Introduction
Sarah Chaâri, jeune athlète belge de 18 ans, incarne la détermination et l'ambition. Numéro un mondial de taekwondo dans la catégorie des moins de 67 kilos, elle jongle avec brio entre une carrière sportive prometteuse et des études exigeantes en deuxième année de médecine à l'Université libre de Bruxelles (ULB). Son parcours est d'autant plus remarquable qu'elle pratique son sport en portant le voile islamique, un signe religieux qui ne semble pas poser de problème en Belgique.
Un Entraînement Rigoureux pour Atteindre l'Excellence
Les claquements secs des coups de pieds de Sarah Chaâri résonnent sur les murs du centre d’entraînement du campus Erasme, en banlieue de Bruxelles, où elle s'entraîne vingt heures par semaine. Cet entraînement intensif témoigne de son engagement envers le taekwondo et de sa détermination à atteindre ses objectifs sportifs.
Concilier Sport et Études : Un Défi Constant
Sarah Chaâri admet qu'il est difficile d'allier les deux : « C’est difficile d’allier les deux, ça demande une grande organisation pour trouver des moments pour étudier et pour aller m’entraîner ». Malgré les défis, elle parvient à maintenir un équilibre entre ses études de médecine et sa carrière sportive. « Pour l’instant je m’en sors et j’espère que ça continuera à fonctionner dans le futur… », confie-t-elle.
Le Voile : Un Choix Personnel Assumé
Vêtue d’un kimono blanc, la taekwondoïste porte un voile islamique, un signe religieux qui la suit jusque dans les compétitions. Elle explique : « En Belgique ça ne pose de problème à personne ». En effet, le port du voile ne semble pas être un obstacle à sa pratique sportive ni à son acceptation au sein de la communauté belge. Sarah Chaâri affirme que ce foulard, c’est elle, c’est sa religion et qu'elle le porte depuis 2020 à la suite d’une réflexion personnelle.
Une Ascension Fulgurante dans le Monde du Taekwondo
Sarah Chaâri a connu une ascension fulgurante dans le monde du taekwondo. Elle a décroché son ticket pour les Jeux olympiques de Paris lors du prestigieux Grand Prix de Manchester en décembre où elle a battu en finale la Chinoise Mengyu Zhang en deux reprises (6-4, 16-4). Cette victoire s'ajoute à plusieurs titres internationaux en catégorie des moins de 62 kilos. Après avoir remporté les championnats du monde à Guadalajara au Mexique en 2022, elle a également décroché un titre aux Jeux européens cette année.
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Objectif JO : Rester Prudente et Travailler Dur
Malgré ses succès, la jeune athlète belge reste prudente quant aux Jeux olympiques. « Tout athlète en taekwondo s’entraîne pour un jour (…) se qualifier et y faire des médailles », lâche-t-elle simplement. Elle est consciente de la concurrence et du niveau élevé des autres athlètes : « Il y aura quinze autres filles aux JO qui n’attendent qu’une chose, c’est combattre et donner le meilleur d’elles mêmes. Tout le monde a ses chances de monter sur le podium et le niveau est extrêmement élevé », ajoute son entraîneur argentin, Leonardo Gambluch. Ce dernier souligne sa motivation, sa concentration et son acharnement au travail : « Elle est motivée, elle est très concentrée, elle s’acharne à travailler, affirme-t-il. Elle a toujours été comme ça. C’est cette recette qui la mettra dans la meilleure posture pour les Jeux ».
La Belgique : Un Vivier de Talents en Taekwondo
Bien que la Belgique ait produit plusieurs talents du taekwondo mondial ces dernières années, Sarah Chaâri sera cette fois la seule représentante de sa nation aux JO.
Incohérences et Débats sur la Laïcité
L'article soulève également la question des incohérences en matière de laïcité vestimentaire en Belgique. L'auteur prend l'exemple de Sarah Chaâri qui, bien qu'autorisée à porter le voile lors de compétitions sportives, pourrait se voir refuser l'inscription à certaines hautes écoles en raison de leur règlement intérieur interdisant le port de signes religieux. Il critique notamment le règlement d'ordre intérieur (ROI) de la Haute école provinciale Condorcet qui stipule que « Dans la Haute école, l’étudiant n’exhibe aucun signe distinctif porteur de valeurs à caractère xénophobe, philosophique ou religieux ».
L'auteur souligne l'incohérence entre l'acceptation du voile dans les universités belges et son interdiction potentielle dans certaines hautes écoles. Il mentionne également le cas de la Haute école Francisco Ferrer, qui a vu une clause similaire de son ROI cassée par la Justice.
Réflexions sur le Port du Voile et l'Identité
L'article aborde également la question du port du voile et de son interprétation. L'auteur réfute l'idée que les femmes portant le voile sont nécessairement des marionnettes manipulées ou des militantes cherchant à imposer la charia. Il cite le sociologue français d’origine iranienne Farhad Khosrokhavar, qui explique que le voile est souvent lié à un malaise identitaire et à un sentiment d'exclusion économique ou culturelle. Selon Khosrokhavar, le voile permet à ces jeunes femmes de se sentir exister de manière autonome dans une société où elles se sentent souvent inférieures.
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