de le réanimer dans l’eau, tu risques de l’étouffer, mais ramène-le au plus vite vers la plage. Attrape la première vague qui arrive, cale le corps de la personne sur la planche - plus facile à dire qu’à faire - et laisse la mousse te porter vers la plage.
Gestion post-extraction et réanimation
Une fois sur la plage, la priorité est le déclenchement des secours professionnels. Assure-toi que les secours ont été prévenus. Sinon appelle-les toi-même (15 pour urgences médicales et SAMU) et commence la RCP, Réanimation Cardio-Pulmonaire, c’est-à-dire le massage cardiaque. Petit rappel des bases du secourisme: un massage cardiaque, c’est 100 compressions par minute sur le torse, mais pas de bouche-à-bouche en cas de noyade. Un moyen mnémotechnique simple pour garder le bon rythme : fais une compression sur chaque pulsation de la chanson « Stayin Alive » des Bee Gees.
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Si la personne expulse de la bave ou de la mousse par la bouche, c’est signe que le massage cardiaque a fonctionné et qu’elle revient à elle. Mets la tout de suite sur le côté, en position latérale de sécurité, afin de permettre à la bouche de se vider et qu’elle ne s’étouffe pas. L’équipe d’Aloha Surf Camp Maroc espère que ces conseils te permettront de sauver une vie si un accident survient. Cependant, on espère surtout que tu n’auras jamais besoin de t’en servir ! Keep safe and enjoy !
Analyse statistique des sauvetages en mer
Pour mieux comprendre ces dynamiques, des enquêtes de terrain apportent un éclairage précieux. Déployée sur Internet, l’enquête du UNSWBRG comportait plus de 50 questions, abordant, tour à tour, le profil du surfeur lui-même, ses habitudes de pratiques, son opinion vis-à-vis de plusieurs thèmes d’actualité (relatifs à la protection de l’environnement ainsi qu’à la sécurité des baigneurs) mais aussi son éventuelle expérience d’un sauvetage en mer. Rappelons que ce type de méthode souffre d’un « biais de sélection » au sens où, contrairement à d’autres techniques de sondage, il est difficile de contrôler a priori qui y répond.
Dans notre échantillon de 585 répondants français, 55,9 % des individus ont ainsi déclaré avoir porté secours à quelqu’un depuis qu’ils surfent. Sur un plan statistique, la probabilité est significativement plus élevée chez les hommes (61 %), âgés de 46 à 55 ans, et qui surfent depuis plus de vingt ans (avec, respectivement, 71,4 % et 79,5 % de réponses positives). La fréquence des sessions semble augmenter les chances de réaliser un sauvetage.
Les victimes secourues sont en majorité des hommes (72,8 %), âgés de 20 à 30 ans (36,9 %) ou de 30 à 50 ans (26,1 %). Dans 48,5 % des cas, la victime nageait à des endroits où elle n’avait pas pied. Les surfeurs portent aussi secours à d’autres surfeurs (32,1 %) ou à des bodyboarders (7,5 %). La météo est le plus souvent ensoleillée (64,4 %), avec des vagues de deux mètres maximum (68 %). Plus de la moitié des interventions (59,1 %) ont eu lieu à des endroits ou moments dépourvus de surveillance.
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