Le monde du surf, souvent idéalisé pour ses paysages idylliques et ses vagues parfaites, recèle des histoires de persévérance et de défis inattendus, parfois portées à l'écran, parfois vécues dans l'ombre. Au cœur de ces récits, le nom de Samir émerge sous différentes facettes, qu'il s'agisse d'un personnage de fiction inspiré de vies réelles ou d'un artiste confronté aux aléas de l'existence. Le film "La Source" de Rodolphe Lauga, par exemple, met en scène un Samir dont le destin singulier est intimement lié à l'océan, et en particulier aux eaux polynésiennes de Tahiti. Ce récit cinématographique, rare en France à mettre en lumière des surfeurs, explore les méandres d'une transformation personnelle profonde, illustrée par l'expérience de son interprète, Sneazzy.
L'Immersion Inattendue de Sneazzy : Du Bitume aux Vagues de Tahiti
L'expérience de Sneazzy, le musicien passé sans transition du rap à la planche de surf pour les besoins du film "La Source", constitue une part essentielle des informations concernant "Samir le surfeur". "Quand Rodolphe m’a appelé pour me proposer de faire l’acteur dans son film, je suis tombé des nues : je n’avais jamais joué de ma vie", raconte Sneazzy. Bien que des amis lui aient souvent suggéré de tenter sa chance au cinéma, il était, depuis son adolescence, "dans le rap, à fond et exclusivement". Se décrivant comme "un vrai parisien, un urbain irrécupérable", il aimait "sentir le bitume sous [ses] pieds et respirer l’air vicié des villes". L'eau, l'air pur et l’océan n’avaient jamais été son truc, et, bien évidemment, le surf, encore moins.
La préparation du tournage fut d'une rapidité déconcertante. Pour s'initier, il est parti avec Rodolphe deux jours dans le Sud Ouest. "En tout, j’ai dû prendre trois heures de cours", précise-t-il, soulignant la brièveté de son apprentissage formel. Le premier jour, les scènes de surf ont été abordées "avec le culot et l’inconscience des gens qui vont passer des épreuves sans y être préparés". Il a eu de la chance : "je n’avais pas de réplique, le vent était paisible et les vagues, abordables". Il a ainsi pu tourner dans un esprit "clip", et tout s'est bien passé initialement.
Cependant, les choses se sont corsées dans les jours qui ont suivi, lorsque Sneazzy a dû jouer et que la mer s'est levée. Il a "vraiment eu peur quand il a fallu affronter des grosses vagues". À Saint-Girons, ces vagues peuvent être gigantesques, ce qui rendait l'expérience particulièrement intimidante. Les séquences tournées là-bas en hiver ont été assez pénibles : il a "bu des tasses" et a "cru mourir de froid". L'acteur insiste sur un point crucial : "Même si certains vous affirment le contraire, on ne peut pas maîtriser l’océan. Quand il s’énerve, on n’a plus qu’à bien se tenir et à croire en sa chance !"
Mais c'est à Tahiti que l'expérience a atteint son paroxysme. "Le pire pour moi ont été les scènes tournées à Tahiti où la mer est non seulement très agitée, mais infestée de requins." Un incident marquant survint : "Un jour, une vague m’a envoyé valdinguer au fond, sur du corail." Pour Sneazzy, ce tournage a été "l’expérience la plus exténuante et la plus effrayante que [il n'a] jamais vécue". Malgré cela, il affirme "ne regrette[r] rien". Habitué à "faire un peu de foot et de gym", il a, avec ce rôle, "dépassé [ses] limites". L'environnement tahitien a également offert des moments d'une beauté exceptionnelle, avec des baleines nageant à moins de 5 mètres. C'était "impressionnant mais d’une beauté exceptionnelle", même si, de façon amusante, il confie : "Quand je pense que, dans la vie, le simple contact avec poisson me met mal à l’aise !" (Rire). Ce paradoxe entre sa gêne naturelle face aux poissons et l'immersion forcée dans l'écosystème marin de Tahiti souligne l'ampleur du défi relevé par l'acteur. Sneazzy explique que "j'ai appris le surf pendant le tournage. Cela donne des scènes très réalistes, parce que j'apprends vraiment et j'ai carrément fait abstraction de la caméra à ce moment-là. La première que je prends dans le film, c'est vraiment la première vague que je prends dans la vie". Cette approche garantit une authenticité palpable dans la représentation de l'apprentissage du surf par Samir.
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"La Source" : Le Parcours Initiatique de Samir, De la Cité à l'Océan Pacifique
Le film "La Source" de Rodolphe Lauga se présente comme un film initiatique sur la passion et la persévérance, idéal pour une sortie estivale, et fait partie de ces "feel good movies" qui donnent "une pêche d'enfer". L'histoire s'inspire de l'incroyable destin de Karim Braire, un jeune homme originaire d'une cité d'Orléans (Loiret). Dans le film, ce personnage s'appelle Samir, et son parcours débute dans une cité populaire, en banlieue d’une grande ville de province. Ado, Samir s'ennuie et enchaîne les petits délits avec ses potes, vivotant "entre petits boulots et grosses bêtises".
Le drame frappe sa vie lorsque son père décède brutalement, le forçant à reprendre l'entreprise familiale de plomberie pour subvenir aux besoins de sa mère et de ses deux sœurs. Samir n’a alors "plus d’autre choix que de reprendre l'entreprise familiale". C'est à la médiathèque municipale, un matin où il accompagne sa plus jeune sœur, qu'il a une révélation. En feuilletant par hasard une revue, il découvre la photo d’un surfeur issu de quartiers qui ressemblent au sien. Cette image bouleverse sa vision et élargit son horizon en un éclair. Son avenir est là, sous ses yeux. Il s'agit d'une découverte qui, pour lui, ressemble au Paradis. Le surf devient alors un moyen comme un autre pour s'en sortir.
Le film met en lumière l'importance des lieux de culture dans les zones défavorisées, comme la médiathèque, où Samir approfondit cette nouvelle passion. Mais l'apprentissage est semé d'embûches, car Karim, qui s'appelle Samir dans le film, ne sait même pas nager. Le premier obstacle est donc l'apprentissage de la natation. Buté et têtu, Samir refuse toute aide, mais une amitié naît entre l'ancien et le nouveau. Ce parcours mène à l'obtention du brevet de maître nageur sauveteur. Samir décroche alors son premier boulot : il va surveiller les touristes sur une plage landaise. C'est là qu'il fait ses premiers pas sur la planche de surf en compagnie de Julie, un rôle interprété par Alice David. "La Source" devrait booster les spectateurs, avec comme "dernière conséquence insidieuse l’envie d’aller faire un tour, comme Samir, sur les plages polynésiennes". Le film nous rappelle que "parce que les histoires vraies sont souvent les plus folles".
Alice David, qui joue le rôle de Julie, a elle aussi été attirée par le projet "La Source". "C'est, en 2016, je crois, que j'entends parler pour la première fois du projet de La Source. Je suis en plein tournage, mais mon sang ne fait qu'un tour : fait rarissime en France, ce film, met en scène des surfeurs. Or, justement, je viens de découvrir ce sport, et il me plait tellement que j'y consacre désormais toutes mes vacances", raconte-t-elle. Elle a immédiatement appelé son agent pour voir s'il n'y avait pas un rôle féminin pour lequel elle pourrait auditionner. Presque un an plus tard, sa planche sous le bras, elle s'est envolée pour un séjour en Indonésie. À peine débarquée, elle a reçu un coup de fil de Rodolphe Lauga, l'informant que, finalement, un rôle était à prendre dans son film. "Je ne connais pas Rodolphe, mais j'aime la façon claire et franche, dont il aborde les choses. On était sur la même longueur d'onde. Je lui dis que je suis partante."
Un Regard Critique sur la Construction du Récit de "La Source"
Malgré son statut de "feel good movie" et la bonne volonté de l'équipe, le film "La Source" n'a pas échappé à un certain scepticisme de la part de la critique. "Porté par le beau et sympathique Sneazzy", "La Source" a été perçu par certains comme un "puzzle dont les pièces ne s'emboîtraient pas franchement". La narration voit se succéder la période "cité" de Samir, son apprentissage du surf, sa déchéance, puis sa renaissance. Cependant, la critique a relevé que cette évolution s'opère "sans qu'on parvienne vraiment à croire qu'il s'agit du même personnage". L'apprentissage du surf, en particulier, est dépeint de manière fulgurante : "en un claquement de doigts, le jeune homme apprend à nager et surfe comme Kelly Slater…", ce qui peut sembler irréaliste. La note attribuée par une rédaction était de 2/5, soulignant les réserves quant à la crédibilité de certaines transitions narratives.
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