Que vous soyez amateur de Stand Up Paddle ou non, il y a de grandes chances que ce signe de la main vous soit familier. Le Shaka, également connu sous le nom de « hang-loose », est partout et il est quasiment impossible d’y échapper. Il est présent dans toutes les compétitions de Stand Up Paddle, les SUPers professionnels ne manquant jamais une occasion de le faire. Ce geste est devenu un véritable langage universel de la glisse, transcendant les frontières des plages pour s’immiscer dans la culture populaire mondiale, des stades de football aux discours politiques.
Anatomie et exécution du signe Shaka
Pour comprendre l'impact culturel de ce geste, il est essentiel de maîtriser sa forme. Le signe Shaka est un geste facile à apprendre et à utiliser dans diverses situations. Pour réaliser le signe Shaka, il faut étendre le pouce et l'auriculaire tout en maintenant les trois doigts du milieu enroulés dans la paume de la main.
Il existe néanmoins une manière « correcte » de saluer selon les puristes : tenez votre main en forme de poing, puis étendez le pouce et l’auriculaire dans des directions opposées. La règle veut que le dos de la main soit tourné vers le destinataire de la salutation ; de plus, le geste est effectué avec un léger mouvement ou une agitation de la main. Ce signe, communément associé aux surfeurs, trouve son origine dans la culture hawaïenne et s'est popularisé à mesure que la culture du surf s'est développée et s'est étendue en Californie et en Amérique dans les années 1960.
Les racines hawaïennes : entre légende et réalité
Beaucoup de sources divergent sur l’origine du Shaka, mais il y a une histoire que tous les habitants d’Hawaï connaissent. Selon celle-ci, le père du Shaka serait un homme originaire de l’est de l’île d’Oahu qui était ouvrier dans une raffinerie de sucre : Hamana Kalili. Vers 1937, Hamana Kalili a eu un accident de travail à la raffinerie de sucre de Kahuku. Alors qu’il introduisait de la canne à sucre dans les rouleaux pour en extraire le jus, sa main a été happée par la machine et il a perdu l’index, le majeur et l’annulaire de la main droite.
Une variante du récit raconte qu'après son accident, Hamana aurait été en charge de surveiller les trains chargés de sucre en direction de Sunset Beach. Il tentait d’empêcher les enfants de monter à bord. « Il avait perdu trois doigts. Alors, pour se moquer un peu de lui, nous agitions nos mains en repliant les doigts… Et il nous répondait en faisant un signe de sa main sans doigts, ce qui nous faisait beaucoup rire… Il était vraiment comme un père pour notre communauté », témoignent certains récits locaux. Par solidarité, les Hawaïens l’auraient alors salué par le signe du shaka, faisant de ce handicap un symbole de ralliement.
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Le Shaka et l’Esprit Aloha
Lorsqu’on demande aux Hawaïens de clairement définir le Shaka, ils répondent qu’il représente l’Aloha Spirit, un esprit d’appréciation et d’amour. Ce symbole puissant reste un rappel de cet esprit qui rend l’esprit polynésien si spécial. L’Aloha est décrit comme un sens d’hospitalité et de souci d’autrui ainsi que de respect pour leur personne et personnalité, même en cas d’événements, situations ou individus stressants.
Cet esprit se décompose selon l’acronyme suivant :
- A pour AKAHAI (Tendresse)
- L pour LOKAHI (Harmonie)
- O pour ‘OLU’OLU (Gentillesse)
- H pour HA’AHA’A (Humilité)
- A pour AHONUI (Patience)
D’après les kahunas (prêtres), vivre selon l’Esprit Aloha est un moyen d’atteindre la perfection et la pleine réalisation de son corps et de son âme. C’est aussi l’envoi et la réception d’une énergie positive. Le surf est un sport particulier qui nous aide à comprendre qu’il faut être respectueux de ce qui nous entoure. Les instants que nous passons dans l’eau sont éphémères et magiques ; les surfeurs profitent de la vie dans l’instant présent.
Théories alternatives et étymologie du nom
Si la légende de Hamana Kalili est la plus ancrée, d'autres théories tentent d'expliquer ce phénomène. Certaines résident dans le fait qu’il était utilisé pour compter le nombre 6 avec la main dans les commerces des commerçants chinois qui vivaient en Polynésie, jusqu’à ce qu’il soit ensuite introduit dans les îles par les marins espagnols pour pouvoir « boire quelque chose ». Selon d’autres théories, il s’agit du geste que font les pêcheurs de baleines lorsqu’ils parviennent à attraper l’un de ces géants des mers, ou encore une représentation de la lettre W, qui fait partie du mot Hawaii, ou la forme de la lèvre d’une vague tombant dans un tube.
La plupart des sources s’accordent à dire que le nom « Shaka » a pour origine une publicité populaire qui passait à la télévision hawaïenne. En 1960, Lippy Espinda, un concessionnaire automobile et propriétaire de parking, utilisa le signe dans la publicité avec la phrase d’accroche « Shaka Bradah ! ». Une autre hypothèse suggère que le terme vient de « Shark eye » (œil de requin). Ce geste populaire qui consiste à ouvrir la main en étendant l’auriculaire et le pouce représentait la tête d’un requin, ce qui se voulait un compliment, l’animal étant respecté dans la région.
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Le Shaka comme langage universel
Au fil des ans, le signe Shaka s'est répandu dans diverses régions du monde, notamment en Europe, en Océanie, en Asie et en Afrique. Il est important de noter que la signification du Shaka peut varier en fonction des pays. Par exemple, en Chine, il signifie « six », tandis qu'en Russie, un geste similaire peut inviter à boire une bière.
Malgré ces variations, il reste le salut le plus cool et le plus détendu de la planète. C’est un véritable symbole de plaisir, car il exprime la joie, la satisfaction et l’esprit sportif. Son usage dépasse désormais largement le cadre du surf. Des célébrités du monde entier, telles que des sportifs comme le footballeur brésilien Neymar, des acteurs, des chanteurs et même des hommes politiques, ont fait de ce geste leur manière familière de saluer devant les foules. Barack Obama, par exemple, avait l’habitude de faire des vagues de cette manière, puisqu’il est né dans cet archipel. Le maire d’Honolulu, Frank Fasi, a également contribué à populariser davantage le signe Shaka.
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